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LIVRE II -
La martyre d'après les témoins de sa passion et de son supplice
III - Dépositions d'écclésiastiques qui n'ont pas eu part active dans le procès - p. 71 à 87 |
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I. JEAN RIQUIER. — Propos des assesseurs entendus par le témoin : il fallait
complaire aux Anglais, qui n'osaient pas assiéger Louviers, tant que Jeanne vivrait;
mécontents de la longueur du procès. — Les assesseurs contraints d'assister. —
Réponses dignes d'un docteur faites par Jeanne à des questions très difficiles. —
Charles VII défendu par Jeanne contre les insultes d'Erard. — Jeanne espère être au
Ciel le soir de son supplice. — Le nom de Jésus acclamé par elle dans les flammes
du bûcher. — Son corps montré à la foule après son dernier soupir. — Vœu du chanoine
Alespée.
II. THOMAS MARIE. — Les Anglais voulaient la mort de Jeanne. — Superstitieux. — Motifs
divers auxquels obéissaient les assesseurs. — Nicolas Houppeville. — Jeanne renfermée
dans la cage de fer. — La sagesse de ses réponses. — Combien opprimée à la
suite de la scène de Saint-Ouen. — Interrogations captieuses. — Orthodoxie de l'accusée. — Le nom de Jésus inscrit sur les flammes. — Aurait été très honorée des
Anglais, si elle avait été de leur parti.
III. JEAN LE MAIRE. — A peu vu Jeanne ; cause et injustice du procès. — Pression des
Anglais. — Quelques-uns des assesseurs menacés.
IV. JEAN MONNET. — Serviteur de Beaupère et son grenier particulier. — Vient à Rouen
avec lui et quelques autres. — Fréquentes corrections exigées par Jeanne. — Sa virginale
intégrité. — Soumise à des questions embarrassantes pour un docteur. — Les
XII articles portés à Paris par Deaupère. — Rétractation subordonnée à l'approbation
des clercs. — Cauchon et le cardinal d'Angleterre. — Brièveté de la formule de rétractation. — Le bourreau sur la place de Saint-Ouen.
V. JEAN DE LÉNOZOLLIS. — Serviteur d'Erard, ennuyé d'avoir à prêcher à Saint-Ouen. —
Procès de rechute. — Viatique solennellement apporté.
VI. PIERRE BOUCHER. — La délivrance d'Orléans, cause principale de la haine des Anglais. — Cauchon jetant son papier à la scène Saint-Ouen. — Jeanne seule sur un siège
devant le tribunal. — Difficultés pour pénétrer dans la prison ; gardes, triple clef. —
La prière de Jeanne à saint Michel au cimetière Saint-Ouen. — Jeanne soumise au
Pape. — Elle invoque saint Michel quand on l'attache au bûcher. — Dix mille assistants;
sanglots. — Redoutée des Anglais plus que toute l'armée française.
VII-IX. JEAN TOUTMOUILLÉ. — GUILLAUME DUVAL. (Voir plus loin.)
X. NICOLAS DE HOUPPEVILLE. — Jeanne impuissante à se tirer de pareil procès. — Assistée
surnaturellement. — Cauchon a fait spontanément le procès. — Les assesseurs
poussés par divers motifs.
— Isambart de La Pierre menacé de la Seine. — Houppeville maltraité pour avoir soutenu
l'incompétence des juges, jeté en prison par ordre de Cauchon, n'évite un sort
pire que par l'intervention de ses amis. — Le sous-inquisiteur contraint; ses perplexités. —
Jeanne se plaignait des questions à elle adressées. — Défense d'écrire plusieurs de ses
paroles. — Bruit que d'hypocrites conseillers, entre autres Loyseleur, cherchaient à
l'égarer. —
Conduite au supplice entre six-vingts hommes armés. — Ses pleurs. — L'opinion du
public sur son innocence. — Rejet des sentiments favorables. —
Première déposition d'Houppeville. — Joie de Cauchon ramenant la victime. — Emprisonnement
du témoin. — Causes. — Observations. — Conciliation de la double
déposition.

Les ecclésiastiques dont ou va entendre les dépositions n'ont pas pris part au procès: mais par leurs relations et leur position ils étaient en état de nous fournir de précieux détails, tels que ceux que l'on va lire.
I. JEAN RIQUIER
Jean Riquier a fait une double déposition, l'une en 1452, l'autre en
1456. Elles concordent. Voici la dernière, qui sera complétée par quelques extraits de celle de 1452. Il est dit âgé de quarante ans en 1452, de quarante-six ans, et d'après un autre manuscrit, de cinquante-sept ans en 1456. Si, comme il va nous le dire, il avait vingt ans en 1431, il devait en avoir seulement quarante-six en 1456.
M. Jean Riquier. — Vénérable personne M. Jean Riquier, prêtre, chapelain
dans l'église de Rouen, curé de la paroisse d'Heudicourt au diocèse
de Rouen, âgé de quarante-six ans ou environ, a été produit et interrogé
après serment.
Art. I, II, III et IV : « Je puis sous la foi du serment déposer ce qui
suit :
« J'ai vu Jeanne pour la première fois à la prédication faite à Saint-Ouen; je l'ai vue de nouveau à la prédication du Vieux-Marché. J'étais jeune alors ; j'avais environ vingt ans. Ainsi que je le crois, elle était fidèle catholique : car à sa dernière heure, elle a demandé le sacrement de l'Eucharistie et l'a obtenu. Je n'ai pas eu de Jeanne d'autre connaissance (personnelle).
Art. V, VI, VII et VIII : « Il est vrai que Jeanne fut amenée à cette ville de Rouen, et qu'on lui intenta un procès en matière de foi. J'étais alors choriste de l'église de Rouen, et j'entendais quelquefois les prêtres de cette église parler de ce procès. Entre plusieurs autres choses, j'ai entendu Pierre Maurice, Nicolas Loyseleur, et d'autres dont le nom m'a échappé, dire que les Anglais avaient une telle crainte de Jeanne, qu'ils n'osaient pas de son vivant mettre le siège devant Louviers, qu'ils attendaient sa mort, qu'il était nécessaire de leur complaire, faire prompte
p.73

Source : Edition de la Librairie catholique Em. Vitte - 1901.
Nota : publication sans aucune garantie d'exactitude parfaite avec le texte original.
Notes :
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