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06 décembre 2019  

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Chronique de France - Bibliothèque de Lille

e document, dû à une obligeante communication de M. le baron de La Fons de Mélicocq, a d'autant plus d'intérêt qu'il émane d'un ennemi de la Pucelle, farouchement pro-bourguignon. On y remarque diverses circonstances dont les autres historiens n'ont jamais parlé : celle-ci, par exemple, que Jeanne aurait été fille d'auberge à Paris, allégation qui n'est qu'un bruit mensonger comme d'autres détails dans cette chronique.
  Ces extraits proviennent d'un manuscrit du XV° siècle intitulé : Les Chroniques de France , petit in-fol, , pap., de 228 feuillets , conservé sous le n° 26 à la bibliothèque de la ville de Lille. L'auteur, qui ne se fait pas connaître, était un fougueux bourguignon qui commence son récit aux dernières années du XIII° siècle et le poursuit jusqu'en 1464. Ces chroniques offrent beaucoup d'importance, dit M. de La Fons, pour l'histoire du XV° siècle.


  En voici les extraits consacrés à la Pucelle :

1428. - "A ce siége lever (celui d'Orléans) avoit le Dolfin avec luy une femme, nomée la Pucelle, laquelle, par renomée folle, disoit le comun de France qu'elle estoit envoiée de par Dieu pour secoure le Dolfin; mais il fu bien sceu que la dite femme estoit du pais de Loraine, d'une ville appellée Vaucouleurs, et estoit fille d'un homme tenant hostelerie, et avoit celle fille, qui estoit pour lors jone, forte et roide. Et demora à Paris et aprit à chevauchier et à mener les chevaulx à l'iaue. Et à cause que elle estoit de volenté légière, quant aucune fois se logoient gens d'armes elle s'accompaignoit aveuc eulx et prenoit leur lance et apprenoit à le tenir et à coure à cheval, la lanche au puin. Et lui prist enfin volenté de lui en aler avec auchuns hommes d'armes et se boutoit aulcunefois à l'asault. Et luy fist le Dolfin delivrer unes armures à son point et bon cheval et le retint avec luy. Et par l'avis de son conseil fist pronunchier faitement (?) par toutes les villes où yl estoit obéy par ung carme faisant sermon au peuple que celle femme estoit une pucelle que Dieu avoit tramis du ciel au Dolfin pour conquester le royaume et y celuy remettre en son obéissance. Et ne faisoit doubte, comme il preschoit que tant que la dite Pucelle fust avec luy qu'il n'einst victoire contre ses ennemis. Et l'apelloient ly aulcuns du comun de France l'angelisque, et en faisoient et en cantoient pluisieurs canchons, fables et bourdes moult merveilleuses ; et tant que par ledit prescheur et le vois et renommée d'icelle furent pluiseurs villes, fortresses et castiaus mis en l'obéissance du Dolfin".

Armée d'Anglés pour aler en France.
  "En l'an mil IIIIxxix, environ le mois de juillet, party (d'Angleterre ?) le roy d'Engletere, ung vaillant capitaine acompaigniés de plusieurs gens d'armes jusques au nombre de xv cents, lesquelz venoit pour secoures devers le duc de Betefort régent ; et estoient tous les dy Englès vestus de blanc. Et pour tant que la renomée estoit en Engletere du fait de la Pucelle, ledit capitaine avoit fait faire ung estendart tout blancq dedens lequel avoit une quenuelle chergié de lin à quoy pendoit ung fuisel autour du fillé, comme à moitiet fusée et y estoit entresemé en plusieurs liens de fusiaus wis et avoit escript audit estendart : Or viegne la belle ! en signefiant qu'il lui donroit à filler comme il ne fally mie ainsy que vous orés chy après."

Le Dolfin fu mené sacrer à Rains par la Pucelle.
  "Après, en ce mesme temps que le vois (1) estoit en France de la Pucelle, s'en vint le Dolfin à Rains soy faire sacrer et estoit la Pucelle comme la conduitresse de l'armée. Et après son sacre contendy de lui aler faire couronner à Paris ; mais ceulx de la ville ne le volfent consentir et ala ladite Pucelle au plus près des murs et demanda con lui aportast les clefz au non de Dieu, de qui elle se disoit estre mesaigière. Mais par le ruse de pluiseurs bons et saiges clers lesquelz dirent au comun que c'estoit cause fainte, dyabolique et erreur à ceulx qui le créoient, lui fu envoiet ung virton lequelz li percha tout oultre la cuisse, dont se party plus que le pas et retourna en l'ost du Dolfin qui pour lors avoit grande armée et tous les jours monteplioit."

