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04 août 2020  

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par Henri Wallon

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IV - Relation de l'exécution (12 février 1456)


 révérendissime et révérend pères dans le Christ seigneur Jean, par la miséricorde divine archevêque et duc de Reims, et Guillaume, par la même miséricorde évêque de Paris, et à frère Jean Bréhal, professeur de théologie sacrée, de l'ordre des frères prêcheurs, l'un des inquisiteurs de la perversité hérétique au royaume de France, juges délégués ou commissaires avec révérend père dans le Christ seigneur
l'évêque de Coutances, votre collègue en cette affaire, avec cette clause « Que vous, ou deux ou l'un d'entre vous, etc. », à vous qui avez été désignés spécialement par le très saint père dans le Christ et seigneur, seigneur Calixte, troisième pape du nom par la providence divine, pour une cause de nullité, d'iniquité et d'injustice, à propos de procès et sentences menés et prononcées de manière nulle et sans droit contre une certaine Jeanne, communément appelée la Pucelle, par défunt de bonne mémoire Pierre Cauchon, alors évêque de Beauvais, et Jean Le Maistre, sous-inquisiteur de la perversité hérétique au diocèse de Beauvais, à la demande de maître Jean d'Estivet, promoteur, constitué par cet évêque et ce sous-inquisiteur et pour la justification de ladite Jeanne. Sachent vos très redoutables paternités, avec toute révérence et honneur, que moi, Gérard Toussaint, notaire public par autorité apostolique et impériale, le douzième jour du mois de février, l'an du Seigneur 1456 [n. st.], en vertu de vos lettres de citation à moi présentées de la part d'honorables hommes Pierre d'Arc, chevalier, de Jean d'Arc, et d'Isabelle, leur mère, désignés dans ces lettres, je suis allé en la cité de Beauvais et me suis présenté à révérend père dans le Christ, le seigneur évêque de Beauvais et à son promoteur des affaires criminelles à la cour de Beauvais ; suivant la teneur et la forme de vos lettres de citation, je les ai cités aux jour, lieu et heure fixés plus précisément dans votre mandat. Ce seigneur évêque et le promoteur m'ont répondu qu'ils n'étaient pas intéressés, comme ils l'avaient déjà déclaré, et qu'ils s'en remettaient au jugement et au bon choix de vous, seigneurs commissaires ; dirent en outre qu'à l'époque indiquée dans vos lettres de citation le seigneur Pierre Cauchon était évêque, et vous, révérendissime père seigneur archevêque de Reims, lui avez succédé ; ajoutèrent qu'au temps du procès fait contre Jeanne, ledit Cauchon était absent de la ville de Beauvais et dans une autre obédience. Ce non obstant, je leur ai présenté, à eux et à chacun d'eux, copie de la citation et des articles dont il est fait mention dans votre citation ; mais ils refusèrent de la recevoir ; étaient présents maîtres Jean de Frocourt, Guillaume de Grosmesnil, chanoines de Beauvais, témoins à ce spécialement appelés et requis. En outre, pour une exécution plus complète, j'ai apposé et placé aux portes de la principale église de Beauvais copie de vosdites lettres de citation, faites de la main de vénérables hommes maîtres Denis Lecomte et François Ferrebouc, notaires publics par autorité apostolique et greffiers devant vous de cette cause ; étaient présents vénérables hommes les seigneurs Jean Quignon, chanoine de Beauvais, Denis Leclerc, Jean Yngier et Jean Le Flament, chapelains de ladite église de Beauvais, témoins spécialement appelés et requis. Ensuite, poursuivant l'exécution dans la mesure du possible de vos lettres, je me suis rendu à l'église des frères prêcheurs de Beauvais, et là, parlant à frère Germain de Morlaines en personne, prieur de cette église, j'ai demandé s'il y avait quelque sous-inquisiteur. Il m'a répondu ne connaître aucun sous-inquisiteur dans son église ou couvent. Cependant ce sous-inquisiteur, s'il existait, et tout autre croyant être intéressé, j'ai cité ouvertement et publiquement en la personne dudit frère Germain, comme cela m'était mandé. Ce dernier m'a en outre répondu ne pas croire que quelqu'un était intéressé, et n'avoir jamais vu ni connu l'inquisiteur nommé dans vos lettres ; s'en remettant
à vos révérendes paternités. J'ai présenté ensuite et réellement offert la copie de la citation et des articles, qu'ils refusèrent d'accepter. En témoignage de ce, j'ai écrit et signé le présent procès-verbal de ma main.

