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23 octobre 2019  

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Procès de condamnation - la cause de relaps
Citation à comparaître et sentence - 30 mai 1431

tem, le lendemain, savoir le mercredi dernier jour de mai, Jeanne fut citée par nous au dit jour de mercredi pour entendre la sentence de droit, par le ministère de l'huissier délégué dans la cause, ainsi qu'il résulte plus à plein de la teneur de nos lettres et de la relation de l'huissier. Voici le texte de ces lettres.

Teneur de la citation :

  "Pierre, par la miséricorde divine évêque de Beauvais, et Jean Le Maistre, vicaire de l'insigne docteur, maître Jean Graverent, député par le saint-Siège apostolique, inquisiteur de la foi et de la perversité hérétique au royaume de France, à tous les prêtres publics, recteurs d'églises établis en cette ville de Rouen ou ailleurs dans ce diocèse, à tous et à chacun d'eux, en tant que requis, salut en Notre Seigneur.
  Pour certaines causes et raisons, ailleurs plus amplement déclarées, une femme, nommée vulgairement Jeanne La Pucelle, relapse en maintes erreurs contre la foi orthodoxe, après avoir à la face de l'Église publiquement abjuré ces dites erreurs, y est retombée, comme il fut constaté et comme on le constate dûment et suffisamment, tant de ses confessions et assertions qu'autrement.
  C'est pourquoi nous mandons et enjoignons expressément à tous et à chacun de vous, selon qu'il en sera requis, l'un n'attendant point l'autre, ni ne s'excusant l'un sur l'autre, de citer ladite Jeanne à comparaitre personnellement devant nous, demain, à 8 heures du matin, au Vieux-Marché de Rouen, pour se voir par nous déclarer relapse, excommuniée et hérétique, avec intimation à elle faite accoutumée en tels cas.
Donné dans la chapelle du manoir archiépiscopal de Rouen, le mardi 29 mai, l'an du Seigneur 1431, après la fête de la Trinité de Notre Seigneur.
"
Ainsi signé : G. MANCHON. G. BOISGUILLAUME.

Item s'ensuit la teneur de la relation de l'exécution relative à la précédente citation :

  "A révérend père et seigneur en Christ, monseigneur Pierre, par la miséricorde divine évêque de Beauvais, et à frère Jean Le Maistre, vicaire de l'insigne docteur, maître Jean Graverent, député par le Saint-Siège apostolique au royaume de France comme inquisiteur de la foi et de la perversité hérétique, votre humble Jean Massieu, prêtre, doyen de la chrétienté de Rouen, révérence due, avec toute obéissance et honneur.
  Sachent vos révérendes paternités que je, en vertu de votre mandement à moi adressé, et auquel mes présentes sont annexées, j'ai cité personnellement certaine femme, vulgairement nommée La Pucelle, à comparaître en personne, devant vous, ce jour de mercredi, après la Sainte-Trinité de Notre Seigneur, à 8 heures du matin, au Vieux-Marché de Rouen, selon la forme et teneur de votre mandement, suivant ce que vous m'aviez mandé de faire. Lesquelles choses par moi ainsi faites, je les signifie à vos révérendes paternités par ces présentes, signées de mon sceau.
"
Donné l'an du Seigneur 1431, cedit mercredi, 7 heures du matin.

   

