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24 juillet 2014  

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Livre VI - ROUEN - Les juges
II - Le tribunal - p. 21 à 33

es Anglais n'avaient acheté la Pucelle que pour la juger; c'est à ce titre qu'ils l'avaient fait réclamer par l'évêque de Beauvais : mais Beauvais appartenant à Charles VII, où allaient-ils dresser le tribunal ?

  L'Université de Paris réclamait pour Paris. L'Université, qui avait montré tant de crainte que la Pucelle n'échappât lorsqu'elle était encore aux Bourguignons, apprenant qu'elle est aux Anglais, se met aussitôt en campagne. Dès le 21 novembre, elle écrit au roi ; elle le complimente d'avoir entre ses mains cette ennemie de la foi, et le presse de la livrer enfin à la justice, c'est-à-dire à l'évêque de Beauvais et à l'inquisiteur; elle le prie de la faire conduire à Paris, pour donner au procès plus de sûreté et d'éclat : « Car par les maistres, docteurs et autres notables personnes estant par deçà en grant nombre, seroit la discussion d'icelle de plus grant réputation que en autre lieu. » Le même jour, elle écrivait à l'évêque de Beauvais une lettre acerbe, que l'évêque ne manque pas d'insérer parmi les pièces de procédure, comme pour rendre sa responsabilité moins lourde en la partageant. L'Université s'étonne de si longs retards ; elle s'en prend à la négligence de l'évêque : « Si Votre Paternité, dit-elle, avoit mis plus de zèle dans la poursuite de l'affaire, cette femme seroit déjà en justice. Il ne vous importe pas si peu, tandis que vous êtes revêtu d'une si grande dignité dans l'Église, d'ôter les scandales commis contre la religion chrétienne, surtout quand il se trouve que le soin d'en juger est de votre juridiction. » Elle le prie donc de ne pas laisser plus longtemps en souffrance l'autorité de l'Église, et de faire en sorte que le procès se poursuive à Paris, où il y a tant de sages et de docteurs (1).

  Mais les Anglais n'avaient guère envie de conduire la Pucelle à Paris : car, bien que la ville fût à eux, ils ne s'y sentaient pas assez les maîtres. Les Armagnacs poussaient encore leurs courses jusqu'au Bourget, jusqu'à la porte Saint-Antoine : le 6 novembre, le roi d'Angleterre donne à l'évêque de Thérouanne, Louis de Luxembourg, son chancelier pour la France, la faculté de différer la rentrée du Parlement en raison des dangers de la route ; et la ville même n'était pas sûre : on le voit par les plaintes perpétuelles du Bourgeois sur l'abandon où elle est laissée, sur la cherté des vivres. Les Anglais ne voulaient donc point de Paris. Un coup de main des Armagnacs, un mouvement populaire pouvait tout emporter. Peut-être même ne se souciaient-ils pas de faire le procès si près de l'Université elle-même : car ce corps, bien que très-passionné, et composé alors en grande majorité de Bourguignons, était indépendant. Ils entendaient bien s'en servir, mais non se livrer à sa discrétion ; et pour cela, rien de mieux que de placer leur tribunal à distance et d'y appeler, par des choix réfléchis, les plus sûrs des docteurs parisiens. Ils se décidèrent pour Rouen. La Pucelle fut menée en barque du Crotoy à Saint-Valery, de l'autre côté de la Somme, et de là conduite à cheval, sous bonne garde, par Eu et par Dieppe jusqu'à Rouen (fin de décembre 1430) (2).

