Accueil                                                         Admin
07 décembre 2019  

 Son histoire

par Henri Wallon

 Les sources

Procès condamnation

Procès en nullité...

Chroniques & textes

Lettres de J. d'Arc

 Compléments

Bibliographie

Librairie numérique

Dossiers

 Recherches

Mises à jour du site

Recherches

 

 ACCÈS CARTES

     Carte de France (1429)

     Carte Nord France (1429)

     Carte environs Domrémy

     Carte environs Orléans

     Carte siège d'Orléans

     Vues Orléans et pont

 

 Interactivité

Contact

Liens johanniques

Sauvez la Basilique

Procès de condamnation
Les religieux rouennais


Le couvent des Augustins à Rouen :

  Les Augustins ou Grands-Augustins étaient établis à Rouen, rue Malpalu et rue des Grands-Augustins au XIV° siècle.
   Il reste de ce monastère le logis construit au XVIII° siècle. On y remarque encore les arcades du cloître. La chapelle qui subsiste presqu'en entier, appartient au XIV° siècle.
Derrière un porche du XVII° siècle, on y voyait encore apparaître à la fin du XIX° siècle une belle fenêtre à réseau rayonnant et une petite fenêtre abritée par un arc saillant porté sur consoles, le tout encadré par deux tourelles circulaires à toît conique de pierre.
  C'est dans cette chapelle que fut inhumé, en 1463, Jean Le Fèvre, évêque de Démétriade, après avoir assisté au triomphe de Charles VII et à l'expulsion définitive des Anglais.


Jean LE FEVRE,

  Ce religieux, qui était bachelier en théologie, prit une part assez active au procès de Jeanne d'Arc, où Il figura aux séances importantes. Le 12 avril, il participa à la délibération collective sur les douze articles. Il assista à la séance du 2 mai et à celle du 19 mai, où il déclara s'en tenir à la  délibération du 12 avril et à celle de la Faculté de théologie de l'Université de Paris, ajoutant toutefois que "ladite Jeanne doit être encore une fois avertie charitablement, et qu'il faut lui assigner jour pour cette dernière monition." (1). Enfin, il fut présent à la scène de l'abjuration au cimetière de St-Ouen et à la séance du 29 mai où Jeanne fut déclarée relapse et condamnée à mort.
  Après le supplice de la Pucelle, on retrouve Jean Le Fèvre à Rouen, où il paraissait jouir d'une grande réputation comme prédicateur. On le voit prêcher fréquemment (1438, 1439, 1440), notamment à St-Ouen, "pour ce que les ennemis (les Français) s'estoient fuis de devant Pontoise". Ce passage caractérise suffisamment son patriotisme.
  Favori des Anglais, dont il soutenait si fidèlement la cause, il fut grand pénitencier de l'église de Rouen, sous l'archevêque Louis de Luxembourg, négociateur de la vente de la Pucelle. Il fut même nommé évêque de Démétriade in partibus (2), et remplaça souvent les archevêques de Rouen, en qualité de  suffragant. C'est ainsi qu'il fit en leur nom les ordinations de 1452 à 1461, sauf en l'année 1457.
  En 1444, il assista à la réception qui fut faite, à la cathédrale, de Raoul Roussel, autre favori de Cauchon et de Bedford, nommé archevêque de Rouen, et dont il devint le confesseur.
  Il mourut en 1463, sous l'épiscopat du cardinal d'Estouteville, qui contribua à la solennité de son service par l'offre de seize livres de cire.   Nous le verrons aussi, non sans surprise, figurer au procès de réhabilitation.


Le couvent des Carmes à Rouen :

  Le quartier des Carmes à Rouen avait groupé, pour ainsi dire, les personnages les plus hostiles à la Pucelle. En face de la rue de la Chaîne, aujourd'hui Place des Carmes, se trouvait la maison canoniale de Nicolas Loiseleur, fréquentée par Pierre Cauchon et le chanoine Nicolas Midi.
  Tout près s'élevaient deux hôtels somptueux occupés par Jean de Rinel, neveu de  Cauchon et decrétaire de Henri VI ; et un peu plus loin, la demeure de Jean Rubé, qui abrita l'évêque de Beauvais et réunit ses confidents lors des préliminaires du procès !
  A la révolution, l'église des Carmes et le couvent ont complètement disparu et forment aujourd'hui la place des Carmes.

