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23 octobre 2019  

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La chronique de Morosini
Lettre 11 - index

u cours de 1429,
par lettre ensuite reçue de ser Pancrazio Giustiniani, du 27 juillet.
De Bruges.


  Ci-dessous je vais dire ce que j'ai entendu des nouvelles de France au 27 juillet (1). De certain l'on sait par plusieurs voies comment, vers le 12 de ce mois, le dauphin eut Troyes en Champagne (2), et qu'avant qu'il ne l'eût, ceux de la ville voulurent un délai de trois (3) jours, puis très bénignement se rendirent à lui comme à leur vrai seigneur, et que celui-ci pacifiquement pardonna à tous et les accueillit avec bonté, et aussitôt, par commandement de la Pucelle (4), que l'on dit être chef et voie et gouverneur de tous (5); et l'on conte qu'elle suit le dauphin et qu'il y a avec elle 25.000 personnes de ce côté (6), sans ceux qui sont aux confins de Normandie, et que commande le duc d'Alençon (7), comme nous allons le dire.
  Partis de Troyes (8), ils sont venus à Reims, où se rendent pour se faire sacrer tous les rois de France (9). Le dauphin y arriva le samedi 16 de ce mois (10), et sans aucune difficulté lui furent ouvertes les portes (11); et le dimanche 17 (12), il fut sacré avec toutes ses appartenances, et le sacre dura de l'heure de tierce jusqu'à vêpres (13); et cela se sait sûrement par nombreuses voies encore (14).
  Auparavant aussi, beaucoup de terres de Champagne, comme Châlons (15), Laon (16), et tant et tant d'autres (17) lieux sont tous venus en son obéissance (18), et cela, non parce qu'ils étaient tous de son parti ; car toujours ces terres avaient été avec le duc de Bourgogne ; de vrai elles n'ont jamais voulu consentir le serment aux Anglais et se sont gouvernées par elles-mêmes avec le parti de Bourgogne (19).
  Tournai, qui est une terre éloignée de là d'une journée, c'est-à-dire d'une distance d'environ 40 milles, et qui a toujours été très fidèle à son seigneur le dauphin (20), a fait sur son territoire fêtes et processions et feux de joie pour les victoires du roi nouvellement sacré; c'est l'opinion de beaucoup que les habitants l'aideront de leurs deniers, et il en est qui disent qu'ils équiperont 4000 hommes pour les envoyer en sa faveur (21).
  Le duc de Bourgogne est revenu de Paris ; il est arrivé à Arras le 10 de ce mois (22); et il a emmené avec lui sa sœur la duchesse, femme du duc de Bedford que l'on appelle le régent de France (23). Ledit régent était parti de Paris pour aller à Pontoise (24), qui est la clef de la Normandie (25); là il attend le cardinal avec tous les Anglais qui étaient partis (26), et l'on dit qu'ils sont au nombre de 6.000, dont 3.000 sont payés des deniers de l'Église pour aller contre les Hussites (27). Dieu, qui est juste juge, etc... (28)
  Ce seigneur duc par la Picardie et autres siennes terres a fait grand mandement de faire gens d'armes et tout selon son vouloir. On dit que de bref il sera prêt [à] aller avec les Anglais [contre] Jeannette. Qu'au dauphin le Christ pourvoie comme est de raison ! (29)
  Paris reste gardé, avec grand peur du peuple, par 32 seigneurs, 16 du parti de Bourgogne et 16 du parti d'Angleterre. On dit qu'il y a en tout sous leurs ordres environ 3.000 hommes et qu'ils ont ordonné au peuple que nul ne puisse sortir sinon pour [aller à] Diabo (?) ni ne se lève contre eux; mais de ce lieu arrivent chaque jour ici et Parisiens et .....pour être certains de se trouver en dehors des fièvres qui s'y pourraient produire, etc. Que le Christ pourvoie (30) !
  Des personnes dignes de foi affirment (et je crois, par ce que l'on a pu entendre, qu'il en est ainsi) que le roi de France a mandé à ce seigneur duc de Bourgogne qu'il se hâte tant qu'il se veuille et doive trouver le jour de la Madeleine (31) à Saint-Denis, qui est une ville éloignée de Paris d'environ deux milles (32). C'est en ce lieu que tous les rois de France prennent la couronne (33), et il faut que les douze pairs soient tous là ; comme le duc de Bourgogne en représente deux, à savoir pour la comté de Flandre et la duché de Bourgogne, ledit a envoyé aux Anglais le cinquième (?) pour sa personne (34). Il ne faut pas dire qu'il s'y rendra (35); mais in secretis multi multa loquuntur : je ne sais ce que j'en dois croire (36).
  On sait que le duc d'Alençon avec 12.000 hommes fait sur les confins de Normandie bonne guerre aux Anglais, et l'on dit qu'il a déjà pris trois ou quatre terres (ce serait, selon moi, grande prouesse) auxdits Anglais; et peut-être est-il fort en Normandie, et il fera bien s'il peut garder toutes ces terres ; car les choses de jour en jour adviennent en faveur du roi de France et non pas du régent; et dans ces trois mois ils auront bientôt la paix ; et certes de nos jours on peut dire que nous avons vu des choses très merveilleuses, comme on peut sûrement le comprendre par ce qui s'est ensuivi. Que le Christ aide la bonne cause et fasse le bien de tous (37) !
  On a dit, il y a déjà plusieurs jours, mais on n'en sait rien par lettre d'aucun, que le fils du duc de Bretagne va suivre le roi de France avec 3.000 Bretons (38).
  Ce seigneur duc se trouve encore à Arras (39), et l'on répète que, ces jours passés, il a envoyé au roi de France des ambassadeurs, qui ont trouvé les Français, à ce qu'on dit, en désaccord. On dit aussi qu'en août les Anglais seront prêts à combattre ledit roi. Je ne sais ce que j'en dois croire (40).
  On sait de certain que le roi de France a été à Soissons, à douze lieues (41) de Paris, et qu'il venait (42) alors (43) vers Paris (44) pour prendre la couronne à Saint-Denis, qui est une des solennités qu'il doit faire (45). On tient pour certain qu'il sera couronné (46) ces jours-ci. Dudit Saint-Denis, parce que ceux de Paris avaient mis tous les murs à terre et rempli les fossés, les habitants s'étaient sauvés à Paris ; et ceux-ci n'avaient fait cela que pour que le roi, y arrivant avec ses gens, ne puisse s'y fortifier (47).
  Le cardinal et le régent se trouvent à Pontoise, à sept lieues de Paris, avec toutes les forces anglaises, et [on ne doute pas que] l'on n'en doive venir aux mains. Que le Christ pourvoie au bien des Chrétiens (48) ! Et je ne sus en ce moment rien de ce qui s'ensuivit, ni autre chose, jusqu'au 27 juillet 1429 (49).

       

                                                       

XI (pages 1009-1010, f° 507). (*)

M° IIIIC XXVIIII° corando, puo per letera rezevuda da ser Prangati Zustignan de xxvii luio. Da Bruzia.