  Ensuite, ce même jour, vers la neuvième heure du matin, nous juges susdits, nous trouvant au Vieux-Marché de Rouen, près l'église Saint-Sauveur, présents et assistant à ce, révérends pères en Christ messeigneurs les évêques de Thérouanne et de Noyon (1), maîtres Jean de Châtillon, André Marguerie, Nicolas de Venderès, Raoul Roussel, Denis Gastinel, Guillaume Le Boucher, Jean Alespée, Pierre de Houdenc, Guillaume Haiton, le prieur de Longueville, Pierre Maurice, et plusieurs autres seigneurs et maîtres et gens d'Église (2) ; fut amenée ladite Jeanne par devant nous, sous les yeux du peuple qui se trouvait réunit audit lieu en grande multitude : on la plaça sur un échafaud ou ambon.
  Et pour l'admonester salutairement et édifier le peuple, solennelle prédication fut faite par l'insigne docteur en théologie, maître Nicolas Midi. Il prit pour thème la parole de l'Apôtre, chapitre 12 de la première épitre aux Corinthiens : "Si quid patitur unum membrum, compatibur alia membra... Si un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui."
  Cette prédication finie, de nouveau nous admonestâmes cette Jeanne de pourvoir au salut de son âme, de songer à ses méfaits, de faire pénitence et de montrer vraie contrition. Et nous l'exhortâmes à croire le conseil des clercs et notables personnes qui l'instruisaient et l'enseignaient touchant son salut ; et spécialement à suivre le conseil de deux vénérables frères Prêcheurs (3), qui se tenaient alors près d'elle, et que nous lui avions commis pour l'instruire sans relâche et lui prodiguer, dans leur zèle, salutaires admonitions et salutaires conseils.
  Cela fait, nous, évêque et vicaire susdits, eu égard à ce qui précède, et par quoi il appert que cette femme, par témérité obstinée, ne s'est jamais départie de ses erreurs et de ses abominables crimes ; bien plus, considérant qu'elle s'est montrée mille fois plus damnable par la malice diabolique de son obstination, en feignant fausse contrition, en simulant perfidement pénitence et repentir, avec parjure du saint nom de Dieu et blasphème de son ineffable Majesté ; qu'ainsi elle s'est déclarée obstinée, incorrigible et hérétique, relapse en hérésie, absolument indigne de toute rémission et de la
communion (4) que nous lui avions miséricordieusement offerte auparavant ; attendu toutes et chacune des choses à considérer en cette affaire, après mûre délibération et conseil de nombreuses et savantes personnes, nous avons procédé à la sentence définitive en ces termes :

   

Sentence définitive :

  "Au nom du Seigneur, amen. Toutes les fois que le venin pestilentiel de l'hérésie s'attache obstinément à un des membres de l'Église, et le transfigure en un membre de Satan, il faut veiller avec un soin diligent afin que la contagion néfaste de cette pernicieuse souillure ne s'insinue à travers les autres parties du corps mystique du Christ. Aussi les décrets des saints pères ont-ils prescrit qu'il fallait que les hérétiques endurcis fussent séparés du milieu des justes, plutôt que de laisser réchauffer dans le sein de notre pieuse mère Église ces vipères pernicieuses, pour le grand péril des autres fidèles.
  C'est pourquoi nous, Pierre, par la miséricorde divine évêque de Beauvais et frère Jean Le Maistre, vicaire de l'inquisiteur de la perversité hérétique, et spécialement député par lui en cette cause, juges compétents en cette partie, nous avons déclaré par juste jugement que toi, Jeanne, vulgairement dite la Pucelle, tu es tombée en des erreurs variées et crimes divers de schisme, d'idolâtrie, d'invocation de démons, et plusieurs autres nombreux méfaits. Cependant, comme l'Église ne ferme pas son giron à qui revient à elle, estimant qu'avec une pensée pure et une foi non feinte tu t'étais détachée de ces erreurs et crimes, puisque, certain jour, tu as renoncé à eux, tu as fait serment en public, tu as fait voeu et promesse de ne jamais retourner jamais aux dites erreurs ou à quelque hérésie, sous aucune influence ou d'une manière quelquonque ; mais plutôt, de demeurer indissolublement dans l'unité de l'Église catholique et la communion du pontife romain, ainsi qu'il est plus amplement contenu dans la cédule souscrite de ta propre main ; attendu que par la suite, après cette abjuration de tes erreurs, l'auteur du schisme et de l'hérésie a fait irruption dans ton cœur qu'il a séduit, et que tu es retombée, ô douleur ! dans ces erreurs et crimes, tel le chien qui retourne à son vomissement, ainsi qu'il résulte suffisamment et manifestement de tes aveux spontanés et de tes assertions, nous avons reconnu, par des jugements très fameux que, d'un coeur feint plutôt que d'un esprit sincère et fidèle, tu as renié de bouche seulement tes précédentes inventions et erreurs :
  Par ces motifs, nous te déclarons retombée dans tes anciennes erreurs, et, sous le coup de la sentence d'excommunication que tu as primitivement encourue, nous jugeons que tu es relapse et hérétique ; et par cette sentence que, siégeant en ce tribunal, nous portons en cet écrit et prononçons, nous estimons que, tel un membre pourri, pour que tu n'infectes pas les autres membres du Christ, tu es à rejeter de l'unité de ladite Église, à retrancher de son corps, et que tu dois être livrée à la puissance séculière ; et nous te rejetons, te retranchons, t'abandonnons, priant que cette même puissance séculière (5) modère envers toi sa sentence, en deçà de la mort et mutilation des membres : et si de vrais signes de repentir apparaissent en toi, que le sacrement de pénitence te soit administré". (6)

                                                                            *
                                                                      *         *

  Et je, Guillaume Colles, autrement dit Boisguillaume, prêtre du diocèse de Rouen, notaire public par autorité apostolique et notaire de la cour archiépiscopale de Rouen et notaire juré dans ce procès avec plusieurs autres, j'affirme que la collation de ce présent procès a été dûment faite sur le registre original contenant 111 feuillets ; et c'est pourquoi, j'ai signé de mon seing manuel cette présente copie du procès au bas de chaque feuillet. Et ici j'ai soussigné de ma main, en témoignage de vérité.
BOISGUILLAUME.      