  Là, quelques impatients se seraient même passés du secours des docteurs de Paris : ils voulaient la mettre dans un sac et la jeter à la Seine. On croyait, en effet, parmi les Anglais, qu'aucun succès n'était possible tant qu'elle vivrait : et des échecs répétés affermissaient cette superstition dans leurs esprits. En Picardie, après la levée du siége de Compiègne, toutes les villes du voisinage, Gournai-sur-Aronde, Pont-Saint-Maxence, etc..., avaient ouvert leurs portes aux Français ; et le duc de Bourgogne étant revenu de Brabant en toute hâte, son avant-garde avait été battue à Guerbigny (20 novembre) ; lui-même, provoqué à Roye par les vainqueurs, s'était vu réduit à l'humiliation de ne pas accepter la bataille. En Champagne, Barbazan poursuivait le cours de ses exploits, prenant les places et battant ceux qui, Anglais ou Bourguignons, tentaient de les secourir. En Normandie enfin, la Hire continuait d'insulter à Rouen, de Louviers qu'il occupait ; et les Anglais différaient à l'en aller déloger tant que Jeanne était encore en vie. Plusieurs donc, la tenant à Rouen, l'auraient volontiers jetée à l'eau sans plus de formes; mais l'expédient, qui semblait tout finir, laissait les Anglais sous le coup de leurs défaites. Pour les en relever, c'était peu que de tuer Jeanne ; il fallait la flétrir. Jeanne s'était dite envoyée de Dieu pour chasser les Anglais, et elle les avait vaincus partout où on l'avait voulu suivre. Dieu était-il donc contre les Anglais ? Il fallait montrer qu'elle n'était pas son envoyée. Une pauvre Bretonne, pour avoir osé dire « qu'elle était bonne, et que ce qu'elle faisait était bien fait et selon Dieu, » venait d'être brûlée à Paris même (3 septembre). Il fallait montrer à son propre dam, cette fois, que loin d'être divinement inspirée, elle n'était qu'une magicienne et un suppôt du diable. A ce prix-là seulement, l'autorité des Anglais devait se rétablir dans leurs conquêtes : brûler Jeanne comme sorcière, ce n'était pas seulement pour eux une affaire d'amour-propre, mais une question de domination (3).

       

  On la mit dès son arrivée, non dans les prisons de l'officialité, ni dans les prisons communes, mais au château, et on renferma dans une cage de fer (4) : un peu plus tard, on se contenta de la tenir à la chaîne; mais combien elle eut à regretter sa cage, dans la compagnie des soldats qu'on lui donnait pour gardiens, ou des seigneurs qui la venaient visiter! De ce nombre, on vit un jour venir à la prison, avec Warwick et Stafford, Jean de Luxembourg, devenu comte de Ligny, qui l'avait vendue. Il osa lui dire qu'il venait la racheter si elle voulait promettre de ne plus jamais s'armer contre l'Angleterre.
  « En nom Dieu, lui répondit-elle, vous vous moquez de moi, car je sais bien que vous n'en avez ni le vouloir ni le pouvoir ; » et elle le répéta plusieurs fois. Comme il insistait, elle ajouta :
  « Je sais bien que ces Anglais me feront mourir, croyant après ma mort gagner le royaume de France; mais quand ils seraient cent mille Godons plus qu'ils ne sont à présent, ils n'auront pas le royaume. »
  Le comte de Stafford indigné tirait sa dague pour la frapper, mais Warwick le retint. On a vu qu'il avait ses raisons (5).

   

  Les Anglais avaient le juge, l'évêque de Beauvais. Il lui fallait un tribunal, puisque son siége était à l'ennemi. On avait rejeté Paris, et choisi Rouen : le siége était vacant; il semblait qu'on n'y dût faire ombrage à personne. Mais le choix était peu goûté du chapitre, dans la crainte que le prélat, chassé de Beauvais, ne se fît un titre de cet exercice des fonctions épiscopales à Rouen pour parvenir au siége. Il fallut toute l'habileté anglaise pour négocier avec les chanoines et obtenir d'eux concession du droit territorial à l'évêque de Beauvais (6).

       

