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19 novembre 2018  

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La chronique de Charles VII par Jean Chartier
Index

ean Chartier est l'historiographe officiel de Charles VII. Ce titre lui était conféré le 18 novembre 1437 par Charles VII, six jours après que ce prince venait de rentrer dans sa capitale, où il n'avait pas mis les pieds depuis les derniers jours de mai 1418. Jean Chartier était chargé de continuer l'œuvre du Religieux inconnu de Saint-Denis auquel nous sommes redevables de l' Histoire si justement appréciée de Charles VI.
  Le nouvel historien écrivit d'abord en latin, comme son prédécesseur, l'histoire du nouveau règne. Vallet de Viriville, dans ses Historiens de Charles VII, avait signalé les débuts en cette langue qu'il avait trouvés dans le n° 5959 du Fonds latin de la Bibliothèque nationale à la suite de l'histoire de Charles VI dont nous venons de parler. L'éminent paléographe avait pensé que, après ces premières pages en latin, Jean Chartier s'était arrêté pour nous donner en français la Chronique bien connue qui a trait au règne de Charles VII. Tout le monde pensait comme lui.
  C'est une erreur. M. Kervyn de Lettenhove, dans un article sous ce titre : Notes sur quelques-uns des manuscrits des bibliothèques d'Angleterre,écrivait en 1866 dans le Bulletin de l'Académie royale de Belgique : « Entre tous les manuscrits de Sir Thomas Philips concernant le XVe siècle, il n'en est aucun qui offre plus d'intérêt qu'un volume... renfermant le seul texte latin de Jean Chartier composé avant la Chronique française... Il y aura lieu d'y puiser désormais pour l'histoire de Jeanne d'Arc. »
  Les manuscrits de Sir Thomas Philips ne sont pas à Londres, mais entre les mains de ses héritiers, à Cheltenham...
  Voici la traduction du prologue de la Chronique latine, cité par Vallet de Viriville :
« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et de la glorieuse Vierge Marie, de Monseigneur saint Denis, patron de la France, et des Bienheureux du Ciel. Le roi Très-Chrétien ayant naguère ordonné que la suite des faits et gestes de l'histoire serait, comme par le passé, couchée par écrit, j'ai été chargé de ce travail, après avoir prêté serment à Sa Royale Majesté, en présence de plusieurs témoins, le 18 novembre, en l'an 1437 de l'Incarnation, de son règne le seizième. Après avoir reçu les lettres du roi qui assurent au titulaire de pareil office la somme accoutumée de deux cents livres par an, quelque défiant que je sois de mes forces, je n'ai point osé pousser la hardiesse jusqu'à me refuser aux ordres du souverain. La difficulté s'accroît de la nécessité de combler une lacune de quinze ans, la Chronique de France n'ayant pas été continuée, ou fort peu, et étant restée sans titulaire, depuis le 21e jour d'octobre 1422, jour où Charles, sixième du nom, rendit son âme au Dieu Très-Haut. Il a donc fallu recueillir année par année, et pièce par pièce, les matériaux de cette période. »
  Ces lignes prouvent que ce n'est pas, ainsi que l'avait pensé M. de Lettenhove, avant d'être officiellement nommé historiographe que Jean Chartier a écrit sa Chronique latine.
  Dans le prologue de la Chronique française, l'auteur dit se nommer Frère Jean Chartier, religieux et chantre de l'église Monseigneur saint-Denis. Il est universellement donné comme le frère d'Alain Chartier secrétaire du roi, et de Guillaume Chartier, plus tard évêque de Paris. Il ne semble pas qu'il faille s'écarter de ce sentiment, parce que, tandis que ses frères ont suivi le roi chassé de sa capitale, le religieux serait resté dans son abbaye (1)...
  Les pièces découvertes jusqu'ici ne nous font connaître Jean Chartier qu'à partir de 1430. Il est donné à cette époque comme prévôt de la Garenne; en 1433 il est prévôt de Mareuil-en-Brie ; en 1435, il est commandeur de l'abbaye, charge qui lui conférait l'administration de la justice dans l'enclos du monastère, avec la gestion de plusieurs revenus de l'abbé et des religieux. On vient de voir qu'en 1437 il était grand chantre du couvent; dignité qui était une des premières de la communauté. Il devait être assez jeune, puisque, sans qu'on puisse assigner la date de sa mort, on trouve qu'il vivait encore en 1474.
  Il a donc vu la plus longue partie du règne de Louis XI. Il n'a pas cependant entrepris de le raconter; sa Chronique finit à la mort de Charles VII. Bien inférieure à celle que son prédécesseur nous a laissée de Charles VI, elle est sévèrement jugée par les modernes. Elle ne doit être appréciée ici que pour la partie consacrée à Jeanne d'Arc. Quicherat, peu favorable à l'ensemble de l'œuvre, donne le récit sur la Pucelle, comme un des plus circonstanciés que nous ayons. Il ajoute : « Comme on n'y découvre aucune réminiscence du procès de réhabilitation, c'est une raison de croire que le chroniqueur en recueillit les éléments à l'époque où il entra en fonctions, entre 1440 et 1450. » L'on peut présumer que se mettant à l'oeuvre, aussitôt après sa nomination, il aura terminé cette partie avant 1443. Il avait dû voir la Pucelle à Saint-Denis, durant les quinze jours qu'elle passa autour de Paris. Quicherat dit encore : « On verra par la suite que c'est ce récit qui a engendré presque tous les autres, du moins ceux conçus dans l'esprit français ». L'étude très attentive des documents ne nous a rien révélé de semblable. Jean Chartier a puisé dans la Chronique des Cousinot, et à part le Journal du siège qui reproduit la même source, rien, à nos yeux, ne révèle dans les autres Chroniques une parenté avec celle de Jean Chartier. Son récit n'est pas des plus circonstanciés.
  Jean Chartier écrit fort mal en français (2). Il répète les mêmes mots à satiété. Ses phrases ternes, monotones, se terminent en queues superflues. Son latin ne vaut pas mieux que son français.
  On possède de nombreux manuscrits de Jean Chartier. Vallet de Viriville en a fait la recension dans ses Historiens de Charles VII. Quicherat, comme l'insinue son collègue en paléographie, n'a pas été heureux dans le choix. Il a reproduit le numéro 2691, qui provient de la collection du seigneur de la Gruthuise. Ce vélin in-quarto est, il est vrai, un chef-d'oeuvre de calligraphie ; lettres d'or, vignettes, belles miniatures, c'est séduisant pour l'oeil; mais le texte est considérablement altéré. Non seulement le scribe a changé l'orthographe, écrivant ching pour cinq, Franchois pour Français, il a changé les mots eux-mêmes, en a ajouté et en a retranché.
  Cette Chronique ne parut qu'après la mort du Roi, à la fin de 1461 ou dans l'une des années suivantes. Elle ne fut imprimée pour la première fois que dans le Recueil général des grandes Chroniques de France ou de Saint-Denis, que publia Robert Gaguin en trois volumes in folio (1476-1477). Elle figure, sans nom d'auteur, en français, dans le troisième volume, à partir du folio 166.
  Denys Godefroy, qui l'inséra en 1661 dans son Histoire de Charles VII, donne le nom de l'auteur. Vallet de Viriville en a fait paraître, en 1858-59, une édition revue sur les manuscrits. C'est cette édition qui est ici donné sur ce site du chapitre 30 au chapitre 77.