  Qua de soto dirò quelo o sentido de nuovo de Franza de xxvii de luio. Certo se sa per molte vie como circha dy xii de questo mexe, el Dolfin avè Tros de Zampagna, e che avanti l'avese, color dentro vol se respeto ziorni tre, e puo begnisimamente se rexe a luy
como so vero signor, e quelo pacifichamente perdonase a tuti, e con begninitade quelo i rizevete, e statin, per comandamento de la poncela, la qual a lu se dixe quela eser cavo e via e governatrixe de tuti, e contase coley siegue el Dolfino, e sono con lie xxvM persone da quela banda, senza queli sono ai confini de Normandia, che è el ducha de Lanson, como in questa diremo.
  Partidi da Tros, son vegnudi a Rens, donde confina al sagrarse tuti reali de Franza, e là i zionse el sabado ady xvi de quelo, e senza algun contrasto queli fo apreso le porte, e la domenega ady xvii, fo sagrado con tute le suo pertinencie, e dura la sagra da terza fina circha al vespero, e questo se sa certo ancora per molto vie.
  Avanti anchora molte tere de Zampagna, como è Zalon, Lan, son quanti e quanti altry asay luogi tuti vegnudi a la ubidencia soa, e non tanto che tute iera partiale, che senpre le dite iera stade con el ducha de Borgogna ; ed è vero che may non a voiudo voler el zuramento d'Ingelexi, che per lor medemi s'a governado con la parte de Borgogna.
  Torini ch'è una tera larga de qua a una ziornada, ch'è circha mia xl de lonzi, che senpre è stada fedelisima al so signor dolfino, si se a fato su le confine feste e procesione e fuogi per le vituorie de questo re novelamente sagrado; è per opinion de molti che i diti l'aiderà de dinery, e chi diga i diti i apareclerà IIIIM homeny per mandarli in el so favor.
  El ducha de Bergogna è tornado da Paris e zionse a Razo ady x° de questo, e con luy a menado so sorela, la duchesa ch'è muier del ducha de Betifore, che se clama el rezente de Franza. El dito reziente iera partido da Paris per eser a Pontros, ch'è la clave de Normandia; e là atende el gardenal chon tuti Ingelexi che iera partidy3, e raxionase eser in suma viM, che iiim son pagadi per andar chontra i Usy di dener de la Gliexia, e Dio, ch'è zusto zudexe, e cetera.
  Questo signor ducha per la Pichardia con altry suo luogi a fato gran mandamento de far zente d'arme e de tuto segundo el voler so ; dixe de brieve eser presto con Ingelexi [per] andar [contra] Zaneta. Al Dolfîno, Christo proveza a la raxione !
  Paris roman guardada chon gran paura del puovolo da xxxii signori, xvi da la parte de Borgogna, e xvi da la parte d'Ingletera. Raxionase sono in soma soto la so condicione circha iiiM homeny, e ano el puovolo ordenado non posa partir alguno noma per Diabo e non se lieva chontra loro, del quai luogo a ziornade, qui ne capetano e Parexini e fermani per eser certi de trovarse fuori de le fievre porave y ochorer, e cetera. Christo proveza !
  Dixese de certo per persone degne de fede, e chusy credo per quelo s'a posudo sentir, el re de Franza aver mandado a questo signor ducha de Borgogna ch'el concora tanto, ch'el se debia voler trovar el di de la Madalena a San Donis, che è (a) una vila largo da Paris circha a doa mia, al qual luogo tuti i reali de Franza prende la corona, e chovien eser tuty xii pari; e perché el ducha de Borgogna è per do, zioè per la contesa de Fiandra e la duchesa de Borgogna, el dito a mandado a Ingelexi el quinto per la so persona. Nonn è da raxionar el ne vada, ma in secretis multi monta lochontur ; non so quelo me debia creder.
  Sase el ducha de Lanson con xiiM homeny ai confini de Normandia far bona vera a Ingelexi, e zià se dixe aver prexo tre hover quatro tere (sera forzo, segundo mi) a i diti Ingelexi; e fuorsy è forte in Normandia, e bem farà, se i le porà tute vardar segundo le cose adeviem a le ziornade in favor del re de Franza, che nonn è al Regiente; e in questi tre mexi presto averano paze, che certo ai nostry dy se può dir abiamo vezudo cose miracoloxe ase, como se puô certamente comprender per quelo è seguido. Christo aida la raxione, e sia bem de tuty !
  È stado dito zià molty ziorni, ma non se sa per letera d'algun, ch'el fiol del ducha de Bertagna [ha] a seguir el re de Franza con iiiM Bertony.
  Questo signor ducha se truova pur a Bazo, e fase conto che li dy pasadi el manda anbasada al re de Franza, la quai i a trovado, segondo se dixe, in dexacordo, e dixese eser presto per tuto avosto Ingelexi a combater el dito re. Non so quelo me debia creder.
  De certo se sa el re de Franza eser stado a Nois,  largo da Paris xii lige, e vegniva alora per Paris per tuor la corona a San Dionis, che è de le solenitade l'a (h)a far; e tiense certo a questy dy el sia incoronado; el qual San Donis, per queli de Paris, esendo tuty le mure mese contra [en tera?] e ra[m]pite i fosy el puovolo schanpado a Paris, e queli solo perchè vignanonde el Re con la soa gente, non se posa farse forte.
  Trovase el gardenal e'l reziente a Pontros, largo da Paris vu lige, con tuto el sforzo d'Ingelexi, e [non se dubita] non se debia eser a le mane. Cristo proveza al bem dy Cristiani ! E sapie a la ziornada niente del seguir, nè altro de fina a XXVII de luio M°IIII° XXVIIII°3. »

                               
                  


Source : Les textes originaux (en vert) sont ceux publiés par J.B.J Ayroles dans " La vraie Jeanne d'Arc" - tome III "La libératrice", p.567 et suivantes (ndlr : avec quelques petites corrections au vu du texte de Germain-Pontalis).
Les notes d'érudition sont celles de Germain Lefèvre-Pontalis, parues dans "Chronique d'Antonio Morosini", t.III (1898), p.66 et suivantes, accompagnées de la traduction de Léon Dorez.
Toutes les notes sont référencées mais les références ne sont pas toujours mentionnées ici pour plus de clarté.

Notes :
1 Cette lettre, composée de notations successives, représente en effet un précis relativement ordonné des événements, arrêté à la date d'envoi de la correspondance.

2 Ici se rencontrent, pour la première fois, quelques indications, plus ou moins erronées d'ailleurs, sur la prise de Troyes, simplement annoncée sans autres détails dans la précédente correspondance. La prise de la capitale de la Champagne, événement dont dépendit tout le succès de la campagne du Sacre, et, par suite, un si haut et si immense ensemble de conséquences historiques, surexcita spécialement l'esprit des contemporains, tandis que son invraisemblance même portait à l'expliquer par des pratiques sortilèges, dont l'accusation, au procès de Rouen, put tirer le plus perfide et le plus insidieux parti. — La suite des incidents qui se succèdent devant Troyes a été, en somme, assez peu précisée jusqu'ici. — On a essayé d'en réunir ici les éléments susceptibles de quelque certitude avérée.

