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21 octobre 2019  

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Jeanne d'Arc par Henri Wallon - 5° éd. 1879
Appendice 9 : Le pays de Jeanne d'Arc

  Jeanne d'Arc était-elle Lorraine ? Jeanne d'Arc était-elle française ? Ces questions ont été vivement agitées dans ces derniers temps entre M. Lepage et M. Renard, qui se sont faits les champions, l'un de la Lorraine, l'autre de la Champagne (1). Je rends hommage à la science et au patriotisme de M. Lepage, mais je n'hésite pas à dire que M. Renard me paraît avoir les meilleures raisons de son côté.
  Jeanne d'Arc était-elle Lorraine ? On l'a dit il y a longtemps déjà, et l'on a répété surtout depuis Villon :

                                           Jeanne la bonne Lorraine (2)

mais cette assertion, prise à la lettre, ne supporte pas un seul instant l'examen. La Lorraine finissait à la rive droite de la Meuse : or Domrémy est de la rive gauche. Ceux-là mêmes qui posent ainsi la question : "Jeanne d'Arc est-elle Lorraine ?" et voudraient conclure qu'elle l'était, prouvent qu'elle ne l'était pas : car ils prétendent établir qu'elle était du Barrois, et le Barrois, possédé au temps de Jeanne par un prince français, René d'Anjou, ne fut réuni à la Lorraine que l'année de la mort de la Pucelle. C'est en 1431 seulement que René d'Anjou, marié en 1420 à l'héritière de la Lorraine, en recueillit l'héritage.

   
En rouge, le ruisseau qui séparait le village de Domrémy. La maison de Jeanne (en noir) se trouve sur la rive gauche et donc appartient à Domrémy-Nord et à la couronne de France.

  Mais Jeanne était-elle du Barrois ? Dans le Barrois on
distinguait la rive droite et la rive gauche de la Meuse : la rive droite faisant le duché de Bar proprement dit, et la rive gauche appartenant aussi au duché, et appelé Barrois mouvant, parce que depuis Philippe le Bel (1302) il relevait de la couronne de France. Ce serait donc de ce Barrois français qu'il s'agirait ici. Mais il y avait au milieu du Barrois mouvant une langue de terre qui appartenait directement à la couronne : Philippe de Valois, en 1335, avait acheté de Jean de Joinville la seigneurie de Vaucouleurs ; et Charles V, frappé de l'importance de sa position, l'avait déclarée inséparablement unie an domaine, par une ordonnance de 1365 (3). La seigneurie de Vaucouleurs, rattachée à la Champagne, s'étendait dans la vallée, au sud jusqu'à Domrémy, et, dans Domrémy, jusqu'à un ruisseau qui la séparait du Barrois mouvant. Or, la maison où Jeanne d'Arc est née subsiste, maison réparée ou reconstruite en 1431, sous Louis XI, comme en témoigne l'inscription de la porte : et cette maison est à la gauche du ruisseau qui marque la frontière du pays, c'est-à-dire du côté de Greux et de Vaucouleurs, dans le pays français.
  Voilà ce que tout le monde peut voir ; et pour ceux qui n'ont pas fait le voyage, M. Lepage a produit lui-même l'état des lieux, sans s'apercevoir qu'il était la réfutation directe de son système. Il est vrai que, reconnaissant sa faute, il a prétendu que le ruisseau, il y a cent cinquante ans, coulait plus au nord, et il a invoqué à l'appui de cette assertion le témoignage de deux octogénaires (4). Mais si l'on admet un changement dans son cours, il faut en admettre deux, et conclure, avec M. Renard, que le dernier redressement n'a fait que remettre les choses en l'ancien état : car le cours actuel du ruisseau répond à merveille à l'idée que l'on se fait des lieux d'après d'anciens actes. Les seigneurs barrois qui occupaient dans l'île de la Meuse la Maison forte, ne réclamèrent jamais qu'une moitié au plus
du village, et, en 1334, ils reconnaissaient pour limite une pierre en envers le moustier (près de l'église) (5). En 1461, les élus de Langres constatèrent que les habitants de Domrémy, "depuis ung petit ruisseau sur lequel a une pierre plate en manière de planche, en tirant depuis ledit ruisseau vers la ville de Greux", étaient du domaine de la couronne ; tout en reconnaissant que les autres, "depuis lesdits ruisseau et pierre en tirant vers Neufchastel", étaient mouvants de la châtellenie de Gondrecourt. Le procureur du roi soutenait que la ville était "entièrement située et assise au royaume" ; il avait tort (6); mais aurait-il pu avancer cette thèse si la plus grande partie du village n'avait été en terre de France, c'est-à-dire au nord du ruisseau ? Le ruisseau coulait donc bien alors comme aujourd'hui vers l'extrémité sud du village, laissant l'église du côté de la France.

