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19 novembre 2018  

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Journal du siège d'Orléans - index
Février 1429

3 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 14 - 17 - 18 - 20 - 22 - 25 - 27

3 février :
e jeudy ensuivant, troisiesme jour de fevrier, yssirent d'Orléans le mareschal de Sainct Sévère, messire Jacques de Chabanes, La Hire, Couras, et plusieurs autres chevaliers et escuiers ; et coururent jusques au boulevart de Sainct Lorens. Pour quoy les Angloys crièrent aux armes, desployerent douze de leurs bannyeres, et se  mirent tous en bataille en leur ostz sans yssir de leurs boulevarts et barrières.
  Les François en fin de pièce voyans que leurs ennemys ne sailloient, s'en  retournèrent en belle ordonnance dedans leur cyté, sans autre chose faire.


                                                                            *
                                                                      *         *


5 février :
  Le samedy cinquiesme d'icelluy moys, vindrent au soir à porte fremans dedans Orléans vingt six combatans, très vaillans hommes de guerre et bien habillez, qui venoient de Sauloigne, et estoient au mareschal de Saincte Sévère ; lesquelz se portèrent très grandement, tant qu'ilz furent en la garnison.


                                                                            *
                                                                      *         *


6 février :
  Le lendemain jour de dimenche, environ vespres, saillirent d'Orléans le mareschal de Sainct Sévère, Chabanes, La Hire, Poton et Chailly, avecques deux cens combatans ; et furent courir jusques environ la Madeleine, là où ilz  trouvèrent le seigneur d'Escalles et trente combatans avecques luy, qui  recullèrent bien hastivement en leur ost et bastille de Sainct Lorens ; combien qu'en la fin furent là que tuez que prins quatorze Angloys.


                                                                            *
                                                                      *         *


7 février :
  Le lundy, septiesme jour d'icelluy moys, arrivèrent dedans Orléans messire Théaulde de Valpergue, messire Jehan de Lescot (1), gascon et autres ambassadeurs, qui venoient de parler au roy pour apporter les nouvelles du secours qui devoit venir lever le siège.

                                                                            *
                                                                      *         *


8 février :
  Le lendemain, jour de mardy, entrèrent dedans la ville  d'Orléans plusieurs très vaillans hommes de guerre et bien habillez, et entre les autres messire Guillaume Estuart ; frère du connestable d'Escosse, le seigneur de Gaucourt, le seigneur de Verduran, et plusieurs autres chevaliers et escuiers, acompaignez de mil combattans, tellement habillez pour faict de guerre que c'estoit une moult belle chose à veoir.
  Ce mesmes jour, arrivèrent de nuyt deux cens combattans qui estoient à messire Guillaume Le Bret (2) et peu après six vingtz autres estans à La Hire.

  [Environ ces jours, avoit une jeune pucelle nommée Jehanne, native d'un villaige en Barroys appelé Domprehemy, près d'un autre dit Gras soubz la seigneurie de Valcouleur. A laquelle gardant aucunes foys à l'entour de la maison de son père et de sa mère ung peu de berbis qu'ilz avoient, et autres foiz cousant et filant, s'apparut Nostre Seigneur plusieurs foiz en vision ; et luy  commanda qu'elle s'en allast lever le siège d'Orléans, et faire sacrer le roy à Rains, car il seroit avecques elle, et luy feroit par son divin ayde et force d'armes accomplir celle entreprinse. Pourquoi elle s'en alla devers messire Robert de Baudricourt (3), lors cappitaine d'icelle place de Vaucouleurs, et lui raconta sa vision, luy priant et requérant que pour le très grant bien et prouflit du roy et du royaume, il la voulsist habiller en habit d'homme, la monter d'un cheval et faire mener devers le roy, ainsi que Dieu luy avoit mandé aller. Mais pour lors, ne plusieurs jours après, ne la voulut croire ainçois ne s'en faisoit que mocquer et reputoit sa vision antasies et folles ymaginacions, combien que, cuidant faire servir ses gens d'elle en péché charnel, il la retint. A quoy nul d'eulx, ne autre après, ne la peurent oncques retourner : car si toust qu'ilz la regardoient fort, ilz estoient tous reffroidiz de luxure.]

