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14 octobre 2019  

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Histoire de Charles VII - index
L.II-I - Comment Charles VII, après la mort de son père, prit le titre de roi de France et comment le royaume fut épouvantablement dévasté de son temps.

emo, uti arbitramur, juste nobis poterit succensere quod gesta Karoli septimi, Francorum regis, licteris mandantes, tempora in parte quibus suus genitor regnaverit, prosecuti sumus. Nam, ut satis ex supradictis claruit, licet vivente patre, ob reverenciam paternam regis abstinuerit titulo ac a nomine solumque delfini titulo contentus fuerit, majori tamen tocius regni porcioni, eciam eodem vivente patre, prefuit; sub eoque et sibi Francorum copie, duces atque exercitus militarunt et paruerunt, tam contra Anglos quam contra Burgundiones. Quare, cum ea que supra retulimus et sub eo et suis gesta sint temporibus, non fuerunt tam magne ac ponderose res notis sui temporis res gestas memoratu dignas describere volentibus pretermittende, sed suo tempore racionabiliter deputande, potissime ex eo temporis articulo quo, ut supra annotavimus, e regia urbe et domo paterna extractus atque eductus, suo solum nomini Franci militare ceperunt et eum pro principe colere et habere, patre suo inter Burgundionum manus et postmodum Anglorum constituto et relicto.
  Cum vero, ad intelligenciam hujuscemodi malorum, necessarium fuerit radicem atque originem civilium discordiarum, unde tam ad bella civilia atque intestina, quam externa et hostilia perventum est, retexere, inde non irracionabiliter extimamus nostre tocius narracionis inicium atque fundamentum jecisse. Nam et perempcio ducis Aurelianensium, que caput et origo omnium calamitatum in regno extitit, sui temporis fuit, et eo jam nato et plus quam septenni, patre eciam suo jam mente capto, contigit.
  Mortuo itaque, ut superiore retulimus libro, Karolo, patre suo, Karolus septimus in regnum Francorum successit, anno Domini M° CCCC° XXII°, cum annum etatis ageret circiter XXII; quod suis temporibus, tum diu-turnis causantibus guerris et intestinis et externis, tum regencium et ducum, qui sub eo erant, socordia atque ignavia, tum eciam militaris discipline et ordinis carencia et armatorum rapacitate atque omnimoda dissolucione, ad tantam vastacionem pervenit, ut a fiumine Ligeris usque Secanam et inde usque ad fluvium Summone, mortuis vel profligatis colonis, omnes agri ferme et sine cultura et sine populis a quibus coli potuissent, per annos plurimos longaque tempora permanserint; paucis dumtaxat portiunculis terre exceptis, in quibus, si quid tum colebatur procul a civitatibus, opidis vel castellis, propter predonum assiduas incursiones, extendi non poterat.
  Inferior tamen Normannia in Baiocismo et Constantino, eo quod, sub Anglorum dicione consistens, ab adversancium municionibus longius aberat nec tam facile ac frequenter a predonibus incursari poterat, et culta et populosa aliquanto melius permansit, licet eciam plagis maximis sepe attrita, ut in sequentibus clarius apparebit.
  Vidimus ipsi Campanie tocius vastissimos agros, tocius Belcie, Brye, Gastiniaci, Carnotensis, Drocensis, Cenomannie et Pertici, Vellocasses seu Vulgacinos, tam Francie quam Normannie, Belvacensis, Caletensis, a Secana usque Ambianis et Abbatisvillam, Silvanectensis, Suessionum et Valisiorum usque Laudunum, et ultra versus Hanoniam, prorsus desertos, incultos, squalidos et colonis nudatos, dumetis et rubis opletos, atque illic in plerisque regionibus a que ad proferendas arbores feraciores existunt, arbores in morem dempsissimarum silvarum excrevisse. Cujus profecto vastitatis vestigia in plerisque locis, nisi divina propiciacio melius consuluerit rebus humanis, verendum est longo evo esse duratura atque mansura.
  Si quid autem tunc in dictis terris colebatur, id solum fiebat in ambitu et continentibus locis civitatum, opidorum seu castellorum, ad tantam distanciam, quantam de turri vel specula alta speculatoris oculus predones incursantes intueri et spectare potuisset; qui vel campane tinnitu vel venatorio aut alio cornu dans sonitum, per hoc ad munitum se recipiendi locum cunctis qui tum in agris agerent vel vineis signum dabat.
  Quod tam assidue et frequenter in quamplurimis fiebat locis, ut, cum boves et jumenta aratoria ab aratro solverentur, audientes speculatoris signum, illico absque ductore ad sua tuta refugia, ex longa assuefaccione edocta, cursu rapido velut exterrita accurrerent; quod et oves atque porci similiter facere consueverant. Sed cum in dic-tis provinciis, pro agri latitudine, rare sint civitates et loca munita, e quibus eciam plura hostili vastacione incensa, eversa ac direpta fuerant vel habitantibus vacuata, tantilum illud quod veluti furtim circum municiones colebatur minimum et prope nichil videbatur, comparacione vastissimorum agrorum qui deserti prorsus et sine cultoribus permanebant.

