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Histoire de Charles VII - index
L.II-V - Comment après la défaite subie à Verneuil, les Français, grâce au comte de Dunois, firent résistance aux Anglais.

ec tamen ita Francis omnibus animus exciderat, quin eciam de restringendo incendio tutandisque finibus aliqui cogitarent. Erat tum in domo regia cum ipso rege nutritus et sibi pene coevus illustris Johannes, naturalis filius Aurelianensium ducis, quem supra necatum fuisse Parisius retulimus, qui nedum arma aliqua induerat, dignus qui non a modo ejusdem ducis legittimus, verum eciam regis, immo et nobilissimi imperii rex atque moderator existeret.
  Fuit enim prudencia et consilio in rebus tum belli tum pacis sagacissimus et gravissimus, in execucione vero eorum que consulto agenda decreta essent cautissimus atque efficacissimus executor, ut luculenter cunctis innotuit ex hiis que per eum in arduis et difficilibus causis atque negociis fortiter et strennue persepe et longo tempore factitata fuerunt, prout in sequentibus, cum oportunitas se optulerit, ostendemus. Qualis autem miles futurus esset, audita clade quam Francos apud Vernolium pertulisse memoravimus, statim auspicia ostendit.
  Cum enim rex, qui tum adhuc juvenis erat et, ut hujusmodi etas dare solet, conviviis, choreis et voluptatibus die noctuque satis indulgens et plusquam utile fuisset, eum, utpote una nutritum et educatum, multum amans, apud se retinere in deliciis vellet et ne ad arripienda arma convolaret impedire atque prohibere, id efficere non potuit; sed rebus pene desperatis occurrens, reliquias armatorum, qui fusi dispersique post prelium vagabantur, collegit eosque consolatus et in debitum ordinem redigens, in presidiis locorum quibus periculum majus imminebat collocavit, prout oportunius videbatur, ne excursione hostium post tantam calamitatem cetere civitates et loca ad hostes exterrite deficerent, et per hoc incendium longius laciusque vagaretur. Munitis igitur principalioribus locis, que Anglorum terminis viciniora et ampliori subjecta periculo putabantur, industria et labore predicti Johannis, qui tum bastardus Aurelianensis vocabatur (postea vero a rege pro suis egregiis virtutibus muneratus, comi-tatum Dunensem in Carnotensi et comitatum postea de Longavilla in Rothomagensi diocesibus optinuit), effectum est ut non facile Angli in ulteriora penetrare potuerint a, restrictaque via qua, nisi eo modo provisum exti-tisset, parvo negocio et absque labore magno in anteriora sese extendere et dilatare statim potuissent.
  Non tamen quieverunt ipsi Angli atque Burgundiones quin assidue Francorum terras ac municiones pervaderent, aliquas interdum vi et armis, aliquas per insidias aut nocturnas inscalaciones et murorum transcensiones, subiciendo; quod non eciam dissimiliter e diverso Franci in Anglorum, ymmo verius suas municiones, factitabant, cum agminibus armatorum nunc suos, nunc hostium agros, partes utreque populantes et in vastitatem ac desercionem provinciam redigentes. Et hoc modo quidem per annos aliquot protracta est guerra.

                                                         

  Tous les Français cependant n'avaient pas perdu à ce point courage que certains d'entre eux ne songeassent à faire la part du feu et à protéger les frontières. Il y avait alors à la cour un homme qui avait été nourri avec le roi et qui était à peu près de son âge ; c'était l'illustre Jean, fils naturel du duc d'Orléans, dont nous avons rapporté plus haut la mort à Paris. Bien que n'ayant pas encore combattu, il était déjà digne d'être fils non seulement de duc, mais de roi, que dis-je, d'être roi lui-même et chef de ce grand royaume.
  Il fut, en effet, très avisé et très pondéré dans son jugement et dans ses conseils, autant dans les choses de la guerre que dans celles de la paix ; très prudent aussi et très agissant dans l'exécution de ce qui avait été une fois décidé, comme il apparut clairement à tous par ce qu'il accomplit vaillamment et courageusement à maintes reprises et pendant une longue période dans des cas et dans des affaires ardus et épineux, ainsi que nous le montrerons aux chapitres suivants, quand l'occasion s'en présentera. Quel soldat il devait être, on put le deviner dès que la défaite subie par les Français à Verneuil fut venue à sa connaissance.
  Le roi, en effet, qui était encore jeune et qui, comme il est habituel à cet âge, se laissait entraîner de nuit, aussi bien que de jour, et plus qu'il n'était utile, aux festins, aux danses et aux plaisirs, le roi, dis-je, qui l'aimait beaucoup, parce qu'ils avaient été nourris et élevés ensemble, voulait le garder avec lui à jouir de la vie, pour le détourner et l'empêcher de voler prendre les armes. Mais il ne put y parvenir. Au contraire, le jeune homme accourant, alors que tout était presque perdu, rassembla les troupes éparses, qui erraient à l'aventure après la bataille, et, les encourageant, les ralliant en bon ordre, les posta, comme il lui parut le plus opportun, dans les lieux où le danger était le plus immédiat, pour que, l'ennemi prenant du large après un si grand malheur, d'autres villes et places effrayées ne se livrassent pas à lui et que l'incendie ne gagnât pas de proche en proche. Ainsi les principales localités à proximité de la frontière anglaise et les plus exposées au danger furent mises en état de défense, alors le bâtard d'Orléans, et qui, par la suite, reçut du roi comme récompense de ses éminents mérites le comté de Dunois au diocèse de Chartres, puis le comté de Longueville au diocèse de Rouen (2). Le résultat fut que les Anglais eurent peine désormais à pénétrer au delà de la ligne par eux atteinte et que le chemin par lequel ils auraient pu à peu de frais et sans grands efforts, s'il n'y eût été mis bon ordre, étendre et développer leur domination dans la contrée qu'ils occupaient déjà leur fut en partie fermé.
  Pourtant, Anglais et Bourguignons n'eurent de cesse qu'ils n'eussent gagné à force de persévérance les terres et les forteresses françaises, quelques-unes les armes à la main, les autres en usant de stratagèmes ou en franchissant les murs la nuit au moyen d'échelles. Les Français, du reste, n'agissaient pas différemment à l'égard des places fortes anglaises, ou plus exactement de leurs places fortes, chacun des deux partis ravageant avec des troupes de gens d'armes tantôt son propre territoire, tantôt celui de l'ennemi, et réduisant la province à l'état de désert. Et de cette façon la guerre se poursuivit pendant plusieurs années.

                                 

            
                                     


Source : "Histoire de Charles VII" par Thomas Basin - éd. et traduction Ch.Samaran - 1933.

Notes :
1 Le bâtard d'Orléans était né entre 1400 et 1402, Charles VII en février 1403.

2 Le comté de Dunois lui fut donné en 1439 par son frère le duc d'Orléans. Quant au comté de Longueville, il le reçut effectivement du roi en 1443.




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