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Jean Jouffroy

ean Jouffroy est encore un des personnages ecclésiastiques marquants de l'époque. Né à Luxeuil vers 1412, il fit à l'Université de Pavie de si brillantes études qu'en cessant d'être disciple, il y devint maître. Eugène IV le manda au concile de Ferrare. La cour de Bourgogne l'employa au maniement des affaires les plus délicates, et lui confia de nombreuses ambassades à Rome, en Portugal, en Castille.
  Promu au siège d'Arras en 1453, il fut honoré du titre de Légat apostolique auprès du duc de Bourgogne. La part qu'il prit à l'abrogation de la Pragmatique sanction par Louis XI lui valut la pourpre cardinalice. Il fut transféré à l'évêché d'Alby dont il mourut titulaire en 1472. Pie II disait de Jouffroy : Judicio omnium doctus, suo doctissimus (savant au jugement de tous, très savant à son propre jugement).
  Il commit sa page contre la Pucelle au congrès de Mantoue en 1459. Pie II, comme on le sait, y avait convoqué les princes de la chrétienté pour les armer contre le Turc, qui venait de s'emparer de Constantinople. Pie II comptait surtout sur le duc Philippe, qui, malgré la dissolution de ses moeurs, affectait le zèle de la foi. Le duc envoya pour le représenter à Mantoue Jean Jouffroy. L'évêque d'Arras prit pour sujet de sa harangue l'éloge de son maître : De Philippo duce Burgundiæ oratio. Le factum a été édité en 1876 par M. Kervyn de Lettenhove dans les Chroniques belges. Il y occupe près de cent pages. Il fut, dit-on, entendu avec plaisir par le congrès ; l'on ne peut dans ce cas qu'admirer le courage de l'auditoire, et son engouement pour des développements d'humaniste. Jouffroy l'était, c'était la passion du temps. Le harangueur savait que Pie II écrivait des Mémoires ; il ne manqua pas de lui recommander son duc; ce dont il est besoin de se souvenir quand on lit certain passage de Piccolomini dans les pages enflammées consacrées à l'héroïne. Il a cru devoir mentionner rapidement, sans en nommer ni en réfuter directement l'auteur, le fond de la pensée prolixement exposée par Jouffroy dans le passage suivant :



  Successit huic bello illud callide vulgatum, temere creditum, miraculum cujusdam virginis quam Franci puellam vocitant. Atque equidem an velut in sacris litteris Debbora mulier populum Israelitem, in spem erexit, haud scio; quispiamve astutus, cum Franci proceres, altero alteri refragante parere, sua inertia paucos Anglicos fortes etticerent, concitamento istius puellæ usus sit, ut fractos et debilitatos Francorum animos attolleret, præsertim qui, testimonio Cæsaris, rem auditam pro comperta facile habeant; sive enim, sparso rumore, popularis laus sit consecuta puellam, sive rusticellæ animum ac ex inopia in delicias emergentem mulierem cupiditas gloriæ ut arma ferret instruxit, quæ in hospitio cui servivit docta ligna lapidesque comportare, ac ex Lotharingorum more sciebat versare aratrum et gubernare boves, nichil est scilicet miraculo loci. Nam, quod est in re militari pessimum vitium, confidentia ex aliquot præliorum felicitate Anglos impleverat; et pauci a pluribus, contemnentes que hostem a procedentibus per disciplinam, facile poterant vinci.
  Gratiam vero et auctoritatem Philippo majorem dedit quod Anglos vicerat ipsa puella sub maenibus Genabi, quam urbem Aurelianum appellant; quotquot viros muliebre bellum timentes illa fugabat, qui per omnes Gallias et Hispaniam arma victores circumtulerunt. Ipsam enim Puellam, ipsam Philippus, quem nunquam. larvæ deterrerent, primus apud oppidum Caritatis supra Ligerim, per constitutum ibi præsidium, a processu arcuit, primus ab irruptione in Parisios repulit et solus cepit. Processerat enim Philippus quo deturbaret hostes Picardiam ingressos. Puella vero prope Auxonam fluvium sperans Philippum cum exercitu consistentem, sed deditum venationibus, imparatum offendere, collectis fere sex millibus equorum, per silvas adventans ex occulto repente Philippum nihil suspicantem invadit. Atqui princeps ad verum pulverem Martis instructus, collatis signis, manus conseruit; impressione vero a latere per sagittarios facta, ad ingenium muliebre puella rediens sese fugæ commisit. Sensit autem nichil prosperum evenire confictis fraudi, videlicet quotiens vera virtus eniteretur.
  Nam, quæ invaserat proestantissimum principem, hæc victa est; quæ Angelum suæ vitæ comitem se habere jactabat, hæc fugiebat et capta est. Hanc vero etsi hostes Philippi suum columen et stabulum confidentiæ suæ ducerent, Philippus tamen ad se reductam alioquin sprevit et intueri; quippe intermortuas illorum vires excitasset; quæ Campamiam, Remos, Senones, Silvanectum ita terruisset, aut illexisset, vix enim dignum se dicebat vicisse, licet ferocem exercitum, cujus dux femina fuerat, et pejores, certe ut de Achille Scripsit Homerus, omnibus malis existimare solet, res simulatas et conventitias.