                          


Pierre HODENC, prieur,

  Nous avons mentionné précédemment les donations importantes que Bedford avait faites au couvent des Carmes, dont il avait été proclamé le second fondateur.
  Il n'est donc pas surprenant de trouver le prieur de ce couvent, Pierre de Hodenc, parmi les assesseurs les plus hostiles à la Pucelle, assistant à la plupart des séances et prenant part à toutes les délibérations importantes, comme aussi à la séance de l'abjuration et au supplice sur la place du Vieux Marché.
  Le 14 août 1431, il avait approuvé, au nom de sa communauté, l'acte par lequel les chanoines déchargeaient les religieux carmes des dettes qu'ils avaient contractées envers eux, moyennant la donation qui leur était faite des dîmes de Sierville, achetées à cette fin par le Duc de Bedford (3). Cette donation et la faveur du régent avaient fait du prieur un servile instrument de la vengeance exercée par les Anglais contre La Pucelle.
  Pierre de Hodenc devait avoir quelque talent de parole car il prêcha au compte de l'archevêque de Rouen de 1430 à 1439.

  On trouve encore associé au procès un autre religieux de ce couvent, Guillaume LE BOUCHIER, docteur en théologie, qui résidait en la maison de Rouen dès l'année 1422. Il se montra aussi hostile que le prieur et fut l'un de ceux qui déclarèrent Jeanne relapse.

  Figurait aussi la présence d'un illustre carme anglais, Thomas de Valden, confesseur et prédicateur d'Henri VI, qui y mourut le 3 des nones de 1430.


Les Dominicains ou Jacobins de Rouen :


  Le couvent des Jacobins, qu'on voyait encore avant la révolution où s'élève aujourd'hui l'hôtel de la préfecture, était représenté au procès de Jeanne par son prieur, Jean Lemaître, qui avait été appelé officiellement à siéger à raison de son titre de vice-inquisiteur.
  Plusieurs autres religieux jacobins donnèrent leur avis dans le procès. Ce furent Isambard de La Pierre, Thomas Amouret et Jean Le Sauvage (4). Ce dernier assista à la sentence d'abjuration. Son avis sur Jeanne d'Arc fut relativement modéré. Il avait adhéré à la délibération collective des vingt deux théologiens, qui constituait une véritable déclaration de culpabilité ; mais il parut regretter ultérieurement cette manifestation et rédigea une longue consultation où il osa conclure que "pour donner à la sentence définitive plus de certitude et de poids, et la mettre à l'abri de toute critique, il lui semblait pour l'honneur de la majesté royale et la paix de beaucoup de consciences, il serait bon que les douze articles fussent adressés avant tout au saint-Siège."
  On se garda bien de tenir compte de cet avis. Plus tard, ce religieux rappelait comme à regret cette inique procédure. Il déclarait, en parlant de Jeanne, "qu'il  n'avait jamais vu d'accusé donner tant de peine aux juges, et qu'il était resté émerveillé de ses réponses et de sa mémoire". (5)
  Il devait avoir quelque talent comme orateur car il prêcha à la Cathédrale dans les années 1427, 1438, 1439, 1440, 1447.

