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Le
pays de Jeanne d'Arc |
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pays de Jeanne d'Arc c'est la vallée de la Meuse naissante.
Entourée de collines de faible hauteur, c'est la terre des
coteaux et des bois, nature aimable où l'hiver n'est pas
rude, où l'été n'est pas trop brûlant.
La Meuse, petite encore, serpente dans les prairies et grossit de
petits affluents comme le Vair à Maxey. Elle a formé
une vallée de un à deux kilomètres de largeur,
de trente à trente-cinq kilomètres de longueur. Sur
la rive gauche, donc à l'ouest de la Meuse, court une ligne
de coteaux, à pente douce sur le bas, formant l'extrémité
de plateaux peu fertiles. Sur la rive droite, de Neufchâteau
à Apponcourt, le paysage est riant et découvert, les
coteaux ne se rapprochant de la Meuse que vers Moncel face à
l'actuelle basilique, mais ensuite, ils ne la quittent plus jusqu'à
Vaucouleurs. Ce paysage n'est ni grandiose ni spectaculaire mais
il est calme et doux.

La carte du Pays de Jeanne d'Arc avec les points
caractéristiques qui ont marqué sa jeunesse.
Domrémy est situé à peu près
au deux tiers de cette vallée en prenant pour point extrêmes
Neufchâteau au Sud et Vaucouleurs au Nord. Les localités
qui se rencontrent des
deux côtés de la Meuse, sont d'abord sur une colline
escarpée et visible de très loin, le vieux château
de Bourlémont et au pied de la colline, Frébécourt,
village d'un des parrains de Jeanne : Jean Barré. A mi-chemin
de Neufchâteau et Domrémy se présente Coussey,
chef-lieu du canton. Un peu plus loin Gouécourt et Moncel,
qui n'est plus qu'un hameau sans église en face de la basilique
de Domrémy. On arrive à Domrémy
et Greux, les deux villages chéris de Jeanne d'Arc. En face
de l'autre côté de la rivière, on aperçoit
au pied du coteau Maxey sur Meuse, qui possédait du temps
de Jeanne une petite école mais qui était "bourguignon".
Trois kilomètres plus Loin, on découvre sur une élévation
un ermitage avec une chapelle : Notre Dame
de Bermont, que Jeanne a beaucoup prié. De l'autre côté
de la Meuse, à mi-côte Brixey les Chanoines. Dans la
direction de Goussaincourt se trouvent Burey la Côte et Vouthon
; et enfin en se rapprochant Vaucouleurs, Maxey en Vaise et Burey
en Vaux.

Le chateau
de Bourlémont près de Neufchâteau. Du temps
de Jeanne, les seigneurs de Bourlémont possédaient
aussi le chateau de l'Isle à Domrémy.
Le pays de Jeanne était loin d'être infertile.
La région est d'ailleurs restée agricole et le paysage
a peu changé depuis le moyen-âge. Les vignes autrefois
très nombreuses ont été remplacées par
des bosquets et des bois. Grâce à ses prairies, on
y élevait comme on le fait encore aujourd'hui, de nombreux
troupeaux source d'aisance et de richesse autrefois.
Scène
champêtre à Domrémy vers 1910
Le célèbre historien Jules Michelet a
dit que la vallée de la Meuse était la croix des routes.
Il est vrai que Domrémy n'était pas ce "trou"
perdu du moyen-âge. A l'inverse, ce n'était pas non
plus un lieu de passage effréné. La voie romaine qui
montait du sud vers les Flandres et l'Allemagne (Trêves...)
venait à Neufchâteau mais de là, bifurquait
vers Toul en passant par Soulosse et Gerbonvaux mais pas à
Domrémy.
Les caractéristiques du pays :
Le pays, le climat, l'histoire a façonné
le caractère des gens de ce pays : équilibré,
vigoureux, tenace, laborieux.
Il a façonné aussi le langage. Le Latin s'est
transformé partout en France, à partir du IX°
siècle, en langue romane, chaque région ayant son
dialecte, des différences. Il y eut les dialectes champanois,
picard, bourguignon... à Domrémy, on parlait le dialecte
lorrain.
Dans le pays de Jeanne d'Arc, certains termes d'origine latine
sont restés dans la langage : "nenny" (prononcé
"nany") pour non, "ne mie" pour "ne pas",
"moult" pour "beaucoup" etc... C'est aussi l'accent
qui a été transmis jusqu'à nos jours, accent
qui se retrouve même dans l'écriture locale. C'est
ainsi que les mots se terminant en "é" deviennent
"eï" ou "ey". Le curé Guillaume
Fronté se prononce Fronteï, Domrémy : Domrémeï,
Saint-Rémy : Saint-Rémey etc... On remarquera que
beaucoup de villages ont cette terminaison en "ey ou y"
: Brixey, Maxey, Domrémy, Coussey, Marcey, Burey... Les syllabes
sont transformées d'une façon typique : "Tou"
pour "Toul", "Prâtre" pour "Prendre",
"Biéen" pour "Bien", "Âfâ"
pour "Enfant" etc...
Il n'empêche que Jeanne comprenait et parlait
très bien la langue d'oil parlée dans le Nord de la
France même si elle gardait son savoureux accent lorrain comme
lorsqu'un clerc écrivant une lettre aux habitants de Reims
marqua dans un premier temps "Choyeux" avant de le raturer
en s'apercevant qu'elle venait de dire "Joyeux".
Quelques mots à propos des croyances religieuses.
Le culte de St Nicolas, comme dans toute la Lorraine est très
prononcé. Des statues du saint se trouvaient dans pratiquement
toutes les églises y compris
celle de Domrémy et Greux. Au temps du grand schisme d'occident,
le diocèse de Trêves se prononça pour le pape
de Rome, ceux de Toul, Verdun et Metz pour le pape d'Avignon suivant
en cela les rois de France. Mais à Toul, diocèse de
Jeanne, nombreux étaient ceux qui se ralliaient au pape de
Rome, il y eut même un moment deux évêques à
Toul, de même à Verdun.
Sources
:
Pierre Marot "Le pays de Jeanne d'Arc"
Col. de Liocourt - "La mission de Jeanne d'Arc" tome
I
Ph-H. Dunand "l'histoire complète de Jeanne d'Arc
Notes :
Illustrations :
- Plan
du pays - "L'histoire complète de Jeanne d'Arc"
- Ph-H.Dunand - t.1 - 1898
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Eglise de Coussey (auteur
du site - 2004)
- Chateau de Bourlémont (ibid.)
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