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05 juillet 2008  

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par Henri Wallon

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Procès de réhabilitation
Le summarium de l'inquisiteur Jean BRÉHAL - Présentation.

et opuscule, destiné par l'auteur à être communiqué aux docteurs que l'on consulterait, n'est ni une discussion juridique, ni une appréciation motivée des points litigieux. On dirait plutôt une table des matières, divisée en six articles, suivant une disposition uniforme : d'abord, l'énoncé général et très succinct du fait qui a servi de base à l'accusation ; puis un groupement des réponses qui s'y rapportent, fidèlement extraites des procès-verbaux ; enfin, sous forme de question à résoudre, l'examen des qualificatifs de la sentence au regard des faits constatés.
  Le Summarium existe, à notre connaissance dans trois manuscrits de la bibliothèque nationale de Paris :

1° Dans le manuscrit, fonds latin 12722 qui est du XY" siècle, il n'a pas de titre. Il commence par ces mots : "Articuli graviores et principaliores ipsius Johanne Puelle, super quibus est deliberandum, videlicet : primus, quod asseruit...etc" ; et il se termine par ceux-ci :
"finit Summarium fratris Johannis Brehalli, inquisitoris fidei". Cet exemplaire semble avoir appartenu à l'inquisiteur lui-même car la signature de Jean Bréhal s'y trouve en plusieurs endroits (1) qu'il a contresignés notamment à la fin des mémoires de l'avocat consistorial Paul Pontanus, et de l'auditeur de Rote Théodore Leliis. Quicherat a connu ce manuscrit : il donne en effet (2) sous le titre de Summarium, l'incipit du sommaire de Bréhal, l'énoncé de quelques chapitres, et le colophon. Cependant, à la table générale (3), il l'intitule : Questions de théologies proposées par lui [Bréhal] sur le procès. M. Lanéry d'Arc s'est contenté (4) de signaler le ms.12722 d'après les indications de Quicherat.

2° Dans le manuscrit, fonds latin 13837, qui est également du XV° siècle, le Summarium de Bréhal est tel que dans le ms. 12722. Il commence et finit de même. M. Lanéry d'Arc fait aussi mention (5) de ce deuxième manuscrit .

3° Une copie d'origine moderne se trouve dans le ms. fonds latin 9790 (ancien 1033 suppl.lat). Ce registre intitulé Varia de Joanna d'Arc est une transcription des mss.3878 et 2284 du fonds ottobonien, au Vatican, transcription exécutée en 1787 pour la bibliothèque du roi, par les soins du Cardinal de Bernis, de l'Académie des Belles-Lettres, alors ambassadeur auprès du saint-Siège, et d'après les ordres du baron de Breteuil, ministre et secrétaire d'État. Or le ms. 2284 du fonds Ottoboni appartenait jadis au couvent des Dominicains de Vienne (Autriche). Il renferme principalement les pièces envoyées par l'inquisiteur de France au fr. Léonard de Brixenthal, savoir : une lettre explicative dont il sera parlé plus loin, le Summarium ou questionnaire sur le procès, et deux mémoires consultatifs, l'un de Théodore de Leliis et l'autre de Paul Pontanus. Mais loin d'être un original, comme l'affirme à deux reprises M. Lanéry d'Arc (6), c'est une assez mauvaise copie, qui parait être la besogne d'un écrivain peu soigneux ou peu intelligent : car, avec des erreurs de lecture parfois grossières, on y rencontre des distractions ou des lapsus plus que bizarres. Le Summarium notamment y est défiguré et incomplet : le copiste allemand a confondu la fin du mémoire de Pontanus avec le commencement du sommaire de Bréhal (7), et il a omis entièrement le chapitre final de celui-ci. Quicherat n'a pas pris garde à
cette erreur, puisqu'il se borne à la remarque suivante (8) : "la leçon du ms. ottobonien est précédée d'une some d'argument que voici : quia ipsa Johanna in cedula abjuracionis, etc...". L'étrangeté d'un pareil début aurait dû pourtant éveiller l'attention et provoquer les recherches du savant paléographe, trop dédaigneux à l'endroit des documents théologiques. M. Lanéry d'Arc, sur la foi du maître, a reproduit le texte fautif, sans le contrôler avec les autres manuscrits qu'il connaissait. Sa méprise ici est d'autant plus inexplicable qu'il a édité le mémoire de Paul Pontanus (9), y compris tout le dernier paragraphe. Comment se fait-il qu'il n'ait pas hésité à imprimer de nouveau quelques pages plus loin ce même paragraphe, comme s'il appartenait également au sommaire de Bréhal. Rien n'indique d'ailleurs qu'il ait remarqué cette singulière répétition.
  Quoi qu'il en soit, nous avons voulu éviter ces errements fâcheux. Sachant que le manuscrit ottobonien n'est pas un original et que les fautes y pullulent, tandis que les mss. 12722 et 13837 de la Bibliothèque nationale sont plus corrects, et que l'un d'eux porte la signature de Bréhal auquel il a probablement appartenu, notre devoir était de reproduire le texte dans sa pureté native et dans son intégrité. En éditant le Summarium d'après un exemplaire authentique [ms. lat. 12722], nous n'avons pas négligé de le confronter avec les autres copies, et même avec le codex ottobonien du Vatican, afin de pouvoir signaler dans les notes les variantes qui nous sembleraient dignes d'attention (10).

