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07 décembre 2019  

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par Henri Wallon

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Déposition de Jean Luillier

  
  L'année susdite, le 16 mars, en présence de vénérables personnes, maîtres Guillaume Bouillé, doyen de Noyon et Jean Martin, vicaire de l'Inquisiteur, les deux derniers de l'ordre des Frères prêcheurs, et professeurs de sacrée théologie, et aussi de Jean Cadier, bachelier ès lois, a comparu Jean Luillier, l'aîné, bourgeois d'Orléans, âgé de cinquante-six ans environ.

  Interrogé sur l'arrivée de Jeanne à Orléans, il a répondu : Son arrivée était ardemment désirée par tous les habitants de la ville; car le bruit public était qu'elle s'était présentée au roi comme envoyée par Dieu pour faire lever le siège qui nous étreignait. Les assiégeants nous avaient tous réduits à une telle extrémité, que nous ne savions à qui avoir recours pour trouver remède. Dieu seul nous restait.
— Étiez-vous dans la ville quand Jeanne y entra ? — Oui, j'y étais. Tous, hommes et femmes, grands et petits la reçurent avec des transports de joie, tels que si elle avait été un Ange de Dieu; c'est que tous espéraient que, par son moyen, nous serions délivrés de nos ennemis, ainsi que nous le fûmes en réalité.
— Que fit-elle après son entrée dans la cité ? — Elle exhortait tout le monde à espérer dans le Seigneur, disant : que si on avait bonne espérance et bonne confiance en Dieu, l'on serait tiré des mains des ennemis. Elle voulut faire une sommation aux assiégeants, avant de permettre qu'on les attaquât pour les repousser. C'est ce qui fut fait. Elle leur fit cette sommation par une lettre contenant en substance qu'ils eussent à lever le siège, et à rentrer dans leur pays d'Angleterre; sans quoi, ils y seraient contraints de vive force et par les armes. Dès ce moment, les Anglais furent terrifiés; ils n'eurent plus la même force de résistance que précédemment, si bien qu'une poignée d'assiégés suffisait pour tenir tête à une foule d'assiégeants: ils pressaient quelquefois les Anglais au point que ceux-ci n'osaient pas sortir de leurs bastilles.
— Parlez-nous de la levée du siège ? — Au mois de mai, le 27 (le 7), en l'année 1429. — il m'en souvient bien. — l'attaque fut dirigée contre les ennemis qui étaient établis sur le boulevard du pont. Dans l'attaque Jeanne fut blessée d'une flèche. L'attaque dura depuis le matin jusqu'au soir, si bien que les Orléanais voulaient rentrer dans la ville. La Pucelle accourut, leur ordonnant de ne pas s'éloigner et de ne pas rentrer encore. L'ordre donné, elle prit son étendard en mains, et le posa sur le bord du fossé. A l'instant, pendant qu'elle était ainsi en leur présence, les Anglais frémirent et furent saisis de frayeur. Les troupes royales reprirent courage, et commencèrent à donner l'assaut en grimpant sur le boulevard; ils ne trouvèrent aucune résistance; dès lors, le boulevard fut conquis ; les Anglais qui s'y trouvaient prirent la fuite et tous périrent. Glacidas et les autres principaux capitaines anglais, croyant se retirer dans la tour du pont, tombèrent dans le fleuve et s'y noyèrent. La bastille prise, les gens du roi rentrèrent dans Orléans.
— Pourriez-vous nous dire ce qui advint ensuite ? — Le jour suivant, le lendemain, de très bon matin, les Anglais sortirent de leurs retranchements, se rangèrent en ordre de bataille, et, à ce qu'il semblait, comme pour en venir aux mains. La Pucelle avertie se leva de son lit et s'arma; mais elle ne voulut pas qu'on les attaquât, ni qu'on leur fit aucune demande ; elle ordonna qu'on leur permit de se retirer; et de fait, ils se retirèrent sans être aucunement poursuivis. Dès ce moment, la ville fut délivrée.
— Le siège fut-il levé et la ville délivrée par le ministère ou le moyen de la Pucelle plus que par la puissance des hommes d'armes ? — Ma persuasion et celle de tous les habitants de la ville, c'est que si la Pucelle n'eut pas été envoyée par Dieu à notre secours, la ville et ses habitants allaient être prochainement contraints de subir la domination des ennemis. Ni les habitants, ni les hommes d'armes qui étaient dans ses murs, ne pouvaient tenir longtemps contre leur puissance, tant ils avaient de supériorité sur nous.

   

