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07 décembre 2019  

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Chronique de la Pucelle - index
62 - Ambroise de Loré s'enferme dans Saint-Célerin - Le Roy campe devant Paris, décampe et retourne en Berry.

udict mois d'aoust mille quatre cent vingt neuf, un capitaine du pays de Bretaigne, nommé Ferbourg, fist adviser comme il pourroit avoir la place de Bonsmolins, laquelle les Anglois tenoient, et de fait trouva moyen d'y entrer et de bouter les Anglois dehors ; et le duc d'Alençon lui donna la capitainerie. En ce temps avoit un gentilhomme au pays, nommé Jean Armange, de la compaignée de Messire Ambroise de Loré, lequel se bouta dedans la place de Sainct-Célerin, qui avoit esté abbatue ; et avec luy avoit un gentilhomme de Bretaigne nommé Henri de Ville-Blanche, et emparèrent icelle place. Et au tiers jours qu'ils furent entrez en icelle place, les Anglois de la garnison d'Alençon, et autres en leur compaignée, s'assemblèrent et vinrent devant ladite place, garnis de canons, vuglaires, coulevrines et arbalestes ; et après ce qu'ils y eurent esté aucun temps la cuidèrent prendre d'assault et de faict l'assaillirent fort et merveilleusement. Mais lesdicts capitaines et leurs gens se défendirent si vaillamment et tellement qu'ils demeurérent en ladicte place et lesdits Anglois s'en retournèrent à Alençon.

  Le vingt-neufiesme jour dudict mois, le prieur de l'abbaye de Laigny et un nommé Artus de Sainct-Merry, avec plusieurs autres, vinrent devers le roy audit lieu de Sainct-Denys pour mettre ladicte ville de Laigny en son obéyssance, lequel les receut bénignement et doucement, et ordonna au duc d'Alençon qu'il y pourveut et y envoya Messire Ambroise de Loré, lequel fut receu par les habitans à grand  joys, et quand il y ent eu plainiere obèyssance il fit faire aux habitans le serment en tel cas accoustumé.

  Le douziesme jour de septembre, le roy assembla son conseil pour savoir qu'il avoit à faire, veu que ceux de Paris ne monstroient quelque semblant d'eulx vouloir réduire, et aussi n'eussent-ils osé parler ensemble veue la puissance des Anglois et Bourguignons, et si n'y avoit denier de quoy il eut peu entretenir son ost. Si fut délibéré par le conseil qu'il laissast grosses garnisons de par deça, avec aucuns chefs de son sang et qu'il s'en allast vers et outre la rivière de Loire. Et en exécutant cette délibération du conseil, il laissa le duc de Bourbon, le comte de Vendosme, Messire Louys de Culant, admiral de France, et autres capitaines, et ordonna que ledit duc seroit son lieutenant, et laissa dans Sainct-Denys le comte de Vendosme et le seigneur de Culant, à grande compaignée de gens d'armes. Puis le roy s'en partit avec son ost, et s'en alla au giste à Laingny-sur-Marne ; et le lendemain se partit et ordonna à Messire Ambroise de Loré qu'il demeurast audict lieu de Laingny, et luy fut baillé en sa compaignée un vaillant chevalier de Limosin, nommé Messire Jean Foucault, avec plusieurs gens de guerre. Et quand les Anglois et Bourguignons sceurent que le roy estoit ainsi party, ils assemblèrent de toutes parts de leurs gens en grand nombre, et ceux qui estoient à Sainct-Denys, considérant que la ville estoit foible, s'en partirent, c'est à sçavoir ledict comte de Vendosme et autres délaissèrent ladicte ville et s'en vinrent à Senlis.

 

  Environ ledict mois de septembre, audit an, vinrent les Anglois et aussi leurs alliez de la langue françoise, nommez Bourguignons, et se misrent à grand puissance sur les champs, en intention, comme on disoit, de venir mettre le siège devant Laingny, laquelle estoit ville mal fermée et habillée des choses pertinens à défense de guerre. Ils vinrent devant la ville et faisoient les manières d'y arrester, et quand lesdits Messire Ambroise de Loré et Foucault les veirent, considérans ladicte ville, estre foible et qu'ils n'auroient aucuns secours, saillirent aux champs eulx et leurs gens en belle ordonnance contre lesdits Anglois et Bourguignons, et leur tinrent si grandes et fortes escarmouches, par trois jours et trois nuicts, que lesdicts Anglois et Bourguignons n'approchèrent oncques des barriéres plus près que du trait d'une arbaleste ; et quand ils apperceurent si grande résistance et qu'ils virent avec lesdits chevaliers, tant de gens de guerre et si vaillans, ils se retirèrent et s'en retournèrent à Paris sans faire autre chose. Et auxdites escarmouches y en eut plusieurs de tuez, tant d'un costé que d'autre.

                                                         

...
  Le douzième jour de septembre, le roi assembla son conseil pour savoir ce qu'il y avait à faire. Vu que les habitants de Paris ne montraient aucun semblant de vouloir se réduire à obéissance, qu'ils n'auraient pas osé se concerter sous l'oeil des Anglais et des Bourguignons qui étaient fort puissants, que l'argent manquait pour entretenir l'armée, le conseil fut d'avis de laisser de grosses garnisons dans le pays conquis, sous le commandement de princes du sang, et que le roi s'en allât vers la Loire et au delà.
  En exécution de cet avis du conseil, le roi laissa le duc de Bourbon, le comte de Vendôme, messire de Culan, amiral de France, et d'autres capitaines ; il ordonna que le duc serait son lieutenant et il laissa dans Saint-Denis le comte de Vendôme et l'amiral de Culan, avec grande compagnie de gens d'armes; il partit ensuite avec son armée et vint prendre gîte à Lagny-sur-Marne. Il partit le lendemain, après avoir ordonné à messire Ambroise de Loré de rester à Lagny, et après lui avoir assigné pour compagnon un vaillant chevalier du Limousin, nommé messire Jean Foucault, ainsi que plusieurs gens de guerre.
  Quand les Anglais et les Bourguignons surent que le roi était ainsi parti, ils assemblèrent de toutes parts un grand nombre de leurs gens; et ceux de Saint-Denis, c'est-à-dire le comte de Vendôme et les autres, considérant que la ville était faible, la délaissèrent et vinrent à Senlis (1).
...


               
                                  

Source : édition Vallet de Viriville - 1859

Notes :
1 Cousinot de Montreuil n'a plus qu'une page où il n'est pas question de Jeanne d'Arc. A-t-il arrêté là son travail? la suite en est-elle perdue ? C'est ce que l'on ignore jusqu'à ce jour.




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