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06 décembre 2019  

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Histoire de Charles VII - index
L.II-XI - Comment sous le commandement de Jeanne la Pucelle, le camp des Anglais à Orléans fut forcé et les Anglais battus et mis en fuite.

ostes igitur qui in castris stabant, que velud munitissimas arces ad numerum usque sex aut septem circum urbem struxerant, aggredi statuit urbisque habitatores, longo jam veluti carcere asservatos et fame ac inedia confectos, incommodo obsidionis absolvere ac liberare. Parentes itaque suis jussionibus milites, veluti si divinitus sibi facte forent, et ipsa cum eis simul ducis et strennui militis exercens officium, arcem illam fortissimam in altero extremo pontis, ex opposito civitatis, aggressi, que ceteris et vallo et milicie robore municior putabatur, eam magna vi expugnavit atque, igne supposito in turri, hiis qui in superioribus propugnaculis defensioni insistebant flamma fumoque coartatis, vel saltu vel funibus ipsi deorsum se demittere coacti sunt. Inter quos ille strennuus miles Classidas, cui tocius obsidionis sarcinam a Salisberiensi comite derelictam supra retulimus, dum fumi ignisque violenciam effugere satageret, in aquis Ligeris quibus eadem turris ambitur suffocatus est. Alii vero omnes similiter vel igne, vel ferro, vel aquarum gurgite consumpti sunt.
  Qua potiti victoria Franci, quod residuum erat, tanquam minus habens difficultatis, sese perficere sub ducatu et vexillo predicte Puelle, auxiliante Deo, plene confidentes, ad alia Anglorum castra bastiliasque ex alia parte civitatis et fluminis similiter expugnandas, sua agmina atque acies direxerunt.
  Et mira alacritate et fortitudine, quibus paulo ante Anglorum nomen adeo formidabile fuerat, ut non modo eos aggredi, sed nec expectare quidem usquam ferme auderent, eciamsi numero viribusque longe prestarent, ita ut plene admirari liceret quod in cantico suo Moyses cecinit : Quomodo persequebatur unus mille et duo fugarent decem milia ? ita tunc sub Johanne Puelle ducatu signisque suis militaribus fortissimas Anglorum arces et municiones irruperunt atque penetrarunt, ut nullo pene negocio res tam arduas ac magnificas contra validissimos hostes gerere viderentur.
  Expugnatis itaque duabus aut tribus ex ipsis bastiliis, cesis fusisque hostibus, qui in reliquis a supererant, eisdem relictis, per fugam saluti sue consulere statuerunt.
  Castris autem ipsorum Anglorum direptis, arces ipse seu bastilie, que pro castris ab ipsis, instar opidorum seu castellorum, lignis lapidibusque extructe fuerant, igne omnes cremate sunt, et sic civitas, longa inedia fatigata et confecta, taliter divino nutu atque miseracione sub ducatu predicte Johanne hujuscemodi periculis atque incommodis liberata est.
  Reliquie autem Anglorum diversi ad diversa opida et loca transierunt. Quos tantum nomen famaque Puelle, que tum per omnem Galliam omnium ore celebrabatur, exterritos egerat, ut nihil prope spei in defensione, sed in sola fuga presidium superesse eisdem videretur.
  Ex tunc Anglicane sagitte ferri acies retusa quemadmodum per ante penetrare non potuit ; exin fortune cursus immutatus ; ex tunc Francorum res dejecte prostrateque erigi et in spem meliorem relevari, Anglorum vero, quas secundissimas hactenus habuerant, retro fluere dilabique ceperunt.
  Tantus enim ex solo Puelle nomine eorum animis pavor incesserat ut sacramento magno eorum plurimi firmarent, quod, solo eo audito aut ejus conspectis signis, nec reluctandi vires animumque vel arcus extendendi et jacula in hostes torquendi seu feriendi, uti soliti per prius fuerant, ullomodo assumere possent.

