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21 octobre 2019  

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Le livre des trahisons de France envers la maison de Bourgogne

el est le titre que M. Kervyn de Lettenhove donna à une Chronique anonyme qu'il publia en 1873 dans la collection des Chroniques belges, chroniques relatives à la Belgique sous la domination des Ducs de Bourgogne.

  Il n'est autre que le titre du premier chapitre de la Chronique jusque-là inédite. Elle commence au mariage de Louis d'Orléans avec une fille des ducs de Milan, fauteurs, d'après la Chronique, de la faction des Armagnacs ; elle se termine à la ruine de Dinant en Belgique par le duc Philippe, en 1466. On en connaît deux manuscrits, l'un à la Bibliothèque laurentienne à Florence, l'autre à la Bibliothèque royale de La Haye, tous deux du XVe siècle. Le noble éditeur, auquel ces notes sont empruntées, prétend que l'œuvre est d'une incontestable valeur, malgré les exagérations que la haine et la partialité y ont multipliées.
  Dans ce que l'on y lit sur la Pucelle, ce ne sont pas seulement des exagérations, ce sont de palpables faussetés sur sa famille, son premier genre de vie, sur le rôle du Frère Richard, que l'auteur appelle Rigaud, et dont il fait un Carme. Il y a cependant quelques particularités que l'on ne trouve que chez ce fanatique bourguignon, et la prise de la Pucelle lui arrache un aveu qu'il faut retenir.
  Le style de l'auteur est rude et grossier, mais énergique. Il semble qu'il a écrit d'après les rumeurs populaires recueillies dans son parti, sans se soucier de contrôler ce qu'il y avait de vrai dans ce qui venait à son oreille.

  Il parle de l'héroïne au chapitre CXLIV, à propos du siège d'Orléans. Voici ce qu'il en dit. Force est de rajeunir un style fort archaïque :

Chap CXLIV - « L'an 1428, la ville d'Orléans fut assiégée environ la Saint-Jean d'été par le comte de Salisbury ; et le siège y fut jusques vers la Toussaint. En ce siège le comte fut occis par un canon qui le frappa à la tête, alors qu'il était en son hôtel aux faubourgs, Depuis, les Anglais n'eurent pas de succès en France. Le Dauphin vint à Orléans à si grande puissance qu'il fit lever le siège au milieu d'un grand désarroi.
  Les gens du Dauphin avaient alors avec eux une femme qui était fille d'un homme de Vaucouleurs en Lorraine, tenant hôtel. C'était une fille jeune et hardie, qui en l'hôtel de son père avait coutume de chevaucher et de mener les chevaux au gué. Ce en quoi faisant, comme les femmes sont de léger esprit, elle s'était souvent éprouvée à manier le bois (les armes) comme de courir et de virer la lance; tellement, que, comme il est dit, elle se mit avec les gens dudit Dauphin, et plusieurs fois il fut su qu'elle s'avançait aux assauts et aux escarmouches.
  Un jour le Dauphin la voulut voir et lui fit délivrer un bon coursier et un fin harnais. Cela fait, il fit prononcer par un Carme nommé Frère Rigaud, en toutes les places où il était obéi, que cette femme était une Pucelle que Dieu avait envoyée et transmise du Ciel pour le remettre en son royaume, et qu'il aurait toujours la victoire, tant qu'elle serait avec son armée ; et parmi France, les simples et folles gens l'appelaient l'Angélique; et d'elles faisaient chansons, fables et contes merveilleux et pleins d'erreurs, tant qu'en cet an, par les bourdes et feintes paroles qu'icelui Frère Rigault débitait en ses sermons (lequel représentait le personnage Faux-Semblant au roman de la Rose), ils estimaient être une chose angélique celle qui avait le diable au ventre. »

