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19 avril 2019  

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Chronique de Jean Chartier - index
Particularités chronique latine

oici, d'après la copie qui nous a été envoyée, les particularités que Jean Chartier a consignées dans sa Chronique latine, et qui ne se trouvent pas dans la Chronique française.

  D'après le texte latin, Jeanne, quoiqu'elle ne l'ait pas révélé, aurait su qui avait déposé à Fierbois l'épée avec laquelle elle devait expulser l'envahisseur. La Chronique latine exprime d'une manière plus claire que la Chronique française le vrai motif pour lequel les guerriers qui avaient conduit le premier convoi, au lieu d'entrer à Orléans avec la Pucelle, étaient retournés à Blois. Ils craignaient d'affamer la ville; voilà pourquoi ils allèrent chercher un second convoi encore plus abondant que le premier. Il ne le fut pas cependant au point que, le 9 et le 10 mai, les vainqueurs ne dussent se disperser, parce que la ville, même après le butin fait sur les Anglais, n'était pas suffisamment approvisionnée. La Chronique latine indique des céréales, des boeufs, des moutons, comme composant une partie du second ravitaillement. Il y eut de l'hésitation à Blois pour le tenter, hésitation que l'arrivée de Dunois fit cesser.

  La Chronique française fait coucher Jeanne sur la rive gauche après la prise des Tourelles ; la Chronique latine, plus vraie, la fait rentrer le soir même, mais elle se trompe en disant qu'elle passa la rivière en bateau ; elle revint par le pont, ainsi qu'elle l'avait prédit.


  Ce ne sont pas seulement les nobles qui, après la délivrance d'Orléans, vinrent se ranger sous la bannière de Jeanne; on accourut de tout le royaume : affluentibus undique regnicolis. Le récit de la bataille de Patay est suivi du récit, qui n'est pas à sa place, de la brisure de l'épée, de l'impuissance d'en souder les parties, et de la réflexion qui a été déjà mentionnée.

  Suivant la Chronique latine, après la victoire de Patay, on venait même des royaumes étrangers pour marcher à la suite de la Pucelle. Nedum regnicolæ, verùm etiam alienigenæ è diversis mundi climatibus. La Trémoille enraya le mouvement.

  Les vivres fournis à l'armée française par les habitants d'Auxerre l'auraient été gratuitement, d'après la Chronique latine, tandis que, d'après d'autres Chroniques, ce fut sur argent comptant.

  La Chronique latine spécifie que la garnison de Troyes devait, aux termes de la capitulation, amener les prisonniers que Jeanne refusa de laisser partir, en contraignant le roi de payer leur rançon.

  A Reims le roi aurait fait duc le comte Charles de Bourbon, qui n'était encore que comte, son père vivant dans les fers à Londres.

  Les habitants de Bar-sur-Seine n'auraient promis le passage qu'à la condition de s'aboucher personnellement avec le roi. N'était-ce pas un piège ?

  De Crépy, le roi aurait envoyé sonder secrètement les dispositions des habitants de Beauvais et de Compiègne qui, secrètement aussi, lui auraient fait savoir qu'ils étaient disposés à lui rendre obéissance. Bedford,à Senlis, aurait été à la tête d'une armée de quinze mille hommes.

  Le moulin à vent autour duquel Jeanne livra plusieurs escarmouches aux Parisiens est dit toucher aux faubourgs de la ville : Urbis suburbia tangens. De même les Parisiens en tournoyant autour des remparts à l'intérieur avec une bannière blanche traversée par une croix rouge, la tenaient assez haute pour qu'elle fût bien vue des assiégeants : ut Francis arva tenentibus luculentissime objiceretur. La blessure reçue par Jeanne sous les murs de Paris aurait été très profonde, le chroniqueur écrivant que Jeanne s'obstinait à ne pas se retirer, quamquam atrocissime in crure cum sagitta vulneraretur.

  Il n'y a pas de mauvais traitements que les Anglais en reprenant Saint- Denis n'aient fait subir aux habitants; et les capitaines préposés aux pays qui venaient de faire une si volontaire soumission s'y seraient livrés
à tous les excès que la céleste envoyée avait si sévèrement défendus et réprimés, lorsqu'elle se mit à leur tête à Blois. Elle était alors occupée aux sièges de Saint-Pierre-le-Moustier et de La Charité, places autour desquelles, d'après la Chronique latine, de très nombreux combats furent livrés.

  Dans la rencontre avec Franquet d'Arras, pas un homme de la troupe du bandit n'aurait échappé ; tous auraientété tués ou faits prisonniers.

  Mais ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont les dernières lignes que Jean Chartier consacre à la Pucelle, elles méritent d'être traduites à partir de la prise de la sainte fille à Compiègne.
  « Contrainte, dit-il, de regagner la ville, comme elle s'efforçait d'y pénétrer, les ennemis fermant sur elle la barrière, l'empêchèrent d'entrer dans la place; et, ô douleur, elle fut prise par le susdit de Luxembourg. La nouvelle fut pour les Français un sujet de profonde douleur, de gémissements et de larmes. Dans la suite, ce même Luxembourg, imitateur du traître qui vendit le Christ, osa bien, après les tourments d'une longue prison, vendre l'innocente fille aux Anglais, ses haineux ennemis. Aussi ce profond scélérat, coupable d'autres forfaits, un long temps après,à l'instigation du diable, se donna-t-il la mort, en se pendant dans ses appartements. On peut bien lui appliquer cette parole de l'Evangile : « Malheur à celui par lequel le scandale arrive, c'est-à-dire par lequel l'innocent est sacrifié en victime ». Les Anglais ayant inhumainement transféré la prisonnière à Rouen, rendirent contre elle, sans ombre de droit divin ou humain, par pure haine, une sentence calomnieuse et cruelle, et la livrèrent aux flammes. Sans murmurer, sans récriminer, bien plus en obéissant comme un innocent agneau à leurs ordres profondément iniques, elle supporta les dérisions prolongées de ceux qui se déshonorèrent jusqu'à la traiter comme Anne et Caïphe avaient traité le Christ. »
  C'est donc bien dès le supplice même que les contemporains furent frappés de la ressemblance de la passion de la Martyre de Rouen avec la passion de son Fiancé.
  Le vendeur de la Martyre a-t-il réellement fini comme le vendeur du Christ ? Jean de Luxembourg a-t-il fini comme Judas ? Une note en marge du manuscrit le nie. Elle est ainsi conçue : mentilus est ille monachus, quisquis ille sit. (Le moine, quel qu'il soit, en a menti.) Rien n'autorise à regarder Jean Chartier comme un menteur; il aura été trompé par une rumeur publique. Cette rumeur, à elle seule, nous dit le sentiment qu'inspira l'odieux Luxembourg. Le fait mérite d'ailleurs d'être examiné et doit éveiller l'attention de ceux qui posséderaient déjà, ou acquerraient un jour les archives de la famille.
  L'indigne chevalier est mort le 6 janvier, le jour où sa victime est venue à la lumière...

                                  
               


Source : J.-B.-J. Ayroles "La vraie Jeanne d'Arc - t.III.

Notes :
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