  Anno prædicto, die xvi. mensis martii, in præsentia venerabilium virorum, magistrorum Guillelmi Bouillé, decani Noviomensis, et Johannis Martini, vicarii inquisitoris, ordinis Fratrum Prædicatorum, sacræ theologiæ professorum, necnon Johannis Cadier, baccalarii in legibus : Johannes Luillier, burgensis Aurelianensis, senior (1), ætatis LVI annorum, vel circiter,
  Interrogatus de adventu ipsius Puellæ ad villam Aurelianensem : dicit quod multum desiderabatur ab omnibus incolis ipsius civitatis propter famam aut rumorem currentem, quia dicebatur quod dixerat regi se missam ex parte Dei pro levando obsidionem ante dictam villam positam ; ipsi autem cives et omnes habitantes erant in tanta necessitate positi per adversarios tenentes dictam obsidionem, quod nesciebant ad quem recurrere pro remedio, nisi solum ad Deum.
  Item interrogatus si erat in civitate, quando ipsa applicuit ibi : dicit quod sic ; et quod recepta fuit cum tanto gaudio et applausu ab omnibus utriusque sexus, parvis et magnis, ac si fuisset Angelus Dei, propterea quod sperabant per medium ipsius eripi ab hujusmodi inimicis, sicut et postea factum est.
  Item interrogatus quid ipsa fecit in illa civitate post ingressum suum : dicit quod exhortabatur omnes ut sperarent in Domino ; et, si haberent bonam spem et fiduciam in Deo, quod eriperentur ab adversariis. Dicit insuper quod ipsa voluit summare Anglicos obsidentes civitatem, antequam permitteret dare insultum ipsis adversariis ad repellendum eos ; et ita factum est, quia ipsa summavit eosdem Anglicos per unam litteram continentem in substantia, quod ipsi Anglici recedere vellent de obsidione et irent ad regnum Angliæ ; alias cogerentur recedere per vim seu violentias. Dicit ulterius quod ab illa hora Anglici fuerunt territi, nec habuerunt tantam potestatem resistendi sicut prius ; imo pauci de dicta villa sæpe pugnabant contra magnam multitudinem Anglicorum, et taliter cogebant aliquotiens ipsos Anglicos exsistentes in obsidione quod non audebant exire de suis bastilliis.
  Item, interrogatus de levatione obsidionis : dicit quod in mense maii, die xxvii, anni Domini mccccxxix, bene recordatur quod fuit insultus datus contra adversarios exsistentes infra bolevardum Pontis ; in quo insultu dicebatur quod fuerat vulnerata de una sagitta ; et duravit ipse insultus ab hora matutinali usque ad vesperam, et in tantum quod illi de civitate volebant se retrahere ad civitatem ; et tunc ipsa Puella venit, præcipiendo ne recederent nec se retraherent adhuc ad civitatem. Quo dicto, ipsa cepit vexillum suum in manibus ejus, et posuit supra bordum fossati, et instanti, ipsa ibi exsistente, Anglici fremuerunt et pavidi effecti sunt ; armati autem regis resumpserunt animum, et coeperunt ascendere dando insultum contra boulevardum, nec reperierunt quamcumque resistentiam ; et ex tunc dictum boulevardum fuit captum, et Anglici exsistentes in illo conversi sunt in fugam, omnes autem mortui. Dicit præterea quod Classidas et alii principales capitanei Anglicorum dictæ bastilliæ, credentes se retrahere in turri pontis Aurelianensis, ceciderunt in fluvium et submersi sunt, et, capta tunc bastillia, omnes de parte regis regressi sunt in civitatem Aurelianensem.
  Interrogatus ulterius quid factum est postea : dicit quod alio die, videlicet in crastino, summo mane, exierunt de suis tentoriis et ordinaverunt se in exercitu pro pugnando, ut apparebat. Quo scito et audito, dicta Puella surrexit de lecto, et armavit se ; sed non voluit quod aliquis lunc invaderet dictos Anglicos, nec aliquod peteretur ab eis ; imo præcepit quod permitterentur abire ; sicut et de facto abierunt, nemine eos tunc persequente ; et ex illa hora dicta villa fuit ab hostibus liberata.
  Item, interrogatus si illa obsidio fuit levata et civitas erepta ab inimicis per ministerium seu per medium
ipsius Puellæ magis quam per potentiam armatorum : respondet quod ipse et similiter omnes de civitate credunt quod, si dicta Puella non venisset ex parte Dei, ad adjutorium eorum, ipsi de propinquo fuissent omnes habitantes et civitas sub ditione et potestate adversariorum obsidentium redacti ; nec credit ipsos habitantes, neque armatos in ipsa exsistentes, potuisse diu resistere contra ipsam potestatem adversariorum qui tantum tunc contra eos prævalebant.


Sources :
- traduction : "La vraie Jeanne d'Arc, tome IV : la vierge-guerrière" R.P Ayroles (1898) p.164.
- Texte latin :
Quicherat, Procès t.III p.23.

Notes :
1 C'est-à-dire l'aîné. Un Jean Luillier était mercier à Orléans en 1421.
 

Procès de réhabilitation
Témoins d'Orléans

Les dépositions :

Comte de Dunois
Seigneur de Gaucourt
François Garivel
Guillaume de Ricarville
Réginald Thierry
Jean Luillier
Jean Hilaire
Gilles de Saint-Mesmin
Jacques L'Esbahy
Guillaume Le Charron
Come de Commy
Martin de Mauboudet
Jean Volant
Guillaume Postiau
Denis Roger
Jacques de Thou
Jean Carrelier
Aignan de Saint-Mesmin
Jean de Champeaux
Pierre Jougant
Pierre Hue
Jean Aubert
Guillaume Rouillart
Gentien Cabu
Pierre Vaillant
Jean Coulon
Jean Beauharnays
Me Robert de Sarciaulx
Me Pierre Compaing
MM. Pierre de La Censure...
M. André Bordes
Jeanne, f. de St-Mesmin
Jeanne, f. de Boyleaue
Guillemette, f. de Coulons
Jeanne, vve de Mouchy
Charlotte, f. de Havet
Renaude, vve de Huré
Pétronille Beauharnays et  Macée, Fagoue


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