Chap. CXLV. — « L'an qui suivit, qui fut 1429, au mois de juillet, partit d'Angleterre un capitaine accompagné de quinze cents hommes. Il les amena au secours du sire de Bedford, régent de France. Tous étaient vêtus de blanc. Il avait fait faire un étendard moult bel et riche, ayant rapport à ladite Pucelle dont il était déjà grand renom au pays d'Angleterre. Ledit étendard était pareil à son étendard, tout fin, blanc, et au large (sur le champ), il y avait une quenouille chargée de lin, de laquelle pendait un fuseau demi-chargé de fil, et au long étaient semés fusées et fuseaux tous wis semés et un écrit de fines lettres d'or qui disait : Or vienne la belle ;(1) lui signifiant qu'ils lui donneraient à filer, comme ils firent; car sur le marché de Rouen, ils la firent brûler, et réduisirent en poudre et en cendres, comme vous ouïrez ci-après.

  Le Dauphin, accompagné de ce Prêcheur et de cette Pucelle feinte, perça tant de pays qu'il parvint en la cité de Reims, là où il se fit sacrer. Puis quelques-uns de ses gens eurent l'intention d'entrer dans Paris, mais ce fut pour néant, quoique cette Pucelle fût à leur tête. De prime face elle vint auprès des murs demander les clefs au nom de Dieu dont elle feignait d'être la messagère, mais au lieu des clefs on lui envoya un vireton au travers de la cuisse, de par le diable son maître. Quand elle vit telle rudesse, elle partit et s'en vint en l'armée du Dauphin qui lors tenait les champs avec une grande et belle armée.
»

  Le chroniqueur raconte ensuite longuement la journée de Montépilloy, et au chapitre suivant, CXLVI, comment le duc Philippe vint à Paris, avec une armée. Il ne parle plus de la Pucelle qu'à la fin du chapitre CXLVIII. Il avait au chapitre CXLVII parlé du siège de Compiègne, et de la conquête de Choisy ; confondant l'ordre des évènements, il avait mêlé plusieurs faits postérieurs. Il revient au siège de Compiègne, et écrit sur Jeanne les lignes suivantes, les seules qui restent à citer :

« La garnison de Compiègne avait par plusieurs fois opéré des sorties, dont nous n'avons pas encore fait mention. A chaque fois la Pucelle s'y trouvait faisant des escarmouches et rompant les lances, tant qu'un jour par force d'armes elle fut prise et enlevée par un des archers du bâtard de Vendônne, qui la bailla et la vendit à Messire Jean de Luxembourg son capitaine, lequel en fit présent aux Anglais, qui en firent aussi grande fête que s'ils eussent gagné tout l'or du monde, et tantôt la menèrent à Rouen, où elle fut, comme il a été dit ci-dessus, brûlée sur le marché devant tout le monde. »

                                                 


Source : "La vraie Jeanne d'Arc - t.III : La libératrice" - J.-B.-J. Ayroles - 1897, p.541 et suiv.

Notes :
Conclusion de J.B.J Ayroles :
"Un seul mot caractérise l'auteur des passages que l'on vient de lire, qu'il soit permis de l'employer : c'est un gouailleur.
Tous les documents proclament à l'envi que la Libératrice était appelée : La Pucelle. C'est donner le démenti à toutes les pièces que d'affirmer qu'elle était connue sous le nom de l'Angélique ; ce n'est que comme développement du premier nom que parfois l'on ajoutait peut-être le mot de l'Angélique.
Le chroniqueur bourguignon est le seul à nous parler de l'étendard opposé par les Anglais à l'étendard de la Pucelle, et de l'inscription qu'ils y auraient gravée. Le fait n'est pas invraisemblable, quoiqu'il ne suffise pas de l'assertion de ce méprisable témoin pour le faire donner comme certain. Ce qu'il y a à retenir, c'est l'aveu contraire à l'exposé qui précède, que les Anglais estimaient leur captive autant que tout l'or du monde. Les Anglais ne furent jamais les ennemis de l'or, et ils ont toujours passé pour connaître le prix de ce qui peut servir ou nuire à leurs intérêts.
"

1 NDLR : voir La chronique de France (Lille) qui décrit aussi cet étendard.




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