3 C'est le mardi 5 juillet, à neuf heures du matin, que Jeanne d'Arc, avec les premières lances de l'armée royale, paraît devant Troyes. (Lettre de la cité de Troyes à la cité de Reims, Recueil de Rogier, Procès, t. IV, p. 289-290.) Une sortie de la garnison anglo-bourguignonne, appuyée par le canon de la place, est vivement refoulée. (Chartier, ch. xlvii, t. I, p. 91-96; Journal du siège, entre 29 juin et 16 juillet; Chron. de la Pucelle, ch. lvh, p. 314-319; Greffier de la Rochelle, p. 341.) Le même jour, à la fin de l'après-midi, la ville affiche encore un dévouement exaspéré à la cause bourguignonne. (Même lettre, loc. cit.) Les deux jours suivants se passent « ainsi comme en siège » (Journal du siège, loc. cit.), en attente d'on ne sait quoi, peut-être en pourparlers qu'on soupçonne, mais dont la trace précise fait défaut, l'armée sourdement inquiète, sans matériel d'attaque, sans vivres et anxieuse de se voir ainsi engagée en pays ennemi, à trente lieues du pont de Gien, sa base unique d'opérations. (Chartier, Journal du siège, Chron. de la Pucelle, loc. cit.; Lettre de Jean de Châtillon à la cité de Reims, Rogier, Procès, t. IV, p. 296-297 ; Dépos. de Simon Charles, président à la Chambre des comptes, Procès, t. III, p. 117.) Le vendredi 8, le roi semble seulement arriver de sa personne. (Cagny, 8 juill., Procès, t. IV, p. 18.)

4 Au cours de cette journée du vendredi 8, vraisemblablement, se passe l'émouvante scène du conseil, au fort de laquelle, devant le roi indécis, devant le chancelier Regnault de Chartres, requérant déjà formellement la retraite et l'abandon d'une aussi folle campagne, devant l'entourage royal, docile d'avance à ce langage de peur, Jeanne, soutenue par le courageux sire de Trèves, Robert le Maçon, l'ancien chancelier de la régence de Charles VII, parvient enfin à arracher au roi et au conseil la promesse d'un délai de trois jours, qui doit, dès le lendemain même, assure-t-elle, donner la ville au roi. (Chartier, ch. xlvii, t.I, p. 91-96; Journal du siège, entre 29 juin et 16 juillet; Chron. de la Pucelle, ch. LVII, p. 314-319; Dépos. de Dunois, Procès, t. III, p. 13-14, de Simon Charles, p. 117 : sur la fixation de la date du 8, voir ci-dessous, in fine.) Toute la nuit du 8 au 9 se passe en apprêts d'assauts. (Mêmes textes.) Apprêts poussés avec ce soin d'exécution que Jeanne sait y mettre, apprêts qui promettent une irrésistible escalade dans le style de celle de Jargeau. — Peut-être déjà, dès l'apparition de l'armée royale, l'ardente et énergique parole de frère Richard, le franciscain qu'on a vu expulsé de Paris au début de mai précédent, et qui a pu gagner indemne la Champagne, théâtre de ses prédications antérieures, peut-être son action sur la foule, ses allées et venues entre la ville et le camp français remuent-elles déjà les esprits, et, par le récit des merveilles de la Pucelle, dissolvent-elles les courages. (Sur ce point : Chartier; Journal du siège : loc. cit.; Greffier de la Rochelle, p. 341-342; Lettre de Jean de Châtillon à la cité de Reims, Recueil de Rogier, Procès, t. IV, p. 296-297; Lettre de la cité de Troyes à la cité de Châlons, Ibid., p. 290 : cf. Lettre de la cité de Châlons à la cité de Reims, Ibid., id.; Bourgeois de Paris, entre 25 juillet et 25 août, p. 242-243; Livre des trahisons, ch. CXLIV, p. 197; Défi du duc de Bedford à Charles VII, dans Monstrelet, 1. II, ch. LXV, t. IV, p. 341; Dires de Jeanne d'Arc, interr. du 3 mars, Procès, t. I, p. 99, 100, 102, art. d'ace, ch. 52, p. 292.) — Toujours est-il que, le samedi 9, l'assaut tout prêt, l'évêque, Jean Laiguisé, troyen de naissance et d'attaches, d'accord avec certains grands dignitaires ecclésiastiques du diocèse, se présente au camp royal, pour engager des pourparlers décisifs, en même temps, frère Richard vient et va entre le camp et la ville, prêchant en images saisissantes l'invincible et miraculeux pouvoir de la Pucelle. Ce jour même, sous l'effort de manifestations populaires, une capitulation est signée. (Chartier; Journal du siège; Chron. de la Pucelle; Dépos. de Dunois et de Simon Charles : loc. cit.; Gilles de Roye, p. 207; Chron. norm. anon., à la suite de Chartier, t. III, p. 205; Lettres pat. de Charles VII pour la reddition de Troyes, Ordonn., t. XIII, p. 142-144, et Camusat, Mél. hist., part. II, fol. 214-215 : sur la fixation des dates du 8 et du 9, comp. date établie du traité du 9 avec dépos. de Dunois et de Simon Charles, et consult. surt. Greffier de la Rochelle, loc. cit.) — Le lendemain matin, dimanche 10, et non le 12, comme le porte cette correspondance, Charles VII fait son entrée dans la ville de Troyes. (Sur le fait et la date : Chartier, Journal du siège, Chron. de la Pucelle, loc. cit., comparés avec date établie du traité du 9; mentions précises : du Greffier de la Rochelle, p. 342; de la Lettre des Angevins, dans Boyer, Var. inédite, p. 5-8, et Procès, t. V, p. 130.)

5 Ce rôle prépondérant attribué ici à la Pucelle dans la soumission de Troyes est à noter. Cette impression première et spontanée est, d'ailleurs, on ne peut plus exacte. C'est à l'action personnelle de la Pucelle, à la panique dissolvante inspirée par son apparition qu'est dû cet événement, sans lequel avortait, dix jours après le départ de la Loire, toute la campagne du Sacre. Toutefois, malgré tout, son action se fût-elle brisée devant Troyes sans le concours de frère Richard, dont la consultation sincère des textes ne doit ni amplifier ni rétrécir le rôle, mais en constater toute la vigueur, l'effet moral et l'à-propos, qui décida peut-être de tout le destin de la campagne. « Via » a le sens quelque peu mystique de via salutis.

6 Evaluation persistante, déjà énoncée dans une lettre précédente du 9 juillet modifiant l'appréciation émise dans une autre du 30 juin.

7 Cette mention d'une campagne dont la Normandie aurait alors été le théâtre est à examiner de très près. Cette même lettre va revenir sur ce sujet, en donnant lieu alors à le commenter comme il convient. Il suffit d'indiquer ici que ce n'est pas, en tout cas, le duc d'Alençon, présent avec le roi à toute la campagne du Sacre, qui dirige ces opérations.

8 Charles VII et toute l'armée royale, demeurée campée sur la rive gauche de la Seine, traversent les ponts de Troyes et quittent la ville le lundi 11 au matin. (Sur le fait : Chartier ; Journal du siège; Chron. de la Pucelle; Greffier de la Rochelle; loc. cit. Sur la date : Chartier ; Journal du siège; Chron. de la Pucelle; loc. cit. : comp. avec date établie du 10; — mentions précises : du Greffier de la Rochelle, p. 343; de Lettre de Charles VII à la cité de Reims, en date de Troyes, le 11 juillet, « presentement partons de cy », dans Louis Paris, Cabinet historique, 1855, p. 76-78; de Lettre des Angevins, dans Boyer, Var. inédite, p. 5-8, et Procès, t. V, p. 130.) — Sur les textes cités, consulter p. 176, n. 1.

