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23 octobre 2019  

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par Henri Wallon

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Procès de condamnation
Les évêques de Normandie

  L'archevêché de Rouen étant vacant en 1431, les Anglais ne pouvaient  consulter sur le procès, que le chapitre et les six évêques suffragants de la province de Normandie. Parmi ces derniers, deux seulement envoyèrent à Cauchon une consultation  motivée et contribuèrent ainsi à la condamnation de la Pucelle, sans d'ailleurs siéger au procès. Ce furent l'évêque de Lisieux et l'évêque de Coutances.


L'évêque de Lisieux, Zanon de CASTIGLIONE,

  L'évêque de Lisieux, Zanon de castiglione, qui devait bientôt devenir évêque de Bayeux (1431-1459), était milanais d'origine et avait succédé, en 1424, sur le siège de Lisieux, à son oncle Branda de Castiglione (1), qui y avait été nommé par le pape Martin V. En 1430, il avait obtenu l'expectative de l'évêché de Bayeux, auquel iul fut transféré en 1432.
  Dans sa délibération au procès, il fait savoir à l'évêque de Beauvais qu'il a reçu avec autant de pureté d'intention que de respect sa lettre missive qu'accompagnaient "certaines assertions passées au cours du procès d'une femme que le vulgaire appelle la Pucelle". Il constate que c'est une chose difficile que d'asseoir un jugement certain en cette matière  d'appartitions et de révélations. Il ne faut, dit-il, ajouter foi à toute personne qui vient affirmer qu'elle est envoyée de Dieu, que si elle a pour elle l'éclat de quelques signes ou miracles ou quelque témoignage spécial de l'écriture, ce qu'il n'existe nullement dans la cause. C'est  pourquoi, "prenant en considération la condition vile de cette personne (!)" ses affirmations orgueilleuse et présomptueuses, le noble évêque dit qu'il est à présumer que ces visions et révélations ne viennent pas de Dieu, que plusieurs articles contiennent des nouveautés scandaleuses, fausses,  irrévérentieuses, etc...et que si, charitablement avertie, solennellement requise et sommée de soumettre l'interprétation de ses assertions au pape, au Concile général et autres prélats ayant pouvoir, Jeanne refuse de se  soumettre, elle doit être considérée comme schismatique et véhémentement suspecte à la foi. Cet avis est daté de Bayeux (14 mai 1431).

  Zanon recueillit le fruit de son dévouement au parti anglais. En 1435, Henri VI le délégua au concile de Bâle. En 1443, il fut nommé membre du Conseil du Roi d'Angleterre. En cette même année on lui alloua 200 livres pour son déplacement vers les villes de Dieppe et de Granville. Nouveaux gages en 1446, de 220 livres qui lui restaient dues pour un voyage fait en compagnie du Duc d'York et des membres du Grand Conseil, de Rouen à  Caen et en Basse-Normandie. En 1445, il avait négocié, auprès de Charles VII le mariage d'Edouard d'York avec Jeanne, fille du Roi de France. En 1448, il visita les places et forteresses du baillage du Cotentin et d'Alençon etc...
  Lorsque Zanon de castiglione sentit que la cause des Anglais était perdue, il se rallia à Charles VII et lui prêta serment de fidélité le 25 mai 1450.
  Il mourut en 1459.


L'évêque de Coutances, Philibert de MONTJEU,

   L'évêque de Coutances, Philibert de Montjeu, noble bourguignon, originaire de Lyon, avait été nommé chanoine d'Amiens, puis évêque de Coutances par protection des Ducs de Bourgogne et de Bedford en 1424. 
  Il quitta son diocèse à la fin de l'année 1431, pour se rendre au concile de Bâle où il joua un rôle très important et ne revint plus en France. Il mourut à Prague en 1439.
  Inféodé aux Anglais, il avait été stipendié, dès 1428, pour être allé par le Cotentin à Paris vers le régent "pour le bien et le profit du pays, à l'expulsion des brigans et ennemis dudit seigneur étant en ycellui". Son avis sur le cas de la Pucelle est concç dans les termes les plus durs.
Il estime que "cette femme a un esprit subtil, porté au mal, agité d'un instinct diabolique... Ses assertions sont contraires à la foi catholique, hérétiques, suspectes d'hérésie, ou vaines, supersitieuses, scandaleuses, dangereuses plus qu'on en peut le dire... Alors même que cette femme viendrait à révoquer ses assertions, elle n'en devra pas moins demeurer sous bonne garde jusqu'à ce qu'il ait apparu suffisamment de sa correction...
  Si, au contraire, elle refuse de rien révoquer, il y aura lieu d'agir avec elle comme on le doit envers des pécheurs endurcis."
  Cet avis est daté de Coutances (5 mai 1431).
  Les quatre autres évêques suffragants ne furent pas consultés officiellement, pour des motifs que nous allons exposer brièvement.