  Isambard de LA PIERRE et Martin LADVENU, également dominicains, méritent une  mention spéciale à cause de l'assistance à cause de l'assistance qu'ils ont prêtée à Jeanne dans la journée du 30 mai et jusque sur le bûcher du Vieux-Marché.
  Ladvenu était fort jeune alors et n'avait guère que vingt-cinq ans. Tous deux avaient été entraînés par la masse des théologiens et des hauts dignitaires du clergé normand. C'est avec regret qu'on constate leur présence à la séance générale du 19 mai,  où ils adhérent aux délibérations de l'université, et surtout à la réunion suprême du 29 mai où Jeanne fut déclarée relapse et par conséquent condamnée à mort.
  Tout en retenant cette lourde responsabilité à leur charge, il serait injuste d'oublier le rôle tout de charité et d'humanité qu'ils remplirent le lendemain envers celle qu'ils avaient condamnée.
  Ils allèrent la visiter dans sa prison où ils la trouvèrent le visage défiguré et outragé par la violence des Anglais. Après lui avoir donné la communion, loin de l'abandonner, ils l'accompagnèrent jusqu'au lieu du supplice.   Pendant que Ladvenu  montait avec elle sur le bûcher, au risque d'être gagné par les flammes, Isambard de La Pierre et Massieu allèrent chercher la croix de l'église Saint Sauveur qu'ils tinrent élevée devant ses yeux jusqu'à sa mort. Ils avaient eu ses derniers secrets et crurent à sa sainteté et à son martyre.
  Ces marques de sympathie de la dernière heure rattachent d'une manière intéressante ces deux moines rouennais au souvenir de l'immortelle suppliciée.

Frère Jean VALLÉE, autre dominicain, a siégé à la seule séance du 27 mars.


Les Cordeliers de Rouen :

  Jacques GUESDON, frère mineur, docteur en théologie, représentait au procès le couvent des Cordeliers, fondé à Rouen en 1246 par Eudes Rigaud et saint Louis.
  On est surpris que cette communauté nombreuse et abondamment pourvue de théologiens n'ait fourni qu'un assesseur. les contestations que ces religieux eurent avec  l'archevêque Roussel permettent de croire qu'ils étaient peut-être aussi suspects en politique qu'en droit canonique (3). Dans tous les cas le choix de Cauchon fut heureux, car Jacques Guesdon assita à presque toutes les séances et fut l'un des plus empressés à  condamner la Pucelle.
  Dans son adhésion à la délibération du 12 avril, "vénérable père maître Jacques Guesdon, maître en théologie du couvent des Frères mineurs de Rouen", se joignit entièrement à l'avis des seigneurs et maîtres en théologie réunis dans la chapelle du manoir archiépiscopal, et "parce qu'il est appelé au dehors pour ses affaires, il nous a demandé, dit l'évêque de Beauvais, la permission de quitter Rouen, toujours prêt, lorsqu'il sera de retour, à se rendre toutes fois et quantes, et à nous obéir ainsi qu'il en est tenu".
  On trouve aussi ce religieux aux deux séances solennelles des 19 et 29 mai, qui décidèrent su sort de l'accusée.
  Le couvent des Cordeliers était fort important. On voyait encore au milieu du XIX° siècle, les restes de l'ancienne église, magnifique vaisseau du XIII° siècle, dont les fenêtres étaient parfaitement conservées sur les côtés. On apercevait aussi le chevet éclairé par une haute et belle fenêtre de la même époque.


                                                 


Sources : Albert Sarrazin - "Jeanne d'Arc et la Normandie au XV° siècle" - 1896
Illustration : "La grande histoire illustrée de Jeanne d'Arc" H.Debout - 1922

Notes :
1 O'Reilly - t.2 p.362

2 C'est à dire ayant reçu sans juridiction réelle, le siège épiscopal supprimé du fait de la disaprition du christianisme en pays infidèle ou schismatique.

3 Ch.de Beaurepaire - "Fondations pieuses du Duc de Bedford à Rouen"

4 Il est dénommé au procès Raoul Le Sauvage.

5 Déposition de Marcel au procès de Réhabilitation.

6 De Beaurepaire (Notes sur les juges...)




Procès de condamnation

Présentation :

- L'organisation du tribunal
- Les sources existantes
- Plan chateau de Rouen
- La prison de Jeanne

Procès :
- Procès


Complément :
- Etude de l'abjuration
- Lettres de garantie




Légal         Contacts
 
© 2006-2014 - SteJeannedArc.net
1412-2012
Jeanne d'Arc, histoire et dictionnaire