9 La Seine passée à Troyes le lundi 11, puis l'Aube traversée sans doute vers Arcis-sur-Aube, l'armée royale s'engage entre Aube et Marne, dans la largeur de la Champagne Pouilleuse, marchant sur Châlons. Le mercredi 13, elle campe à Lettrée [et non à Bussy-Lettrée, comme il est dit généralement], au passage de la Soude, le seul cours d'eau qui raye cette route, à cinq lieues de Châlons environ. (Lettre de Charles VII pour la reddition de Châlons, en date de Lettrée, le 13 juillet, dans Ed. de Barthélemy, Hist. de la ville de Châlons-sur-Marne, Pièces just., n° 27, p. 334-335 ; cf. Lettres de la cité de Châlons à la cité de Reims, Recueil de Rogier, Procès, t. V, p. 298.) Le roi entre à Châlons, soumis d'avance, le jeudi 14. (Sur la date : Cagny, 14-26 juillet, Procès, t. IV, p. 18-19; Lettre des Angevins, dans Boyer, Var. inédite, p. 5-8, et Procès, t. V, p. 130.) Châlons quitté dès le lendemain, le passage de la Marne acquis, l'armée atteint la vallée de la Vesle et la descend vers Reims. Ce vendredi 15, elle prend gîte à Sept-Saulx, à cinq lieues au-dessus de Reims. (Cagny; Lettre des Angevins : loc. cit. : Chartier, ch. XLVIII, t. I, p. 96-97; Journal du siège, entre 29 juin et 16 juillet; Chron. de la Pucelle, ch. lviii, p. 319-321 ; cf. Lettre de Charles VII pour la reddition de Reims, Varin, Arch. législ. de Reims, Statuts, pièce n° 30, t. I, p. 596-608; cf. Chron. des Cordeliers, entre 1er et 17 juillet, fol. 485 v°.)

10 C'est bien, en effet, le samedi 16 juillet, à la fin de l'après-midi, que Charles VII, « rendant grâces à Dieu qui donnoit corage à une femme de teles emprises » (Chron. de Tournai, p. 414), entre enfin, la Pucelle à ses côtés, dans Reims reconquis. (Sur l'heure : Cagny; Journal du siège; Chron. de la Pucelle; Chron. de Tournai : loc. cit.) Pour les préliminaires de la reddition de Reims, récit dans Wallon, Hist. de Jeanne d'Arc, t. I, p. 224-233, dans Jadart, Jeanne d'Arc à Reims, ch. h. Pour Jeanne d'Arc à Reims et sa mission, Wallon, Ibid., p. 237-267; pour son séjour, Jadart, loc. cit., ch. III et IV.

11 Reims, duché-pairie archiépiscopal, compte alors pour duc souverain Regnault de Chartres, l'un des conseillers les plus autorisés et les plus influents de l'entourage de Charles VII. En possession du siège de Reims depuis 1414, président de la Chambre royale des comptes en 1415, réfugié à Bourges avec le dauphin lors de la révolution bourguignonne de 1418, installé déjà pendant quelques mois dans la charge de chancelier, en 1425, il avait recouvré les sceaux depuis le 8 novembre 1428. Depuis douze ans, il n'avait revu son diocèse ni son duché. Fervent de toutes les illusions diplomatiques, partisan de toutes les temporisations et de toutes les habiletés politiques, son influence, depuis le début de la marche sur Reims, qu'il désapprouvait comme une folie, s'exerçait dans le sens le plus hostile à l'œuvre d'action de la Pucelle. Sa lettre à la cité de Reims, après le désastre de Compiègne et la capture de la Pucelle (Recueil de Rogier, Procès, t. IV, p. 168), peut être considérée, en son genre, comme une des plus odieuses trahisons morales commises envers Jeanne d'Arc.

12 La date du sacre de Charles VII, qui a lieu le dimanche 17 juillet, a été longtemps discutée, jusqu'à une époque assez récente, par suite d'une erreur reproduite dans les éditions anciennes de Monstrelet (1. II, ch. LXIV), où l'entrée à Reims, la veille du sacre, était fixée au « vendredi [erreur négligeable pour samedi] siziesme » — au lieu de « seiziesme » — « jour de juillet ». Monstrelet, avec la lettre des Angevins, connue et publiée de longue date, paraît avoir été longtemps le seul texte acquis affectant une date précise à ce grand événement historique. Ces dates, du reste, ne concordaient pas. Entre la version de la lettre des Angevins, qui, elle, fixait le fait, exactement et vraiment, au dimanche 11, et l'assertion de Monstrelet (en négligeant son erreur du vendredi pour samedi), qui plaçait l'événement au 7, l'hésitation était permise. La première édition correcte de ce fragment de Monstrelet, donnée par Quicherat dans le Procès (t. IV, p. 360-395), en rétablissant le texte « seiziesme jour de juillet », texte adopté depuis (éd. Douët d'Arcq, t. IV, p. 338), a fait cesser toute controverse à ce sujet. (Voir Quicherat, notes du fragment de Monstrelet, Procès, t. IV, p. 380, n. 2, et commentaire de la lettré des Angevins, Procès, t. V, p. 127-128.)

13 Ces indications sur la durée de la cérémonie du sacre, du « digne sacre », dit la Chronique de la Pucelle (ch. LVIII, p. 321), le dimanche 17 juillet, sont curieusement confirmées par d'autres textes contemporains. Le sacre avait toujours lieu un dimanche. Il fallait donc se hâter, sous peine, ou de fausser la tradition, ou de perdre une semaine entière. Toute la fin du jour et toute la nuit, fébrilement, on avait travaillé dans la cathédrale aux apprêts de la cérémonie (Cagny, 16 juillet, Procès, t. IV, p. 19), qui se trouva aussi solennelle que si elle eût été préparée depuis « un an auparavant ». (Lettre des Angevins, Boyer, Var. inédite, p. 5-8, et Procès, t. V, p. 128.) Le service commença en effet à neuf heures du matin (heure de tierce), dit la lettre des Angevins (loc. cit.), répétée, à ce qu'il semble, par le Greffier de la Rochelle (p. 343) et la Chronique de Tournai (p. 414). Il ne se termina que dans l'après-midi, vers deux heures, dit la Chronique de Tournai (p. 414). Le roi, paraît-il, était depuis trois heures du matin en recueillement dans la cathédrale, fermée à tous, et qui ne rouvrit ses portes qu'à neuf heures pour le sacre. (Chron. de Tournai, p. 414.)

14 On savait à Paris, le 16, que Charles VII, Troyes et Châlons pris, devait arriver ce même jour sous les murs de Reims. (Instruction de Bedford au héraut Jarretière, en date de Paris, 16 juillet, Rymer, Fœdera.)

15 Exact pour Châlons-sur-Marne, où le roi, comme on l'a vu, est entré le 14, venant de Troyes par Lettrée, et d'où il est reparti le 15 tendant vers Reims par Sept-Saulx. Châlons, comté-pairie épiscopal, possède alors pour comte souverain Jean de Montbéliard-Saarbrück, des sires de Commercy (1420-1438), fils de Jean II et d'Elisabeth de Joinville, dont la maison tenait par toutes ses attaches au parti français, et qui, lui-même, avait figuré naguères dans le parti du dauphin. (Siméon Luce, Jeanne d'Arc à Domrémy, Pièces just., n° 33.) Jean de Saarbrück avait rendu lui-même sa ville à Charles VII. (Chartier, ch. XLVIII, t. I, p. 96; Journal du siège, entre 29 juin et 17 juillet; Chron. de la Pucelle, ch. LVIII, p. 319-320.) Il est établi qu'il accompagne ensuite le roi de Châlons à Reims et assiste au Sacre.

