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Préface |
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e livre n'est ni une histoire, ni un panégyrique.
Ouvrage de pure critique, il était destiné à accompagner la publication des procès de
Jeanne d'Arc que j'ai récemment achevée pour
pour la Société de l'Histoire de France (1). Son étendue l'ayant empêché d'être mis à la place
pour laquelle il avait été fait, je me décide à le
publier séparément. En l'exposant à cette fortune,
je ne crois pas céder à l'attachement que
les auteurs ont d'ordinaire pour leurs productions.
Je n'ai qu'un désir : celui de communiquer
au public sur un sujet: qui l'intéressera dans tous
les temps, les aperçus qu'a fait naître dans mon
esprit une étude si laborieuse des textes, que je
doute qu'à moins d'être éditeur, comme je l'ai été, on en recommence de sitôt une semblable.
Je ne mériterais pas d'être pris au sérieux, si
j'annonçais que mon travail a eu pour effet de
me montrer la vie de Jeanne d'Arc absolument
différente de ce qu'on l'a vue jusqu'à présent. Loin de là, je m'empresse de reconnaître que nos
auteurs modernes eu ont saisi les traits sublimes avec une intelligence qui ne laisse rien à désirer.
Leur talent a préservé pour toujours des atteintes
du doute les grandes actions de la Pucelle.
Mais en pénétrant dans cette partie moins lumineuse
de toute histoire et surtout de celles qui ont eu pour théâtre des pays en révolution, en
cherchant à rétablir la continuité des événements
par un examen attentif des intervalles qui séparent
les moments d'éclat, là, à travers les incertitudes,
les contradictions, les mensonges des
contemporains, il m'est arrivé de saisir un certain
nombre de faits, dont j'espère que l'évidence
sera reconnue après qu'ils auront subi le
contrôle de l'opinion.
C'est à exposer ces aperçus que j'ai mis toute
mon étude, sans viser aucunement: à l'intérêt
d'un récit continu ni m'attacher au côté dramatique des situations. Connue je n'ai point
cherché à émouvoir, mais seulement à l'aire réfléchir,
je serai récompensé selon mes vœux si
l'on trouve dans cet écrit quelque portée de
raisonnement et un reflet de l'amour infini que je porte à la vérité.

Source : Edition Jules Renouard et Cie - 1850
Nota : publication sans aucune garantie d'exactitude parfaite avec le texte original.
Notes :
1 Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc,
dite la Pucelle, publiés pour la première fois d'après les manucrits
de la Bibliothèque nationale, suivis de tous les documents
historiques qu'on a pu réunir, et accompagnés de notes et d'éclaircissements; 5 vol. in-8°, 1841-1849. Paris, chez Jules Renouard.
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