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23 octobre 2019  

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La chronique de Morosini
Lettre 12 - index

nsuite (1) nous sûmes, par le courrier ou par la valise qui vint de Bruges, du 9 août 1429, que le Dauphin avait été avec la damoiselle à trois lieues (3) près de Paris (2), mais que pourtant on n'a pas encore (4) nouvelle qu'il soit entré dans Paris (5), mais (6) qu'il a bien été oint roi des parties de France (7). Ce qui s'ensuivra (8) nous le saurons plus tard (9).

     

                                                       

XII (page 106, f° 508). (*)

  Apreso avesemo per lo fante over per la scarsela vene da Broza de dy viiii° avosto de 1429 lo Dolfin [è] stado con la damixela apreso a Paris a lige tre, ma pur non se a ancora quelo sia intrado in Paris, ma bem eser sta onto Re de le parte de Franza.   Ma quelo seguirà per avanti averemo de nuovo.


                               
                  


Source : Les textes originaux (en vert) sont ceux publiés par J.B.J Ayroles dans " La vraie Jeanne d'Arc" - tome III "La libératrice", p.567 et suivantes (ndlr : avec quelques petites corrections au vu du texte de Germain-Pontalis).
Les notes d'érudition sont celles de Germain Lefèvre-Pontalis, parues dans "Chronique d'Antonio Morosini", t.III (1898), p.66 et suivantes, accompagnées de la traduction de Léon Dorez.
Toutes les notes sont référencées mais les références ne sont pas toujours mentionnées ici pour plus de clarté.

Notes :
1 Entre le 12 et le 17 septembre 1429.

2 Ces nouvelles, parties de Bruges le 9 août, expriment ce qu'on connaissait alors en Flandre des faits survenus dans la région de Paris au cours des premiers jours d'août. L'information ici recueillie semble admettre que, depuis le sacre de Reims, signalé par la lettre précédente et confirmé par la suite immédiate de ces mêmes nouvelles, depuis l'entrée à Soissons annoncée par la lettre précédente, la marche de l'armée royale se serait continuée sans interruption jusqu'en vue de Paris, à trois lieues de Paris comme le porte la propre fin de cette phrase. — En réalité, dans ces premiers jours d'août, l'armée royale, non pas en marche sur Paris, mais en pleine retraite sur la Loire, ayant quitté Soissons et retraversé la Marne à Château-Thierry, se trouve du 2 au 6 août vers Provins ou aux alentours, à vingt-six lieues de Soissons, à seize lieues de Château-Thierry, dans la direction du sud, à portée du passage de la Seine et des routes qui ramènent vers les provinces du centre.

3 « A trois lieues de Paris. » Au pied de la lettre, en considérant les routes d'accès plausible, il faudrait entendre, par exemple, quelqu'un des lieux suivants. — Ou bien, sur les routes venant de Soissons par le nord, Gonesse, au cœur des plaines du pays de France proprement dit, vers les approches de Saint-Denis, Saint-Denis désigné avec insistance par la lettre précédente comme objectif préalable de l'armée ? — Ou bien, sur les routes venant de Château-Thierry par une direction plus infléchie vers l'est, Chelles, dans la vallée de la Marne même ? — Ou bien, sur les routes venant de Provins, plus vers l'est encore, la Queue-en-Brie, vers la région où se tient alors même la Pucelle avec le roi ? — A Provins même ou aux alentours, l'armée royale, du 2 au 6 août, n'est matériellement qu'à vingt lieues environ de Paris. Un déplacement qu'elle exécutera le 4 ou le 5, à la rencontre des troupes anglaises, dont on annonce l'arrivée, portera les forces françaises, pour quelques heures, à Nangis, dans la direction de Melun, les rapprochant à quinze lieues seulement de Paris. — Le lieu le plus voisin de Paris dont la soumission soit alors acquise (ci-dessus, p. 196, n. 6) paraît être Crécy-en-Brie, entre Coulommiers et Meaux, à dix lieues passées de l'enceinte parisienne et de la porte Saint-Antoine.