  Et je, Guillaume Manchon, prêtre du diocèse de Rouen, notaire apostolique par autorité pontificale et impériale, notaire juré de la cour archiépiscopale de Rouen, notaire avec d'autres en cette cause, j'affirme avoir été présent avec les autres notaires souscrits à la collation dudit procès, que cette collation a été faite dûment sur le registre original du procès. C'est pourquoi, avec les autres notaires, j'ai souscrit de ma main ce présent procès et, ainsi que j'ai été requis, j'ai mis ici mon seing manuel.
G. MANCHON.               

  Et je, Nicolas Taquel, prêtre du diocèse de Rouen, notaire public par autorité impériale, notaire juré de la cour archiépiscopale de Rouen, et appelé à quelque moment dudit procès, affirme avoir vu et ouï faire, avec les autres notaires, la collation dudit procès sur le registre original du procès, que cette collation a été dûment faite. C'est pourquoi, avec les autres notoires, j'ai souscrit de ma propre main ce procès, et requis, j'ai apposé ici mon seing manuel.
N.TAQUEL.                      

  




                                                 


Sources : "Condamnation de Jeanne d'Arc" de Pierre Champion (1921), "Procès de Jeanne d'Arc" - E.O'Reilly (1868), "La minute française des interrogatoires de La Pucelle" - P.Doncoeur (1952)

Notes :
1 Louis de Luxembourg et Jean de Mailly.

2 Il est à remarquer que le Cardinal d'Angleterre Henri Beaufort n'est pas mentionné parmi les assitants. Néanmoins Ysambard de la Pierre témoignera en 1456 avoir vu pleurer le Cardinal d'Angleterre ce 30 mai 1431.

3 Ysambard de la Pierre et Martin Lavenu.

4 En contradiction totale avec les témoignages de la réhabilitation qui attestent que Jeanne a bien reçu la communion le jour de sa mort, avec l'accord de l'évêque de Beauvais ! (ndlr)

5 Le juge séculier n'a pas à connaître du délit, il n'est qu'un simple exécuteur. Aussi cette formule de remise à la justice séculière n'est qu'un artifice, le condamné est exécuté immédiatement. Depuis 1226, la peine était celle du feu pour les hérétiques mais il arrivait aussi qu'ils soient pendus. (P.Champion)

6 Dans le procès officiel apparait ensuite la sentence qui avait commencée à être lue à Jeanne lors de l'abjuration au cimetière St-Ouen le 24 mai. Nous avons replacée cette sentence à cette séance du 24 mai pour plus de compréhension.

7
Nicolas Loiseleur n'était pas le promoteur du procès. Il s'agissait de Jean d'Estivet.
L'un comme l'autre étaient d'ailleurs deux méprisables personnages.



Procès de condamnation en Français (1431)
- Index

Préliminaires :
- ouverture du procès
- séance du 9 janvier

- séance du 13 janvier
- séance du 23 janvier
- séance du 13 février
- séances des 14 au 16 fév.
- séance du 19 février
- séance du 20 février

Procès d'office :
séances publiques
- 1ère séance du 21 février
- séance du 22 février
- séance du 24 février
- séance du 27 février
- séance du 1er mars
- séance du 3 mars
- réunions du 4 au 9 mars
séances dans la prison
- séance du 10 mars
- séance du 12 mars
- séance du 13 mars
- séance du 14 mars
- séance du 15 mars
- séance du 17 mars
- réunion du 18 mars
- réunion du 22 mars
- séance du 24 mars
- séance du 25 mars

Procès ordinaire :
- réunion du 26 mars
- réquisitoire du 27 mars
- suite réquisitoire 28 mars
- séance du 31 mars
- réunion du 2 avril
- réunion du 5 avril - articles
- suite - délibération
- exhor. charit. du 18 avril
- admonition du 2 mai
- menace torture du 9 mai
- délibération du 12 mai
- délibération du 19 mai
- admonestation du 23 mai
- abjuration du 24 mai

La cause de relapse :
- constat relapse du 28 mai
- délibération du 29 mai
- citation du 30 mai

Actes postérieurs




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