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23 octobre 2019  

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Livre IX - ROUEN - L'abjuration
II - La relapse - p.258 à 271

ans l'après-midi du même jour (jeudi, 24 mai), les juges vinrent trouver Jeanne à la prison. Ils lui rappelèrent la grande miséricorde qu'ils lui avaient faite en la recevant au pardon de l'Église, l'engagèrent à se bien soumettre et à ne plus revenir à ses erreurs, l'avertissant que l'Église, si elle y retombait encore, ne la recevrait plus. Puis ils l'invitèrent à laisser l'habit d'homme et à revêtir l'habit de femme, comme l'Eglise l'avait ordonné : et Jeanne promit d'obéir en toute chose, et elle accepta l'habit qu'on lui présentait (1).
  Mais le dimanche un bruit se répand tout à coup : Jeanne a repris ses habits d'homme; elle est relapse, c'en est fait d'elle ! Il fallait constater la chose : on courut à la prison, et ce ne fut pas sans péril.
  On a vu dans quelles dispositions d'esprit étaient les Anglais depuis le jugement. Au cimetière de Saint-Ouen, ils avaient jeté des pierres aux juges; au retour de cette scène, ils les avaient poursuivis de leurs menaces et de leurs insultes, brandissant leurs épées et disant que le roi avait perdu son argent avec eux. Du moins ils gardaient leur prisonnière, et les assesseurs avaient maintenant grand'peine à la revoir. Pierre Maurice, qui l'avait officiellement admonestée, le 23 mai, devant le tribunal, fut très-sérieusement menacé pour avoir, après le jugement, renouvelé ses conseils. Isambard de la Pierre, Jean de la Fontaine et Guillaume Vallée étant venus pour la fortifier et la maintenir dans ses bons sentiments, les soldats irrités les chassèrent du château à coups d'épée et de bâton ; et la Fontaine en fut tellement effrayé qu'il n'osa plus reparaître dans la ville. Au rapport de Jean Beaupère, le vendredi déjà et le samedi on avait dit que Jeanne manifestait du repentir d'avoir pris l'habit de femme, et Beaupère fut envoyé avec Nicolas Midi pour la maintenir dans son bon propos. Mais, au lieu de celui qui les devait introduire dans la prison, ils trouvèrent des Anglais qui se disaient entre eux qu'on ne ferait pas mal de les jeter dans la Seine. Et comme ils repassaient le pont du château, n'en demandant pas davantage, on les menaçait encore de les jeter à la rivière (2).
  Ceux qui vinrent pour constater la chute de Jeanne ne furent pas mieux accueillis ; on se défiait de ces prêtres ; on soupçonnait qu'ils avaient encore dessein de tout accommoder. Quand ils entrèrent dans la cour du château, ils virent arriver sur eux une centaine d'Anglais criant qu'eux gens d'Église étaient tous faux, traîtres armagneaux et faux conseillers ; et ils eurent grand'peine d'échapper à ces furieux qui les menaçaient de leurs épées et de leurs haches. Rien ne se fit donc ce jour-là ; et le lendemain, le greffier Manchon, mandé au château pour y remplir son office, était encore si effrayé, qu'il refusa de s'y rendre, s'il n'avait sûreté : il n'y vint que sous la protection de l'un des gens du comte de Warwick (3).

                               