16 La soumission de Laon est exacte, quant au fait, et devait être connue en Flandre à la date de cette lettre, le 27 juillet : elle était sue à Paris le 25. (Journal de Clément de Fauquem-bergue, 25 juillet, Procès, t. IV, p. 453.) Mais cette soumission n'a lieu qu'après le départ de Charles VII de Reims, pendant sa marche sur Soissons, du 21 au 23. (Cagny, 21 juillet, Procès, t. IV, p. 20; Monstrelet, 1. II, ch. LXIV, t. IV, p. 339; cf. : Chartier, ch. XLIX, p. 98; Chron. des Cordeliers, la ville française le 22 [juillet], fol. 486 r°; Journal du siège, après 17 juillet; Chron. de la Pucelle, ch. LIX, p. 323-324.) Il est curieux de voir, dans la pièce annexe à la lettre de Jean de Bourbon, en date du 24 juillet, mentionner, comme dans cette correspondance, que les clefs de Laon furent apportées à Reims même (p. 64). — Quelques assertions font entrer à Laon Charles VII et Jeanne d'Arc. (Gilles de Roye, p. 207 ; Mém. de Pie II, Procès, t. IV, p. 515.) Assertions inexactes, d'après le silence ou l'exclusion formelle d'autres textes. «... Car il n'y entra point... Mais le roi n'y entra point, comme dit est », relève à deux reprises la Chronique des Cordeliers, en mentionnant la soumission de Laon. (Chron. des Cordeliers, 22 juillet, fol. 486 r°.) — Laon, duché-pairie épiscopal, compte alors pour duc souverain Guillaume de Champeaux, l'un des membres les plus anciens et les plus influents du conseil de Charles VII, depuis les premiers temps de sa régence. Il est, depuis 1419, titulaire du siège de Laon, alors aux mains du parti bourguignon, et où il n'est encore jamais entré. Depuis 1423, il est investi des fonctions de commissaire général des finances en Languedoc, et paraît, en ce moment, installé, à poste fixe, dans son gouvernement. C'est à lui qu'est adressée la lettre de Jacques de Bourbon, si fréquemment utilisée dans ce commentaire, et dont les concordances étroites avec les correspondances du Diario sont si curieuses à constater.

17 Le texte du ms. porte : « son quanti e quanti » [sic). Faudrait-il prêter aux mots : « son quanti » le sens de « Saint-Quentin » ? Il est curieux de voir la pièce annexe à la lettre de Jacques de Bourbon mentionner également, dans les mêmes conditions, la soumission de cette ville, comme reçue à Reims même (p. 64). Le fait, du reste, est inexact. La capitale du Vermandois ne devait jamais, en somme, de l'accord commun de tous les textes, être reprise par le parti français. Dans la marche sur Soissons, [du 21 au 23,] « le roy... laissa Saint-Quentin qui demoura sans lui faire ne reffuser obéissance ». (Chron. des Cordeliers, entre 22 juillet et 3 août, fol. 486 r°.) Plus tard, dans la seconde moitié d'août, lors de la marche définitive sur Paris, Monstrelet, mentionnant le séjour de Charles VII à Compiègne, entre le 18 août et la fin de ce même mois d'août, assure bien que la ville de Saint-Quentin, comme les autres places voisines, était prête à se soumettre. (L. II, ch. LXX, t. IV, p. 354.) Mais, de l'accord commun de tous les textes, la place demeura anglo-bourguignonne. — Saint-Quentin, siège du bailliage de Vermandois, échappant ainsi à l'occupation royale, c'est à Laon qu'est transférée, à ce moment, la résidence du nouveau bailli français. (Chron. des Cordeliers, entre 22 juillet et 1er août, fol. 486 r°.) La Hire, comme on sait, venait d'être fait titulaire de cette charge. — Demeuré aux mains du gouvernement anglo-bourguignon, cédé à Philippe le Bon par le traité d'Arras en 1435, Saint-Quentin ne devait faire retour à la France qu'à la chute de la maison de Bourgogne, en 1477.

18 Des bruits divers mentionnent alors, en effet, soit pendant la marche sur Reims, soit pendant le séjour à Reims, la soumission de plusieurs places importantes, nouvelles toutes inexactes pour cette date stricte, mais dont quelques-unes devaient se vérifier plus tard. Ainsi, la pièce annexe à la lettre de Jacques de Bourbon indique, à la date du 24 juillet, comme soumis, outre Laon et Saint-Quentin, dont il vient d'être question, Compiègne, Senlis, destinés en effet à redevenir français, mais qui ne commencèrent même à négocier leurs capitulations que vers la mi-août, Noyon, qui demeura anglo-bourguignon jusqu'à la paix d'Arras (cf. ci-après, même lettre, p. 194, n. 4), Sens, qui ne se soumit qu'en janvier suivant (cf. lettre en date du 10 juillet environ, p. 154, n. 4). — Pour Auxerre et Joigny, voir p. 144, n. 1, et p. 154, n. 4. — Cette pièce annexe indique encore, justement en Champagne, — comme vient de le dire cette correspondance, — d'abord Château-Thierry et Provins, à peine alors en négociations de soumission, puis Vertus, Sézanne, Montaiguillon, places sur le sort desquelles les documents courants ne renseignent guère. La lettre du greffier de Metz, en date de Metz, le 16 juillet, à ce qu'il semble (Procès, t. V, p. 353-364), indique, en Champagne également, Epernay comme déjà pris, dans la semaine qui vient de s'écouler, puis Sainte-Menehould et Vitry-en-Perthois comme assiégés et destinés à une soumission prochaine : Vitry-en-Perthois, au moins, ne redevint français que l'été suivant.

19 Il est exact que toute cette région, Champagne, Laonnois et Vermandois, était définitivement passée au parti bourguignon dès la grande prise d'armes de 1417. Mais le rédacteur de cette correspondance semble oublier que, depuis, elle avait complètement adhéré au traité de Troyes en 1420, et, depuis la mort de Charles VI, accepté le gouvernement purement anglais de Henry VI. Cette impression est néanmoins importante à relever, en montrant combien, malgré tout, le régime de la conquête passait pour odieux aux populations de ces contrées, demeurées hostiles à l'ancien parti d'Armagnac, et fidèles au parti de Bourgogne, sans pour cela admettre un roi de France anglais.

20 Tournai, cité directement française, du XIVe au XVI° siècle, demeuré continuellement fidèle à la cause de Charles VII, qui se disait, comme Vaucouleurs, « Chambre de roi ». (Hennebert, Une lettre de Jeanne d'Arc aux Tournaisiens, dans Arch. hist. et litt. du Nord de la France et du Midi de la Belgique, nouv. sér., t. I, 1837, p. 525.) Tournai est à environ vingt lieues de Bruges, d'où écrit Pancrazio Giustiniani, et à près de quarante de Reims, dont il vient de parler. Quoique cédé en principe à Philippe le Bon par le gouvernement anglais, en 1423 (Longnon, les Limites de la France, p. 64), la domination bourguignonne ne s'y était jamais fait reconnaître.