  L'évêque de Beauvais ainsi installé à Rouen, il fut moins difficile de lui composer son cortège judiciaire. Il prit pour procureur général ou promoteur, son vicaire général, qui partageait son exil et ses haines, Jean d'Estivet, dit Benedicite. Quant aux assesseurs, l'Université de Paris s'était trop avancée pour qu'on ne fût pas sûr d'en trouver parmi ses principaux docteurs : on appela donc et l'on vit arriver sur cet appel Jean Beaupère, recteur en 1412 et depuis chancelier en l'absence de Gerson; Pierre Maurice, recteur en 1428, Jacques de Touraine, Nicolas Midi, Gérard Feuillet, Thomas de Courcelles, déjà alors recteur émérite, quoique âgé de trente ans seulement, l'une des lumières de l'Église gallicane, dont il défendit avec éclat les priviléges au concile de Bâle. On en tira aussi du diocèse où le jugement allait s'accomplir: Gilles, abbé de Fécamp, conseiller du roi d'Angleterre; Nicolas, abbé de Jumiéges; Pierre Miget, prieur de Longueville ; Raoul Roussel, trésorier de la cathédrale ; Nicolas de Venderez, un des prétendants au siége de Rouen ; Nicolas Loyseleur, chanoine, ami de Cauchon, prêt à lui rendre tout service; ajoutez William Haiton, clerc anglais, secrétaire des commandements de Henri VI. Plusieurs paraissent avoir accepté ce mandat sans répugnance, soit par conviction, soit par ambition ; mais d'autres ne cédèrent qu'à la peur. Jean Tiphaine, maître ès arts et médecin, voulait se récuser : il fut contraint. Le vice-inquisiteur lui-même laissa commencer sans lui le procès dont il devait être un des juges. Il n'y accéda que sur l'ordre de l'inquisiteur général, et, dit-on, sur l'avis confidentiel qu'il était en péril de mort s'il s'obstinait à refuser. On en cite un qui sut se montrer indépendant : ce fut Nicolas de Houppeville. Il osa soutenir que le procès n'était pas légal, parce que l'évêque de Beauvais était du parti ennemi de la Pucelle, et parce qu'il se faisait juge d'un cas déjà jugé par son métropolitain : la Pucelle ayant été approuvée dans sa conduite par l'archevêque de Reims, auquel Beauvais ressortissait. L'évêque, furieux, l'exclut de l'assemblée, quand il vint prendre séance, et le fit assigner devant lui : mais l'intimé refusa de comparaître, comme ne relevant que de l'officialité de Rouen. Il allait se présenter à ses juges quand il fut arrêté, conduit au château et mis en prison, et on lui dit que c'était par l'ordre même de l'évêque dont il avait récusé la compétence. On ne voulait pas s'en tenir là: il était question de l'exiler outre-mer ; on parlait même de le jeter à l'eau, mais il fut sauvé par les autres (7).

  Cet exemple était moins propre à encourager qu'à effrayer les opposants. On voit d'ailleurs qu'il n'y en avait guère et qu'on pouvait s'arranger de manière à ce qu'il n'y en eût pas; mais le mandat une fois accepté, il n'eût pas été facile d'en user contrairement à la volonté de celui de qui on l'avait reçu. L'avis des témoins est que personne n'eût osé opiner autrement que l'évêque, et on en aura des preuves dans le cours du procès. Plusieurs ont, de leur aveu, voté par peur. G. de la Chambre, qui s'excusait comme étranger à la théologie en sa qualité de médecin, reçut l'avis que s'il ne signait au procès il se repentirait d'être venu à Rouen; P. Miget, prieur de Longueville, dénoncé comme favorable à la Pucelle, eut toutes les peines du monde à se justifier auprès du cardinal de Winchester; le greffier Manchon, l'huissier Massieu, furent aussi plusieurs fois en péril. Et le vice-inquisiteur lui-même, qui s'était si difficilement rallié, ayant paru moins docile par la suite, fut menacé d'être jeté à la rivière (8). Voilà donc le tribunal : peu ou point d'Anglais, mais personne qui n'y soit sous la main des Anglais. Le juge est à leurs ordres. Quand Jeanne le récuse comme son ennemi, il répond : « Le roi m'a ordonné de faire votre procès, et je le ferai. » II s'y met de tout cœur. On a vu sa joie quand il rapportait au roi et au régent le contrat qui leur livrait Jeanne; et à présent qu'il la tient, il s'applaudit de ce qu'il va faire « un beau procès. »

  Mais le juge n'est dans le procès que le fondé de pouvoir de l'Angleterre : les deux oncles du roi, Bedford et Winchester, le surveillent. Le tribunal siège au château, au milieu des Anglais. Ils travaillent aux frais des Anglais. L'exacte comptabilité de l'Angleterre en donne la preuve pour chacun par livres et par sous; et s'ils ne travaillaient pas bien, on a vu de quelle manière sommaire on entendait régler leurs comptes (9).

