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Journal du siège d'Orléans - index
Décembre 1428

1 - 7 - 23 - 25 - 29 - 30 - 31

1 décembre :
e premier jour de décembre ensuivant arrivèrent aux Tournelles du pont plusieurs seigneurs anglois dont entre les autres estoient de plus grant renom messire Jehan Talbot, premier baron d'Angleterre, et le seigneur d'Escalles, acompaignez de trois cens combatans, qui y amenèrent vivres, canons, bombardes et autres habillemens de guerre : desquelz ilz gectèrent contre les murs et dedans Orléans plus continuellement et plus fort que devant n'avoient fait au vivant du comte de Salebris ; car ilz gectoient de telles pierres, qui pesoient huit vingt quatre (1) livres qui feirent plusieurs maulx et dommaiges contre la cité, en plusieurs maisons et beaulx ediffices d'icelle, sans personne tuer ne blescher : que on tenoit a grant merveille, car entre le autres, en la rue Aux petitz souliers en cheut une en l'ostel et sur la table d'un homme qui dinoit, luy cinquiesme, sans aucun en tuer ne blescher : que on dit avoit esté miracle faict par Nostre Seigneur à la requeste de monsieur Sainct Aignan (2), patron d'Orléans.

                                                                            *
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7 décembre :
  Le mardy ensuivant, à trois heures du matin,
sonna la cloche du beffroy, parce que les François cuidèrent que les Anglois vousissent assaillir le bolevart de la Belle croix sur le pont. Et aussi en y avoit deux qui l'avoient drès jà eschellé jusques à l'une des cannonières ; mais ilz se en retournèrent tantost en leurs Tournelles et taudis, obstant ce qu'ilz apperceurent que les François faisoient le guet, et avoient appareillé toutes choses, comme canons, arbalestres, fondes (3) à baston, couleuvrines, pierres et autres habillemens de guerre, nécessaires à leur deffence, se on les assailloit.

           


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23 décembre :
  Le jeudy vingt troisiesme jour de ce mois de décembre, commença à gecter la bombarde (4)
gectant pierres pesant six vingt livres, que ceulx d'Orléans avoient lors faict faire toute neufve, par ung nommé Guillaume Duisy, très soutil ouvrier, et fut assortie à la croche (5) des moulins de la poterne Chesneau, pour gecter contre les Tournelles ; auprès de laquelle estoient assortiz deux canons, l'un dit Montargis et l'autre Rifflart (6), qui durant le siège gectèrent contre les Anglois, et leur feirent de grands dommaiges.

          


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25 décembre :
  Le jour de Noël ensuivant, furent données et octroyées trèves d'une partie et d'autre, durees deppuis neuf heures au matin jusques à trois heures apprez midy. Et ce temps durant, Glacidas et autres seigneurs du pays d'Angleterre requisdrent au bastard d'Orléans et au seigneur de Sainct Severe, mareschal de France qu'ilz eussent une note de haulx menestriers, trompettes et clarons : ce qui leur fut accordé ; et jouèrent les instruments assez longuement, faisans grant melodie. Mais si toust que les trèves furent rompues, se print chacun garde de soi.
  Durant les festes et fériers de Noël, gectèrent d'une partie et d'autre très fort et horriblement de bombardes et canons, mais sur tous faisoit moult de mal ung couleuvrinier nommé maistre Jehan (7), que l'on disoit estre le meilleur maistre qui fust lors d'icelluy mestier. Et bien le monstra, car il avoit une grosse couleuvrine dont il gectoit souvent, estant dedans le pilier du pont près du bolevart de la Belle Croix, tellement qu'il en blessa et tua moult d'Angloys et pour les mocquer se laissoit aucune fois cheoir à terre, faignant estre mort ou blecié, et s'en faisoit porté en la ville ; mais il retournoit incontinent à l'escarmousche, et faisoit tant que les Anglois le sçavoient estre vif en leur grand dommaige et desplaisir.

               


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29 décembre :
  Le mercredy vingt neufviesme jour d'icelluy mois de décembre, furent brulées et abatues plusieurs autres églises et maisons, qui estoient aincoires demeurées auprez d'Orléans, comme Sainct Loup (8), Sainct Marc (9), Sainct Gervais (10), Sainct Evurtre (11), la chappele Sainct Aignan (12), Sainct Vincent des Vignes (13), Sainct Ladre (14), Sainct Pouoir (15) et aussi la Magdeleine (16), afin que les Anglois ne se peussent là loger, retraire et fortiffier contre la cité.