21 De Gien, dès le 25 juin, Jeanne d'Arc avait écrit « aux gentils loiaux Français de la ville de Tournai », pour les mander, à Reims, au sacre, et au devant d'elle, sur sa route, quand elle en approcherait. (Lettre de Jeanne d'Arc à la cité de Tournai, en date de Gien, le 25 juin, dans Hennebert, loc. cit., p. 520-526, et Procès, t. V, p. 125.) Reçue le 7 juillet, cette lettre avait motivé, le 8, l'envoi d'une ambassade au roi en marche. La mission tournaisienne joignit l'armée encore sous Troyes, passa avec le roi et la Pucelle à Troyes, à Châlons, entra et séjourna à Reims, et, le 21 au soir, était rentrée à Tournai. (Hennebert, loc. cit., cf. Procès, t. V, p. 123-124.) — Dès la fin de juin, Jacques de Bourbon, dans sa lettre écrite sitôt après Patay, enregistrait un bruit, selon lequel un fort contingent de Tournaisiens, et même de Liégeois, aurait déjà rejoint l'armée royale (p. 63). — Dans son dénombrement de l'armée royale, dans la région de Paris, à la fin d'août, Pierre Cochon cite des Liégeois et des Hennuyers, dernière expression qui, le comté proprement dit de Hainaut faisant partie des états de la maison de Bourgogne, peut vraisemblablement désigner des Tournaisiens. (Ch. LI, p. 306.)

22 Ms. « X° » (sic). — Philippe le Bon, dont la présence à Paris est ici indiquée nettement pour la première fois, est arrivé le 10 à Paris et en est reparti le samedi 16 au matin. (Bourgeois de Paris, 10-16 juillet, p. 240-241; Instr. du héraut Jarretière, en date de Paris, 16 juillet, Rymer, Fœdera.) Il paraît avoir gagné Laon le même jour. (Lettre des Angevins, Boyer, Var. inédite, p. 5-8, Procès, t. V, p. 130; Greffier de la Rochelle, p. 344. Ci-dessus, p. 170, n. 1.) Il semble qu'il joigne ensuite à Corbie le cardinal d'Angleterre, venant personnellement d'Amiens, où sont ses troupes (Monstrelet, l. II, ch. LXII, t. IV, p. 334), parties de Calais pour l'intérieur de la France le vendredi 15. (Ci-dessus, p. 168, n. 6.) L'arrivée du duc à Arras, revenant de Paris ainsi qu'il est indiqué ici, sa présence à Arras, sur laquelle insiste encore la fin de cette lettre, ne peut donc avoir eu lieu le 10, ce qui est inadmissible, mais le 20 seulement. Ce point d'itinéraire serait à relever.

23 Philippe le Bon, par une précaution significative, emmenait en effet avec lui, en sûreté, loin de Paris, jusque dans ses états du Nord, sa sœur Anne de Bourgogne, mariée au duc de Bedford depuis 1423. (Bourgeois de Paris, Monstrelet, loc. cit.) La princesse s'établit en Artois, à Lens. (Monstrelet, loc. cit.)

24 Le duc de Bedford part en effet de Paris pour la Normandie, par Pontoise, peu après le départ du duc de Bourgogne pour le Nord, le lundi 18 juillet. (Bourgeois de Paris, entre 16 et 25 juillet, p. 241; Instr. au héraut Jarretière, en date de Paris, 16 juillet, Rymer, Fœdera.)

25 Juste et expressive définition de la valeur de ce point de passage de l'Oise, la seule et unique voie d'accès de toute une partie de la Normandie sur Paris par la rive droite de la Seine.

26 Bedford comptait se rendre dans la région entre Normandie et Picardie : il voulait lever un corps mobile prélevé sur les garnisons fixes de Normandie, puis se porter au-devant du cardinal d'Angleterre, que, le 16, à Paris, il ne savait pas encore débarqué, et dont il réclamait fébrilement le passage. (Instr. au héraut Jarretière en date du 16 juillet, Rymer, Fœdera.) En réalité, le cardinal, comme on vient de le voir, s'était mis en marche le 15, de Calais, et faisait route par Amiens ; faits dont Bedford put être informé avant son départ de Paris qui n'a lieu que le 18. Bedford et le cardinal vont se rencontrer à Rouen. (Monstrelet, l. II, ch. LXII, t. IV, p. 334.) C'est à ce moment, à Rouen, en juillet, que le duc de Bedford négocie un prêt de 40,000 livres au duc de Bourgogne, moitié en espèces, moitié en joyaux, pour l'aider à lever une armée continentale de secours : entre le 22 et le 31, les fonds sont portés à Arras à Philippe le Bon. (Stevenson, Letters and papers, t. II, p. 101-111; du Tillet, Recueil des traités, p. 239; cf. de Beau-repaire, De l'adm. de la Norm., p. 62.) La suite de cette même lettre va faire voir Bedford et le cardinal se mettant en route de Rouen sur Paris, où ils rentreront le 25 juillet.

27 Cette évaluation de 6.000 hommes diffère de celle donnée par la lettre précédente en date du 16 juillet. — Elle paraît encore trop élevée. Le cardinal n'amenait en France que 3.500 à 4.000 hommes environ, sur lesquels 2.500 archers et 250 hommes d'armes représentaient seuls l'armée destinée à la croisade de Bohême, le reste composant le corps distinct de John Raclyff.

28 Reflet de l'opinion publique de la Chrétienté sur ce détournement des troupes du Saint-Siège.

29 Outre les forces amenées par lui le 10 à Paris, le duc de Bourgogne, de retour dans ses états du Nord, expédie à Bedford, sous le commandement du bâtard de Saint-Pol « certains nombre de combattants des marches de Picardie ». Le bâtard de Saint-Pol occupe fortement Meaux, clef de Paris au même titre que Pontoise. (Monstrelet, l. II, ch. LXII, t. IV, p. 334.)

30 Cette répartition des commandements à Paris, extraordinaire évidemment, ne peut être contrôlée par aucun autre document. — Néanmoins, cette indication du partage du commandement et des forces, ici formulée, ne doit pas être négligée, si bizarre qu'elle puisse paraître. — Le commandant en titre de Paris, en ce moment, est Jean de Villiers, sire de l'Isle-Adam, l'ancien maréchal de France destitué par Henry V, deux ans prisonnier du gouvernement anglais à la Bastille, et qui ne connaît qu'une loi, celle du duc de Bourgogne, son chef et son prince. En quittant Paris le 16 juillet, Bedford, sur l'avis formel donné par Philippe le Bon pendant leurs récents entretiens, l'a laissé pour capitaine de la ville. A la fin de juillet, il avait avec lui, 700 Picards environ, sans les gens de la commune de Paris. (Bourgeois de Paris, entre 16 et 25 juillet, p. 241-242.) Après le départ de Bedford, des forces anglaises étaient-elles demeurées à Paris ? En tout cas, on est en droit de douter qu'elles fussent importantes.

31 Le 22 juillet.

32 Saint-Denis, en ce temps, en effet, presque à deux lieues de l'enceinte parisienne d'alors.

33 Cette confusion entre Saint-Denis, lieu de sépulture des rois, et le lieu de leur couronnement, est à relever. La suite de cette même lettre revient encore sur ce couronnement à Saint-Denis.

34 Philippe le Bon était même seul, alors, à pouvoir représenter les six pairies laïques traditionnelles. La réunion à la couronne de toutes les autres n'en laissait plus subsister que deux, le duché de Bourgogne et le comté de Flandre, unies en effet en sa personne.

35 Ce bruit, vaguement recueilli ici, selon lequel le duc de Bourgogne aurait été mandé comme pair du royaume à un couronnement de Charles VII, soi-disant projeté pour le 22 juillet, à Saint-Denis, doit avoir pour fondement quelque connaissance insuffisante de la lettre écrite par Jeanne d'Arc elle-même à Philippe le Bon vers le 25 juin (sans doute de Gien, en même temps que sa lettre à la cité de Tournai), lettre où la Pucelle mandait le duc au sacre du roi, à Reims. (Lettre citée dans la lettre de Jeanne d'Arc au duc de Bourgogne, en date de Reims, 17 juillet, Procès, t. V, p. 126-127.)

