Accueil                                                         Admin
07 décembre 2019  

 Son histoire

par Henri Wallon

 Les sources

Procès condamnation

Procès en nullité...

Chroniques & textes

Lettres de J. d'Arc

 Compléments

Bibliographie

Librairie numérique

Dossiers

 Recherches

Mises à jour du site

Recherches

 

 ACCÈS CARTES

     Carte de France (1429)

     Carte Nord France (1429)

     Carte environs Domrémy

     Carte environs Orléans

     Carte siège d'Orléans

     Vues Orléans et pont

 

 Interactivité

Contact

Liens johanniques

Sauvez la Basilique

Jeanne d'Arc par Henri Wallon - 5° éd. 1879
Appendice 39 : Les trêves avec le Duc de Bourgogne

  Charles VII, qui avait vu venir des députés du duc de Bourgogne à Reims, et en avait, selon toute apparence, reçu déjà des promesses, lui envoya comme ambassadeurs à Arras son chancelier l'archevêque de Reims, les sires d'Harcourt, de Dampierre, de Gaucourt et deux autres. Le duc de Savoie, qui depuis si longtemps était le médiateur des trêves partielles conclues entre les pays de Bourgogne proprement dits et quelques provinces françaises du voisinage (Bourbonnais, etc.), leur prêtait encore son concours pour une complète réconciliation. Les articles, rédigés par ses envoyés et agréés du roi (1) furent présentés au duc. Le roi se déclarait prêt à faire des réparations pour le crime de Montereau, même plus qu'il ne convenait à la majesté royale, dit Monstrelet (II, 67). Il s'en excusait sur sa jeunesse, et promettait la mise en jugement des coupables; il consentait aux restitutions, aux indemnités, aux abolitions réclamées; il dispensait le duc de lui faire hommage : et cette dispense semblait moins stipulée à l'avantage du duc lui-même qu'au détriment du roi personnellement, car si le roi mourait avant le duc, le duc devait faire hommage à ses héritiers. Le duc soumit ces propositions à son conseil, et elles y trouvèrent faveur. Le plus grand nombre désirait la paix avec la France. « Et mesmement, dit Monstrelet, ceux de moyen et de bas estat y estoient si affectés, que dès lors ils s'empressoient autour du chancelier pour obtenir de lui des grâces, des lettres de rémission, comme si le roi fût pleinement en sa seigneurie. » (Ibid.)
  La réponse de Philippe le Bon à peine arrivée, le duc de Savoie dépêcha vers Charles VII, et bientôt les envoyés du duc de Bourgogne rejoignirent eux-mêmes à Compiègne, le 27 août, ceux du roi qui revenaient d'Arras. On convint d'une trêve de quatre mois (jusqu'à Noël), trêve à laquelle les Anglais étaient libres d'accéder. Il fut dit que dans cet intervalle on ouvrirait des conférences pour la paix générale ; la ville d'Auxerre en devait être le siége : le duc de Savoie serait invité à y venir et durant les conférences tiendrait la ville entre ses mains. On en fixait l'époque au 1er avril 1430. Tous ces points furent, dit-on, arrêtés et signés en conseil ce même jour par le roi, puis envoyés au duc de Bourgogne, acceptés de lui à Arras par lettres patentes du 12 octobre, et du roi par lettres du 4 novembre à Issoudun. (Dom Plancher, Hist. de Bourgogne, t. IV, p. 131-133, et Preuves, n° LXX, p. LXXVIIILXXX.) La trêve elle-même fut, sans plus attendre, publiée par Charles VII par lettres du 28 août Ces lettres viennent d'être éditées par M. J. Quicherat d'après un vidimus du 14 octobre, conservé aux archives de Douai. La trêve à laquelle les Anglais ont la faculté d'accéder s'étend, sauf quelques exceptions, aux pays situés au N. de la Seine : « C'est assavoir en tout ce qui est par deça la rivière de Saine, depuis Nogent-sur-Saine jusques à Harefleur, sauf et réservées les villes, places et forteresses faisans passage sur la dicte rivière de Saine ; réservé aussi à nostre dit cousin de Bourgoingne que, se bon luy semble, il porra, durant ladicte abstinence, employer luy et ses gens à le deffence de la ville de Paris et résister à ceulx qui vouldroient faire guerre ou porter dommage à icelle; à commencier la dicte abstinence, c'est assavoir depuis le jour d'uy, XXVIIIe jour de ce présent mois d'aoust au regart de nostre dit cousin de Bourgoingne, et au regard des dits Anglois du jour que d'iceulx aurons sur ce receu leurs lectres et consentement; et à durer jusques au jour du
Noël prochain venant. » (Nouveaux documents sur Charles VII et Jeanne d'Arc, publiés par M. Jules Quicherat, p. 4. Paris, 1866.) Je crains que M. Quicherat n'ait un peu exagéré les conclusions que 'on peut tirer de cette pièce. La trêve qui y est proclamée était connue par d'autres documents. Nous en avions déjà pris l'indication dans un de ceux que M. Quicherat lui-même a publiés dans son précieux recueil : Mémoire à consulter sur Guillaume de Flavy (Procès de Jeanne d'Arc, t. V, p. 174). « .... Auquel, par traité fait audit Compiègne, le 28 dudit mois d'aoust (1429) avoit esté accordé trêve jusques au jour de Noël, prorogée depuis de trois mois, pendant laquelle, la dicte ville de Compiègne seroit mise ès mains dudit duc ou de ceulx qui seroient pour ce par lui commis (2). » En fait, la trêve ne s'est pas étendue aux Anglais ; et pour ce qui touche Paris, il ne faut pas oublier les engagements précédents qu'elle confirme, et dont Jeanne nous a indiqué elle-même la clause essentielle dans sa lettre aux habitants de Tournai : c'est que le duc promettait au roi de lui livrer Paris. On s'explique la liberté qu'il laissa au duc de le défendre contre tout assaillant, s'il espérait le recevoir de ses mains. Charles VII, sur ce point, pouvait bien être dupe; mais il ne faut pas lui prêter l'odieuse pensée de conspirer avec ses ennemis contre la Pucelle. Tout ce qu'on peut légitimement conclure, c'est qu'au 28 août, en signant cette trêve, il n'avait nulle envie d'aller attaquer Paris, et que s'il y vint, c'est qu'il y fut entraîné, en quelque sorte malgré lui, par la Pucelle, comme nous l'avons induit d'autres passages.