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30 décembre :
  
Le penultiesme jour d'icelluy mois arriverent environ deux mil cinq cens combattans Anglois à Sainct Laurens des Orgerilz près d'Orléans pour là fermer ung siège ; desquelz estoient cappitaines le conte de Suffort et Talbot (17), Messire Jehan de la Poulle, le seigneur d'Escales, Messire Lancelot de Lisle et plusieurs autres. Mais à leur venue furent faictes ce jour grandes escarmouches, car le bastard d'Orléans, le Seigneur de Saincte Sévère, Messire Jacques de Chabannes, et plusieurs autres chevalliers, escuiers et cytoiens d'Orléans, qui moult vaillamment se portèrent, leur alèrent au devant et les recuellirent comme leurs ennemys. Et là furent faits plusieurs beaulx faiz d'armes d'une partie et d'autre. En celles escarmouches fut blesché ou pié d'un traict des Anglois Messire Jacques de Chabannes et son cheval tué par cas pareil.
  Ce mesme jour aussy furent faictz plusieurs beaulx faiz d'armes, d'une partie et d'autre, environ  la Croix Boissée près de Sainct Lorens. Et tout ce jour feist grandement son devoir maistre Jehan à tout sa couleuvrine.

                                         

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31 décembre :
  Le vendredy, dernier jour de l'an, à quatre heures après midy, eut deux Françoys qui deffirent deux Anglois à faire deux coups de lance, et les Angloys receurent le gaige. L'un des Françoys avait nom Jehan le Gasquet, et l'autre Vedille, tous deux gascons, de la compaignie de La Hire ; ledit Gasquet vint premier contre son adversaire et le gecta par terre d'un coup de lance ; mais Vedille et l'autre Angloys ne peurent veincre l'un l'autre. Pour lesquelz regarder avoit, assez prez d'eulx plusieurs seigneurs, tant de France comme d'Angleterre.


                                                 


Source : édition MM. Paul Charpentier et Charles Cuissard - 1896

Notes :
1
Cent soixante-quatre livres.

2 Saint patron de la ville d'Orléans, évêque qui protégea Orléans contre les attaques des hordes d'Attila (Ste Geneviève en fit de même pour Paris).


3 Frondes se disaient alors fondes.

4
La bombarde était une pièce d'artillerie grosse et courte avec une ouverture fort large servant à lancer des boulets de pierre.

5 La croche est une sorte d'éperon, ouvrage avancé en rivière pour protéger le pied d'une construction.

6 L'usage du temps était de donner des noms aux pièces d'artillerie. Plus tard une bombarde sera appelée Bergère en l'honneur de la Pucelle. Les Anglais avaient leur "Passe-Volant".


7 D'après le compte de Hémon Raguier, il fut donné "140 écus d'or à Maistre Jehan de Montesiler, canonnier demeurant à Angiers, envoyé à Orliens pour servir le roy de son industrie". De nombreux autres canoniers qui "jouaient" de leur artillerie sont cités dans les comptes d'Hémon Raguier. Jules Loiseleur a rétabli son vrai nom : Jehan de Montesclere (Montéclair) près de Domrémy).

8 Le monastère de Saint Loup était bâti sur le haut du coteau de la Loire. Outre l'église ou chapelle du couvent, il y avait une église paroissiale qui fut supprimée en 1580 et réunie à Saint Jean de Braye.

9 L'église Saint Marc n'a pas changé de position.

10 Saint Gervais était un prieuré dépendant de St Benoit sur Loire, situé tout près de l'église St Marc à l'ouest. Il portait aussi le nom de St Phallier.

11 St Euverte et sa collégiale sont bien connus.

12 La chapelle Saint Aignan fut bâtie en 854 sous l'épiscopat d'Agius. Elle était située non loin de la porte de Bourgogne et connue sous le nom de Notre-Dame du chemin.

13 Cette église portait ce nom à cause de sa situation au milieu des vignes.

14 Saint Ladre était une maladrerie fondée au commencement du XII° siècle. Située dans le faubourg Bannier, elle fut donnée en 1622 aux Chartreux qu'ont remplacé les religieuses de la Visitation.

15 Saint Pouair est l'église de St Paterne actuelle.

16 C'était une maison de religieuses de Fontevraud, à l'extrémité de la ville actuelle d'Orléans.

17 Sir John Talbot, chevalier banneret, comte de Shrewsbury, de Furnival et Welford fut pris à Patay et échangé en 1431 contre Xaintrailles. Il mourut à la bataille de Castillon en 1453.



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