  Il y en eut encore un autre exemple dans le cours du procès. Quelqu'un ayant dit de Jeanne une chose qui ne plut point à Stafford, le noble seigneur le poursuivit l'épée à la main, jusque dans un lieu sacré. Il l'eût frappé, s'il n'eût été averti qu'il allait violer un asile. D'ailleurs, quelque garantie que trouvent les Anglais dans un juge dévoué et un conseil asservi à leur influence, le procès n'est qu'une épreuve dont ils n'ont rien à redouter. Si, contre toute attente, il n'aboutit pas à la condamnation de la Pucelle, ils se réservent de la reprendre : c'est une clause formellement exprimée dans la lettre royale qui la livre à son juge; et même alors ils ne s'en dessaisissent point. La règle que l'accusée soit remise aux mains du juge est oubliée. La Pucelle est gardée dans le château de Rouen par les Anglais : Pierre Cauchon, si jaloux d'observer les formes de la justice, dut subir ici la volonté de ses maîtres. Il voulut au moins dégager sa responsabilité en un point si délicat, et prit l'avis de son conseil : mais le conseil inclinant à observer le droit, il coupa court à la discussion, et décida seul. Bien plus, sa démarche, loin de le couvrir, ne faisant dès lors que le compromettre davantage, il supprima la délibération du procès-verbal : il n'y en a trace que dans la déposition de l'un des assesseurs, Martin Ladvenu. Ainsi Jeanne demeura aux mains des Anglais, non plus dans la cage, mais dans une tour du château, les fers aux pieds, liée par une chaîne à une grosse pièce de bois, et gardée nuit et jour par quatre ou cinq soldats de bas étage, des houspilleurs, comme dit Massieu. Cette circonstance, si étrangère aux habitudes ecclésiastiques, n'est pas indifférente ; on peut même dire qu'elle fut capitale au procès : on verra que, sans elle, il eût été bien difficile de trouver un prétexte pour condamner la Pucelle (10).

                               

  Ce sont donc bien les Anglais qui ont fait le procès de Jeanne d'Arc. Ils l'ont achetée, afin qu'elle soit jugée par eux; sinon par des Anglais de race, au moins par des hommes qui ne leur offraient pas moins de garantie : car le juge est dans leur dépendance par ses haines comme par son ambition, et les autres appartiennent sinon aux mêmes passions, au moins à la même influence. L'Angleterre les paye, et leur donnera garantie, même contre le pape, si, en la servant, ils s'exposent à encourir son animadversion. Enfin, si les Anglais ne tiennent pas tous les juges, ils tiennent toujours l'accusée : ils la gardent dans leur prison, et ils sont là pour suppléer au jugement, si l'issue du procès trompe leur espérance. La sentence est déjà tout entière dans la lettre de Henri VI, qui la livre à son tribunal (11).



                                                


Source : Jeanne d'Arc - Henri Wallon - 5° éd. 1879

Notes :
1 Lettres de l'Université à Henri VI: t. I, p. 17, 18; à l'évêque de Beauvais, ibid., p. 16. L'Université en cette circonstance pouvait bien d'ailleurs céder à une pression étrangère. Du Boulai signale dans ces actes la main de Pierre Cauchon : « Universitas, instigante magistro Petro Cauchon, suorum privilegiorum conservatore, t. V, p. 375 ; et Vallet de Viriville, Hist. de Charles VII, t. II, p. 190.

2 Sur l'état des environs de Paris, voy. aux Appendices n°6; sur le Parlement de Paris, ibid., n°7 ; sur la translation de Jeanne à Rouen, ibid., n°8.

