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XXIV - Conclusion sur le procès -
p. 147 à 149.
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'homme le plus droit, que la Providence ait rapproché de la Pucelle pendant son martyre, fut un obscur dominicain de Rouen, nommé Isambard de la Pierre. Ce digne religieux parla tout le temps du procès selon sa conscience, ne craignit pas de s'exposer à des reproches pour éclairer l'accusée sur les pièges qu'on lui tendait, l'assista le jour de sa mort, et tint la croix devant elle jusqu'à son dernier soupir. Quoiqu'il sût mieux que personne de combien de passion était corrompue l'intention du principal juge, il n'a pas laissé de convenir qu'il avait observé suffisamment les règles du droit (1). Ce que j'ai dit du
procès n'est pas autre chose que le commentaire de cette parole trop peu remarquée.
Dès qu'on peut établir que le tribunal de Rouen sauva ses actes par l'apparence, quantité de faits qui furent la conséquence de l'illusion, se révèlent ou s'expliquent. La France française fut frappée de crainte et partagea les doutes de son gouvernement. Le clergé n'osa plus se prononcer
comme il avait fait d'abord sur un cas extraordinaire, réprouvé par une si notable partie de lui-même. Les honneurs religieux, qu'on avait rendus à Jeanne pendant sa vie (2), cessèrent aussitôt après sa mort; et celle qui avait réalisé la perfection chrétienne dans des conditions où personne n'avait jamais osé la concevoir, celle qui s'était manifestée aux hommes avec toute l'apparence du miracle, cette sainte n'obtint pas le culte réservé aux saints, dont son siècle fut encore si prodigue qu'il en gratifia un archevêque d'Arles
fameux pour avoir déchiré l'Église (3). Ce fut là l'effet immédiat du procès de Pierre Cauchon, effet que la réhabilitation prononcée plus tard ne parvint pas à détruire.

Source : Edition Jules Renouard et Cie - 1850
Nota : publication sans aucune garantie d'exactitude parfaite avec le texte original.
Notes :
1 « Satis observabant judices ordinem juris. » T. II, p. 351.
2 « Multi in præsentia ejus eam adoraverunt ut sanctam, et adhuc adorant in absentia, ordinando in reverentiam ejus missas et collectas,... elevant imagines et reprsesentationes ejus in basilicis sanctorum, ac etiam in plumbo et alio metallo repræsentationes ipsius super se deferunt, prout de memoriis et repræsentationibus sanctorum per Ecclesiam canonizatorum, solet fieri. » Art. 52 du Réquisitoire, t. I, p. 290.
3 Saint Louis, archevêque d'Arles, auteur du schisme qui suivit le concile de Bâle.
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