Accueil   :Livre d'or/Guestbook                                                         Admin
05 juillet 2008  

 Son histoire

par Henri Wallon

 Les sources

Procès condamnation

Procès en nullité...

Chroniques & textes

Lettres de J. d'Arc

 Compléments

Bibliothèque J.d'Arc

Dossiers

 Recherches

Moteur de recherche

Mises à jour du site

Bibliographie

 

 ACCÈS CARTES

     Carte de France (1429)

     Carte Nord France (1429)

     Carte environs Domrémy

     Carte environs Orléans

     Carte siège d'Orléans

     Vues Orléans et pont

 

 Interactivité

Contact

Livre d'or

Liens johanniques

Aidez Domrémy !


Journal du siège d'Orléans - index
29 avril 1429

e vendredy ensuivant, vingt neufviesme du mesmes moys, vinrent dedans Orléans les nouvelles certaines comment le roy envoyoit par la Sauloigne vivres, pouldres, canons et autres habillemens de guerre, soubz le conduict de la Pucelle, laquelle venoit de par Nostre Seigneur pour avitailler et reconforter la ville, et faire lever le siège, dont furent moult reconfortez ceulx d'Orléans. Et parce que on disoit que les Angloys mectroient peine d'empescher les vivres,   fut ordonné que chacun fust armé et bien empoint par la cité; ce qui fut faict.
  Ce jour aussi y arrivèrent cincquante combatans à piet, habillez de guisarmes et autres habillemens de guerre ; et venoient du pays de Gastinois, où ilz avoient esté en garnison.
  Cellui mesmes jour eut moult grousse escarmousche, parce que les Françoys vouloient donner lieu et heure d'entrer aux vivres que on leur amenoit Et pour donner aux Angloys à entendre ailleurs, saillirent à grant puissance, et alèrent courir et escarmouscher devant Sainct Loup d'Orléans. Et tant les tindrent de prez, qu'il y eut plusieurs mors, blecez et prins prisonniers d'une part et d'autre, combien que les François apportèrent dedans leur cité ung des estandars des Angloys. Et lors que celle escarmousche se faisoit, entrèrent dedans la ville les vivres et artillerie que la Pucelle avoit conduicts jusques à Checy (1). Au devant de laquelle alla jusques à cellui villaige le bastart d'Orléans et autres chevalliers, escuiers et gens de guerre, tant d'Orléans comme d'autre part, moult joyeulx de la venue d'elle, qui tous luy feirent grant reverance et belle chière, et sy feist elle à eulx. Et là conclurent tous ensemble qu'elle n'enterroit dedans Orléans jusques à la nuyt, pour éviter le tumulte du peuple, et que le mareschal de Rays (2) et messire Ambroise de Loré (3), qui parle commandement du roy l'avoyent conduicte jusques là, s'en retourneroyent à Bloys où estoient demourez plusieurs seigneurs et gens de guerre Françoys : ce qui fut faict ; car ainsi comme à huyt heures au soir, malgré tous les Angloys qui oncques n'y mirent empeschement aucun, elle y entra armée de toutes pièces, montée sur ung cheval blanc ; et faisoit porter devant elle son estandart, qui estoit pareillement blanc, ouquel avait deux anges tenans chacun une fleur de liz en leur main ; et ou panon estoit painte comme une Anonciacion c'est l'image de Nostre Dame ayant devant elle ung ange luy présentant ung liz.
  Elle ainsi, entrant dedans Orléans, avoit à son cousté senestre le bastart d'Orléans, armé et monté moult richement. Et aprez venoyent plusieurs autres nobles et vaillans seigneurs, escuyers, cappitaines et gens de guerre, sans aucuns de la garnison, et aussy des bourgoys d'Orléans, qui luy estoyent allez au devant.

   

  D'autre part, la vindrent recevoir les autres gens de guerre, bourgoys et bourgoises d'Orléans, portans grant nombre de torches, et faisans autel joye comme se ilz veissent Dieu descendre entre eulx, et non sans cause, car ilz avoient plusieurs ennuys, travaulx et peines, et qui pis est grant double de non estre secouruz, et perdre tous corps et biens. Mais ilz se sentoyent jà tous reconfortez, et comme desassiégez, par la vertu divine qu'on leur avoit dit estre en ceste simple Pucelle, qu'ilz regardoyent mout affectueusement, tant hommes, femmes, que petis enfans. Et y avoit moult merveilleuse presse à toucher à elle, ou au cheval sur quoy elle estoit, tellement que l'un de ceulx qui portaient les torches s'approucha tant de son estandart que le feu se print au panon. Pourquoy elle frappa son cheval des esperons, et le tourna autant gentement jusques au panon, dont elle en estaingnit le feu, comme se elle eust longuement suyvy les guerres : ce que les gens d'armes tindrent à grans merveilles, et les bourgois de Orléans aussi ; lesquelz l'acompaignèrent au long de leur ville et cité, faisans moult grant chière, et par très grant honneur la conduisrent tous jusques auprez de la porte Regnart, en l'ostel de Jacquet Boucher (4), pour lors trésorier du duc d'Orléans, où elle fut receue à très grant joye, avecques ses deux frères (5) et les deux gentilzhommes et leur varlet, qui estoient venuz avecques eulx du pays de Barroys.

                                                 


Source : édition MM. Paul Charpentier et Charles Cuissard - 1896

Notes :
1 Sur le séjour de la Pucelle à Chécy, voiries travaux publiés par H. Boucher de Molandon dans le Bulletin de la Société archéologique de l'Orléanais, t.IV, p.427 et t.IX, p.73.

2 Gilles de Laval, sire de Retz, conseiller et chambellan du roi, maréchal de France.

3 Ambroise de Loré, chevalier manceau.

4
Jacques Boucher, trésorier du duc d'Orléans. (Voir Jacques Boucher, sieur de Guilleville, sa famille, son monument funéraire, son hôtel, dans les Mémoires de la Société archéologique, t.XXII, p.373)

5 Deux de ses frère, Jean et Pierre. Jean, prévôt de Vaucouleurs, mourut en 1460 ; Pierre fait chevalier par lettres du 28 juillet 1443, s'établit dans l'Orléanais. (Cf. Maison de Pierre d'Arc, dans les Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanais t.XV, p.501, et Famille de Jeanne d'Arc dans l'Orléanais, Ibid., t. XVII, p.1.)



Les chroniques

Index


Les chroniqueurs "français" :
- la geste des nobles français
- la chronique de la Pucelle
- le journal du siège d'Orléans
- la chronique de Jean Chartier
- la chronique de Perceval de Cagny
- la relation du greffier de La Rochelle
- la chronique de Tournay
- l'histoire de Charles VII de Thomas Basin
- la chronique du héraut d'armes Berri
- le registre delphinal de Thomassin
- la chronique de Richemont
- le miroir des femmes vertueuses
- la chronique fête du 8 mai
- l'abbréviateur du procès
- doyen de St-Thibaud de Metz

Les chroniqueurs "anglo-bourguignons" :
- La chronique de Monstrelet
- La chronique des Cordeliers de Paris
- Gilles de Roy
- Le Bourgeois de Paris
- La chronique de P. Cochon
- La chronique de Jean Wavrin
- La chronique de Chastellain
- Le registre du parlement de Paris
- Les mémoires de Lefèvre de Saint Rémi

Les chroniqueurs étrangers :
- la chronique de Windecke
- la chronique de Morosini
- les mémoires de Pie II




maj : 12/11/2005
Format imprimable
 
Interactivité...



 
Légal         Contacts
 
© 2006-07 - SteJeannedArc.net