4 Entrée le 23 juillet à Soissons (voir lettre précédente), l'armée royale y a séjourné « deux ou trois jours ». (Chartier, ch. XLIX, t. I, p. 98; cf. Chron. de la Pucelle, ch. LIX, p. 323-324.) Assertion que viennent confirmer les indications qui ont pu être relevées sur sa première étape ultérieure susceptible d'être observée. (Voir ci-après, au cours de cette même noté.) — Mais ce n'est pas en avant, soit dans la direction attendue de Compiègne, ville déjà à demi soumise, soit droit sur Paris par les plaines du Valois, par Crépy et Senlis, que se dessine le mouvement. — C'est dans une tout autre aire de route, rabattant brusquement droit au sud, en retraite dès ce moment, à ce qu'il semble, vers les contrées de la Loire, et en marche, par le massif du Tardenois, d'abord vers Château-Thierry et son pont de la Marne. — Le mardi 26 ou le mercredi 27, l'armée est parvenue au bourg de Coincy, en Tardenois, au delà de la profonde coupure de la vallée de l'Ourcq, à une étape, — à sept lieues, — de distance de Soissons. (Lettre de Charles VII portant nomination de Saintrailles à la charge de grand écuyer de France, en date de Coincy, le 27 juillet 1429, dans P. Anselme, Hist. généal., t. VII, p. 92, t. VIII, p. 488.) — Le vendredi 29, l'armée, à trois lieues au delà de Coincy vers le sud, est « tout le jour » sous les murs de Château-Thierry, qui, le soir, « au vespre », ouvre enfin décidément ses portes. (Cagny, 29 juillet, Procès, t. IV, p. 20; cf. Monstrelet, l. II, ch. lxiv, t. IV, p. 340.) On y séjourne jusqu'au lundi 1er août, dans une dernière pensée d'atermoiement peut-être. (Cagny, 1er août, Procès, t. IV, p. 20 ; Lettres de Charles VII au bailli de Chaumont accordant exemption d'impôts au village de Domremy, en date de Château-Thierry, 31 juillet 1429, dans Jollois, Hist. de Jeanne d'Arc, Pièces just., B, p. 138, cf. Procès, t. V, p. 138-139.)

5 Le lundi 1er août, l'armée royale, décidément, a quitté Château-Thierry. (Cagny, 1er août, Procès, t. IV, p. 20.) Dès lors, la retraite, déguisée peut-être jusque-là, s'accentue, s'avoue, devient fébrile. Les gens de Compiègne, toujours décidés à la soumission, ont essayé en vain de joindre le roi à Château-Thierry pour négocier l'offre de leur ville : ils trouvent le camp levé. (De l'Epinois, Arch. commun, de Compiègne, p. 483.) Tournant le flanc, bientôt le dos à Paris, traînant à sa suite Jeanne désespérée, le roi revient droit sur la Loire. Passant la Marne sur le pont de Château-Thierry, coupant toute la largeur de la Brie entre Marne et Seine, l'armée, ce même lundi 1er août, prend son gîte à Montmirail (Cagny, loc. cit.); le lendemain mardi 2, elle atteint Provins (Cagny, 2 août, Procès, t. IV, p. 21), Provins à portée du pont de Seine de Bray, au-dessus de Montereau, passage convoité qui va reporter le roi et son entourage vers les provinces du centre, vers la paix tranquille et propice aux négociations dilatoires. Le séjour du roi se prolonge, à Provins même ou aux alentours, jusqu'au 5 ou jusqu'au 6 août. (Cagny, 5, 7 août, Procès, t. IV, p. 21.)

6 Après le triomphe du sacre de Reims, quelles influences désastreuses, quelles connivences criminelles de conseillers sans foi, ou bien quelle courte vue, quelle crédulité dans les néfastes négociations en cours, engagées à Reims le jour même du sacre, ont pu rejeter ainsi Charles VII hors de sa voie, la voie où ses intérêts de prince, aussi bien que son sens religieux, devaient le maintenir obstinément, fidèle à une simple et énergique confiance dans la Pucelle et dans son œuvre ? — A quel moment exact, en ces lamentables journées, convient-il de rattacher la signature de ce premier armistice de quinze jours conclu avec le duc de Bourgogne, armistice comportant, dans l'intervalle, la remise de Paris aux mains du roi ? (Sur la nature de cet armistice général, différent des trêves locales en cours depuis 1421, entre France et Bourgogne, voir ci-après, p. 208, n. 1.) — Pacte déplorable, qui se révèle comme récemment signé et en pleine vigueur encore au jour du 5 août, date où la Pucelle le dénonce, avec une sourde colère, dans une lettre douloureuse qu'elle adresse à la cité de Reims. (Lettre de Jeanne d'Arc à la cité de Reims, en date du 5 août : Henri Jadart, Jeanne d'Arc à Reims, Pièces just., n. 14, p. 104-105, et Procès, t. V, p. 139-140.) Cette convention désastreuse se trame-t-elle dès Soissons, aux dernières heures du séjour du roi, après l'instant où la marche sur Compiègne semble encore décidée, où le plan de campagne offensive paraît toujours le seul en faveur ? Est-ce là, dès Soissons, que cette trêve devient la cause déterminante de la retraite ? Ne se conclut-elle qu'à Château-Thierry, le 30 ou le 31, pendant cet arrêt de deux longues journées qu'on pressent chargé d'incertitudes ? Enfin, se décide-t-elle seulement à Provins même, entre le 2 et le 5 août, à la veille du mouvement qui doit ramener l'armée en deçà de la Seine ? — Quelles sont les clauses et les conditions de cet accord trompeur, et en quoi consiste cette vague promesse de faire remettre Paris au roi dans le délai de quinze jours ? — Autant d'énigmes irritantes qui semblent bien, actuellement du moins, insolubles encore.