                                                         

  [Vers ces jours, il y avait une jeune pucelle, nommée Jeanne, native d'un village en Barrois, appelé Domrémy, près d'un autre dit Gras (Greux), sous la seigneurie de Vaucouleurs, à laquelle, pendant qu'autour de la maison de son père et de sa mère elle gardait quelques brebis qu'ils avaient, ou d'autres fois pendant qu'elle cousait et filait, Notre-Seigneur apparut visiblement à plusieurs reprises. Il lui commanda d'aller faire lever le siège d'Orléans et de faire sacrer le roi à Reims, l'assurant qu'il serait avec elle, et que par son divin secours et par la force des armes il lui ferait accomplir pareille entreprise. C'est pourquoi elle alla vers messire Robert de Baudricourt, alors capitaine de Vaucouleurs, et lui raconta sa vision, le priant et le requérant que pour le très grand bien et profit du roi et du royaume, il voulût lui donner des vêtements d'homme, la monter d'un cheval et la faire mener vers le roi, ainsi que Dieu lui avait commandé d'aller. Mais il ne voulut la croire ni pour lors, ni pendant plusieurs des jours qui suivirent; il ne faisait au contraire que se moquer d'elle, réputant ses visions des fantaisies et de folles imaginations, quoiqu'il la gardât, dans la pensée qu'elle servirait à la lubricité de ses gens ; ce en quoi ni aucun d'eux, ni personne dans la suite, ne put se satisfaire ; car sitôt qu'ils la fixaient leur passion refroidie se dissipait.
]

                                                                            *
                                                                      *         *

9 février :
  Le mecredy, neufviesme jour du meisme moys, se deppartirent d'Orléans messire Jacques de Chabanes, messire Regnault de Fratames (4)   et le Bourg de Bar (5), acompaignez de vingt ou vingt-cincq combatans, voulans aler à Blois devers le conte de Clermont, mais ilz furent rencontrez sur le chemin par aulcuns Angloys et Bourguignons qui prindrent le Bourg de Bar, et l'emmenèrent prisonnier dans la tour de Marchesnoir, et les deux autres seigneurs se sauvèrent.
  Auquel jour arriva dedans la ville d'Orléans messire Gilbert de La Faiète (6), natif de Bourbonnois et mareschal de France, qui amena avecques lui trois cens, combatans.

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                                                                      *         *


10 février :
  Le lendemain qui fut jeudy, se partit d'Orléans le bastart d'Orléans, et deux cens combatans avecques lui, pour aler à Bloys devers le conte de Clermont, et messire Jehan Estuart (7), connestable d'Escoche, le seigneur de la Tour (8), baron d'Auvergne, le vicomte de Thouars (9), seigneur d'Amboise, et autres chevaliers et escuiers, acompaigniez, comme on disoit, de bien quatre mil combattans, tant d'Auvergne, Bourbonnois, comme d'Escosse, pour sçavoir d'eulx l'eure et le jour qu'il leur plairoit mectre assaillir les Angloys et faulx François, amenans de Paris vivres et artillerie à leurs gens tenans le siège.


                                                                            *
                                                                      *         *


11 février :

  Le vendredy, neufviesme [corrigé XI°] jour d'icelluy mois de février, se partirent aussi d'Orléans messire Guillaume d'Albret, messire Guillaume Estuart, frère du connestable d'Escosse, le mareschal de Sainct Sévère, le seigneur de Graville (10), le seigneur de Saincte Trailles,Poton son frère, La Hire, le seigneur de Verduran, et plusieurs autres chevaliers et escuiers, accompagniez de quinze cents combatans, et dedans eulx trouver et assemblez avecques le conte de Clermont, et les autres jà nommez, pour aler ou devant des vivres et les assaillir. Et celluy meisme jour se partit pareillement celluy conte de Clermont, et fit tant qu'il vint à tout sa compagnie en Beausse, à ung villaige nommé Rouvroy de Sainct Denis, qui est à deux lieues d'Ienville. Et quand ils furent tous assemblez, ils se trouvèrent de trois à quatre mil combatans, et ne s'en partirent jusques à l'endemain environ trois heures après midy.