                                                         

  « A la suite de cette guerre vint le prétendu miracle, habilement divulgué, témérairement cru, de la jeune fille que les Français nomment la Pucelle. Faut-il penser que, comme la Débora des Écritures, elle a fait renaître l'espérance au coeur des Français ? Parmi eux, les grands, refusant d'obéir à un autre grand, avaient, par leur inertie, rendu puissants une poignée d'Anglais. Faut-il croire que l'un de ces grands aura habilement exploité le stratagème de cette jeune fille pour relever les coeurs abattus et sans force ? César attestait déjà que chez ce peuple, ce qui est seulement ébruité est facilement chose prouvée. A la suite de la rumeur, l'enthousiasme populaire a-t-il exalté la jeune fille ? Le courage de cette paysannelle a-t-il été enflammé par le désir de passer d'une vie d'indigence à une vie de délices ? Est-ce le désir de la gloire qui a poussé au métier des armes celle qui dans l'auberge où elle servait n'avait appris qu'à porter du bois et des pierres, dont tout le savoir consistait à tourner la charrue et à gouverner des boeufs à la manière lorraine ? Toujours est-il qu'il n'y a rien de miraculeux dans son fait. Ce qui est à la guerre la pire de toutes les fautes, une fausse confiance engendrée par le succès de quelques combats remplissait le coeur des Anglais. Il n'est pas difficile à un grand nombre de triompher d'un petit nombre, à une armée bien disciplinée de vaincre celle qui n'a que du mépris pour l'ennemi.
  Ce qui a attiré surtout au duc Philippe renom et autorité, c'est que la jeune fille avait vaincu les Anglais sous les murs de Genabum, ville que l'on appelle maintenant Orléans ; que, par la crainte qu'inspirait la guerre avec une femme, elle mettait en fuite ceux qui avaient promené en vainqueurs leurs armes à travers la France entière et à travers l'Espagne. Or Philippe, que ne sauraient effrayer les fantômes, Philippe le premier a arrêté les progrès de la Pucelle à La Charité-sur-Loire par la garnison mise dans cette place ; le premier il l'a repoussée de Paris, et seul il l'a prise. Le prince s'était mis en campagne pour repousser les ennemis qui avaient pénétré en Picardie. Il campait avec son armée sur les rives de l'Oise. La Pucelle, espérant le surprendre dans une partie de chasse, arrive secrètement à travers les bois à la tête de six mille hommes, et l'attaque soudain lorsqu'il ne s'attendait à rien. Mais le prince, familiarisé avec toutes les pistes de Mars, rassemble ses bannières et en vient aux mains. Une attaque par le flanc de la part des archers fit que la jeune fille rendue à son naturel de femme ne trouva rien de meilleur que la fuite. Elle sentit que la fraude ne peut rien, toutes les fois qu'elle est aux prises avec la véritable valeur. Celle qui avait attaqué le plus éminent des princes fut vaincue; celle qui se vantait d'avoir un ange pour guide de ses pas fuyait, et elle fut prise.
  Les ennemis de Philippe établissaient en elle le fondement de leur confiance; quand Philippe en fut le maître, il dédaigna de la regarder ; il aurait craint de ranimer des forces abattues. Il estimait à peine digne de lui d'avoir vaincu celle qui avait promené tant de terreur ou d'enchantements à travers la Champagne, les pays de Reims, de Sens ou de Senlis, encore qu'il estimât la terrible armée dont une femme avait été le chef, et que, comme Homère l'a écrit d'Achille, le pire de tous les maux soit à ses yeux la dissimulation et la fraude.
  Mais comme l'on dit que Charles VII, maintenant roi des Français, porte aux nues cette Pucelle, et que du temps d'Alexandre, ainsi que l'écrit Cicéron, l'on ne pouvait écrire que ce qu'agréait Alexandre, je cesserai, selon l'avis de Plaute, de presser l'abcès. »


                                                 


Source : Présentation et traduction par J.B.J. Ayroles, "La vraie Jeanne d'Arc - t.III, La Libératrice", p.534 et suiv., texte original en pièces justificatives.

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