Assemblée de par le duc de Betefort pour résister contre la Pucelle.
  "Quant le duc de Betefort perchut le fait du Dolfin par la vertu de la Pucelle, sy fist très-grant mandement de gens, et asamblée de Piquars et Englés, jusques an nombre de xii m (2), lesquelz tienrent les camps envers la ville de Senlis. Et, quant le Dolfin le sent, sy vint alencontre d'eulx à grosse et puissant compaignie de ladite Pucelle, à intencion d'avoir jour de bataille contre ledit duc de Betefort : et estoient en nombre les gens du Dolfin bien L m (3) hommes, tant de bommes d'armes, comme d'archies d'Escoche. Et, quant le duc de Betefort seut la venue du Dolfin, sy se trairent en ung fort où yl avoit derrière eulx maisons et murs, et ne les povoit-on assalir fors d'un seul, et, là , estoient les archies mis en ordenance en deux ellez, et avoient fait haies de penchonz (4), que les hommes d'armes ne povient effondrer sur eulx, et furent ainsy près d'un jour entirs, et , en la fin, commenchièrent bataille. Là veist-on les flèches des archies de Engleteres voller plus drut que naige , dont faloient resortir les gens du Dolfin ; car les hommes d'armes de Franche , lesquelz estoient bien montés, à l'intencion de rompre le trait des Englés, ne porent faire course, pour les penchons que les Englés avoient devant eulx, et pour le lieu fort où yl estoient. Après che afustèrent les Franchois deux engiens à poure d'emprès une haie qui estoit enprès ledit fort, pour tirrer sur les Englés tout du long des batailles, affin de les faire desmarcher et mettre en desroy, et en tuèrent des Englés x ou xii. Mais le Régent et pluiseurs aultrez de ses seigneurs chevauchèrent de bataille en bataille, et entretirent tellement lesdittes bataillez, que oncques ne se bougèrent, ne desmarchèrent ung pas. Et venoient aucunes fois pluiseurs hommes d'armes de Franche coure jusques au fort, la lance avallée ; mais estoient rencontrés de hommes d'armes d'Engletere. Et, en celui mesme fort estoient avec les Englés monsr de Habourdin, monsr de Croy et pluiseurs aultrez seigneurs de Picquardie, lesquelz se boutèrent près dud. fort, et vièrent coure sur La Hire, qui gardoit les engiens , avec L hommes d'armes, tellement qu'il mirent le capitaine en desroy, et, par leur vaillandise gaignèrent lesdis engiens, dont yl furent moult joieulx, et ne doubtèrent après en riens les François, et demorèrent après ce en leur fort, comme tous assurés. Et, quant le Dolfin percut que nullement ne les pooit avoir hors de leur fort, ne eulx adamager, sy se party d'illeuc et renvoia des gens chalcun en son lieu."

Comment les Franchois levérent le siége devant Compiègne.
  "A une course fut prise la Pucelle d'un archier du bastart de Vendôme et fu livrée à monsr le conte de Ligny qui donna audit archier pour sa prise grant finanche ; qui, depuis le vendy as Englès lesquelz en firent plus grant feste que seyl eussent gaigniet tout l'or de Lombardie. Et incontinent qu'il eurent yl le menèrent à Rouen. Et fut arse sur le marchiet de Rouen devant tout le peuple". (5)


                                                 


Source : Article paru dans le "bulletin de la société de l'histoire de France" en juin 1857.

Notes :
1 La renommée

2 Douze mille

3 Cinquante mille !

4 Pieux

5 Ces extraits montrent bien la haine et le désir de vengeance. On y retrouve aussi un mélange de tous les ragots colportés par les anglo-bourguignons pour déconsidérer la Pucelle aux yeux du peuple.

NDLR : il semble que ce témoignage assez important ait échappé au Père Ayroles dans sa "Vraie Jeanne d'Arc".



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