36 En réalité, le jour même du sacre, 17 juillet, est arrivée à Reims une ambassade bourguignonne, expédiée de Laon par Philippe le Bon, qui est parti de Paris le 16 au matin. (Greffier de la Rochelle, p. 344; Lettre des Angevins, Boyer, Var. inédite, p. 5-8, Procès, t. V, p. 130; cf. Mém. de Pie II, Procès, t. IV, p. 514-515.) Cette mission avait pour chef David de Bri-meux, de la maison artésienne de ce nom, bailli bourguignon d'Artois. (Compte 3e de Jean Abonnel, receveur général des finances du duc de Rourgogne, de janvier à décembre 1431, dans Beaucourt, Hist. de Charles VII, p. 404, n. 3.) Elle dura sept jours. (Ibid., id.) Ce qui, en la supposant partie de Laon, le 16 même, pour arriver à Reims le 17, où il est établi qu'elle arriva ce jour-là, la ferait rentrer vers le duc, vraisemblablement en Artois, vers le 22, repartant de Reims le 20 ou le 21, en même temps que le roi. A l'arrivée des envoyés bourguignons à Reims, le sentiment général est que, désormais, entre France et Rourgogne, la paix est faite. (Lettre des Angevins.)
  Cependant, cette ouverture de négociations a pour premier effet d'arrêter le mouvement de l'armée et du roi, qui, dans le plan primitif, devait immédiatement marcher vers Paris dès le 18, lendemain du sacre. (Lettre des Angevins, loc. cit.; Mém. de Pie II, loc. cit.; Instr. du héraut Jarretière, en date de Paris, 16 juillet, Rymer, Fœdera.) Trois jours entiers, trois jours précieux, se perdent ainsi. C'est alors, sans doute, dans ces premiers pourparlers, encore mentionnés par la suite de cette même lettre, que se noue la convention destinée à assembler à Arras, en août, les plénipotentiaires officiels de France et de Bourgogne, pour la comédie des trêves qui vont entraver, si déplorablement, tout l'essor du mouvement de libération nationale.

37 Cette indication d'une campagne aussi sérieuse, dont la Normandie aurait alors été le théâtre, au cours de juillet, campagne déjà mentionnée par le début de cette lettre, est curieuse à constater. Elle viendrait singulièrement corroborer un passage de Monstrelet, trop peu observé jusqu'ici, qui signale des forces françaises en action, vers Évreux, dès la fin de juin et encore à la mi-août. (L. II, ch. LXIII, LXX, t. IV, p. 335-336, 353.) On a commenté dans une lettre précédente l'existence d'un projet d'invasion de la Normandie, réellement conçu en mai, après la délivrance d'Orléans. (Lettre reçue le 14 juillet. ) Quant aux résultats de cette campagne d'été, on n'en connaît jusqu'ici qu'un seul, d'importance capitale il est vrai, quoique semblant trop peu divulgué, c'est la capitulation conditionnelle d'Evreux, — place désignée à deux reprises par Monstrelet (loc. cit.) comme serrée de près par les forces françaises, — et dont divers documents permettent d'affirmer la reddition à terme, convenue, entre le 10 et le 15 août, pour le délai du 27. (La Panique anglaise en mai 1429, p. 9-11.) D'après les renseignements de cette correspondance, il faudrait faire précéder la reddition d'Évreux par celle de trois ou quatre autres places. — Le chiffre de 12.000 hommes, ici attribué aux forces françaises, est, naturellement, très exagéré. — Quant au chef de cette armée, ce ne pouvait être le duc d'Alençon, présent à toute la campagne du Sacre. Le duc d'Alençon avait été seulement le principal instigateur du plan discuté en mai, et devait renouveler cet effort à l'automne, après la retraite de l'armée sur la Loire. Était-ce le connétable de Richemont ? Monstrelet, il est vrai, chaque fois qu'il mentionne cette campagne, lui assigne ce rôle. (Loc. cit.) Mais l'historien personnel du connétable, Gruel, est absolument muet sur ce sujet et représente Richemont, après la courte part prise par lui à la campagne de la Loire, au siège de Beaugency et à la bataille de Patay, comme rentrant dans sa seigneurie de Parthenay, maintenu en disgrâce par Georges de la Trémoïlle. (Gruel, ch. L, p. 74.)

38 Nouvelle répétition des bruits du prochain passage en France du comte de Montfort, fils du duc de Bretagne Jean V, déjà consignés dans une lettre précédente en date du 9 juillet.

39 Cette présence à Arras, vers le 20 juillet, du duc de Bourgogne, revenant de Paris, vient d'être mentionnée dans cette même correspondance.

40 Cette rumeur relative à l'insuccès ou au soi-disant insuccès des négociations engagées effectivement à Reims, pendant le séjour du roi, serait à examiner de près. Cet écho offre-t-il une relation quelconque avec la mention de la Chronique des Cordeliers, selon laquelle des conférences sans résultat auraient été tenues « emprès la Fère », vers une date vaguement fixée, avant la marche de l'armée royale sur Paris, « ainchois que le roy Charles allast devant Paris » ? (Chron. des Cordeliers, entre 22 juillet et 3 août, fol. 487 r°.) — Le défaut absolu de connaissances sur l'ambassade de David de Brimeux (Beaucourt, Hist. de Charles VII, t. II, p. 404, n. 3) empêche, à cet égard, tout contrôle.

41 Par l'itinéraire et les dates acquises, on ne voit guère, sous cette déformation, que Soissons dont il puisse s'agir ici : il faudrait alors adopter la lecture « XXII » au lieu de « XII », la distance de Soissons à Paris étant en réalité de vingt-deux lieues passées. — Il n'est guère vraisembable qu'il soit question de Noyon. La pièce annexe à la lettre de Jacques de Bourbon désigne, il est vrai, Noyon comme occupé par Charles VII. (P. 64.) Mais, en réalité, de l'accord commun de tous les textes, le comté épiscopal de Noyon, occupé par le Bourguignon Jean de Mailly, demeura constamment hostile à la cause nationale et ne devait revenir à la France que par le traité d'Arras, en 1435. Malgré la soumission de Soissons au roi, [le 23 juillet,] « la ville de Noyon ne luy fist nulle obéissance. » (Chron. des Cordeliers, entre 22 juillet et 3 août, fol. 486 v°.) — Les diverses bourgades du nom de Noisy qu'on rencontre entre les vallées de la Marne et de l'Oise, — à une distance de Paris, du reste, bien inférieure à celle des douze lieues ici mentionnées, — ne semblent même pas prêter à discussion sérieuse.

