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19 novembre 2018  

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par Henri Wallon

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Le registre du parlement de Paris tenu par Clément de Fauquembergue
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e fut le 17 janvier 1417, que Clément de Fauquembergue succéda, comme greffier au parlement, à Nicolas de Baye, que la fatigue obligeait au repos. Bien qu'il fut alors conseiller en la Chambre des enquêtes, il crut ne pas déchoir en acceptant les fonctions en apparence plus humbles. "Malui et mutas agitare inglorius artes", écrit-il en prenant possession de son nouveau poste ; et telle  est la devise qu'il répète chaque année au renouvellement du Parlement. Il  conserva son titre jusqu'en septembre 1435, époque à laquelle il se retira à Cambrai, après le traité d'Arras. Il ne revint à Paris que l'année suivante, et rentra au Parlement comme conseiller.
  Pendant dix-huit ans donc, il nota au jour le jour comme son prédécesseur, les évènements politiques ou autres qui se produisirent sous ses yeux ; et ainsi que celui de Nicolas de Baye, son "Journal" peut-être considéré comme une  véritable chronique, scrupuleuse et exacte, ayant tous les caractères d'un témoignage digne de foi, puisque l'auteur, docte personnage, était mêlé lui-même à ce qu'il voit et raconte. L'importance de ce recueil, au point de vue historique, ne le cède en rien à celui du devancier. les deux greffiers vécurent au milieu d'une époque de trouble et d'agitation pendant laquelle le corps auquel ils appartinrent joua un rôle considérable. Encore au XV° siècle, en effet, le Parlement n'était pas seulement une cour de justice ; son origine commune avec le Grand Conseil et la Chambre des comptes avait laissé des traces ; ils se réunissaient souvent pour des délibérations communes. Les réunions furent nécessairement fréquentes pendant la triste période où maitre Clément remplit les fonctions de greffier ; c'est dire qu'il fut témoin de ces assemblées où se discutèrent tant de questions importantes, et, grâce à lui, nous connaissons par  le menu des évènements que seul il a pu noter et nous transmettre...

  Parmi les témoignages contemporains de la mission de Jeanne d'Arc, l'un des plus connus et des plus fréquemment invoqués est celui du greffier Clément de Fauquembergue, qui est d'autant plus précieux qu'il reflète l'état d'esprit existant dans le milieu anglo-bourguignon. la première mention relative à Jeanne d'Arc dans le journal de Fauquembergue est le récit de la prise de la bastille des Tourelles, le 7 mai 1429, par les gens de guerre français, "qui, dit notre greffier, avoit en leur compaignie une pucelle seule ayant banniere entre lesdis ennemis, si comme on disoit." Ce brillant fait d'armes, connu à Paris le mardi 10 mai, fit sur Fauquembergue une forte impression qui se trahit dans ce commentaire du greffier : "Quis eventus futurus, novit Deus, bellorum dux et princeps potentissimus in prelio". Le récit de Fauquembergue est, comme l'on sait, accompagné en marge d'un petit croquis à la plume, représentant une femme à mi-corps, tête nue, la main gauche appuyée sur la garde de son épée et tenant de la main droite sa bannière avec le monogramme de Jésus. Ce portrait de pure fantaisie, qui nous montre Jeanne d'Arc vêtue d'une robe, avec de longs cheveux, a de tout temps défrayé la curiosité, parce qu'il est l'œuvre naïve d'un contemporain de l'héroïne. Le nom de Jeanne d'Arc revient encore sous la plume de Fauquembergue, lorsqu'il insère dans le registre du Conseil la relation de la journée de Patay, où les Anglais furent défaits par les Français, "en la compaignie desquelz estoit la Pucelle, qui avoit esté avec eulz, le X° jour de may, à lever le siège devant Orléans". Notre greffier nous a également laissé à la date du 2 septembre un récit très complet de l'attaque par Jeanne d'Arc des remparts de Paris vers la porte Saint Honoré, qui causa une grande panique parmi les Parisiens, au point qu'ils s'empressèrent de quitter les églises où se célébrait la fête de la Nativité Notre Dame et de s'enfermer chez eux. Entre autres détails, Fauquembergue rapporte qu'il y eut plusieurs morts et blessés, et "entre les autres fut blecée en la jambe, de trait, une femme que on appeloit la Pucelle, qui conduisat l'armée avec les autres capitaines de Messire Charles de Valois". Le même chroniqueur dit aussi que l'on prêtait à celui-ci les intentions les plus hostiles à l'égard de Paris, qui devait, paraît-il être livré à la merci de ses gens de guerre, attendu, d'après les bruits en circulation, qu'il avait le dessein de raser de fond en comble la ville de Paris, "habitée par des gens très chrétiens, chose difficile à croire".
  Lorsque l'on rapproche le récit de Fauquembergue de celui de l'auteur du Journal d'un bourgeois de Paris, l'on est frappé de la modération avec laquelle notre greffier parle de Jeanne d'Arc, en regard des expressions méprisantes qu'emploie le chroniqueur parisien, qui représente l'héroïne française comme "une créature qui estoit en forme de femme, que on nommoit la Pucelle, qui s'estoit, Dieu le scet". C'est en termes très mesurés que Fauquembergue mentionne la capture de Jeanne d'Arc par les Bourguignons sous les murs de Compiègne ; à la marge de son registre, il a inscrit les mots : captio Puelle, mots accompagnés d'un croquis informe, à la plume, qui aurait la prétention de figurer la tête de Jeanne d'Arc.
Le procès et la mort de Jeanne d'Arc, brûlée comme hérétique et relapse à Rouen, sont rapportés naturellement dans le sens anglo-bourguignon, mais sans passion ; il atténue même la sécheresse voulue de sa relation officielle par des réflexions personnelles où se mêlent certains accents de pitié. Le narrateur fait appel à la miséricorde divine pour l'âme de Jeanne d'Arc qui, sur le bûcher, donna des témoignages de repentir : "Deus sue anime propitius et misericors".