   

  Un autre pièce que l'on doit, comme la précédente, à la parfaite connaissance que M. Lepage a des archives dont il est le gardien, prouve encore contre lui. En 1603 un habitant de Domrémy échappe à une réquisition des gens du roi "parce qu'il n'appert point que la maison où demeure ledict défendeur assize au bout du village dudict Domrémy, assez proche du petit ruisseau mentionné audict procès, soit située en ce royaume" (7). Si la maison du défendeur
située hors du royaume, était au bout du village assez proche du petit ruisseau, il est donc vrai que le ruisseau qui servait de limite assignait la plus grande partie du village au royaume et qu'il était alors, qu'il était auparavant là-même, on peut le dire, où il est aujourd'hui. Ainsi la maison de Jeanne d'Arc était bien en terre de France ; et cette conclusion résulte des textes mêmes que ceux qui la combattent se sont chargés de nous fournir.
  Il ne faut pas croire d'ailleurs que la vraie nationalité de la Pucelle ait été ignorée des anciens historiens. On disait qu'elle était venue des marches de la Lorraine ; d'où il arrive que plusieurs, surtout parmi les étrangers, font fait venir de la Lorraine (8): confusion très facile, et le nom de Domrémy, son village, était trop obscur pour servir à la dissiper. Mais d'autres, et parmi eux des gens qui la virent à son arrivée auprès du roi et qui devaient être plus curieux de savoir au vrai son origine, nous ont dit exactement d'où elle était et ce qu'était son village. Perceval de Boulainvilliers, qui se trouvait alors à la cour, écrit le 21 juin 1429 au duc de Milan, qu' "elle est née dans un petit village nommé Domrémy, au bailliage de Bassigny, en deçà des frontières du royaume de France, sur la
Meuse" (9). L'auteur de la Chronique de la Pucelle, que l'on croit être Guillaume Cousinot, secrétaire du roi, puis conseiller sous Charles VII, dit à son tour : "L'an mil quatre cent vingt-neuf, y avoit une jeune fille, vers les marches de Vaucouleurs, native d'un village nommé Domp-Remy, de l'élection de Langres, qui (lequel village) est tout un avec le village de Grus (Greux)." Mais ce qui efface tous ces témoignages, ce sont les documents officiels que notes avons cités dans le texte :

1 L'enquête des juges de Rouen : "Et elle est née dans le village de Greux, ayant pour père Jacques d'Arc et pour mère Isabelle son épouse ; nourrie dans sa jeunesse jusqu'à dix-huit ans ou environ dans le village de Domremi, sur le fleuve de Meuse, au diocèse de Toul, dans le bailliage de Chaumont en Bassigny et la prévôté de Monteclére et d'Andelot (10). M. Lepage demande (2° mémoire, p.31) où il est dit que Domrémy se rattachât à la prévôté d'Andelot. C'est ici même, dans les actes du procès. Comment l'auteur qui donne tant de textes n'a-t-il pas relevé et parait-il ne pas voir celui-là ? Son adversaire, M. Renard, le lui citait dans chacun de ses mémoires. Et il s'agit de la partie de Domremy d'où était Jeanne, puisque cela est dit à propos de son origine : "Et est oriunda in villa de Grus,... nutrita.... in villa de Dompremi... in bailliviatu de Chaumont en Bassigny, et præpositura de Monteclere et d'Andelo." (Procès, t.I p. 209) (Monteclère est l'emplacement d'un ancien château voisin d'Andelot dont nous avons parlé à propos de Jean le canonier) (11). Quant à Greux, donné pour la patrie de Jeanne, ce n'est pas une erreur si ridicule ou si grossière, comme un autre l'a dit, puisque elle-même a déclaré qu'elle était née à Domrémy de Greux ; que Domrémy faisait un même village avec Greux, et qu'à Greux était la principale église (12). Aussi, les habitants de Greux, dans une requête en vériflcation de leurs privilèges (1584), ne manquent-ils pas de tenir le même langage : "Jehanne la Pucelle, native dudit lieu de Greux."

  

2 Les lettres d'anoblissement de Jeanne d'Arc et de sa famille, où elle est dite de Domrémy, du bailliage de Chaumont (13).