                                                                            *
                                                                      *         *


12 février :

  Celluy jour du lendemain, qui fut le samedy douziesme jour de février, veille  des brandons, messire Jehan fascot, le bailly d'Évreux pour les Anglois, messire Simon Morhier (11), prévost de Paris, et plusieurs autres chevalliers et escuiers du pays d'Angleterre et de France, acompaigniez de quinze cens combatans, tant Anglois, Picards, Normans, que autres gens de divers pays, amenoyent environ trois cens que chariotz et charrettes, chargez de vivres (12) et de plusieurs habillemens de guerre, comme canons, arcs, trousses, traict et autres choses, les menans aux autres Angloys tenans le siège d'Orléans. mais quand ilz seurent par leurs espies la contenance des Françoys, et congnurent que leur intencion estoit de les vouloir assaillir ; ils s'encloyrent et feirent ung parc de leur charroy et de paulx aguz, en maniere de barrieres, lessant une seule longue et estroicte issue ou entrée, car le derrier de leur parc, ainsi clous de charroys, estoit large et le devant long et estroit : ouquel celle yssue ou entrée estoit tellement, que par là convenoit entrer, qui les vouloir assaillir. Et ce faict se mirent en belle ordonnance de bataille, actendans là vivre ou mourir ; combien que d'échapper n'avoient guères d'espérance, considérans leur petit nombre contre la multitude des Françoys, qui tous assemblez d'un commun accord, conclurent que nul ne descenderoit des chevaulx, sinon les archiers et gens de traict, qui en leur venue faisoient devoir de tirer.

  Aprez laquelle conclusion se mirent devant La Hire, Poton, Saulton, Canede, et plusieurs autres venans d'Orléans, qui estoient environ quinze cens combatans, qui furent advertiz que les Angloys amenans les vivres venoient à la file, non ordonnez et sans avoir nulle suspeccion d'estre surpris : par quoy ilz furent tous d'une oppinion qu'ilz les assauldroient ainsi qu'il venoient despourveuement. Mais le conte de Clermont manda plusieurs fois et par plusieurs messaiges à La Hire et autres, ainsi dispos d'assaillir leurs adversaires, qu'ilz trouveroient en eulx tant grant avantaige, et qu'ilz ne leur feissent aucun assault jusques à sa venue, et qu'il leur ameneroit de trois à quatre mil combatans moult desirans d'assembler aux Anglois. Pour l'honneur et amour duquel, ilz délaissèrent leur entreprinse à leur très grant desplaisance, et sur tous de La Hire, qui demonstroit l'apparance de leur dommaige, en tant que on donnoit espasse aux Anglois de eulx mectre et serrer ensemble, et avecques ce, de eulx fortiffier de paulx et de charrois. Et à la vérité La Hire et ceulx de sa compaignie partiz d'Orléans, estoient arrestez en ung champ au front et tant près des Angloys que très legièrement les avoient veuz, comme est dit, venir à la file et eulx fortiffier ; dolans à merveilles de ce qu'ilz ne les osoient assaillir, pour la defense et continuelz messaiges d'icellui conte de Clermont, qui tousjours s'approuchoit au plus qu'il povoit.

