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14 octobre 2019  

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Le greffier de l'Hôtel de Ville d'Albi

lby avait fait à Orléans assiégé un large envoi de poudre et de salpêtre. Aussi la nouvelle de l'intervention de la Pucelle y causa-t-elle une telle admiration que le greffier de la municipalité en consigna le récit dans ses registres. Ce récit se lit au cartulaire n° 4 de l'hôtel de ville, d'où M. Compayré l'a tiré et imprimé en 1841 dans les Études historiques et documents inédits sur l'Albigeois. Quicherat, qui l'a reproduit, ajoute qu'on en trouve une copie dans les manuscrits de Doat (t. IX, f° 287) à la Bibliothèque nationale. Il est rédigé en langue romane.

                                                                           *
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  Memorial sia a totz presens et endevenidors d'una mirabilhoza cauza que Nostre Senhor Dieus Jehsus Christ mostret al noble prinsep et nostre sobiran senhor lo rey de Franssa, Karles, filh de Karles. So es assaber que en lo mes de mars, l'an mil CCCC XXVIII, venc al dich noble rey de Franssa una filha, Piuzela jobe de l'atge de quatorse a quinse ans, la cal era del pais e del dugat de Loreyne, local pais es en las partidas d'Alamanha. Ed era ladicha Piuzela una pastorela ignossen, que tos tems avia gardadas las hobelhas. Et venc al rey ellos tems dessudihtz en la viala de Chino, acompanhada de sos dos frayres ; e d'autres ela companhian en petita companhia. Et cant ela foc de par dela, ela va dire que ela volia parlar am lo rey, local no l'apelaba pas rey, mas dalfi, per so car non era coronat. Don ly foron mostratz d'alqus cavaliers, dizen ly que aquo era lo rey ; es ela disia totzjorn que non era ; e cant ela lo vigra, ela lo conogra be. Es adonc lo rey ba benir, ed ela, tantost que ela lo vic,
se ba aginolhar et ly ba dire que Dieus la tremetia a luy, et lo nouminaba gential rey de Fransa, e que se el volia creyre que ela era vienguda aqui per mandamen de Dieus, e recobriria tot so que los Englezes, enemicx ancias del rey, li avian pres et asurpat. So es que tenian tots loz pais de Normandia et de Picardia fora Tornay, de Beubezi, de Mayna et d'Artois, de Bria, de Beussa et tota la Campanha, Paris et tota la dolsa Franssa, lo pais d'Aynaut et de Combrazis, fins à la rebieyra de Leyre. Car en aquel tems los Englezes tenian assetiada la viala d'Orlhenx en que avia dendins cinq cens homes d'armas; mas aquel seti era talament fort, que los homes d'armas, ni las gens de la viala, ni encara tot lo poder del rey, no era abastan de lo levar ; ans eron en prepaus los d'endedins des se redre à la merssi dels Englezes : don lo rey era ben torbat se perdes tan bona viala coma es aquella. Et vezen la Piuzela que lo rey era torbat, li ba dire aquestas paraulas :
  « Gential rey de Franssa, que avetz vos ? Vos etz corossat de vostra viala d'Orlhenx. leu lour voli tramettre une lettra lacal fara mencio que Dieus lor manda que se levon d'avant la viala et s'en ano ; car se non ho fazian, els calria que s'en levesso per forssa. »
  Et cant los capitanis agro legida la letra que la Piuzela lor trames, li diseron grans vituperis es enjurias. Es aguda la resposta de la dicha letra, la Piuzela va dire al rey que hages gens d'armas et de trach ; et sis fes, et fec son mandamen ; es ela se mes tota premieyra sus, armada de fer blanc tota de cap a pe ; et te son estandart en que era Nostra Dona, et s'en va al seti am tota aquela companhia en que era Layra et lo bastar d'Orlhenx et d'autres capitanis ; mas non pas en tan gran companhia coma eran los Englezes a X per I ; es avian gran paor de metre se sus els, mas la Piuzela lor mes tal cor et se mes d'avas la plus forte part del seti, que davant que fosso xxiv oras, agro levat lodich seti et mort grant multitut d'Englezes, et gran cop d'aprionatz.