  Ce même jour, lundi, 28 mai, l'évêque et le vice-inquisiteur, accompagnés de sept ou huit maîtres, se rendirent eux-mêmes à, la prison. En même temps que l'on prenait acte du fait, il n'était pas sans intérêt d'en savoir la cause. Jeanne n'était pas libre là où elle était. Comment, si bien gardée, avait-elle repris l'habit d'homme ? Il fallait de la part de ses gardiens de la connivence au moins, sinon autre chose. Dans tous les cas, il était bon d'en savoir les motifs avant d'en rien décider : un des assesseurs, Marguerie, osa en faire l'observation. « Taisez-vous, de par le diable ! » lui dit quelqu'un; et les soldats, l'appelant traître armagnac, avaient levé leurs lances pour l'en frapper (4).
  Les juges vinrent donc et demandèrent à Jeanne pourquoi elle avait pris cet habit, et qui le lui avait fait prendre. Elle répondit, selon le procèsverbal,
qu'elle l'avait pris de sa volonté, sans nulle contrainte ; qu'elle aimait mieux l'habit d'homme que l'habit de femme.
  « Mais, lui dit-on, vous aviez promis et juré de ne pas reprendre cet habit.
  — Je n'ai jamais entendu faire serment de ne pas le reprendre.
  — Pourquoi donc l'avez-vous repris ?
  — Parce qu'il est plus convenable d'avoir habit d'homme, étant entre les hommes, que d'avoir habit de femme. »
  Et elle ajouta d'ailleurs qu'elle avait eu le droit de le reprendre, puisqu'on ne lui avait pas tenu ce qu'on lui avait promis, c'est-à-dire d'aller à la messe, de recevoir son Sauveur et d'être mise hors des fers.
  « Vous aviez abjuré et tout spécialement promis de ne pas reprendre l'habit d'homme.
  — J'aime mieux mourir que d'être aux fers.
  Mais, si on me veut laisser aller à la messe et m'ôter des fers, si on veut me mettre en prison gracieuse, et que j'aie une femme, je serai bonne et ferai ce que l'Église voudra (5). »
  L'Église, telle que la faisait Pierre Cauchon, n'avait plus de conditions à débattre avec elle. Le juge, bien sûr de la retrouver relapse autrement que par l'habit, lui demanda si depuis le jeudi, jour de l'abjuration, elle n'avait point entendu ses voix.
  « Oui, dit Jeanne sans éviter le piége qu'on lui tendait.
  — Et que vous ont-elles dit ? »
  Elle répondit (on lit à la marge des manuscrits authentiques ces mots : RÉPONSE MORTELLE, responsio mortifera) (6) :
  « Dieu m'a mandé par sainte Catherine et sainte Marguerite la grande pitié de la trahison que j'ai consentie en faisant abjuration pour sauver ma vie; que je me damnais pour sauver ma vie. »
  Elle ajouta qu'avant le jeudi même ses voix lui avaient dit ce qu'elle ferait en ce jour; que sur l'échafaud, elles lui disaient de répondre hardiment à ce prêcheur, à ce faux prêcheur, comme elle l'appelait elle-même, qui l'avait accusée d'avoir fait des choses qu'elle n'avait pas faites; et, affirmant de nouveau sa mission :
  « Si je disais que Dieu ne m'a pas envoyée, je me damnerais : la vérité est que Dieu m'a envoyée. »
  Elle finissait par s'accuser de sa faiblesse :
  « Mes voix, disait-elle, m'ont dit que j'avais fait une grande mauvaiseté de confesser n'avoir pas bien fait ce que j'ai fait, » ajoutant que c'est par peur du feu qu'elle avait dit ce qu'elle avait dit.
  « Croyez-vous que vos voix soient sainte Marguerite et sainte Catherine ? dit le juge, reprenant avec empressement tous les points de l'abjuration.
  — Oui, qu'elles sont de Dieu.
  — Mais sur l'échafaud vous aviez dit que mensongèrement vous vous étiez vantée que c'était sainte Catherine et sainte Marguerite.
  — Je ne l'entendais point ainsi faire ou dire. »

                            

  Elle affirma derechef qu'elle n'avait jamais entendu révoquer ses apparitions et que, si elle avait révoqué quelque chose, c'était par peur du feu et contre la vérité. Elle pouvait maintenant avouer cette peur, car elle ne l'avait plus, et elle savait où la menaient ces paroles. Mais elle déclarait qu'elle aimait mieux faire sa pénitence en une fois, c'est-à-dire mourir, que d'endurer plus longuement la prison. Elle protestait qu'elle n'avait jamais rien fait contre Dieu ou la foi, quelque chose qu'on lui ait fait révoquer ; qu'elle n'entendait rien révoquer sans le bon plaisir de Dieu. Elle ajoutait que, si les juges voulaient, elle reprendrait l'habit de femme (elle en avait dit les conditions) et que du reste elle n'en ferait autre chose (7).

