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26 juin 2017  

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Déposition de Gobert Thibault

  Honnête et sage personne Gobert Thibaut, écuyer de l'écurie du roi de France, et élu sur le fait des subsides dans la ville de Blois, âgé d'environ cinquante ans, à ce qu'il dit, témoin produit devant lesdits seigneurs juges, reçu, juré et interrogé le cinquième jour d'avril,

  Et d'abord questionné sur ce qu'il sait pour déposer ou témoigner à propos du contenu des Ier, IIe, IIIe et IVe articles, il dit et déclare sous serment qu'il était dans la ville de Chinon, lorsque Jeanne arriva auprès du roi, qui était lui aussi dans la ville de Chinon ; alors cependant il n'eut pas grande connaissance de cette Jeanne. Mais ensuite il en eut plus grande connaissance, car, lorsque le roi voulut aller à Poitiers, Jeanne y fut conduite et hébergée dans la maison de maître Jean Rabateau. Le témoin sait aussi que Jeanne, dans la ville de Poitiers, fut interrogée et examinée par feu maître Pierre de Versailles, professeur de théologie sacrée, alors abbé de Talmont, lors de son décès évêque de Meaux, et par maître Jean Érault, aussi professeur de théologie sacrée ; le témoin alla avec eux, sur l'ordre de feu l'évêque de Castres. Elle était, comme il l'a dit plus haut, hébergée dans la maison dudit Rabateau, où les susdits Versailles et Érault s'entretinrent avec Jeanne en présence du témoin ; et alors qu'ils parvenaient à cette maison, Jeanne vint au-devant d'eux, et frappa le témoin sur l'épaule, en lui disant qu'elle voudrait bien avoir beaucoup d'hommes de son caractère. Alors ce Versailles dit à Jeanne qu'ils étaient envoyés auprès d'elle par le roi ; elle répondit : « Je crois bien que vous êtes envoyés pour m'interroger, ajoutant : Je ne sais ni A ni B ». Ils lui demandèrent alors pourquoi elle venait. Elle répondit : « Je viens de la part du Roi des cieux, pour faire lever le siège d'Orléans, et pour conduire le roi à Reims, afin qu'il soit couronné et sacré ». Elle leur demanda s'ils avaient du papier et de l'encre, et dit à maître Jean Érault : « Écrivez ce que je vais vous dire : Vous, Suffort, Classidas et La Poule, je vous somme, de par le Roy des cieulx, que vous en allez en Angleterre ». Et cette fois lesdits Versailles et Érault ne firent chose autre dont il se souvienne ; et Jeanne demeura dans la ville de Poitiers aussi longtemps que le roi. Elle disait aussi que son conseil lui avait dit qu'elle devait au plus tôt aller voir le roi. Le témoin vit ceux qui l'amenèrent au roi, à savoir Jean de Metz, Jean Coulon et Bertrand Pollichon (1), qu'elle tenait en grande familiarité et amitié ; une fois, en sa présence, ceux-ci, qui avaient conduit Jeanne, déclarèrent à feu monseigneur de Castres, alors confesseur du roi, qu'ils étaient venus par la Bourgogne, en traversant des lieux occupés par les ennemis ; cependant ils avaient toujours passé sans le moindre empêchement ; ils s'en émerveillaient fort.
  Déclare en outre avoir entendu ledit défunt seigneur confesseur dire qu'il avait vu dans des écrits que devait venir une certaine Pucelle, au secours du roi de France. Le témoin n'a pas vu, et ne sait pas, si Jeanne fut interrogée autrement qu'il ne l'a dit dans sa déposition. Cependant il a entendu ce seigneur confesseur et les autres docteurs dire qu'ils croyaient Jeanne envoyée par Dieu, et qu'ils la croyaient celle dont parlait la prophétie ; aussi, étant donné son attitude, sa simplicité et son comportement, le roi pouvait avoir recours à elle, car en elle on ne pouvait trouver ou apercevoir que du bon, et on ne voyait en elle rien de contraire à la foi catholique.
  Déclare certes qu'il ne fut pas présent lors des événements dans la ville d'Orléans ; la renommée publique cependant proclamait que tout avait été fait grâce à elle, et comme miraculeusement. Le témoin ajoute que le jour où le sire de Talbot, fait prisonnier à Patay, fut conduit à Beaugency, il arriva en cette ville de Beaugency ; puis de Beaugency Jeanne alla avec les troupes à Jargeau, qui fut prise par assaut, et les Anglais furent mis en fuite ; de là Jeanne revint dans la ville de Tours où se trouvait le roi notre sire ; et de la ville de Tours ils firent route vers Reims, pour le sacre et le couronnement du roi. Jeanne disait au roi et aux hommes d'armes d'avancer avec audace et tout se passerait bien ; qu'ils n'aient pas peur, car ils ne rencontreraient personne pouvant leur nuire ; il n'y aurait nulle résistance. Elle disait aussi que sans aucun doute elle aurait suffisamment de gens et que beaucoup la suivraient.
  Dit en outre le témoin que Jeanne fit rassembler les gens d'armes entre les villes de Troyes et d'Auxerre, et on en trouva beaucoup, car chacun voulait la suivre ; le roi et ses gens vinrent sans empêchement jusqu'à Reims ; le roi ne rencontra aucune opposition, mais les portes des cités et des villes s'ouvraient devant lui.
  Dit aussi le témoin, sous serment, que cette Jeanne était une bonne chrétienne, aimant entendre la messe, même chaque jour, recevant souvent le sacrement de l'eucharistie ; elle était fort irritée quand elle entendait jurer, et c'était un bon signe, à ce que disait le seigneur confesseur du roi, qui enquêtait avec soin sur ses actions et sa vie.
  Déclare aussi qu'en campagne elle était toujours avec des hommes d'armes, et il a entendu dire par plusieurs familiers de Jeanne qu'ils n'avaient jamais eu de désir à son égard ; si parfois il leur venait une impulsion charnelle, jamais cependant ils n'osèrent diriger leur pensée vers elle, et ils croyaient qu'elle ne pouvait être l'objet de concupiscence ; et très
souvent, s'ils parlaient du péché de chair en termes pouvant entraîner à la concupiscence en la voyant approcher ils ne pouvaient plus parler de cela, mais aussitôt abandonnaient leur impulsion charnelle. Sur ce point le témoin en a interrogé plusieurs, qui couchèrent parfois la nuit dans la compagnie de Jeanne ; ils lui répondirent conformément à sa déposition, disant en outre que jamais ils n'eurent de désir charnel lorsqu'ils la regardaient.
  Ne sait rien d'autre sur le contenu des articles.