L'évêque de Bayeux, Nicolas HABART,

  Il était
tout dévoué aux Anglais et se serait évidemment prononcé contre Jeanne s'il avait pu être consulté ; mais il se trouvait éloigné au moment du
procès. Henri VI l'avait envoyé, le 16 novembre 1430, pour traiter en son nom avec les envoyés d'Alphonse d'Aragon et la reine de Navarre.
  Le procès de condamnation ne contient aucune délibération de ce prélat et son nom n'est mentionné dans aucun Procès-verbal.


L'évêque d'Evreux, Martial FOURNIER,

  Il occupait ce siège depuis 1427. Entièrement attaché aux Anglais, il cumulait sa dignité avec celle de chancelier du Duc de Bedford. Cette fonction empêcha probablement Cauchon de s'adresser à lui, dans la crainte qu'il ne parût trop suspect de partialité.
  Il fut d'ailleurs retenu à Paris pendant l'année du procès. Plus tard il se rendit à Bâle, comme Philibert de Montjeu et comme Hugues d'Orge.
  Il y mourut en 1439.


L'évêque de Séez, Robert de ROUVRES,

  Il avait été nommé à ce siège en 1422.
  C'était un adversaire déclaré des Anglais et un serviteur fidèle de la cause nationale. Son diocèse étant occupé en entier par les ennemis, il s'était réfugié  auprès de Charles VII et siégeait dans ses conseils. Il avait assisté au sacre de Reims. Cauchon se garda bien de consulter un prélat aussi dévoué à son roi  légitime.

L'évêque d'Avranches, Jean de SAINT-AVIT,

  Il occupait ce siège depuis 1391.
C'était le seul évêque de la province qui fût entré en fonction avant la domination anglaise. Il résidait habituellement à Rouen, où les Anglais le surveillaient comme suspect. Il avait assisté à l'entrée de Jean de  La Rochetaillée (1423) et à la réception de l'habit de chanoine par le Duc de Bedford (1430). C'est lui qui fit les ordinations pendant la vacance du siège (de 1429 à 1432). Il dut être consulté sur le cas de la Pucelle ; mais l'opinion qu'il exprima loyalement le fit tenir à l'écart malgré l'importance  que sa situation de doyen des évêques de la province aurait donné à la décision des juges. Isambard de La Pierre a déclaré en effet, qu'il fut par devers "le seigneur Jean, évêque d'Avranches, fort ancien et bon clerc, lequel, comme les autres, avait été requis et prié de donner son avis sur le procès" et qu'il excipa de l'opinion de saint Thomas que "ès choses douteuses qui touchent la foy, l'on doit recourir au Pape ou au Concile général". Il aurait aussi manifesté son mécontentement de la "délibération qu'on avoit faicte par deçà cela" (2)
  Cauchon fut loin de gouter cet avis, et on s'explique facilement que le vieil évêque d'Avranches ait été tenu en dehors du procès. On lui fera chèrement expier sa patriotique indépendance.

                                                 


Source : Albert Sarrazin - "Jeanne d'Arc et la Normandie au XV° siècle" - 1896.

Notes :
1
Branda de castiglione avait été chanoine de Rouen, devenu ensuite Cardinal de Plaisance, il fonda le collège de St Augustin à Pavie et mourut en 1444.

2 Quicherat, procès t.II, p.5.


Procès de condamnation

Présentation :

- L'organisation du tribunal
- Les sources existantes
- Plan chateau de Rouen
- La prison de Jeanne

Procès :
- Procès


Complément :
- Etude de l'abjuration
- Lettres de garantie




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