L'an du Seigneur 1456 [n. st.], le douzième jour du mois de février.
Ainsi signé : G. TOUSSAINT. »

                                                         


« Reverendissimo ac reverendo in Christo patribus domino Johanni, miseratione divina archiepiscopo et duci Remensi, et Guillelmo, eadem miseratione Parisiensi
episcopo, etc. (1). Cum omni reverentia et honore noverint paternitates vestræ metuendissimæ, me, Girardum Toussaint, publicum apostolica et imperiali auctoritatibus notarium, die duodecima mensis februarii, anno Domini MCCCCLV., vigore vestrarum litterarum citatoriarum, mihi, pro parte honorabilium virorum Petri d'Arc, militis, Johannis d'Arc, ac Ysabellis, eorumdem matris, nominatorum in eisdem, præsentatarum ; accessisse ad civitatem Belvacensem atque ad personam reverendi in Christo patris, domini episcopi Belvacensis, necnon promotoris ejusdem negotiorum criminalium dictæ curiæ Belvacensis, eosdemque, secundum formam et tenorem dictarum vestrarum litterarum citatoriarum, citasse ad diem, locum et horam in dicto vestro mandato latius declaratos. Qui quidem dominus episcopus et promotor mihi responderunt quod non habebant interesse, prout allas declaraverant, et ulterius se referebant ad arbitrium et bonam discretionem vestrum (2), dominorum Commissariorum ; ulterius dicentes quod, declarato tempore in vestris litteris citatoriis, dominus Petrus Cauchon, erat episcopus, cui vos, reverendissime pater, domine Remensis archiepiscope, successistis ; et quod, tempore processus facti contra dictam Johannam, ipse Cauchon erat absens a villa Belvacensi, et in altera obedientia. His non obstantibus, eisdem et cuilibet eorum præsentavi et realiter obtuli copiam citationis et articulorum, de quibus in citatorio vestro mentionatur ; quam recipere noluerunt. Præsentibus ad hæc magistris Johanne de Frocourt, Guillelmo de Grosmesnil, canonicis Belvacensibus, testibus ad præmissa vocatis specialiter et rogatis. Et insuper, pro
ampliori exsecutione facienda, copiam dictarum vestrarum litterarum citatoriarum manibus venerabilium virorum magistrorum Dionysii Comitis et Francisci Ferrebouc, publicorum auctoritate apostolica notariorum, et hujusmodi causæ coram vobis scribarum, ad valvas majoris ecclesiæ Belvacensis affixam apposui et admisi ; præsentibus venerabilibus viris, dominis, Johanne Quignon, canonico Belvacensi, Dionysio Clerici, Johanne Yngier, et Johanne le Flament, cappellanis dictæ ecclesiæ Belvacensis, testibus
ad præmissa vocatis specialiter et rogatis. De indetenorem vestrarum litterarum pro posse exsecutioni demandavi, et accessi ad ecclesiam Fratrum Prædicatorum Belvacensium, ibidemque inquisivi si erat aliquis subinquisitor, loquendo personaliter fratri Germano (3) de Morlaines, priori ejusdem ecclesiæ. Qui mihi respondit quod nullum sciebat subinquisitorem in sua ecclesia aut conventu. Ipsum tamen subinquisitorem, si quis esset, et omnes alios interesse credentes, citavi, prout mihi mandabatur, ad personam dicti fratris Germani, palam et publice. Qui ulterius mihi respondit quod non credebat quod erat aliquis cujus interesset, et quod nunquam viderat neque cognoverat illum inquisitorem in vestris litteris nominatum ; se referendo reverendis paternitatibus vestris. Deinde præsentavi et realiter obtuli copiam citationis et articulorum, quam recipere noluerunt. In cujus rei testimonium, præsentem meam relationem manu mea scripsi et signavi.

Anno Domini MCCCCLV., die duodecima mensis februarii. »
Sic signatum « G. TOUSSAINT. »


Source : Texte original latin : "Procès de Jeanne d'Arc" - T.II - Jules Quicherat (1844), p.277 et suiv.
Traduction : Pierre Duparc, t.III, p.155 et suiv.

Notes :
1 La formule de la citation précédente répétée au datif.

2 Les manuscrits, vestrorum.

3 Appelé Geremarus ci-dessus , p. 133.

 

Procès de réhabilitation

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Jeanne d'Arc, histoire et dictionnaire