  Tel est à grands traits, le Journal de Clément de Fauquembergue. Félibien, comme pour le Journal de Nicolas de Baye, en a donné d'importants extraits dans ses "Preuves de l'histoire de Paris" ; Jules Quicherat lui a consacré une notice  et en a réuni quelques fragments dans son recueil sur le procès de Jeanne d'Arc. Alexandre Tuetey en a donné l'édition complète en trois volumes chez Renouart de 1903 à 1908.
  Clément de Fauquembergue, comme l'a dit justement Quicherat, est un modéré. Après la mort de Charles VI, il se rallia à la faction bourguignonnne, qui avait déjà ses préférences : ce fut sans doute par devoir ou par nécessité. Bien que toujours respectueux en la forme, on devine qu'il n'aimait pas les Anglais ; les relations entre le régent et la capitale furent du reste assez tendues.
  Lorsque maitre Clément quitta son poste, il le fit sans regret, presqu'avec  soulagement. Il écrivait, en effet, à la date du 17 septembre 1435 : "Conticui tandem, et hic facto fine, quievi ab exercitio hujus officii. Deo gratias." Il partit de Paris le 3 octobre. Ses clercs se partagèrent la besogne ; les  séances du Parlement de Paris furent du reste très rares en 1436, et cessèrent même complètement en avril. Elles ne reprirent régulièrement qu'au mois de décembre, et  le greffier civil fut alors Jean de Blois.

                         

Chapitres :


1429
- Chap. 10 mai
- Chap. 14 juin
- Chap. 18 juin
- Chap. 19 juillet
- Chap.
25 juillet
- Chap. 3 août
- Chap. 26 août
- Chap. 7 septembre
- Chap. 8 septembre

1430
- Chap. 25 mai

1431
- Chap. 30 mai

                                                 


Source : Bulletin de la société de l'histoire de France, T33, 1896 (MM.Tuetey et Lacaille)
- "Journal de Clément de Fauquembergue" - MM.Tuetey et Lacaille - 1903 à 1909.

Notes :
1 Jules Quicherat note de même dans les "Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne la Pucelle", t.IV , que la rédaction de Clément de Fauquembergue est celle d'un modéré "Plus d'une fois il atténue, par des réflexions en latin, la dureté officielle de sa rédaction. Son dernier mot pour Jeanne d'Arc est une prière pour son salut".



Les chroniques

Index


Les chroniqueurs "français" :
- la geste des nobles français
- la chronique de la Pucelle
- le journal du siège d'Orléans
- la chronique de Jean Chartier
- la chronique de Perceval de Cagny
- la relation du greffier de La Rochelle
- la chronique de Tournay
- l'histoire de Charles VII de Thomas Basin
- la chronique du héraut d'armes Berri
- le registre delphinal de Thomassin
- la chronique de Richemont
- le miroir des femmes vertueuses
- la chronique fête du 8 mai
- l'abbréviateur du procès
- doyen de St-Thibaud de Metz

Les chroniqueurs "anglo-bourguignons" :
- La chronique de Monstrelet
- La chronique des Cordeliers de Paris
- Gilles de Roy
- Le Bourgeois de Paris
- La chronique de P. Cochon
- La chronique de Jean Wavrin
- La chronique de Chastellain
- Le registre du parlement de Paris
- Les mémoires de Lefèvre de Saint Rémi

Les chroniqueurs étrangers :
- la chronique de Windecke
- la chronique de Morosini
- les mémoires de Pie II



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