                                                         

  Elle résolut donc de foncer contre les ennemis installés dans les bastilles qu'ils avaient construites comme des citadelles bien fortifiées, au nombre de six ou sept, autour de la ville, et de délivrer des misères du siège les habitants enfermés depuis longtemps comme dans une prison et accablés par la disette. Obéissant à ses ordres, comme s'ils venaient de Dieu, les soldats, et avec eux Jeanne elle-même, qui remplissait à la fois l'office d'un chef et celui d'un soldat valeureux, attaquèrent, à l'autre extrémité du pont, cette puissante citadelle qu'on jugeait mieux défendue que les autres à raison de ses retranchements et de la force de sa garnison. Elle l'emporta d'assaut, puis, le feu ayant été mis à la tour, ceux qui, aux étages supérieurs, étaient chargés de la défense, enveloppés de flammes et de fumée, furent obligés de se jeter dehors soit en sautant, soit en se servant de cordes. Parmi eux se trouvait ce brave chevalier Classidas, à qui le fardeau de tout le siège avait été abandonné par le comte de Salisbury. Comme il tâchait d'échapper à la violence de la fumée et du feu, il fut noyé dans la Loire dont les eaux entouraient ladite tour. Et tous les autres périrent en même temps que lui, par le feu, par le fer ou par l'eau.
  En possession de cette victoire, les Français, pleinement assurés de venir à bout de ce qui restait à faire, puisque la difficulté en était moindre, envoyèrent, sous le commandement et l'étendard de ladite Pucelle, et avec l'aide de Dieu, leurs formations de combat à l'attaque des autres camps et bastilles que les Anglais tenaient de l'autre côté de la ville et du fleuve.
  Et, avec une valeur et un mordant merveilleux, ces soldats qui, peu auparavant, redoutaient tellement le nom des Anglais que non seulement ils ne se risquaient pas à les attaquer, mais qu'ils n'osaient presque jamais attendre le choc de leurs troupes, même s'ils les dépassaient de beaucoup par le nombre et par les armes, ces soldats — à propos desquels on pourrait curieusement rappeler ce passage du cantique de Moïse : « Comment un seul en poursuit-il mille ? Comment deux en mettent-ils dix mille en fuite ? » — se ruèrent alors, sous le commandement et sous les enseignes guerrières de Jeanne la Pucelle, à l'attaque des plus fortes redoutes et défenses anglaises et les enfoncèrent, paraissant accomplir sans aucune peine de si difficiles et si magnifiques exploits contre de formidables ennemis.
  Dès qu'eurent été prises deux ou trois de ces bastilles et que leurs occupants eurent été battus et dispersés, ceux qui restaient dans les autres les abandonnèrent et cherchèrent leur salut dans la fuite (1).
  Le camp des Anglais une fois pillé, les redoutes ou bastilles qui avaient été construites par eux, en bois et en pierre, en manière de camp, comme des places fortes ou châtelets, furent toutes livrées aux flammes, et ainsi la ville, épuisée et accablée par une longue disette, fut délivrée de ses dangers et de ses soucis par la permission et la miséricorde de Dieu, sous le commandement de la susdite Jeanne.
  Quant au reste des Anglais, ils se dispersèrent dans diverses places et localités. Le nom et la renommée de la Pucelle, qui volaient alors de bouche en bouche par toute la France, les plongeaient dans une telle terreur qu'ils ne conservaient à peu près aucun espoir dans la défense et ne voyaient de secours que dans la fuite.
  Dès lors la pointe de fer de la flèche anglaise fut émoussée et ne pénétra plus comme auparavant ; dès lors le cours de la Fortune fut changé ; dès lors les affaires des Français, abaissées et ruinées, commencèrent à se relever et se redresser vers une meilleure espérance ; celles des Anglais, au contraire, très prospères jusque-là, commencèrent à reculer et prendre mauvaise tournure.
  Telle était, en effet, la peur que leur inspirait le seul nom de la Pucelle que la plupart juraient leurs grands dieux qu'à l'entendre seulement prononcer ou à voir ses enseignes, ils perdaient du coup le moyen de rassembler leurs forces et leurs esprits, de bander leurs arcs, de lancer des traits aux ennemis ou de les frapper, comme ils le faisaient auparavant.

                            

            
                                     


Source : "Histoire de Charles VII" par Thomas Basin - éd. et traduction Ch.Samaran - 1933.

Notes :
1 Quicherat n'a pas manqué de relever tout ce que ce récit de l'attaque et de la prise des bastilles de l'autre côté de la Loire a d'approximatif et même d'erroné. La ville fut délivrée dès que les positions de la rive gauche eurent été forcées (Ch. Samaran).




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