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Chronique d'Enguerrand de Monstrelet - index
L.II-41- [Comment le duc de Bethfort fist asségier Montargis et comment le siège fut levé par les François. Et autres matières en brief.]

tem, en cest an le duc de Bethfort, qui se nommoit régent de France de par le roy Henry, fist asségier la ville et forteresse de Montargis par les contes de Warewich et de Suffort, avec lesquelz estoit le seigneur de La Poulle, frère dudit conte de Suffort, messir Henry Bisset et autres capitaines, qui povoient avoir avec eux trois mille combatans. Lesquelz venus audit lieu de Montargis, la avironnèrent. Laquelle ville siet en assez fort lieu. Si qu'il leur convenoit faire trois sièges, lesquelz assez dangereusement povoient baillier souscours l'un à l'autre. Et nient mains ilz se logièrent tout entour et fortifièrent leur dit logis en aucuns lieux. Et estoit le conte de Warwich logié en une abbaye de nonnains à ung des costés de la ville (1). Et brief après leur venue firent aucuns pons et passages sur la rivière, pour par yceulx souscourir les uns aux autres se besoing leur estoit. Et ce fait commencèrent viguereusement à approucher ycelle ville de Montargis et la forteresce, et très fort combatre et adommager de plusieurs engiens. Mais non obstant ce, les asségiés se deffendirent très puissamment. Et continuèrent les asségans en ceste besongne l'espace de deux mois ou environ. Lequel temps durant les nouvelles furent portées au roy Charles de France et lui firent sçavoir lesdiz assegiés, que se il ne leur envoioit souscours assez brief, les convendroit rendre entre les mains de leurs adversaires. Et ces nouvelles venues à la congnoissauce du Roy, comme dit est, ledit roy assambla son conseil, ouquel fut conclud et délibéré de y envoyer souscours, ou au mains eux rafreschir de vivres et de gens. Et fu faicte pour ceste cause aucune assamblée, qui point ne porta d'effect et se desrompy. Mais depuis fut ordonné de par le Roy de faire une autre assamblée à Orléans pour ceste meisme cause, de laquelle fut baillié la charge de par le Roy au conte de Dunois, bastard d'Orléans, avecques lequel se mirent messire Guillaume de Labret, seigneur d'Orval, le seigneur de Graville, de Villas et de Gaucourt, Estienne de Vignolles qu'on dist La Hire, messire Gille de Saint-Simon, Gauthier de Broussart et plusieurs autres capitaines, qui povoient bien avoir seize cens combatans droites gens de guerre et d'eslite. Lesquelz se mirent à chemin, à tout foison de vivres, en intencion de ravitailler ycelle ville de Montargis et non de lever le siège. Et quant ilz furent venus à une demie lieue près, le plus secrètement qu'ilz porent, ilz prinrent conseil ensamble et conclurent de férir sur aucuns logis des Anglois par deux costés. Et avoient avec eulx gens de la garnison dudit lieu de Montargis qui les menoient, entre lesquelz estois ung nommé le petit Breton. Si fut La Hire ordonné à conduire l'une des compaignies, et comme ilz avoient conclud, le firent. Si férirent vaillamment et de grand voulenté sur les logis des Anglois, qui de ce ne se donnoient garde, criant Montjoie et Saint-Denis ! et commencèrent à bouter les feux asprement en maint logis et à tuer, prendre et mettre à meschief aucuns Anglois. Et tellement et si vaillamment se y portèrent, que le logis du seigneur de La Poulle fut en assez briève espace du tout tourné à desconfiture. Mais ledit seigneur de La Poulle se sauva en ung petit batel, environ lui huitiesme. Et adonc avoient ceulx de la ville tenues les yaues si grandes et si grosses, que les pons que lesdiz Anglois avoient fais estoient couvers d'yaue, par quoy quant ilz se cuidoient sauver, ilz cheoient de costé des pons et se noyoient. Et en tant que ce se faisoit, le bastard d'Orléans se combatoit viguereusement de l'autre costé sur les logis de messire Henri Bisset. Et là estoit descendu à pied et y avoit fort à faire, quand les autres, qui avoient rué jus et desconfi le premier logis, lui alèrent puissamment baillier souscours. Et avoit esté blécié le seigneur de Graville. Et alors lesdiz Anglois, percevans que la force n'estoit point à eux, se commencèrent à retraire pour aler au logis du conte de Warwich, et passoient par ung pont à si grand haste et à si grand presse, que du grand fais le pont rompy soubz eux, et là furent mors et desconfis laidement et en très grand nombre. Car avecques ce, ceulx de la ville de Montargis saillirent fièrement hors, en l'ayde de leurs gens, et sans espargnier en occirent et prinrent plusieurs. Et entretant le conte de Warwich assembla ses gens le plus hastivement qu'il peut. Mais quant il sceut la grand perte et dommagable destruccion de son ost, dont il avoit desjà bien perdu de mil à quinze cens hommes, qui furent que mors que pris, si se mist en bataille, en luy retournant sur une petite montaigne ès vignes, au dehors de son ost. Et lors les François, qui furent fort travaillés de ceste besongne, entrèrent dedens Montargis. Et entretant la nuit vint. Si se départirent et mirent à chemin lesdiz Anglois, à tous le remanant de leurs gens, qui pour la plus grand partie estoient de pied, eulx retraiant au Chasteau-Landon, en Nemours et ès autres lieux de leur obéyssance. Et lesdiz François demourèrent à Montargis, faisans bonne et joyeuse chère de ce que ainsy par l'ayde de Dieu avoient achevé ce pour quoy ilz estoient là venus. Et après s'en retournèrent devers le roy Charles de France, qui les receupt très aimablement.

         

  En cest an, le duc Jehan de Brabant, qui estoit malade de moult griève maladie, trespassa en son chastel de Leveure en disant moult dévotement Miserere mei Deus, etc. Et fut enterré en la chapelle de sondit chastel de Leveure emprès son père. Après le trespas duquel, releva toutes ses seignories, Phelippe, conte de Ligney et de Saint Pol, son frère. Et par ainsy la duchesse Jaqueline demoura esseulée de ses deux maris. Car, comme dit est dessus, le duc de Glocestre avoit prins aultre femme, et ledit duc de Brabant estoit trespassé comme dict est. Et durant la vie dudit duc de Brabant y eut ung nommé Jehan Chevalier, qui volt mettre à ycelui duc ung carquant au col, à la requeste, comme on disoit, de la contesse doagière de Haynau. Lequel Chevalier pour ceste cause fu prins à Brouxelles et décapité.
En ce mesmes temps, la forteresse d'Escaudeuvre, emprès Cambray, fu mise en la main de messire Jehan de Luxembourg par le consentement du duc de Bourgongne. Et fu la cause, pour ce que messire Loys, frère bastard de la duchesse Jaqueline de Bavière, à cuy estoit ycelle forteresse, ne feist guerre ou tribulacion aucune aux pays d'environ, comme celuy qui tenoit le parti de ladicte duchesse Jaqueline, sa sœur. Et ainsi perdit-il son héritage.

  En ces jours eut ung terrible et grand rencontre auprès du Mont Saint-Michiel entre les Anglois, qui tenoient le Mont de Hellem d'une part, et les François et Bretons, d'autre part. Mais en conclusion, lesdiz Anglois y furent mors et desconfis. Si obtinrent les François victoire, et par conséquent gaignèrent ladicte forteresce.

                                                 


Source : La chronique d'Enguerrand de Monstrelet - Tome IV (L.Douët d'Arcq - 1860)

Notes :
1 L'auteur entend par là les Dominicaines de Montargis, instituées au treizième siècle.



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