3 Craintes superstitieuses des Anglais touchant Jeanne : « Et quia ipsi Anglici sunt superstitiosi, æstimabant de ea aliquid fatale esse, » t. II, p. 370 (Th. Marie).
Échecs en Picardie: Monstrelet, II, 98 et 99; en Champagne, ibid., 104; en Normandie, P. Cochon, Chron. normande, ch. LII-LIV. Les Français poussaient hardiment leurs courses jusqu'aux portes de Rouen (ibid., ch. LV). L'archevêque de Rouen faisait tenir sa juridiction à Déville, bourg voisin de Rouen, qui lui appartenait. En 1429, il sollicita de Henri VI la permission de la transférer à son manoir archiépiscopal dans l'intérieur de la ville, « parce que ses officiers ne pouvoient aller à Déville pour le péril et danger des larrons, brigands ennemis et adversaires du roy, qui souvent alloient et passoient par ce pays. » Arch. de la Seine-Infér., citées par M. de Beaurepaire, Recherches sur le procès de condamnation de Jeanne d'Arc, p. 9-10.
Ajournement du siége de Louviers : Procès, t. II, p. 3 (J. Toutmouillé) ; p. 344 (Manchon) ; p. 348 (Is. de La Pierre); p. 373, et t. III, p. 189 (J. Riquier), et l'appendice n°9.
Pierronne la Bretonne. Bourgeois de Paris, p. 411.
Pourquoi Jeanne plutôt jugée que tuée. Valeran de Varanis, auteur du commencement du seizième siècle, dans un poëme latin composé sur les actes du procès, a très-bien démasqué cette politique. Voy. t. V, p. 84.

4 Cage de fer : Un serrurier, nommé Castille, dit à l'huissier Massieu qu'il avait construit pour Jeanne une cage de fer où elle était tenue et liée par le cou, par les pieds et les mains, et qu'elle y fut gardée en cet état, depuis le jour où elle fut amenée à Rouen jusqu'au commencement du procès. T. III, p. 155 (Massieu). Thomas Marie dit à peu près la même chose (t. II, p. 371). P, Cusquel, bourgeois de Rouen, vit la cage, qui fut pesée chez lui (t. II, p. 306 et 346, et t. III, p. 180) : seulement il n'y a pas vu la prisonnière.

5 Visite de Jean de Luxembourg, t. III, p. 122 (Haimond de Macy).

6 Droit territorial, t. I, p. 20 (Lettres du chapitre).

7 Promoteur et assesseurs: M. J. Quicherat, Aperçus nouveaux, p. 105 et suiv., et les notes qu'il a jointes sur chacun de ces noms, la première fois qu'ils paraissent dans le procès. Voy. l'appendice n°10.
Acceptation volontaire des uns, forcée des autres : t. II, p. 325 (N. de Houppeville) ; p. 356 (Grouchet) ; t. III, p. 131 (P. Miget).
Pour plaire aux Anglais: t. II, p. 7, et t. III, page 167 (Ladvenu). — Qu'ils n'auraient osé refuser: t. II, p. 340 (Manchon). — J. Tiphaine: t. III, p. 47 (lui-même). — Le vice-inquisiteur: voy. les actes du procès à son égard, t. I, p. 33, 35.
Menaces : « Sed per aliquos sibi notos fuit ei dictum quod nisi interesset, ipse esset in periculo mortis : et hoc fecit compulsus per Anglicos, ut pluries audivit a dicto Magistri qui sibi dicebat:« Video quod nisi procedatur in hujusmodi materia ad voluntatem Anglicorum, quod imminet mors. » T. III, p. 153 (Massieu) ; cf. t. III, p. 167 (Ladvenu), et p. 172 (N. de Houppeville). — N. de Houppeville: Son propre témoignage, t. II, p. 326 et t. III, p. 171,
172 ; cf., t. II, p. 364, et t. III, p. 166 (Ladvenu) : t. II, p. 370 (Th. Marie) ; p. 348, 349 (Is. de la Pierre) ; G. de la Chambre (t. III, p. 50) dit qu'on menaçait de le jeter à l'eau ; Massieu (ibid., p. 162); qu'il fut banni avec plusieurs autres. Un certain nombre avaient pris la fuite : t. II, p. 356 (Grouchet).

8 Intimidation: « Et bene scit quod omnes qui intererant hujusmodi processui non erant in plena libertate, quia nullus audebat aliquid dicere, ne esset notatus. » T. III, p. 175 (J. Fabri) ; cf., p. 130 (P. Miget), etc. — Vote par peur : t. II, p. 356 (Grouchet). — G. de la Chambre: t. III, p. 150 (lui-même).— P. Miget: t. II, p. 351 (lui-même). — Manchon: t. II, p. 340 (lui-même). — Massieu: t. III, p. 154 (lui-même).
Le vice-inquisiteur : t. III: p. 167 (Ladvenu), et Quetif, Scriptores ordinis prædicat., t. I, p. 782. On ne manqua pas de relever cette sorte de contrainte au procès de réhabilitation. Voy. le chapitre de Sub-inquisitore ac ejus diffugio, et metu illato. Ms. lat. 5970 f° 190 et Vallet de Viriville, Hist. de Charles VII, t. II, p, 196. Jean Lemaire, qui était à Rouen pendant le procès, signale encore, comme ayant couru risque de vie, Pierre Maurice, l'abbé de Fécamp et plusieurs autres : t. III, p. 178.