                                                         

  Personne, pensons-nous, ne pourra raisonnablement nous faire grief de ce que, écrivant la vie de Charles VII, roi de France, nous avons raconté en partie les évènements du temps où son père régnait. En effet, comme on l'a vu clairement par ce qui précède, bien que, du vivant de son père, son respect pour celui-ci lui eût interdit de prendre le titre et le nom de roi et qu'il se fut contenté du seul titre de dauphin, néanmoins il gouverna la plus grande partie du royaume ; les troupes françaises, capitaines et soldats, combattirent sous ses ordres et lui obéirent, tant contre les Anglais que contre les Bourguignons. Aussi, les faits ci-dessus relatés s'étant passés sous lui et de son temps, n'y a-t-il pas lieu, pour qui veut consigner les événements notables de cette époque, d'en passer sous silence de si grands et de si importants. Il faut, au contraire, les rapporter à leur date, plus spécialement depuis l'instant où, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, enlevé et arraché à la capitale et à la maison paternelle, c'est sous son nom seul que les Français commencèrent à combattre, le tenant et l'honorant pour leur seigneur, alors que son père avait été remis et laissé aux mains des Bourguignons, puis des Anglais.
  Comme, d'autre part, pour l'intelligence de toutes ces
misères, il est nécessaire de démêler l'origine et commencement des discordes civiles, d'où l'on glissa tant aux guerres civiles et intestines qu'aux guerres avec les ennemis de l'extérieur, nous ne croyons pas avoir fait chose déraisonnable en remontant si haut pour fixer le début et jeter les fondements de tout notre récit. Car le meurtre du duc d'Orléans, principe et origine de tous les malheurs du royaume, se produisit de son temps, alors que Charles était déjà né, qu'il avait même plus de sept ans et que son père, en outre, était déjà tombé en démence.
  Donc, après la mort de son père, comme il a été dit au livre précédent, Charles VII succéda au royaume de France, l'an 1422, à l'âge de vingt-deux ans environ. Et de son temps ledit royaume, par l'effet soit des guerres continuelles, intérieures et extérieures, soit de la nonchalance et paresse de ceux qui administraient ou commandaient sous ses ordres, soit du manque d'ordre et de discipline militaires, soit de la rapacité et du relâchement des hommes d'armes, parvint à un état de dévastation telle que, depuis la Loire jusqu'à la Seine, et de là jusqu'à la Somme, les paysans ayant été tués ou mis en fuite, presque tous les champs restèrent longtemps, durant des années, non seulement sans culture, mais sans hommes en mesure de les cultiver, sauf quelques rares coins de terre, où le peu qui pouvait être cultivé loin des villes, places ou châteaux ne pouvait être étendu, à cause des fréquentes incursions des pillards.
  Pourtant, en Bessin et Cotentin, la basse Normandie qui, placée sous la domination des Anglais, se trouvait assez loin de la ligne de défense de leurs adversaires, moins facilement et moins souvent exposée aux incursions des pillards, resta un peu mieux cultivée et peuplée, bien que souvent accablée de grandes misères, comme il apparaîtra plus clairement dans la suite (3).
  Nous-même nous avons vu les vastes plaines de la Champagne, de la Beauce, de la Brie, du Gâtinais, du pays de Chartres, du pays de Dreux, du Maine et du Perche, du Vexin, tant français que normand, du Beauvaisis, du pays de Caux, depuis la Seine jusque vers Amiens et Abbeville, du pays de Senlis, du Soissonnais et du Valois jusqu'à Laon, et au delà du côté du Hainaut, absolument désertes, incultes, abandonnées, vides d'habitants, couvertes de broussailles et de ronces, ou bien, dans la plupart des régions qui produisent les arbres les plus drus, ceux-ci pousser en épaisses forêts. Et, en beaucoup d'endroits, on put craindre que les traces de cette dévastation ne durassent et ne restassent longtemps visibles, si la divine providence ne veillait pas de son mieux aux choses de ce monde (1).
  Tout ce qu'on pouvait cultiver en ce temps-là dans ces parages, c'était seulement autour et à l'intérieur des villes, places ou châteaux, assez près pour que, du haut de la tour ou de l'échauguette, l'oeil du guetteur pût apercevoir les brigands en train de courir sus. Alors, à son de cloche ou de trompe ou de tout autre instrument, il donnait à tous ceux qui travaillaient aux champs ou aux vignes le signal de se replier sur le point fortifié.
  C'était là chose commune et fréquente presque partout ; à, ce point que les bœufs et les chevaux de labour, une fois détachés de la charrue, quand ils entendaient le signal du guetteur, aussitôt et sans guides, instruits par une longue habitude, regagnaient au galop, affolés, le refuge où ils se savaient en sûreté. Brebis et porcs avaient pris la même habitude. Mais comme dans lesdites provinces, pour l'étendue du territoire, rares sont les villes et les lieux fortifiés, comme, en outre, plusieurs d'entre eux avaient été brûlés, démolis, pillés par l'ennemi ou qu'ils étaient vides d'habitants, ce peu de terre cultivée comme en cachette autour des forteresses paraissait bien peu de chose et même presque rien, eu égard aux vastes étendues de champs qui restaient complètement déserts, sans personne qui pût les mettre en culture (2).


                                                 


Source : "Histoire de Charles VII" par Thomas Basin - éd. et traduction Ch.Samaran - 1933.

Notes :
1 Malgré le ton littéraire de tout ce passage, il est aisé d'y reconnaître des souvenirs personnels de l'auteur. Basin a eu certainement l'occasion de traverser ces régions dévastées qu'il décrit avec tant de vigueur et de précision.

2 Ce tableau de la misère du menu peuple en France peint par un témoin oculaire est remarquable.



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