   

  D'autre part, porta aussi moult impacianment celle actente le connestable d'Escosse ; lequel estoit pareillement venu là près, à tout environ quatre cens combatans, où avoient de bien vaillans hommes. Et tellement que ainsi entre deux et trois heures après midi, approuchèrent les archiers et gens de traict françois de leurs adversaires, dont aucuns estoient jà sailliz de leur parc, qu'ilz contraignirent reculler très hastivement, et eulx bouter dedans par force de traictz, dont ilz les chargèrent tant espessement qu'ilz en tuèrent plusieurs ; et ceulx qui peurent reschapper, s'en rentrèrent dedans leur fortifficacion avecques  les autres. Pour quoy et lors quant le connestable d'Escosse veit qu'ilz se tenoient serrez et rengez ; sans monstrer semblant d'yssir, il fut par trop grant chaleur tant desirant de les vouloir assaillir ; qu'il despeça toute l'ordonnance qui avoit esté faicte de tous, que nul ne descendist. Car il se mist aprez, sans actendre les autres ; et à son  exemple, et pour luy ayder, descendirent aussi le Bastart d'Orléans, le seigneur d'Orval, messire Guillaume Estuart, Jean de Mailhac (13) ; seigneur de Chasteaubrun, viconte de Bridiers, messire Jehan de Lesgot, seigneur de Verduran, et messire Loys de Rochechouart (14), seigneur de Monpipiau et plusieurs autres chevalliers et escuiers, avecques environ quatre cens combatans sans les gens de traict, qui jà s'estoient mis à piet, et avoient reboutez les Angloys, et faict moult vaillamment ; mais peu leur valut car quand les Anglois virent que la grant bataille, qui estoit assez loing, venoit lachement et ne se joingnoit avecques le connestable et les autres de piet, ilz saillirent hastivement de leur parc, et frappèrent dedans les François estans à piet, et les mirent en desarroy et en fuite, non pas toutes fois sans grant tuerie, car il y mourut de trois à quatre cens combattans françois.
  Et oultre ce, les Angloys non saoullez de la tuerie, qu'ilz avoient faicte en la place devant leur parc, s'espendirent hastivement par les champs, chassans ceulx de piet tellement qu'on véoit bien douze de leurs estandars loing l'un de l'autre, par divers lieux, à moins d'ung traict d'arbaleste de la principal place où avoit esté la desconfiture. Par quoy La Hire, Poton et plusieurs autres vaillans hommes, qui moult enviz, s'en alloient ainsi honteusement, et s'estoient tirez ensemble près du lieu de la destrousse, rassemblèrent environ soixante ou quatre vingtz combatans qui les suivoient ; et frappèrent sur les Angloys ainsi espars, tellement qu'ilz en tuèrent plusieurs. Et certes se tous les autres François fussent ainsi retournez qu'ilz firent, l'onneur et le prouffit du jour leur fut demouré : combien que par avant avoient esté là mors et tuez plusieurs grans seigneurs, chevalliers, escuiers, nobles et vaillans cappitaines et chiefz de guerre et entre lesquelz furent tuez messire Guillaume d'Albret, seigneur d'Orval, messire Jean Estuart, connestable d'Escosse, messire Guillaume Estuart, son frère, le seigneur de Verduran, le seigneur de Chateausbrun, messire Loys de Rochechouart ; et messire Jehan Chabot, avecques plusieurs autres, qui tous estoient de grant noblesse et très renommée vaillance. Les corps desquelz seigneurs furent deppuis apportez à Orléans et mis en sépulture dedans la grant église, dicte Saincte Croix, là où se feist pour eulx beau service divin.

  De ceste bataille eschappa entre autres le bastart d'Orléans, obstant ce que dès le commencement av0it esté blécié d'ung traict au piet : par quoi deux, de ses archiers le tirèrent à très grant peine hors de la presse, le montèrent à cheval et ainsi le sauvèrent. Le conte de Clermont, qui ce jour avoit esté faict chevallier, ne toute la  grousse bataille ne firent oncques semblant de secourir les compaignons, tant parce qu'ilz estoient descenduz à  piet, contre la conclusion  de tous, comme aussi parce qu'ilz les véoient presque tous tuez devant eulx. Mais, si toust qu'ilz apperçurent que les  Angloys en estotent maistres, ils se mirent à chemin vers Orléans : en quoy ne firent pas honnestement, mais honteusement ; et ilz eurent assez espasse d'eux en aller, car les Angloys ne les chassèrent pas, obstant ce que la plus part d'eulx estoient à piet, et qu'ilz sçavoient les François estre plus grant nombre qu'ilz n'estoient. Combien que tout l'onneur et le prouffit de la victoire en demoura aux Angloys, dont estoit chef pour lors messire Jean Fascot (15); avecques lequel estoient aussi messire Thomas Rameston (16), qui pareillement avoit grant charge de gens d'armes.