  De plus, au lieu d'une simple référence, qui obligerait à feuilleter sans relâche les volumes de Quicherat, nous avons mis au bas des pages les textes mêmes des procès-verbaux qui se rapportent directement aux assertions de ce mémoire. Le lecteur pourra ainsi plus aisément apprécier la parfaite exactitude du résumé soumis à la délibération des consulteurs.

Texte commenté du Summarium


Source : "Jean Bréhal et la réhabilitation de Jeanne d'Arc" - par les R.P. Marie-Joseph Belon & François Balme - 1893

Notes :
1 Le Summarium est sans contreseing ; l'auteur s'est contenté de mettre au colophon le titre de l'opuscule avec son nom, sans y ajouter aucune des qualifications honorifïques employées par les copistes, lorsqu'ils désignent une tierce personne. Nous y avons également remarqué en tête du premier traité de Pontanus et du second mémoire de Theodore de Leliis les mots Jhesus et Jhesus Maria, placés suivant l'usage à peu près universel des écrivains religieux comme une sorte d'épigraphe ou de dédicace. Ils paraissent être de la même main que la signature de Bréhal. L'inspection du manuscrit tout entier, et surtout la comparaison des caractères, nous induit à penser que l'inquisiteur l'avait copié lui-même pour son usage personnel.

2 Quicherat : Procès... t.II, p.68

3 Quicherat : Procès... t.V, p.498

4 M.Lanéry d'Arc : Mémoires et consultations... p.92 note.

5 M.Lanéry d'Arc : Mémoires et consultations... p.92 note.

6 M.Lanéry d'Arc : Mémoires et consultations... p.55 note, et p.92 note.

7 On lit en effet : "Cetera suppleat prudencia consultorum" puis la signature de Paul Pontanus et immédiatement après tout le paragraphe qui commence par ces mots, "qui ipsa Johanna in cedula abjurationis sentencia condempnacionis...", et qui finit par ceux-ci "an juxta contenta in processu fuerit censenda talis". Aucun titre, ni indication quelquonque ne sépare ce paragraphe de celui qui est le premier du Summarium : "Principaloria puncta atque graviora, etc..." - L'examen du ms.12722 de la bibliothèque nationale nous a suggéré la cause probable de cette confusion. Le passage commençant par les mots quia ipsa Johanna in cedula abjurationis... n'a pas été inséré à sa vraie place, c'est à dire avant cetera suppleat ... et la signature de Pontanus. Lorsque le copiste s'est aperçu de l'omission, il avait déjà transcrit le texte en langue vulgaire de l'abjuration
de la Pucelle, et c'est seulement au f°14v° qu'il a réparé son oubli ; mais il a eu soin au f°13v° d'indiquer le renvoi. - Un fait analogue a pu se produire dans l'exemlaire aujourd'hui perdu, que l'inquisiteur envoya à Vienne. le transcripteur allemand n'ayant pas pris garde au renvoi, ou ne l'ayant pas compris, ne l'a pas mentionné, et a laissé le paragraphe supplémentaire après la signature de Pontanus et en tête du Summarium de Bréhal - Telle est, croyons-nous l'origine de la confusion qui s'est perpétuée jusqu'ici.

8 Quicherat : Procès... t.V, p.429

9 M. Lanéry d'Arc: Mémoires el consultations. .. pp.
55-71.

10 Un élève distingué de l'Ecole française de Rome, M. Jean Guiraud, a bien voulu collationner pour nous le ms. ottobonion 2284. Nous ne saurions trop le remercier de son utile concours et de l'obligeance avec laquelIe il s'est empressé de déférer à noire désir.


 

Procès de réhabilitation

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- L'enquête de 1450
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Procès :
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maj : 21/03/2006
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