9 L'évêque de Beauvais: « Rex ordinavit quod ego faciam processum vestrum et ego faciam. » T. III, page 154 (Massieu). — « Quosi intendebant facere unum pulchrum processum contra dictam Johannam. » T. III, p. 137 (Manchon). — Le tribunal au château : voy. les procès-verbaux, t. I, p. 5, 38, etc., et l'appendice n°11 à la fin de ce volume.

10 Justice sommaire : « Cum aliquis diceret de ipsa Johanna quod non placuit domino de Stauffort, ipse dominus de Stauffort eumdem loquentem sic insecutus fuit usque ad quemdam locum immunitatis cum ense evaginato. » T. III, p. 140 (Manchon). — Lettre de Henri VI: voyez-la aux Appendices, n°12. — Délibération sur la prison: « Qu'en la première session ou instance, l'évesque allégué requist et demanda le conseil de toute l'assistance, assavoir lequel estoit plus convenable de la garder et détenir aux prisons séculières, ou aux prisons de l'Église : sur quoy fut délibéré, qu'il estoit plus décent de la garder aux prisons ecclésiastiques qu'aux autres ; lors respondit cest évesque qu'il ne feroit pas cela, de paour de desplaire aux Anglois. » T. II, p. 7, 8 (Ladvenu) ; — nous avons corrigé d'après le ms. de l'Arsenal (Jurispr. fr., n° 144), le texte de L'Averdy, reproduit par M. Quicherat, qui porte « fors, respondit l'évesque, qu'il n'en feroit pas cela ; » — et t. III, p. 152 : « Et inter consiliarios tunc fuit murmur de eo quod ipsa Johanna erat inter manus Anglicorum. Dicebant enim aliqui consiliarii quod ipsa Johanna debebat esse in manibus Ecclesiæ ; ipse tamen episcopus non curabat, sed eamin manibus Anglicorum dimisit. » Cf. t. III, p. 175 (J. Fabri) et p. 183 (Marguerie).
Prison : voy. l'appendice n°13, à la fin de ce volume.

11 Lettres de garantie (12 juin 1431), t. III, p. 240-244 ; cf. t. III, p. 161 (G. Colles), p. 166 (M. Ladvenu), p. 56 (l'évêque de Noyon) ; et le texte même aux Appendices, n°14.

 

Jeanne d'Arc
Henri Wallon - 5°éd. 1879

Index

Avertissement
Préface

Introduction :

- La guerre de cent ans
- Charles VII et Henri VI
- Le siège d'Orléans

Livre IDomrémy et V...
I - L'enfance de J. d'Arc
II- Le départ

Livre II : Orléans
I - L'épreuve
II - Entrée à Orléans
III - La délivrance d'Orléans

Livre.III : Reims
I - La campagne de la Loire
II - Le sacre
III - La Pucelle

Livre.IV : Paris
I - La mission de J. d'Arc
II - La campagne de Paris
III - L'attaque de Paris

Livre.V :
Compiègne
I - Le séjour sur la Loire
II - Le siège de Compiègne

Livre.VI : Rouen - Les juges
I - Le marché
II - Le tribunal
III - Les procès-verbaux

Livre.VII : L'instruction
I - Les interrog. publics
II - Les interrog. de la prison
III - Les témoins

Livre.VIII : Le jugement
I - L'accusation
II - Les douze articles
III - Les consultations...
IV - La réponse de...

Livre.IX : L'abjuration
I - Le cimetière de St-Ouen
II - La relapse

Livre.X : Le supplice
I - La visite à la prison
II - La pl. du Vieux-marché

Livre.XI : La réhabilitation
I - La mémoire de Jeanne...
II - Le second procès...

Livre.XII : L'histoire

I - Les contemporains...
II - L'inspiration de J.d'Arc




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