3 L acte par lequel Charles VII, en considération de ses services, accorda exemption d'impôts à Greux et à Domrémy (Chateau-Thierry, 31 juillet 1429) (14). C'est bien là sans doute la preuve que ces villages, qui ne faisaient qu'un selon Jeanne d'Arc, et qui, à cause de cela, sont joints ensemble dans cette faveur comme son lieu de naissance (on ne nait pas dans deux villages), appartenaient à la couronne : car il est trop étrange de supposer que Charles VII ait exempté d'impôts la terre d'un autre, et plus étrange encore d'avancer à l'appui de cette trop gratuite hypothèse, qu'en accordant à Domrémy cette faveur aux dépens du duc de Bar, le roi aura indemnisé ce dernier.

  Quand Domrémy a-t-il cessé de jouir de cette franchise ? Son privilège a-t-il survécu au concordat du 15 février 1571, intervenu entre le roi de France et le duc de Lorraine ? ou faut-il admettre que cet acte ait fait passer définitivement tout le village sous la domination de ce dernier ? L'acte de 1571 ne parle pas expressément de Domrémy. Mais dans l'état où se trouvait la France vers la fin de Charles IX et encore plus sous Henri III, les villages mi-partis couraient grand risque de tomber tout entiers au copartageant qui n'était pas le roi de France. On sait ce qui advint alors des villes qui nous restaient en Italie. Domrémy, sans être expressément cédé à la Lorraine ; échut donc à la Lorraine. C'est ainsi que l'on peut s'expliquer des choses qui semblent contradictoires : comment, de 1572 à 1576, on voit Domrémy figurer encore avec Greux sur les registres de l'élection de Langres (15), - l'inscription au rôle des contributions n'étant que pour mémoire (néant, à la Pucelle) le receveur n'y était pas compromis ; - ou comment encore, dans le procès de 1603, cité plus haut, on admet au profit du défendeur cette limite du ruisseau qui, dans tous les cas, le met en dehors de la juridiction de la France : tandis que réellement tout le village, sauf peut-être quelques maisons, était de fait hors de la domination de la France ; que les habitants allaient désormais, ainsi qu'on le voit par la vente de la maison de la Pucelle, en 1586 et en 1611, faire enregistrer leurs actes civils à Gondrecourt, et que destitués de tout privilège, ils subissaient les charges communes du pays nouveau dont ils étaient sujets. C'est de 1571 en effet, comme du seul acte public d'où ait pu sortir leur nouvel état, que les habitants de Domrémy font dater la perte de leur privilège, dans la requête qu'ils adressèrent au roi, quand la réunion de la Lorraine à la France (1766) les rendit à leur ancienne patrie. Ils envoyaient à l'appui de leur demande une copie authentique de la charte royale et comptaient bien rentrer en partage de la faveur dont les habitants de Greux, demeurés Français, n'avaient pas cessé de jouir. Leurs espérances furent singulièrement trompées. La requête amena un échange de notes entre l'intendant de la généralité de la Lorraine et du Barrois et le contrôleur général, et eut pour résultat de faire retirer le privilège aux habitants de Greux, sans qu'il fût rendu aux habitants de Domrémy (1776). (16)

  Voici donc nos conclusions. Jeanne d'Arc n'a jamais été Lorraine, car la Lorraine s'arrêtait à la rive droite de la Meuse, et Domrémy n'a appartenu à la Lorraine que depuis 1571. Jeanne d'Arc n'était pas davantage du Barrois, ni même du Barrois mouvant, c'est-à-dire relevant de la couronne : car la portion de Domrémy qui se rattachait au Barrois mouvant était au sud du petit ruisseau qui faisait la limite des deux pays, et la maison de Jeanne d'Arc est au nord. Jeanne d'Arc est donc née en terre de France. Elle est Française par la naissance, comme elle l'était par son père, comme elle l'a été par toutes ses aspirations (17).
  Voulons-nous par-là contester à notre Lorraine, au profit de la Champagne, la parenté qu' elle revendique avec la Pucelle ? En aucune sorte. Domrémy ne se rattachait à la Champagne qu'administrativement ; et la rive droite de la Meuse a naturellement avec la rive gauche plus d'affinité que n'en aura jamais la vallée de la Marne. On ne peut qu'être touché de voir les villages de cette rive, jadis si hostiles à Charles VII, comme Coussey, Outreville, élever au-dessus de leurs fontaines la statue de Jeanne d'Arc. On ne peut que louer le zèle, tout exclusif qu'il est, de l'Académie de Stanislas à Nancy pour la même cause. Le village qui avait vu naître Jeanne d'Arc a été rattaché à la Lorraine. Il est bien que la Lorraine défende l'honneur des lieux qui lui sont échus en partage ; et c'est une tâche dont elle s'est dignement acquittée. Mais si elle-même est française aujourd'hui, Domrémy l'avait incontestablement devancée jadis dans le giron de la France. Domrémy était terre de France au temps de Jeanne d'Arc. Ce n'est pas d'un pays étranger (tout l'intérêt de la question est là) qu'est venue celle qui fut appelée à sauver la France.

