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14 octobre 2019  

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Chronique de l'établissement de la fête du 8 mai - index
3ème partie

n iceluy temps, Dieu de sa saincte grace et miséricorde envoya une voix à une fille pucelle, nommée Jehanne, laquelle gardoit les bestes aulx champs ès païs de environ Vaulcoulour, qui est près de Laurraine, disant que Dieu lui commandoit qu'elle se préparast pour aller lever le siège de devant Orléans, et qu'elle menast le roy Charles coronner. Ainsi la dicte Jehanne se adressa au seigneur dudit Vaucoulour, et luy nota ces choses, qui luy fut une grant merveille ; et se prépara pour admener la dicte Pucelle devers le roy, qui pour lors estoit à Chinon. Et elle venue devers le roy, fut examinée de plusieurs évesques et seigneurs en plain conseil ; et en tout son fait ne fut
trouvé que tout bien. Lors on luy fist faire ung harnois complect et aussi une estandart, et eut licence d'estre habillée comme ung homme.
  Cependent vindrent nouvelles à Orléans de la dicte Jehanne, laquelle lors vulgaument on appelloit Jehanne la Pucelle, de quoy furent bien esmerveillés ceulx de la dicte ville d'Orléans ; et de prime face cuidoient que ce ne fust que une desrision, non obstant qu'ilz avoient grande confiance en Dieu et au bon droit du roy et de leur seigneur, lequel estoit prisonnier, comme avez ouy cy devant ; et leur corage s'en escrut de la moitié.
  Et environ la fin d'avril, fut baillé à la dicte Jehanne, monseigneur de Rais, mareschal de France, et plusieurs autres capitaines, et aussi des communes des païs d'à bas, et luy fut ordonné d'amener vivres et artillerie, et vindrent par la Sauloigne, et passèrent par Olivet ou près, et arrivèrent jusques à l'lsle-aux-Bourdons qui est devant Checi. Et saichans ceulx d'Orléans que elle venoit, furent très joyeulx et firent habiller challans à puissance ; et estoit lors la rivière à plain chantier ; et aussi le vent, qui estoit contraire, se tourna d'aval et tellement que un chalen menoit deux ou trois chalens, qui estoit une chose merveilleuse, et failloit dire que ce fust miracle de Dieu. Et passèrent par devant les bastilles des Anglois, et arrivèrent à leur port, et là chargèrent leurs vivres, et puis passa la rivière la dicte Pucelle. Et là estoient présens monseigneur de Dunois, La Hire et plusieurs aultres seigneurs, et vindrent par devant la bastille de Saint-Loup, où estoient les Anglois.
  Arriva à Orléans la dicte Pucelle et fut logée près de la porte Regnart, et de son logis povoit veoir tout le siège. Et est assavoir que ceulx de la ville d'Orléans estoient bien joyeulx. Et ce pendant monseigneur de Rais et les autres capitaines qui la dicte Pucelle avoient amenée, retournèrent à Blois quérir des autres vivres. Et elle estant audit Orléans, elle alla par deux ou trois fois sommer les Anglois qu'ils s'en allassent en leur païs et que le roy du ciel le leur mandoit : à laquelle ilz dirent plusieurs injures et entre les autres Clacidas, auquel la dicte Pucelle respondit qu'il mentoit de ce qu'il luy disoit et qu'il en mourroit sans seigner. Ainsi fust il, comme sera déclairé cy après. Et prenoit icelle Jehanne la Pucelle en bonne pacience les injures que luy cuidoient dire et faire lesdiz Anglois.
  Et après s'en alla à l'église Saincte-Croix, et là parla à messire Jehan de Mascon, docteur, qui estoit ung très sage homme, lequel luy dist : « Ma fille, estes-vous venue pour lever le siège? » A quoy elle respondit : « En nom Dé, dist elle, ouy. »— « Ma fille, dit le sage homme, ilz sont fors et bien fortiffiés et sera une grant chose à les mectre hors. » Respondit la Pucelle : « Il n'est riens impossible à la puissance de Dieu. » Et en toute la ville ne fist honneur à autre.