  Ce mesme jour arrivèrent dedans Orléans, au soir bien tart, le conte de Clermont, le bastard d'Orléans, le seigneur de la Tour, le viconte de Thouars, le mareschal de Sainct Sevère, le seigneur de Graville, La Hire, Poton, et plusieurs chevaliers et escuiers françoys, qui venoient de la bataille, qui avoit esté ainsi perdue par faulte d'ordonnance. Combien que La Hire, Poton, et Jamet de Tilloy (17) entrèrent les derniers dedans ; car par l'ordonnunce de tous demourèrent tousjours à la queue des retournans, pour contregarder que ceulx des bastilles ne saillissent sur eulx, s'ilz sçavoient la desconfiture ; en quoy les eussent peu encores plus endommaiger que devant, qui ne s'en fust prins garde.

  [Cestui propre jour aussi, sceut Jehanne la Pucelle, par grace divine, ceste desconfiture, et dist à messire Robert de Baudricourt que le roy avoit eu grand dommaige devant Orléans, et auroit aincoires plus, s'elle n'estoit menée devers lui. Pour quoy Baudricourt qui l'avoit jà esprouvée et trouvée très sage et comme véritable, persévérant en ses premières requestes, la feit habiller en habit d'homme, ainsi qu'elle le requerit. Et pour la conduire luy bailla deux gentilzhommes de Champaigne, l'un nommé Jehan de Metz (18), et l'autre Bertrand de Polongy (19), qui moult envis le firent, pour les périllieux chemins. Mais elle les assceurant que jà n'auroyent nul mal, se mirent à chemin avecques elle, et deux de ses frères, pour aler devers le roy, qui estoit lors à Chinon.]

                                                         

  [Ce propre jour, Jeanne la Pucelle sut cette déconfiture par grâce divine; elle dit à messire de Baudricourt que le roi avait eu un grand dommage devant Orléans, et qu'il en aurait plus encore, si elle n'était pas menée devers lui. C'est ce qui détermina Baudricourt, qui l'avait déjà éprouvée, trouvée très sage, et croyait presque à ce qu'elle disait de ses visions. Comme elle persévérait toujours en ses premières requêtes, il la fit habiller en habits d'homme, ainsi qu'elle le demanda, et il lui donna pour la conduire deux gentilshommes de Champagne : l'un nommé Jean de Metz, et l'autre Bertrand de Polongy, qui s'y prêtèrent bien à contre-coeur, à cause des périls des chemins ; cependant, comme Jeanne leur assurait qu'ils n'auraient aucun mal, ils se mirent en route avec elle, et avec deux de ses frères, pour aller devers le roi qui était alors à Chinon.]

                                                                            *
                                                                      *         *


14 février :

  Le lundy aprez celle desconfiture, quatorziesme du mesmes moys de fevrier, fut par les Anglois estans de la garnison des Tournelles, gecté ung canon dont la pierra cheut dedans Orléans en l'hostel de la Teste Noire, en la rue des Hosteleries ; ouquel hostel elle feit grant dommaige et descendit en celle rue et tua trois personnes de la ville, l'un desquelz estoit marchant, nommé Jehan Turquoys.

                                                                            *
                                                                      *         *


17 février :

  Le jeudy ensuivant, dix septiesme jour d'icelluy mois, furent par messire Jehan Fascot et ses gens amenez en l'ost et siége des Angloys les vivres et autres habillemens de guerre qu'ilz avoient conduis depuis Paris, et ceulx aussi qu'ilz avoient conquestez en leur dernière desconfiture emprez Rouvray Sainct Denis, (que plusieurs ont deppuis nommée la bataille des Harans) ; contre lesquelz saillirent les François de la garnison et aucuns citoyens, pour leur courir sus, et gaigner les vivres et artillerie qu'ilz menoient. Mais toutesfois ne s'entretouchèrent point l'un l'autre pour cette fois.