  Les juges se retirèrent. Tout était consommé.
  Plusieurs s'en affligèrent sincèrement, Pierre Maurice, par exemple, mais d'autres s'en réjouirent et en témoignèrent bruyamment leur joie. L'évêque sortant de la prison, vit le comte de Warwick et une multitude d'Anglais qui attendaient avec impatience le résultat de cette visite, et, ne voulant pas les tenir plus longtemps en suspens : « Farewell, farewell, cria-t-il en riant; faites bonne chère : c'est fait (8). »

   

  Cette fière déclaration semblait pourtant détruire tout ce qu'on avait gagné par la scène de l'abjuration : mais on ne pouvait tout faire à la fois, et, pour le moment, elle donnait au juge la satisfaction de mener le procès où les Anglais voulaient qu'il aboutît, sans avoir rien sacrifié des formes imposées par la procédure de l'Église. La procédure a suivi toutes ses phases sans précipitation : mais la conscience du juge en est-elle plus assurée, et l'habileté qu'il montre dans cette conduite ne le rend-elle pas plus coupable ? Son intelligence ne s'abuse pas, mais il refuse de voir et d'entendre. Et qu'est-ce donc, s'il supprime ou s'il voile ce qui, aux yeux des autres, pourrait laisser percer la vérité ?
  En effet, dans ce dernier et solennel interrogatoire, notamment sur le point qui le motiva, la reprise de l'habit d'homme, le procès-verbal a-t-il tout dit ? Thomas de Courcelles, qui le mit en latin, s'exprime dans le procès de révision à peu près comme le faisait le texte officiel : « Interrogée sur ses motifs, elle répondit qu'elle l'avait fait parce qu'il lui paraissait plus convenable de porter l'habit d'homme parmi les hommes que l'habit de femme. » Mais Manchon, qui tenait la plume alors, ajoute comme témoin à ce qu'il avait écrit comme greffier : « Elle répondit qu'elle l'avait fait pour défendre sa pudeur, parce qu'elle n'était point en sûreté sous ses habits de femme avec ses gardiens qui voulaient attenter à sa pudeur (9). »

                            

  Qu'on se rappelle comment Jeanne était gardée et quelles étaient les dispositions des Anglais envers elle. Jeanne était aux fers sous la garde de cinq soldats, dont trois se tenaient dans sa prison et deux à la porte : « Je sais, » dit l'huissier Massieu, celui qui l'allait prendre à la prison pour la mener au tribunal, « je sais de certain que de nuit elle étoit couchée, ferrée par les jambes de deux paires de fers à chaîne, et attachée moult étroitement d'une chaîne traversante par les pieds de son lit, tenante à une grosse pièce de bois de longueur de cinq à six pieds, et fermante à clef, par quoi ne pouvoit se mouvoir de la place. » Plusieurs fois, sous ses habits d'homme qu'elle ne quittait jamais, elle avait été en butte aux brutalités de ses gardiens : l'évêque le savait bien ; il avait reçu ses plaintes, et un jour il avait fallu que Warwick accourût pour la sauver du dernier outrage parmi ces délégués de la justice ! Mais maintenant la sentence était portée ; l'évêque l'avait rendue aux Anglais : elle leur était comme livrée. Lorsqu'on la ramenait de Saint-Ouen, les valets (mangones) l'insultaient et les maîtres les laissaient faire. A quoi n'était-elle point exposée, seule dans la prison, enchaînée, en compagnie de ces cinq houspilleurs, comme ils sont appelés quelque part ! Isambard de la Pierre, qui est nommé au procès-verbal parmi les assistants de l'évêque en ce même interrogatoire, confirme, comme l'ayant entendu lui-même, ce qu'en a dit dans sa déposition le greffier Manchon ; et il ajoute que « de fait », quand il entra, « il la vit éplorée, son visage plein de larmes, défigurée et outragée en telle sorte qu'il en eut pitié ». Il en sut davantage de Jeanne dans un entretien qu'il eut plus tard avec elle : et ici son témoignage est confirmé par celui de Martin Ladvenu, qui la confessa et l'administra pour la dernière fois. Ce ne furent pas seulement ces soldats de bas étage, ces houspilleurs placés auprès d'elle : c'est un milord qui entra dans son cachot et tenta de la violer (10).

   