                                                


Source : Jeanne d'Arc - Henri Wallon - 5° éd. 1879

Notes :
1
M. H.Lepage, Jeanne Darc est-elle Lorraine ? 1852 et 1855, et Un dernier mot sur la question, 1856. M. Ath. Renart, Souvenirs du Bassigny champenois, 1851, réimprimé en 1857 ; Jeanne d'Arc était-elle Française ? 1852, 1855, 1857.

2. Ballade des dames du temps jadis. Oeuvres de Fr. Villon, p.44. (Paris 1723, in.12°)


3 Ordonnance t.IV, p.583

4 Un dernier mot sur la question, 1857

5 En 1334, Jean de Bourlémont déclare tenir du comte de Bar "la fort maison de Domp Remey, le pourpris et les appartenances et la moitié de ladite ville". En 1397 (après la mort, et conséquemment après l'ordonnance de Charles V), Jean de Bourlémont reconnait tenir en foi et hommage du duc de Bar. .. "Audit Domrémi environ vingt-cinq conduis (ménages) de personnes, lesquels doivent chacun an ... pour chacun cheval trayant... un veassel de froment .... (Trésor des Chartes, Gondrecourt,I, n°112).

6 Et au regard desdits autres habitants demourans en ladite ville depuis lesdits ruisseau et pierre, en tirant vers Neufchastel et au ban et finage dudit Donremi oultre ladite pierre... ledit procureur du roi n'a aucunement prouvé son intention à l'encontre d'eux ; pourquoy, joyront iceulx habitans d'autel et semblable privilége... que font les habitans de ladite ville et chastellenie de Gondrecourt, dont nous trouvons lesdils habitans estre mouvans." (Lepage, Jeanne d'Arc est-elle Lorraine, 1er mémoire, 1852, p.14 et le Vidimus, p.49, ibid.)

7 Lepage, 1er mémoire, p.54.

8 "Circa idem tempus venit de Lotharingia quædam virgo juvencula, nomine Johanna" (Walter Bower, continuateur de la chronique d'Écosse de Fordun, Procès t.IV p.478) - "Stund eine Jungfrau auf in Lothringen (Eberhard de Windecke, ibid. p.486) - "Janna virgo Gallica, natione Lotharingensis (Philippe de Bergame, ibid. p.522) - "La cal erra del pais e del dugat de Loreyne" - (Greffier de l'hôtel de ville d'Albi - "Oriunda ex Lotharingia" (Greffier de la chambre des comptes du Brabant ibid. p.426) - "Du pays de Lorraine, d'une ville appelée Vaucouleurs  (chron.de Flandres, Bull. de la soc. de l'hist. de France, juin 1857, p.102). L'auteur qui met Vaucouleurs en Lorraine n'aurait pas eu Plus de srcupule pour Domrémy. - "Native de Domrémy, duché de Bar" (chroniquer alençonnais, Procès T.IV p.28) - Native d'un village du Barrois (Journal du siège, ibid. p.118). Il est sans intérêt de donner à cet égard les dires des écrivains d'un temps postérieur. On en pourrait grossir la liste sans rien ajouter à la valeur de leur opinion.

9 Nata est in parvo villagio nominato Dompremi in baillivia Bassignata (Bassigny) infra et in finibus regni Franciæ, super fluvium de Meuse. (Perceval de Boulainvilliers)

10 Chron. de la Pucelle (Procès t.IV p.204)

11 M. Lepage en aurait pu trouver une preuve de plus, toujours à propos de jeanne et du pays qui l'a vue naître, dans une autre pièce, donnée encore par lui-même, pièce relative à l'exemption d'impôts que Jeanne avait fait accorder à son pays natal. Il s'agit des extraits des registres de l'élection de Langres, levé à la requête "des habitants du village de Greux, du doyenné de la prévosté d'Andelot", à la date du 27 juin 1584. Le procès-verbal et les extraits montrent que Domrémy, comme Greux, dont il n'est jamais séparé, étaient compris dans les rôles de la prévôté d'Andelot. (Lepage, 2° mémoire, p.86-90).