                                                


Source : Jeanne d'Arc - Henri Wallon - 5° éd. 1879.

Notes :
1 On peut voir ces articles avec leur acceptation par le roi, portant la date du 16 août 1429, jour où ils furent présentés, dans les Preuves de l'Histoire de Bourgogne, de dom Plancher, t. IV, n° LXX, p. LXXVIII-LXXX.

2 Elle avait été vue et avait été mentionnée par Du Tillet : « Lettre dudit Roy Charles de l'abstinence de guerre jusques à Noël ensuyvante, faite avec ledit duc de Bourgogne tant pour luy que les Angloys ès païs et limites déclarés, le 28 août 1429. » Parlement, Registre des ordonnances Barbines, feuil. 13. (Du Tillet, Recueil des traités d'entre les roys de France et l'Angleterre, t. II, p. 363 (Éd. 1606).)





Jeanne d'Arc
Henri Wallon - 5°éd. 1879

Index

Avertissement
Préface

Introduction :

- La guerre de cent ans
- Charles VII et Henri VI
- Le siège d'Orléans

Livre IDomrémy et V...
I - L'enfance de J. d'Arc
II- Le départ

Livre II : Orléans
I - L'épreuve
II - Entrée à Orléans
III - La délivrance d'Orléans

Livre.III : Reims
I - La campagne de la Loire
II - Le sacre
III - La Pucelle

Livre.IV : Paris
I - La mission de J. d'Arc
II - La campagne de Paris
III - L'attaque de Paris

Livre.V :
Compiègne
I - Le séjour sur la Loire
II - Le siège de Compiègne

Livre.VI : Rouen - Les juges
I - Le marché
II - Le tribunal
III - Les procès-verbaux

Livre.VII : L'instruction
I - Les interrog. publics
II - Les interrog. de la prison
III - Les témoins

Livre.VIII : Le jugement
I - L'accusation
II - Les douze articles
III - Les consultations...
IV - La réponse de...

Livre.IX : L'abjuration
I - Le cimetière de St-Ouen
II - La relapse

Livre.X : Le supplice
I - La visite à la prison
II - La pl. du Vieux-marché

Livre.XI : La réhabilitation
I - La mémoire de Jeanne...
II - Le second procès...

Livre.XII : L'histoire

I - Les contemporains...
II - L'inspiration de J.d'Arc




Légal         Contacts
 
© 2006-2014 - SteJeannedArc.net
1412-2012
Jeanne d'Arc, histoire et dictionnaire