   


  Honestus vir et prudens Gobertus Thibault, scutifer scutiferiæ regis Franciæ et electus super facto subsidiorum in villa Blesensi, ætatis L annorum, vel circiter, ut dicit, testis coram præfatis dominis judicibus productus, receptus, juratus et examinatus, die v. mensis aprilis.

  Et primo, interrogatus quid ipse sciat deponere seu attestari de contentis in I., II., III. et IV. articulis : dicit et deponit, ejus medio juramento, quod ipse loquens erat in villa de Chinon quando ipsa Johanna applicuit versus regem, qui tunc erat in villa de Chinon ; sed de eadem Johanna illotunc non habuit magnam notitiam. Sed de eadem habuit postmodum notitiam ampliorem, quia, cum rex vellet ire ad villam Pictavensem, ipsa Johanna fuit ibJdem ducta, et fuit hospitata in domo magistri Johannis Rabateau. Et scit ipse loquens quod ipsa Johanna fuit in villa Pictavensi interrogata et examinata per defunctum magistrum Petrum de Versailles, sacræ theologiæ professorem, tunc abbatem de Talmont et tempore sui obitus episcopum Meldensem, et per magistrum Johannem Erault, sacræ etiam theologiæ professorem ; cum quibus ipse loquens, de mandato defuncti domini Castrensis episcopi, ivit. Et erat, ut prædixit, hospitata in domo dicti Rabateau, in qua domo ipsi de Versailles et Erault eidem Johannæ in loquentis præsentia locuti fuerunt ; et dum ad illam domum pervenerunt, ipsa Johanna venit eis obviam, et percussit loquentem super spatulam, eidem loquenti dicendo quod bene vellet habere plures homines voluntatis loquentis. Tunc ipse de Versailles eidem Johannæ dixit quod ipsi erant missi ex parte regis ad eam ; quæ respondit : « Bene credo quod vos estis missi ad « me interrogandum ; » dicendo : « Ego nescio nec A« nec B. » Et fuit tunc per eosdem interrogata ad quid veniebat. Respondit : « Ego venio ex parte Regis coelorum, ad levandum obsidionem Aurelianensem, et ad ducendum regem Remis, pro sua coronatione et consecratione. » Et tunc petiit eisdem si haberent papyrum et incaustum, dicendo magistro Johanni Erault : « Scribatis ea quae ego dicam vobis. Vous, Suffort, Classidas et La Poule, je vous somme, de par le Roy des cieulx, que vous en aliez en Angleterre. » Nec aliud fecerunt ipsi Versailles et Érault illa vice, de quo recordatur ; et stetit ipsa Johanna in villa Pictavensi totidem sicut fecit rex. Dicebat etiam ipsa Johanna quod consilium suum sibi dixerat quod citius debuisset ire versus regem. Etvidit loquens illos qui adduxerant eamdem Johannam versus regem, videlicet Johannem de Metz, Johannem Coulon et Bertrandum Pollichon, cum quibus habebat magnam familiaritatem et amicitiam ; et fuit semel præsens, quod ipsi qui eamdem adduxerunt loquebantur domino defuncto Castrensi, tunc regis confessori, quod ipsi trapsiverant per Burgundiam, et per loca occupata per inimicos ; semper tamen transiverant sine quocumque impedimento : unde multum mirabantur.
