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Journal de Clément de Fauquembergue - index
Jeudi 8 septembre 1429

eudi, VIIIe jour de septembre, feste de la Nativité de la mere Dieu, les gens d'armes de messire Charles de Valois, assemblez en grant nombre d'emprez les murs de Paris leiz la porte Saint-Honnoré, esperans par commocion de peuple grever et dommagier la ville et habitans de Paris plus que par puissance ou force d'armes, environ deux heures après midy, commencèrent de faire semblant de vouloir assaillir ladicte ville de Paris. Et hastivement pluiseurs d'iceulz estans sur la Place aux Pourceaux et environ, prez de ladicte porte, portans longues bourrées et fagos, descendirent et se bouterent es premiers fossés, esquelz n'avoit point d'eaue, et getoient lesdictes bourrées et fagos dedens l'autre fossé prochain des murs, esquelz avoit grant eaue.
  Et à celle heure y ot dedens Paris gens affectez ou corrumpuz, qui esleverent une voix en toutes les parties de la ville deça et delà les pons, crians que tout estoit perdu, et que les ennemis estoient entrez dedens
Paris, et que chascun se retrahist et fist diligence de soy sauver. Et à celle voix, à une mesme heure de rapprochement desdis ennemis, se departirent des eglises de Paris toutes les gens estans lors es sermons, et furent moult espoventez et se retrahirent les pluiseurs en leurs maisons et fermerent leurs huys. Mais pour ce n'y ot aucune autre commocion de fait entre lesdis habitans de Paris, et demourerent à la garde et defense des portes et des murs d'icelle ville ceulz qui estoient deputez. Et en leur ayde survindrent pluiseurs autres desdis habitans qui firent très bonne et forte resis-tence aux gens dudit messire Charles de Valoys, qui se tindrent dedens ledit premier fossé, et dehors sur ladicte Place aux Pourceaulz et à l'environ, jusques à dix ou XI heures de nuit, qu'ilz se departirent à leur dommage. Et d'eulz en y ot pluiseurs mors et navrez de trait et de canons. Et entre les autres fu blecée en la jambe, de trait, une femme que on appelloit la Pucelle, qui conduisoit l'armée avec les autres capitaines dudit messire Charles de Valois, qui s'atendoient de plus grever Paris par ladicte commocion que par assault ou force d'armes. Car se pour chascun homme qu'ilz avoient lors ilz en eussent eu quatre ou plus, aussi bien armez qu'ilz estoient, ilz n'eussent mie pris ladicte ville de Paris par assault ne par siege, tant qu'il y eust eu vivres dedens la ville, qui en estoit lors bien pourveue pour long temps. Et estoient les habitans bien uniz avec les gens d'armes de ladicte ville pour resister à l'assault et entreprise dessusdis, et mesrnement, pour ce que on avoit dit et disoit on publiquement à Paris que ledit messire Charles de Valois, fils du roy Charles VIe, derrain trespassé, cui Dieu pardoint, avoit abandonné à ses gens ladicte ville de Paris et les habitans d'icelle, grans et petis, de tous estas, hommes et femmes, et quod erat sua intencio redigendi ad aratrum urbem Parisiensem, christianissimis civibus habitatam, quod non erat facile credendum. (1)

                                                         

  Jeudi VIIIe jour de septembre MCCCCXXIX, fête de la Nativité de la Mère de Dieu, les gens d'armes de Messire Charles de Valois étaient assemblés en grand nombre auprès les murs de Paris, du côté de la porte Saint-Honoré, espérant grever et endommager la ville et les habitants de Paris par commotion de peuple plus que par puissance ou force d'armes ; environ deux heures après midi, ils commencèrent à faire semblant de vouloir assaillir la ville ; et hâtivement plusieurs d'entre eux, qui étaient sur la place aux Pourceaux et aux environs, non loin de la susdite porte, portant de longues bourrées et des fagots descendirent et se boutèrent ès premiers fossés, où il n'y avait point d'eau ; et ils jetèrent lesdites bourrées et les fagots dans l'autre fossé voisin des murs, èsquels il y avait grande eau.
  Et à cette heure, il y eut dans Paris gens effrayés ou corrompus, qui poussèrent un cri en toutes les parties de la ville de çà et de là les ponts, criant que tout était perdu, que les ennemis étaient entrés dans Paris, et que chacun se retirât et fît diligence de se sauver. Et à cette voix, à une même heure de l'approche des ennemis, tous les gens étant alors aux sermons sortirent des églises de Paris, furent très épouvantés, se retirèrent la plupart en leurs maisons et fermèrent leurs portes. Mais pour cela, il n'y eut pas d'autre commotion de fait parmi les habitants de Paris. Ceux qui étaient députés à la garde et défense des portes et des murs demeurèrent à leur poste ; et à leur aide survinrent plusieurs des habitants qui firent très bonne et forte résistance aux gens dudit Messire Charles de Valois. Ceux-ci se tinrent dans le premier fossé et au dehors sur la place aux Pourceaux et aux environs, jusqu'à dix ou onze heures de nuit, qu'ils se départirent à leur dommage.
  Parmi eux il y eut plusieurs morts et navrés de traits et de canons. Entre les autres fut blessée d'un trait en la jambe une femme que l'on appelait la Pucelle, qui conduisait l'armée avec les autres capitaines dudit Messire Charles de Valois. Ils s'attendaient à grever Paris plus par ledit soulèvement que par assaut ou force d'armes; car si pour chaque homme qu'ils avaient alors, ils en eussent eu quatre ou même plus, aussi bien armés qu'ils l'étaient 1, ils n'auraient jamais pris Paris ni par assaut ni siège, tant qu'il y aurait eu des vivres dans la ville ; et elle en était pourvue pour longtemps. Les habitants étaient fort unis avec les hommes d'armes pour résister à l'assaut et à l'entreprise dont nous venons de parler, principalement parce qu'on avait dit et l'on disait publiquement à Paris, que ledit Messire de Valois, fils du roi Charles VI dernièrement trépassé, auquel Dieu pardonne, avait abandonné à ses gens Paris et ses habitants, grands et petits, de tous états, hommes et femmes, et quod erat sua intencio redigendi ad aratrum urbem Parisiensem, christianissimus civibus habitatam, quod non erat facile credendum.


 


               
                                  


Source : édition A.Tuetey - 1909
Mise en Français plus moderne : J-B-J. Ayroles (La vraie Jeanne d'Arc - T.III, p.474 et suiv.)

Notes :
1 Traduction : et que son intention était de faire passer la charrue sur Paris, une ville peuplée d'habitants très chrétiens ; ce que l'on ne saurait croire que difficilement. (Ayroles)



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