12 "Interrogata de loco originis respondit quod nata fuit in villa Dompremi quæ est eadem cum villa de Grus ; et in loco de Grus est principalis ecclesia" (Procès t.I, p.46), ou comme il est dit dans le texte français "En ung village qu'on appeloit Domremi de Grue, auquel lieu de Grue est la principale église".

13 "Karolus Dei gratia Francorum rex, ad perpetuam rei memoram. Magnificaturi divinæ celsitudinis uberrimas nitidissimasque gratias, celebri ministerio Puellæ Johannæ d'Ay de Domremyo, caræ et dilectæ nostræ, de baillivia Calvimontis seu ejus ressortis nobis elargitas" Décembre 1429, Procès t.V, p.150).

14 "Sçavoir vous faisons que en faveur et à la requeste de nostre bien amée Jehanne la Pucelle..., nous avons octroyé et octroyons de grâce spéciale par ces présentes aux manans et habitants des ville et villaige de Greux et Domremy, oudit bailliaige de Chaumont-en-Bassigny, dont ladite Jehanne est native, qu'ilz soyent d'ores en avant francs, quictes et exemptz de toutes tailles, aides, subsides et subvencions mises et à mettre oudit bailliaige (31 juillet 1429) (Procès t.V, p.138).

15 Copie collationnée du Procès-verbal dressé à Langres en vérification des privilèges des habitants de Greux et Domrémy la Pucelle, à la requête des habitants de Greux, le 25 juin 1584. Lepage, 2° mémoire p.87-90.
Les habitants de Greux même après que Domrémy avait passé à la Lorraine, avaient intérêt à joindre son nom à celui de Greux, puisque c'était en raison de la Pucelle que leur avait été confié ce privilège. Du reste, le nom de Domrémy semble avoir bientôt disparu des registres sans que le privilège, conféré d'ailleurs nominativement à Greux en même temps qu'à Domrémy, ait été retiré au village resté Français.

16 Le colonel de Liocourt (La Mission de Jeanne d'Arc - t.1) fait connaitre que le privilège d'exemption d'impôts pour Greux et Domrémy-Nord s'est perpétué pendant tout l'ancien régime comme le prouvent le vidimus de 1483, un acte de 1584, une ordonnance de mars 1656, un arrêt du conseil du 28 février 1682 et une confirmation donnée par Louis XV le 10 août 1723. (ndlr)
On peut donc en déduire que Greux, étant resté Français, a continué à bénéficier de ce privilège jusqu'en 1766 et que Domrémy-Nord, rattaché à la Lorraine en 1571 a perdu ce privilège à cette date.

17 Sur la patrie de son père, voir traité sommaire tant du nom et des armes que de la naissance et parenté de la Pucelle d'Orléans, par Charles du Lys p.7.



Jeanne d'Arc
Henri Wallon - 5°éd. 1879

Index

Avertissement
Préface

Introduction :

- La guerre de cent ans
- Charles VII et Henri VI
- Le siège d'Orléans

Livre IDomrémy et V...
I - L'enfance de J. d'Arc
II- Le départ

Livre II : Orléans
I - L'épreuve
II - Entrée à Orléans
III - La délivrance d'Orléans

Livre.III : Reims
I - La campagne de la Loire
II - Le sacre
III - La Pucelle

Livre.IV : Paris
I - La mission de J. d'Arc
II - La campagne de Paris
III - L'attaque de Paris

Livre.V :
Compiègne
I - Le séjour sur la Loire
II - Le siège de Compiègne

Livre.VI : Rouen - Les juges
I - Le marché
II - Le tribunal
III - Les procès-verbaux

Livre.VII : L'instruction
I - Les interrog. publics
II - Les interrog. de la prison
III - Les témoins

Livre.VIII : Le jugement
I - L'accusation
II - Les douze articles
III - Les consultations...
IV - La réponse de...

Livre.IX : L'abjuration
I - Le cimetière de St-Ouen
II - La relapse

Livre.X : Le supplice
I - La visite à la prison
II - La pl. du Vieux-marché

Livre.XI : La réhabilitation
I - La mémoire de Jeanne...
II - Le second procès...

Livre.XII : L'histoire

I - Les contemporains...
II - L'inspiration de J.d'Arc




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