7 Toujours est-il que le bruit de cette retraite subite, de cette brusque défaillance, immédiatement répandu dans les régions qui viennent de retourner avec tant de risques à la cause nationale, émeut profondément les nouveaux adhérents de la cause française. Le 3 août, la cité de Reims, au reçu des nouvelles qui lui parviennent, — par conséquent, sans doute, au moins à l'annonce du départ de Château-Thierry, qui a eu lieu le 1er, — la ville de Reims, épouvantée des représailles anglaises dont cet abandon la menace, décide d'envoyer un message au roi. « On a entendu qu'il vuelt delaissier son chemin à Paris et aussi sa poursuitte, qui porroit estre la destruction du pais. » (Henri Jadart, Jeanne d'Arc à Reims, Pièces just., n° 19, p. 118; Varin, Archives législatives de la ville de Reims, Statuts, t. I [annot. du doc. n° XXI], p. 741.) Le lendemain 4 août, Reims avertit anxieusement Châlons et Laon que « on a entendu que le Roy vuelt prendre son chemin à Orléans et Bourges, en esloingnant et delaiant sa poursuitte, » et qu'on lui a envoyé un message pour le supplier de ne pas abandonner ses nouvelles conquêtes. (Henri Jadart, loc. cit.; Varin, Ibid., p. 742.)

8 Cette halte du roi et de l'armée à Provins a suggéré au duc de Bedford un plan d'offensive audacieux. Rentré dans Paris le 25 juillet avec les troupes du cardinal d'Angleterre et celles qu'il a pu rassembler lui-même en Normandie, Bedford, seul et sans le cardinal reparti le 3 août pour Rouen, a quitté de nouveau Paris, dès le jeudi 4 août, remontant la Seine par Corbeil et Melun, à la rencontre des forces françaises, qu'il sait en Brie. (Journal de Clément de Fauquembergue, 3, 4 août, Procès, t. IV, p. 453, — date du 4 à adopter, malgré la mention de la Chron. des Cordeliers, qui place [fol. 487 r°] au 3 le départ de Bedford de Paris.) — Au bruit de cette nouvelle, l'armée royale, de Provins, s'est portée sur la route de Paris jusqu'à Nangis, à cinq lieues de marche, et a attendu, rangée en bataille, la Pucelle reprenant espoir, l'apparition souhaitée de l'ennemi. (Chartier, ch. L, t. I, p. 98-99; Journal du siège, entre 17 juillet et 31 août; Chron. de la Pucelle, ch. LIX, p. 324-325.) La date de ce mouvement ne peut, de toute nécessité, être antérieure au 4, jour qui vient d'être assigné au départ de Bedford de Paris, ni postérieure au 5, les indications acquises, et sur le séjour de l'armée royale à Provins, et sur sa première étape ultérieure connue, fixant de toute nécessité sa sortie de Provins au 5 ou 6 août au moins. (Cagny, 5, 7 août, Procès, t. IV, p. 21.) — L'ennemi n'ayant pas paru (Chartier, Journal du siège, Chron. de la Pucelle, loc. cit.), la retraite se décide plus âprement encore. (Sur les dispositions du conseil du roi et du parti des négociations : Chartier, ch. LI, p. 99-100; Journal du siège, entre 17 juillet et 31 août; Chron. de la Pucelle, ch. LIX, p. 325.) La ville de Bray-sur-Seine, où il y a « bon pont », au-dessus de Montereau, à quatre lieues au sud de Provins, vient de faire sa soumission et a promis passage. (Chartier, Journal du siège, Chron. de la Pucelle, loc. cit.) Par son pont, qu'on croit gardé contre toute surprise, toute l'armée doit défiler, le 5 ou le 6 août au matin, pour gagner l'angle de pays entre Seine et Tonne, passer l'Yonne vers Sens, puis rentrer par Montargis et Gien dans les paisibles châteaux du centre. (Sur le fait du projet de passage, voir Chartier, Journal du siège, Chron. de la Pucelle, loc. cit.; sur la date, voir établissement de la date de la journée de Nangis au 4 ou 5 août : ci-dessus, même note ; sur l'itinéraire projeté, voir l'indication des étapes de l'armée lors de la seconde retraite, effective cette fois, opérée en septembre suivant : ci-après, lettre en date du 13 septembre 1429.)

9 Ainsi, par ce lamentable aveu d'impuissance, dans le plan des politiques et des diplomates qui ont pris avantage sur le roi, se serait terminée cette prodigieuse épopée, au moment même où le sentiment public, éloquemment traduit dans la naïveté de cette correspondance, croyait Jeanne d'Arc et Charles VII « à trois lieues de Paris », continuait à supposer l'armée royale courant de ville en ville sur la capitale, les portes s'ouvrant à la simple sommation de la Pucelle, dans un déchaînement d'enthousiasme qui défiait tout calcul. Ainsi était menacé d'avorter, par quelque basse coalition d'intérêts personnels, cet élan sans pareil que les nations ne trouvent qu'une fois sur leur route.

Notes :
* Le premier chiffre indique la pagination de la copie de Venise, le second les folios de l'original de Vienne.





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