  La mise en Français plus moderne est de J.-B.J. Ayroles (textes bleus). Voici ses commentaires sur ce travail :
  " C'est sur le numéro 2596 que notre travail de rajeunissement a été fait. La raison de ce choix est la suivante. Le premier ouvrage profane imprimé en France, avons-nous lu, ce sont les Grandes Chroniques de Saint-Denis (1476-1477). La Chronique de Chartier, à deux folios près omis ou disparus, se trouve au tome IIIe. L'auteur vivait peut-être encore. Or le texte imprimé est exactement celui du manuscrit 2596. La collation ne nous a révélé que deux mots différents, évidemment fautifs dans le manuscrit, qui ne le cède pas d'ailleurs en beauté calligraphique à celui qu'a préféré l'éditeur du Double Procès (J. Quicherat). Il peut se faire encore que le chroniqueur ait introduit des variantes dans son texte. Il en est une dans les textes de Quicherat et de Vallet de Viriville que nous reproduisons à la suite. Les chapitres de Jean Chartier sont courts. Les titres seront conservés dans nos divisions plus générales. Ils permettront de juger du style de l'historiographe.
  Dans un appendice sont relevées les assertions de la Chronique latine que l'on ne trouve pas dans la Chronique française. La Société de l'Histoire de France voudra peut-être étudier dans son entier le texte que nous sommes heureux de signaler. "