   

  [Environ ces jours arriva dedans Chinon Jehanne la Pucelle et ceulx qui la conduisoient, fort esmerveillez commant ilz estoient peu arriver sauvement, veuz les perilleux passaiges qu'ilz avoyent trouvez, les dangereuses et grosses rivieres que ilz avoyent passées à gué, et le grant chemin qu'il leur avoit convenu faire, au long duquel avoyent passé par plusieurs villes et villaiges tenans le party Angloys, sans celles estans françoises, esquelles se faisoient innumerables maulx et pilleries. Par quoy lors louèrent Nostre Seigneur de la grâce qu'il leur avoit faicte, ainsi que leur avoit promis la Pucelle par avant. Et notiffièrent leur faict au roi, par devant lequel avoit jà esté traicté par plusieurs fois en sons conseil que le milleur estoit qu'il se retirast au Daulphiné, et le gardats avecques le pays de Lyonnois, Languedoc et Auvergne, au moins se on les povait sauver, se les Angloys gaignoyent Orléans ; mais tout fut mué, car il manda les deux gentilzhommes, et présent ceulx de son grant conseil, les fit interroguier du faict et estat de la Pucelle, dont ilz respondirent vérité. Et à celle occasion fut mis en conseil se on la feroit parler au roi ; à quoy fut conclud que ouy ; et de faict y parla, luy feit la reverence, et le cognut entre ses gens, combien que plusieurs d'eulx faignoyent, la cuidant abuser, estre le roy : qui fut grant apparence, car elle ne l'avoit oncques mès veu. Sy luy dist par moult belles paroles, que Dieu l'envoyoit pour luy ayder et scourir, et qu'il luy baillast gens, car par grâce divine et force d'armes, elle levroit le siège d'Orléans, et puis le menroit sacrer à Reims, ainsi que Dieu lui avoit commandé ; qu'il vouloit que lesAngloys s'en retournassent en leur pays et lui lessassent son royaume en paix, lequel lui devoit demourer ; ou s'ilz ne le lessoient, il leur en mescherroit.
  Ces paroles ainsy par elles dictes, la feit le roy remener honnorablement en son logis, et assembla son grant conseil, ouquel furent plusieurs prélatz, chevalliers, escuyers et chiefz de guerre, avecques aucuns docteurs en théologie, en lois et en decret, qui tous ensemble advisèrent qu'elle seroit interroguée par les docteurs, pour assaier se en elle se trouveroit évidente raison de povoir accomplir ce qu'elle disoit. mais les docteurs la trouvèrent de tant honneste contenance, et tant saiges en ses parolles, que leur relacion faicte, on en tint très grant compte. Pour quoy, et aussi parce que on trouva qu'elle avoit sceu véritablement le jour et l'heure de la journée des Harens, ainsi qu'il fut trouvé par les lettres de Baudricourt, qui avoit escript l'heure qu'elle lui avoit dict, elle estant aincorres à Valcouleur ; et depuis mesmes déclaré au roy en secret, présent son confesseur (20), et peu de ses secrets conseillers, ung bien qu'il avoict fait, dont il fut fort esbahy ; car nul ne le povoit sçavoir sinon Dieu et luy : fut conclud qu'elle seroit menée honnestement à Poictiers, tant pour la faire derechef interroguier et sçavoir sa perseverance, comme aussy affin de trouver argent, pour luy bailler gens, vivres et artillerie, pour assaier de ravitailler Orléans ; ce qu'elle sceut par grâce divine, car elle estant au milieu du chemin, dist à plusieurs : "En nom de Dieu, je sçay bien que je auray beaucoup affaire à Poitiers, où on me meine ; mais Messires me aydra ; or alons, de par Dieu !" car c'estoit sa manière de parler.
  Quand elle fut audict Poitiers, où estoit pour lors le Parlement du roy, diverses interrogacions lui furent faictes par plusieurs et autres gens de grant estat, à quoy elle respondit moult bien. Et par expecial à ung docteur Jacobin, qui lui dit que se Dieu vouloit que les Angloys s'en alassent, qu'il ne falloit point d'armes. A quoy elle respondit qu'elle ne vouloit que peu de gens qui combatroyent, et Dieu donroit la victoire. Pour laquelle responce, avecques plusieurs autres qu'elle avoit faictes, et la fermeté de ses premières promesses, fut conclud de tous que le roy se devroit fier en elle, et lui bailler vivres et gens, et l'envoyer à Orléans, ce qu'il fist. Et oultre la fit bien armer, et lui donne de bons chevaulx. Et voult et ordonna qu'elle eust un étendard (21), ouquel par le vouloir d'elle on fist paindre et mectre pour devise IHESUS MARIA, et une magesté. Le roy luy voulut donner une belle espée, elle luy pria qu'il luy pleust en envoyer quérir une, qui avoit en la lumelle cinq croix emprez la croisée, et estoit à Saincte Katherine du Fierbois. Dont le roy fut fort esmerveillé, et luy demanda s'elle l'avoit oncques veue. A quoy elle respondit que non : mais toutesfois savoit qu'elle y estoit. Le roi y envoya, et fut trouvée celle épée avecques autres, qui là avoient esté données le temps passé, et fut apportée au roy, qui la feist habiller et garnir honnestement. Et luy bailla pour l'accompagner ung bien vaillant et saige gentilhomme, nommé Jehan Daulon (22); et pour paige, et la servir en honneur, lui bailla ung autre gentilhomme nommé Loys de Contes (23). Combien que toutes ces choses déclairées en cestuy chappitre se firent à plusieurs foys et par divers jours ; mais je les ay ainsy couchées pour cause de briefté]