  Voilà pourquoi Jeanne reprit l'habit d'homme, dût-elle après cela mourir. L'huissier Massieu en donne une autre raison encore. Le dimanche matin Jeanne, étant dans son lit, dit à ses gardiens :« Déferrez-moi, et je me lèverai. » Mais l'un deux s'approchant lui retira ses vêtements de femme, et ils lui jetèrent son habit d'homme que l'on gardait (pourquoi ?) dans un sac en quelque coin de la prison. « Messieurs, leur dit Jeanne, vous savez qu'il m'est défendu : sans faute, je ne le prendrai pas. » Mais ils ne voulurent point lui en donner d'autre, et à la fin, forcée de se lever, elle le dut prendre et garder, nonobstant ses protestations. Il n'est pas impossible, en effet, que les Anglais, n'ayant pu parvenir à leurs fins, aient résolu d'en finir avec elle de cette autre manière, mais, si Jeanne réclama ses habits de femme, voulant savoir à quelle intention on les lui ôtait, il est douteux qu'elle ait tant insisté pour les reprendre. Elle put donner cette raison à Massieu, parce que cela suffisait bien pour l'excuser; elle n'en dit rien devant ses juges, parce qu'elle était résolue de ne plus se vêtir en femme, à moins d'être gardée dans une autre prison, « ayant une femme avec elle. » C'est un trait que Thomas de Courcelles a supprimé de sa rédaction officielle, comme insignifiant sans doute, mais qu'on retrouve dans la copie de la minute française du procès-verbal ; et il achève de répandre la lumière sur ceux qu'on y a gardés. La minute même n'a-t-elle pas retranché autre chose ? On serait en droit de le conclure en rapprochant ce que Manchon a écrit alors et ce qu'il a dit plus tard. Que si rien d'important n'a été supprimé, il faut croire que les paroles de Jeanne, avec le commentaire qu'on avait sous les yeux, en disaient assez pour la faire comprendre, puisque deux témoins de la scène, l'un assesseur, l'autre greffier du juge, l'ont comprise ainsi (11).

  Le juge l'avait bien comprise lui-même sans doute, et, s'il eût voulu reconnaître que la pudeur de la femme n'est pas moins sacrée que son habit, il aurait dû s'accuser d'avoir mis Jeanne dans la nécessité de retomber, en la renvoyant dans ces prisons où il fallait qu'elle sacrifiât l'une des deux choses à l'autre. Or, pour Jeanne, l'alternative n'était pas douteuse, dût-elle se placer par son choix en présence de la mort. Mais il ferma son cœur à ce sentiment, et, bien loin d'être touché de cet héroïsme, il avait ramené Jeanne à d'autres questions où il était bien sûr de la retrouver telle qu'elle était au procès, comme pour l'entraîner de chute en chute au plus profond de l'abîme où elle devait périr. Les Anglais avaient donc calomnié Pierre Cauchon : il n'était pas traître au roi. Tout en satisfaisant sa propre haine, il avait bien gagné son argent.

   

  Le lendemain, mardi 29, l'évêque réunit dans la chapelle du palais archiépiscopal une nombreuse assemblée d'abbés et de docteurs. Il leur rappela tout ce qui s'était passé depuis la veille de la Pentecôte : l'abjuration de Jeanne, et comment, après avoir accueilli ses admonitions et reçu l'habit de femme, elle avait repris l'habit d'homme et renouvelé toutes ses affirmations touchant ses voix. Il fit lire l'interrogatoire qui avait suivi et ses réponses consignées au procès-verbal. Puis il prit l'avis de chacun. Tous la déclarèrent relapse, nonseulement Nicolas Loyseleur, le traître, mais Isambard de la Pierre et Martin Ladvenu, qui l'assistèrent à ses derniers moments; et pourtant ils ne se faisaient aucune illusion sur le crime qu'elle pouvait avoir commis en reprenant l'habit d'homme : ils témoignent au procès de révision des raisons capitales qui l'y contraignirent. Personne n'entreprit de l'excuser, je ne dis pas de la défendre. La plupart, à l'exemple de l'abbé de Fécamp, furent d'avis qu'on lui relût la formule d'abjuration (cela les décharge au moins de toute complicité dans la substitution d'une fausse formule), et qu'on l'avertît charitablement touchant le salut de son âme, mais ils voulaient qu'on lui déclarât qu'elle n'avait plus rien à espérer de la vie présente. Elle devait être livrée au bras séculier (12).

      

  L'évêque, ayant recueilli les avis, remercia ses conseillers, et fit assigner Jeanne à comparaître le lendemain sur la place du Vieux-Marché : c'était là qu'il devait achever la procédure en la livrant au juge civil, et par ce juge au bourreau (13).



                                                


Source : Jeanne d'Arc - Henri Wallon - 5° éd. 1879

Notes :
1 Les juges à la prison, le jeudi : t. I, p. 452.