Chapitres (édition Vallet de Viriville) :

...
chap.30- D'une entreprise faicte par les François contre les Anglois sus...
chap.31- La ville de Pontorson remparée par les François
chap.32- Siège mis à Orléans
chap.33- La journée des harengs
chap.34- La mort de Salisbury
chap.35- Continuacion dudit siège
chap.36- Venue de la Pucelle
chap.37- Comment Orléans fut advitaillé
chap.38- La prinse des boulevers et bastille du bout du pont
chap.39- Comment le siège d'Orléans fut levé
chap.40- La prinse de Laval par les Anglois
chap.41- La délivrance du duc d'Alençon
chap.42- Armée de gens de guerre
chap.43- Comment les Angloiz de Baugency se rendirent aux François
chap.44- La bataille de Patay pour les François
chap.45- [Nouvelle] armée de gens d'armes
chap.46- Paiement de gens d'armes
chap.47- Siège mis devant Troys en Champagne
chap.48- Comment le roi fut sacré et courroné à Rains
chap.49- Comment Lan et Soissons se rendirent François avec plussieurs...
chap.50- Comment le duc de Betfort partit de Paris et s'en alla à Corbeil...
chap.51- Comment le roi s'en voulloit aller de l'Isle de France
chap.52- Entreprinse d'Engloiz sur les François
chap.53- Comment les Angloiz vindrent près Senlis pour combatre le roy...
chap.54- Comment les François se disposoient à combattre les Angloiz
chap.55- Comment François et Angloiz se departirent
chap.56- Comment Compiengne, Beauvaiz et Senliz se rendirent François
chap.57- Garnsisons d'Angloiz mis ès places à eulx obaisans
chap.58- Escarmouches de François et d'Angloiz entre Paris et Saint-Denis
chap.59- Comment la Pucelle donna ung assault devant Paris
chap.60- Réparacion du chastel de Saint-Célerin par les François
chap.61- Comment ceux de Laigny se mirent en l'obbaissance du roy...
chap.62- Comment le roy se partit de l'Isle de France
chap.63- Comment les Angloiz de Paris pillèrent Saint-Denis
chap.64- Comment la ville de Laval fut prinse par les François
chap.65- Une entreprinse de François sur la ville de Rouen
chap.66- Une grande pillerie en France
chap.67- Comment Saint Pierre le Moustier fut pris d'assault
chap.68- Rencontre d'Angloiz
chap.69- Siège mis par les Angloiz devant Saint Célerin
chap.70- Rencontre sur les Angloiz
chap.71- Siège mis à Compiègne par Angloiz et Bourguongnons.
chap.72- Comment Melun se rendit François
chap.73- Une journée de François contre Anglaiz et Bourguongnons
chap.74- Comment le roi Henry d'Angleterre fut couronné à Paris
...

Particularités de la chronique en latin.

                                           


                                                 


Source : "Chronique de Charles VII par Jean Chartier" - Vallet de Viriville - 1868.
Présentation de la chronique, mise en Français plus moderne et variantes de la version latine : J.-B.-J. Ayroles "La vraie Jeanne d'Arc - t.III - 1897.

Notes :
1 Vallet de Viriville, dans la notice qu'il lui a consacrée, et bon nombre d'auteurs, font de lui le frère d'Alain Chartier, secrétaire du roi, et de Guillaume Chartier, évêque de Paris à l'époque du Procès de réhabilitation. M. de Beaucourt, dans son Histoire de Charles VII, dit que c'est une erreur et que ces trois personnages n'auraient de commun que le nom.


2 son style " est lourd, diffus, négligent, vulgaire, sans goût ". (Vallet de Viriville)



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- la chronique de la Pucelle
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- la chronique du héraut d'armes Berri
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- la chronique fête du 8 mai
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