  

                                                         

  Qu'il soit mémoire à tous dans le présent et l'avenir d'un merveilleux fait que Dieu Notre Seigneur Jésus-Christ a accompli en faveur du noble prince, notre souverain le roi de France, Charles, fils de Charles. Il faut savoir qu'au mois de mars, l'an 1428 (a. st.), vint vers ledit roi de France, une fille, une Pucelle, jeune, de l'âge de quatorze à quinze ans. Elle était du pays et du duché de Lorraine, pays qui est des côtés d'Allemagne. Cette Pucelle était une pastourelle innocente, qui tout le temps de sa vie avait gardé les brebis. Elle vint vers le roi, dans le temps susdit, en la ville de Chinon, accompagnée par ses deux frères ; quelques autres aussi en petit nombre l'accompagnaient. Et quand elle fut par là, elle se prit à dire qu'elle voulait parler au roi, qu'elle n'appelait pas roi, mais Dauphin parce qu'il n'était pas couronné. Alors lui furent montrés quelques chevaliers, en lui disant que c'était le roi ; et elle dit toujours que ce n'était pas le roi, et que quand elle le verrait, elle le connaîtrait bien. Et enfin le roi de venir ; et sitôt qu'elle le vit, elle de se jeter à genoux (devant lui) et de lui dire que Dieu l'envoyait vers lui, et elle l'appelait légitime roi de France, et que s'il voulait croire qu'elle était venue vers lui par commandement de Dieu, qu'il recouvrerait tout ce que les Anglais, anciens ennemis du roi, lui avaient pris et usurpé. Le fait est qu'ils occupaient tous les pays de Normandie et de Picardie, excepté Tournay, les pays de Beauvaisis, de Maine et d'Artois, de Brie, de Beauce et toute la Champagne, Paris et toute la douce France, les pays du Hainaut et de Cambrésis, jusqu'à la rivière de Loire. En ce temps, en effet ils tenaient la ville d'Orléans assiégée. Dans la ville se trouvaient cinq cents hommes d'armes; mais le siège était si fortement assis que ni les hommes d'amies, ni les habitants de la ville, ni toute la puissance du roi, n'étaient pas capables de le faire lever; aussi les assiégés étaient-ils en délibération de se rendre à la merci des Anglais; ce dont le roi était fort inquiet, à la pensée de perdre une aussi bonne ville que l'est Orléans. La Pucelle, voyant l'inquiétude du roi, vint lui parler en ces termes :
  « Gentil roi de France, qu'avez-vous ? Vous êtes inquiet sur votre ville d'Orléans: je veux envoyer aux ennemis une lettre dans laquelle je leur dirai que Dieu leur ordonne de lever le siège de devant Orléans, et de s'en aller; car s'ils ne le font pas, il faudra qu'ils s'en aillent par force. »
  Quand les capitaines anglais eurent lu la lettre que la Pucelle leur envoyait, ils dirent contre elle de grandes insultes et injures. Quand la Pucelle connut la réponse faite à sa lettre, elle vint dire au roi de rassembler des hommes d'armes et de trait ; ainsi fit-il, il fit son mandement; la Pucelle se mit la première sur pied, année de fer-blanc des pieds à la tête ; elle leva un étendard sur lequel Notre-Dame était représentée; elle vint au siège avec toute la compagnie dans laquelle se trouvaient La Hire, le bâtard d'Orléans, et d'autres capitaines qui n'étaient pas en aussi grand nombre que les Anglais qui étaient dix contre un. Aussi avaient-ils grand peur de les attaquer ; mais la Pucelle leur donna un tel cœur, que se mettant elle-même devant la partie la plus forte du siège, avant vingt-quatre heures, le siège était levé, une multitude d'Anglais tués, beaucoup d'autres prisonniers.


                                                 


Source : Présentation et traduction : Ayroles - t.IV, p. 398.
Texte original : Quicherat - t.IV, p. 300.





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