2 Fureur des Anglais : « Levaverunt gladios ad cos percutiendum, quamvis non percusserint, dicentes quod rex male expenderat pecunias suas erga eos. » T. II, p. 376 (J. Fave). — P. Maurice : « Cum post primam prædicationem monuisset eam de stando in bono proposito, Anglici fuerunt male contenti, et fuit in magno periculo verberationis, ut dicebat. » T. II, p. 357 (R. de Grouchet). Jean de la Fontaine, etc. : t. II, p. 349 (Is. de la Pierre). D'autres témoignages, on l'a vu, semblent placer sa fuite dès la semaine sainte (Manchon, t. II, p. 13 et 341, et t. III, p. 139). Il a pu être menacé alors, et il est certain que depuis le 28 mars il cessa de figurer au jugement, mais il a pu rester encore à Rouen et prendre part à la démarche d'Is. de la Pierre, qui en dépose expressément. Plus il avait eu de part au procès et à la principale manoeuvre du procès (la question de l'Église), plus il éprouvait peut-être le besoin de travailler à sauver au moins l'accusée de la mort. Jean Beaupère ; « Et ainsi qu'ils attendoient la garde d'icelle prison, furent par aucuns Anglois estant en la cour dudit chasteau dictes parolles comminatoires.... C'est assavoir que qui les gesteroit tous deux dans la rivière, il seroit bien employé. Pourquoy icelles parolles oyes s'en retournèrent, et sur le pont dudit chasteau oyt le dit Midy, comme il le rapporta audit parlant, semblables parolles ou près d'icelles par d'autres Anglois prononcées, par quoy les dessus dits furent espouvantés et s'en vinrent sans parler à ladite Jeanne. » T. II, p. 21 (lui-même).

3 Ceux qui viennent le dimanche : t. II, p. 14 (Manchon), et p. 19 (Massieu). —Manchon: t. II, p. 14 (lui-même), et p. 19 (Massieu).

4 Marguerie : t. II, p. 330 (Massieu); cf. t. III, p. 184 (Marguerie lui-même) ; t. II, p. 345, et t. III, p. 180 (Cusquel).

5 Interrogatoire de Jeanne : t. I. p. 455.

6 Responsio mortifera. Bibl. du Corps législ. B. 105 g, t. 570, f° 108, r° ; B. nat. Fonds latin, 5965, f° 152, r° et 5966, f° 198, r°; et l'appendice n°18.

7 1. T. I, p. 456-458. L'Averdy (t. I, p. 121-123) prouve le dessein qu'avait l'évêque de Beauvais de perdre Jeanne, et par les questions qu'il lui pose, et par son empressement à clore l'interrogatoire, de peur que certaines paroles ne vinssent atténuer les déclarations obtenues d'elle.

8 Joie de plusieurs : « Credit quod ad hoc faciendum fuerit inducta, quia aliqui de his, qui interfuerant in processu, faciebant magnum applausum et gaudium ex eo quod resumpserat hujusmodi habitum : licet notabiles viri dolerent, inter quos vidit magistrum Petrum Morice multum dolentem et plures alios. » T. III, p. 164 (G. Colles.) — L'évêque et Warwick : t. II, p. 5 (Is. de la Pierre) ; cf. p. 8 (M. Ladvenu). Is. de la Pierre place la scène « après l'issue et la fin de cette session et instance » ; Martin Ladvenu, avec plus de précision, à la sortie de la prison ; Is. de la Pierre, dans une déposition suivante, se borne à dire : « Après la reprise de l'habit. » Ibid., p. 305.

9 Th. de Courcelles : t. III. p. 62; Manchon : ibid., p, 148.

10 Jeanne dans sa prison : t. II, p. 18 (Massieu) ; cf. t. III, p. 154 (id.) ; t. II, p. 298 (Manchon), et t. III, p. 140 (id.).
Tentatives de violences antérieures : t. II, p. 298, et t. III, p. 147 (Manchon).
Insultée au retour de Saint-Ouen : « Post primam prædicationem, cum reduceretur ad carceres, in Castro Rothomagensi, mangones illudebant eidem Johannæ, et permittebant Anglici, magistri eorum. » T. II, p. 376 (J. Fave).
Violences : t. II, p. 5 (Is. de la Pierre) ; cf. p. 371 (Thomas Marie) : « Post primam prædicationem, cum fuisset iterum posita in carceribus castri, fuerunt factæ sibi tot vexationes de eam opprimendo, quod habuit dicere quod mallet potius mori quam amplius stare cum ipsis Anglicis.»
Le milord : « Imo sicut ab eadem Johanna audivit, fuit per unum magnæ auctoritatis tentata de violentia. » Ibid., p. 306 (id.). — « Et qu'un millourt d'Angleterre l'avoit forcée. Ibid.,» p. 8 (M. Ladvenu). Il explique ailleurs, comme Is. de la Pierre, qu'il ne fit que le tenter : « Et eam tentavit vi opprimere, » t. III, p. 168.