  Dicit ulterius quod audivit dici dicto defuncto domino confessori quod viderat in scriptis quod debebat venire quædam Puella, quæ debebat juvare regem Franciæ. Nec vidit ipse loquens, et nescit si aliter ipsa Johanna fuit examinata, quamut supra deposuit. Audivit tamen dici a dicto domino confessore et aliis doctoribus quod ipsi credebant ipsam Johannam esse missam a Deo, et quod credebant eam esse de qua prophetia loquebatur ; quodque, attentis ejus gestu, simplicitate et conversatione, rex se poterat de eadem juvare, cum in eadem nihil invenirent aut percipere poterant nisi bonum, nec in ipsa percipiebant quidquam fidei calholicæ contrarium.
  Dicit tamen quod non fuit præsens in his quæ fuerunt acta in villa Aurelianensi ; communis tamen fama erat quod omnia per ejus medium erant facta, et quasi miraculose. Et dicit ipse loquens quod, illa die qua dominus de Tallebot fuit adductus in villa de Baugency, qui fuerat captus à Patay, ipse loquens accessit ad dictam villam de Baugency, et de loco de Baugency ipsa Johanna ivit cum viris armatis ad villam de Jargueau, quæ fuit capta per insultum, et fuerunt Anglici fugati ; et dehinc regressa est ipsa Johanna in villa Turonensi, in qua erat dominus noster rex ; et de villa Turonensi inceperunt iter ad eundum Remis, pro consecratione et coronatione regis ; dicebatque ipsa Johanna regi et gentibus armatis quod irent audacter, et quod omnia prospere evenirent, quodque non timerent, quia neminem invenirent qui eis nocere posset, imo nullam resistentiam haberent ; dicendo ultra quod non dubitabat quin haberet satis gentes, et quod multi eam sequerentur.
  Dicit etiam quod ipsa Johanna fecit congregari gentes armorum inter villam Trecensem et villam Autissiodorensem, et fuerunt multi inventi, quia quilibet eam sequebantur ; et venerunt rex et gentes suæ sine impedimento usque Remis ; nullam enim passus est rex repulsam, sed portæ civitatum et villarum ultro aperiebantur sibi.
  Dicit etiam ipse testis, ejus medio juramento, quod ipsa Johanna erat bona christiana, libenter audiens missam et quotidie, sæpe recipiens sacramentum Eucharistiæ ; raultumque irascebatur quando audiebat jurare, et hoc erat bonum signum, ut dicebat dominus confessor regis, qui sollicite inquirebat de gestis et vita ejus.
  Dicit etiam quod in exercitu erat semper cum armatis, et audivit dici a pluribus eidem Johannæ familiaribus, quod de ipsa nunquam habuerant concupiscentiam, esto quod aliquando adesset voluntas libidinis ; nunquam tamen de ea præsumpserunt, et credebant quod non posset concupisci ; et multotiens, dum loquebantur de peccato carnis et de aliquibus verbis quæ trahere poterant ad libidinem, dum eam videbant et appropinquabant, non poterant de hoc loqui, imo repente amittebant motum carnis. Et de hoc interrogavit plures qui aliquando cubuerunt de nocte in societate dictæ Johannæ, qui sibi respondebant ut supra deposuit, dicentes ultra quod nunquam habuerant concupiscentiam carnalem, dum eamdem adspiciebant.
  Nec aliud scit de contentis in eisdem articulis.



Sources :
- Texte latin : Quicherat - Procès t.III p.73 et suiv.
- Traduction : source Pierre Duparc.

Notes :
1 Pollichon : surnom de Poulengy.
 

Procès de réhabilitation
Témoins de Paris

Les dépositions :

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