42 Charles VII, Jeanne d'Arc et l'armée ont quitté Reims le jeudi 21 juillet. (Cagny, 21 juillet, Procès, t. IV, p. 20.) Ce jour même, le roi au moins, en vertu d'un rite traditionnel, se rend au prieuré de Saint-Marcoul, à Corbeny, au nord de Reims, au delà de la vallée d'Aisne, à plus de mi-chemin de Reims à Laon, prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Remi de Reims, et où les rois de France, au lendemain de leur sacre, procèdent à la guérison des écrouelles. C'est à Corbeny qu'est apportée la soumission de Laon. (Ci-dessus, p. 182, n. 3.) L'étape suivante, le lendemain 22, trouve l'armée à Vailly, dans la vallée d'Aisne, ayant, de Corbeny, regagné le cours de l'Aisne, et le descendant vers Soissons. (Chartier, ch. XLIX, t.I, p. 98; Journal du siège, entre 17 juillet et 31 août; Chron. de la Pucelle, ch. LIX, p. 323-324.) C'est à Vailly qu'est apportée la soumission de Soissons. (Ibid.) Le samedi 23, de bonne heure dans la journée, l'armée entre à Soissons. (Cagny, 23 juillet, Procès, t. V, p. 20.) En fait, à la date de cette lettre, le 27 juillet, l'armée a déjà quitté Soissons.

43 Le bruit courait cependant dans certains milieux que l'armée royale, partie de Reims le 21, s'acheminait droit vers les ports de la côte, vers Abbeville et le Crotoy, pour de là marcher sur Calais d'une part, sur la Normandie de l'autre. (Pièce annexe à la lettre de Jacques de Bourbon, pièce en date du 24 juillet, p. 65.)

44 L'impression générale, comme on voit, ne semble faire aucun doute de la continuation logique de la marche sur la région de Paris. — « Et en tout ce voiage », dit expressivement la Chronique de Tournai, « la Pucelle ne avoit aultre intention, fors de elle et de ses gens aler assallir la ville et cité de Paris. » (P. 414.)

45 Répétition du bruit relatif au couronnement à Saint-Denis, bruit déjà enregistré dans cette même lettre.
NDLR : S'agit-il réellement du couronnement à St-Denis dont parle cette lettre ? Ne s'agit-il pas plutôt d'une cérémonie royale relative à la couronne qui doit être fait après le couronnement de Reims ?

46 Pendant ces événements, se prépare encore, en avant du point déjà atteint, la reddition imminente d'une place de capitale importance. Fait trop peu observé jusqu'ici, Compiègne, clef de la région nord de Paris, prépare déjà, dès lors, sa soumission prochaine. Sommée, dès le 22, de se rendre au roi, la ville reçoit encore, le 24 et le 25, deux nouvelles injonctions royales, auxquelles elle répond, comme Châlons et Reims, par des négociations dilatoires. (De l'Epinois, Notes extraites des archives communales de Compiègne, Bibl. de l'Ecole des chartes, t. XXIV, p. 483.) Le 25, le plan de marche en avant dans la direction normale, sinon toute directe, de Paris, paraît donc encore en vigueur. Compiègne, du reste, dès l'occupation de Reims, encore plus dès l'occupation de Soissons, s'émeut, négocie, se dispose à ouvrir ses portes devant une démonstration effective. (Ibid., p. 482-483.) Jusqu'aux derniers jours du mois, même l'armée sortie de Soissons, Compiègne négocie directement avec le roi. (Ibid., p. 483.) — A Soissons même, d'autres soumissions de places, d'après certains témoignages, auraient continué à affluer. D'abord, Château-Thierry, à dix lieues de là (Chartier, ch. XLIX, t.I, p. 98, Journal du siège, entre 17 juillet et 31 août, Chron. de la Pucelle, ch. LIX, p. 324), assurant un pont sur la Marne, en aval de Châlons, — soumission effectuée peut-être à terme seulement, puisque le 29 on verra l'armée attendant, tout le jour, la reddition effective de la place. (Voir ci-après, p. 200, n. 5.) — Puis, au delà encore, ce sont d'autres places lointaines de Brie, entre Marne et Seine : Coulommiers, Crécy-en-Brie, voisin de Meaux, Provins même, à seize lieues au delà de Château-Thierry, Provins, tout proche du pont de Bray-sur-Seine, au-dessus de Montereau, et préparant ainsi un second passage du fleuve en aval de Troyes (Chartier, Journal du siège, Chron. de la Pucelle, loc. cit.), — soumissions destinées peut-être à s'opérer seulement lors du séjour du roi à Château-Thierry, entre le 29 juillet et le 1er août. (Voir ci-après, p. 200, n. 5.) — Cependant, c'est vers ce moment même, au fort du triomphe, que la marche de la Pucelle et de l'armée va s'arrêter brusquement, puis tourner en lamentable essai de retraite sur la Loire.

47 Voici, en effet, le tableau que Monstrelet trace de Saint-Denis, — un mois plus tard, il est vrai, — lors de l'approche de l'armée royale, au moment de la seconde et décisive entreprise sur Paris. « Saint-Denis, qu'il [le roi] trouva comme habandonnée, et s'en estoient les gens d'ycelle fuys à Paris. » (L. II, ch. LXX, t. IV, p. 354.)

48 Le régent, que cette même lettre signalait déjà à Pontoise, se dirigeant de Paris sur Rouen, le 18, a rejoint le cardinal d'Angleterre à Rouen. Il va, en effet, de nouveau traverser Pontoise, en sens inverse, avec le corps d'armée du cardinal et les forces qu'il ramène lui-même de Normandie, de façon à entrer dans Paris le 25 juillet. (Bourgeois de Paris, 25 juillet, p. 242; Journal de Clément de Fauquembergue, 25 juillet, Procès, t. IV, p. 453.) Mais cette nouvelle donnée ici de Bruges, le 27, quoique destinée à se vérifier, semble quelque peu en avance sur la réalité.

49 Cette conclusion résume bien le caractère d'avis de rédaction successive présenté par cette correspondance en date du 27 juillet.

Remarques d'Ayroles sur cette lettre :
[Cette lettre, si remplie de nouvelles, en contient fort peu qui soient fausses. Le duc d'Alençon combattait dans l'armée de la Pucelle, avec le titre de lieutenant général du roi. Il se rapprochait des frontières de la Normandie par la soumission du Beauvaisis. A cette date, Saint-Denis n'était pas démantelé, s'il l'a jamais été; cependant le Journal de Chuffard nous apprend que les habitants de la campagne, par crainte des Armagnacs, fuyaient à Paris, emportant leurs blés moissonnés ayant le temps. Le comte de Nevers était le beau-fils du duc Philippe, et en même temps son cousin germain. Il inclinait vers la cause française, quoiqu'il ne fût pas en position de la soutenir comme il l'aurait voulu. Le duc Philippe avait épousé la mère du jeune comte, Bonne d'Artois, que la défaite d'Azincourt avait rendue veuve. C'était sa tante par alliance. Elle mourut après quelques mois de mariage, mais le duc conserva la tutelle de ses beaux-fils, tout en convolant à un troisième mariage.]

Notes :
* Le premier chiffre indique la pagination de la copie de Venise, le second les folios de l'original de Vienne.





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Les chroniqueurs "français" :
- la geste des nobles français
- la chronique de la Pucelle
- le journal du siège d'Orléans
- la chronique de Jean Chartier
- la chronique de Perceval de Cagny
- la relation du greffier de La Rochelle
- la chronique de Tournay
- l'histoire de Charles VII de Thomas Basin
- la chronique du héraut d'armes Berri
- le registre delphinal de Thomassin
- la chronique de Richemont
- le miroir des femmes vertueuses
- la chronique fête du 8 mai
- l'abbréviateur du procès
- doyen de St-Thibaud de Metz

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- La chronique de Monstrelet
- La chronique des Cordeliers de Paris
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- La chronique de P. Cochon
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- La chronique de Chastellain
- Le registre du parlement de Paris
- Les mémoires de Lefèvre de Saint Rémi

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- la chronique de Morosini
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