11 L'habit d'homme : « .... En tant qu'en cest débat demoura jusques à l'heure de midy; et finablement, pour nécessité de corps, fut contrainte de yssir dehors et prendre ledit habit ; et après qu'elle fust retournée ne lui en voulurent point bailler d'autre, nonobstant quelque supplication et requeste qu'elle en feist. » T. II, p. 18 (Massieu); cf. ibid., p. 333; t. III, p. 157 (id.), et ibid., p. 53 (G. de la Chambre).
Les deux versions du procès-verbal : t. I, p. 436 ; cf. t. II, p. 300 (Manchon) : « Ipsa contenta de hujusmodi habitu, ut videbat, petiit mulieres sibi dari cum ea, et mitti ad carceres Ecclesiæ, et quod detineretur per viros ecclesiasticos ; et postmodum assumpsit habitum virilem, se excusando quod, si fuisset missa ad carceres Ecclesiæ, non assumpsisset ipsum habitum virilem, et quod cum habitu muliebri non fuisset ausa se tenere cum custodibus Anglicis. »

12 Avis: « Quod dicta Johanna relapsa est, Tamen bonum est quod schedula nuper lecta legatur iterum coram ipsa, et sibi exponatur, proponendo ei verbum Dei. Et his peractis nos judices habemus declarare eam hæreticam, et ipsam relinquere justitiæ sæculari, rogando eam ut cum eadem Johanna mite agant. » T. I, p. 463. C'est l'avis de l'abbé de Fécamp, qui vote le second et auquel tous les autres se réfèrent, excepté N. de Venderez qui, votant le premier, n'avait point parlé de relire à Jeanne la formule d'abjuration, et deux autres, D. Gastine et P. Devaulx, qui, en la livrant au bras séculier, supprimaient la prière, d'ailleurs dérisoire, de la traiter avec douceur : Absque supplicatione, t. I, p. 465. — Voy. sur cette dernière délibération L'Averdy, p. 126, Lebrun des Charmettes, t. IV, p. 175.
L'Averdy (p. 124) a noté que, parmi les assesseurs dont on trouve le vote au premier jugement, il y a quinze gradués en théologie et neuf en droit qui n'ont pas assisté au second, soit qu'ils aient été écartés, soit qu'eux-mêmes se soient tenus à l'écart. A leur place on fit venir des assesseurs qui n'avaient point paru depuis longtemps au débat, et n'avaient pas voté au premier jugement : entre autres trois membres de la faculté de médecine. Il pense que la lecture de la cédule d'abjuration, réclamée par la grande majorité du conseil, pouvait avoir pour objet d'offrir à Jeanne l'occasion de revenir sur ses pas, et même de renouveler son appel au Pape (ibid., p. 126).

13 T. I, p. 467.

 

Jeanne d'Arc
Henri Wallon - 5°éd. 1879

Index

Avertissement
Préface

Introduction :

- La guerre de cent ans
- Charles VII et Henri VI
- Le siège d'Orléans

Livre IDomrémy et V...
I - L'enfance de J. d'Arc
II- Le départ

Livre II : Orléans
I - L'épreuve
II - Entrée à Orléans
III - La délivrance d'Orléans

Livre.III : Reims
I - La campagne de la Loire
II - Le sacre
III - La Pucelle

Livre.IV : Paris
I - La mission de J. d'Arc
II - La campagne de Paris
III - L'attaque de Paris

Livre.V :
Compiègne
I - Le séjour sur la Loire
II - Le siège de Compiègne

Livre.VI : Rouen - Les juges
I - Le marché
II - Le tribunal
III - Les procès-verbaux

Livre.VII : L'instruction
I - Les interrog. publics
II - Les interrog. de la prison
III - Les témoins

Livre.VIII : Le jugement
I - L'accusation
II - Les douze articles
III - Les consultations...
IV - La réponse de...

Livre.IX : L'abjuration
I - Le cimetière de St-Ouen
II - La relapse

Livre.X : Le supplice
I - La visite à la prison
II - La pl. du Vieux-marché

Livre.XI : La réhabilitation
I - La mémoire de Jeanne...
II - Le second procès...

Livre.XII : L'histoire

I - Les contemporains...
II - L'inspiration de J.d'Arc




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