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La prinse des boulevers et bastille du bout du pont

l advint ung jour, après plusieurs grans escarmouches et prinses de plussieurs bastilles dudit siège, icelle Jehanne la Pucelle voulut passer la rivière de Loire à puissance devers la Soloigne pour besongner sur les Angloiz qui tenoient le siège au bout du pont d'Orléans. Lesquelz estoient logez aux Augustins et en boullevart et bastille du bout du pont, et à bateaux fist passer grand nombre de gens et presque tous les cappitaines dessus nommez, et iceulx dessenduz à terre vindrent au bout d'icellui pont où estoient logez environ de sept à huit cens Angloiz, lesquels ne saillirent aucunement dehors pour faire aucune escarmouche jucques à ce que icelle Jehanne la Pucelle, les cappitaines et autres gens se vouldrent retirer pource que il estoit presque soleil couchant.
  Et pour ce que iceulx Angloiz virent que on remontoit les bateaulx pour repasser la rivière, saillirent de l'ostel des Augustins et du bout du pont, et vindrent treffort charger sur les François, tant que icelle Jehanne la Pucelle et les cappitaines qui là estoient furent contrains d'eulx deffendre et vindrent charger sur iceulx Angloiz. Lesquelz estoient eslongnés de leurs forteresses bien environ le trait de trois erbalestes, et tellement qu'il en y ot plussieurs mors et prins et furent reboutez par les François en l'ostel des Augustins, lequel ils avoient fortiffié. Et d'icelle heure fut prins d'assault sur iceulx Angloiz, et se retraire du tout en boullevert et en la bastille du bout du pont, devant lesquelz boulleverts et bastille demourèrent toute la nuyt ladite Jeanne la Pucelle , le bastard d'Orléans, le sire de Raiz, le sire de Loré et plussieurs autres cappitaines, et le landemain au matin commença l'assault au boullevert dudit pont. Auquel boullevert et en la bastille estoient deux barons d'Angleterre, l'un nommé le sire de Moulins, et l'autre le sire de Bunnis ou Pounis, et ung escuier bien renommé de vaillance, nommé Guillaume Gassidal, lequel on disoit qu'il estoit gouverneur et conduiseur de tout icellui siège.
  Et estoient en iceulz boullevert et bastille environ de cinq à six cens Angloiz, lesquelz furent tout icelluy jour assailliz, les estandars tousjours sur le bort du fossé, et plussieurs foys aucuns estandars et gens de guerre dessendoient et montoient contre iceulx Angloiz à combatte main à main, et puis estoient reboutez par iceulx Angloiz en fossé, et tousjours disoit icelle Jehanne la Pucelle que chascun eust bon cœur et bonne espérance en Dieu, que l'eure s'aprouchoit que iceulz Angloiz seroient prins. Et icelle ung pou après midi navrée d'un vireton en icellui assault parmy l'espaulle, et ce non obstant oncques ne se voult retirer ne bouter hors dessus le bort d'icellui fossé. Et environ soleil couchant tout en ung moment entrèrent lesditz François ès fossez de toutes pars, et montèrent à mont en boullevert et le prindrent d'assault. Et furent mors lesditz sires de Moulins et Bommis, ledit Guillaume Glassidal et plussieurs autres, jucques au nombre de quatre cens ou environ et les autres prisonniers. Et celle nuyt logèrent ladite Jehanne la Pucelle et les cappitaines dessus nommez avec leurs gens d'icelui costé de la Soloigne, car ilz ne povoient pas retourner en ladite ville d'Orléans sinon par bateaulx, pour ce que les pontz estoient rompuz.

 

                                                         

  Or il advint qu'un jour, après plusieurs escarmouches et la prise de plusieurs bastilles, Jeanne la Pucelle voulut passer la Loire à puissance, du côté de la Sologne, pour en venir aux mains avec les Anglais qui tenaient le siège au bout du pont, et qui étaient logés aux Augustins et au boulevard et à la bastille au bout du même pont.  Elle fit passer en bateau un grand nombre d'hommes d'armes, parmi lesquels presque tous les capitaines ci-dessus nommés. Descendus à terre ils virent, vers le bout du pont, de sept à huit cents Anglais, lesquels ne saillirent aucunement pour faire des escarmouches, jusqu'à ce que les Français voulurent se retirer, parce qu'il était presque soleil couchant.
  Les Anglais, les voyant remonter sur les bateaux pour passer la rivière, sortirent des Augustins et du bout du pont, et vinrent charger très fort les Français, si bien que la Pucelle et les capitaines qui se trouvaient autour d'elle furent contraints de se défendre et revinrent sur les Anglais qui étaient éloignés de leurs bastilles d'environ deux traits d'arc. Ils les repoussèrent si fortement, qu'ils en tuèrent et en prirent plusieurs, et que le couvent des Augustins, que les Anglais avaient fortifié, fut emporté d'assaut, et que les Anglais se réfugièrent ès boulevard et bastilles du bout du pont, devant lesquels demeura toute la nuit Jeanne la Pucelle, avec les sires de Loré et de Rais, le bâtard d'Orléans et plusieurs autres capitaines. Le lendemain commença au matin l'assaut contre le boulevard du pont. Dans la bastille se trouvaient deux barons d'Angleterre, nommé l'un le sire de Molins, l'autre le sire de Pomins, et un écuyer bien renommé pour sa vaillance, nommé Guillaume Glacidas, qu'on disait tout conduire et tout gouverner au fait du siège.
  Le boulevard et la bastille renfermaient environ de cinq à six cents Anglais, qui durant le jour tout entier eurent à tenir tête à l'assaut qui leur était donné. Les étendards flottaient toujours sur les bords du fossé; plusieurs fois des gens de guerre avec leurs bannières descendaient dans le fossé, montaient jusqu'aux Anglais, combattaient main à main, et étaient ensuite rejetés au fossé par les Anglais. Jeanne disait toujours que chacun devait avoir bon coeur et bonne espérance en Dieu, et que l'heure approchait où les Anglais seraient pris. En cet assaut, Jeanne, un peu après midi, fut blessée à l'épaule d'un coup de vireton, et, ce nonobstant, elle ne voulut jamais se retirer ni s'éloigner des bords du fossé. Environ le soleil couchant, tout en un instant, les Français entrèrent de toutes parts dans le fossé, grimpèrent le long des parois du boulevard et le prirent d'assaut. Trouvèrent la mort les seigneurs de Molins, de Pomins, Glacidas et plusieurs autres, jusques au nombre de quatre cents environ; le reste fut fait prisonnier. Cette nuit logèrent du côté de la Sologne la Pucelle et les autres seigneurs déjà mentionnés, ainsi que leurs gens, parce que, les ponts étant rompus. L'on ne pouvait rentrer dans la ville qu'en bateau.


                                                 

Source : "Chronique de Charles VII par Jean Chartier" - Vallet de Viriville - 1868.
Mise en Français plus moderne : J.-B.-J. Ayroles "La vraie Jeanne d'Arc - t.III.

Notes (Vallet de Viriville) :
1 L'Ascension le 5 mai. La veille doit donc être le 4.

2 Le 5 mai.

3 Ce conseil eut lieu le 5 mai.

4 Le fameux Gilles de Rais. Il fut exécuté en 1440 pour ses crimes.

5 Guillaume Cousinot, auteur de la Geste des Nobles.

6 Dites

7 De céler, tenir secret.

8 Paris.





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