   

                                                         

  En icelui temps, Dieu, de sa sainte grâce et miséricorde, envoya une voix à une fille pucelle, nommée Jeanne, qui gardait les bêtes aux champs ès pays des environs de Vaucouleurs, qui est près de Lorraine. La voix disait que Dieu lui commandait de se préparer pour aller lever le siège de devant Orléans, et qu'elle menât couronner le roi Charles. Par suite, ladite Jeanne s'adressa au seigneur de Vaucouleurs, et lui raconta ces choses ; ce qui lui fut une grande merveille ; et il se prépara pour amener ladite Pucelle devers le roi, qui pour lors était à Chinon. Elle venue vers le roi, fut examinée de plusieurs évêques et seigneurs en plein conseil ; et en tout son fait ne fut trouvé que tout bien. Lors on lui fit faire un harnois complet, et aussi un étendard ; et elle eut licence d'être habillée comme un homme.
  Cependant vinrent à Orléans nouvelles de ladite Jeanne, qu'alors on appelait vulgairement Jeanne la Pucelle (1), de quoi ceux de la ville furent bien émerveillés. De prime face ils pensaient que ce ne fût que dérision, encore qu'ils eussent grande confiance en Dieu, et au bon droit du roi et de leur seigneur, lequel était prisonnier, comme vous avez ouï ci-devant ; et leur courage s'en accrut de moitié.
  Environ la fin d'avril, fut baillé à ladite Jeanne Mgr de Rais, maréchal de France, et plusieurs autres capitaines, et aussi [des soldats] des communes du pays d'en bas, et il lui fut ordonné d'amener vivres et artillerie. Ils vinrent par la Sologne, passsèrent par Olivet ou près, et arrivèrent jusqu'à l'Ile-aux-Bourdons, qui est devant Chécy. Ceux d'Orléans sachant qu'elle venait furent très joyeux; ils firent préparer des chalands en grand nombre. La rivière était alors à plein chantier, et aussi le vent qui était contraire se tourna d'aval, tellement qu'un chaland menait deux ou trois chalands ; qui était une chose merveilleuse, et fallait dire que c'était un miracle de Dieu. Ils passèrent par-devant les bastilles des Anglais et arrivèrent à leur port; et là chargèrent leurs vivres, et puis la Pucelle passa la rivière. Là étaient présents Monseigneur de Dunois, La Hire et plusieurs autres seigneurs ; et ils vinrent par-devant la bastille de Saint-Loup où étaient les Anglais.
  La Pucelle arriva à Orléans, et fut logée près de la porte Regnart; et de son logis elle pouvait voir tout le siège. Et il est à savoir que ceux d'Orléans étaient bien joyeux. Et pendant ce temps Mgr de Rais, et les autres capitaines que la Pucelle avait amenés, retournèrent à Blois quérir d'autres vivres.
  La Pucelle étant à Orléans, elle alla par deux ou trois fois sommer les Anglais qu'ils s'en allassent en leur pays, et que la roi du Ciel le leur mandait, et ils lui dirent plusieurs injures, et entre les autres Glacidas, auquel elle répondit qu'il mentait de ce qu'il lui disait, et qu'il en mourrait sans saigner. Ainsi fit-il comme sera déclaré ci-après ; et Jeanne la Pucelle prenait en bonne patience les injures que les Anglais trouvaient bon de lui dire et de lui faire.
  Et après, elle s'en alla à l'église Sainte-Croix, et là elle parla à Messire Jean de Mascon, docteur, qui était un très sage homme, lequel lui dit : « Ma fille, êtes-vous venue pour lever le siège ? » A quoi elle répondit : « En nom Dieu, oui ». « Ma fille, dit le sage homme, ils sont forts et bien fortifiés, et ce sera une grande chose que de les mettre hors ». La Pucelle répondit: « Rien n'est impossible à la puissance de Dieu ». Et en toute la ville elle ne fit honneur à aucun autre.

                               
                  


Sources : Texte original : Jules Quicherat - t.V, p.285 à 299.
Mise en Français plus moderne : J.B.J. Ayroles, "La vraie Jeanne d'Arc", t.III, p.296 à 309.

Notes :
1 Le manuscrit de Saint-Pétersbourg porte simplement : Vinrent nouvelles de ladite Jeanne la Pucelle.



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