                                                         

  [Environ ces jours arrivèrent dans Chinon Jeanne la Pucelle, et ceux qui la conduisaient, fort émerveillés d'avoir pu arriver sains et saufs, vu les périlleux passages qu'ils avaient rencontrés, les dangereuses et grosses rivières qu'ils avaient traversées à gué, le grand chemin qu'ils avaient dû parcourir, au long duquel ils avaient passé par plusieurs villes et villages tenant le parti des Anglais sans parler des pays français, ès quels se commettaient d'innombrables maux et pilleries. C'est pourquoi ils louèrent Notre-Seigneur de la grâce qu'il leur avait faite, ainsi que la Pucelle le leur avait promis avant le départ. Ils notifièrent leur fait au roi, par devant lequel on avait déjà par plusieurs fois traité en conseil, si les Anglais gagnaient Orléans, que le meilleur était qu'il se retirât en Dauphiné, et le conservât avec les pays du Lyonnais, de Languedoc et d'Auvergne, si toutefois on les pouvait sauver ; mais tout fut mué. Le roi manda les deux gentilshommes, et en présence des hommes de son grand conseil, il les fit interroger du fait et de l'état de la Pucelle; sur quoi ils répondirent la vérité. Et à cette occasion on mit en délibération, si on la ferait parler au roi ; à quoi il fut répondu que oui. De fait elle lui parla, lui fit la révérence, et le connut parmi ses gens, quoique plusieurs feignissent d'être le roi, croyant l'abuser; et non sans vraisemblance, car elle ne l'avait jamais vu. Elle lui dit par fort belles paroles que Dieu l'envoyait pour l'aider et le secourir, qu'il lui donnât des gens, car, par grâce divine et par force d'armes, elle lèverait le siège d'Orléans, et puis le mènerait sacrer à Reims, ainsi que Dieu le lui avait commandé ; que Dieu voulait que les Anglais s'en retournassent en leur pays, et lui laissassent en paix un royaume qui devait lui demeurer ; que s'ils ne le laissaient pas, il leur en arriverait malheur.
  Ces paroles ainsi dites par elle, le roi la fit ramener honorablement en son logis, et il assembla son grand conseil, auquel furent présents plusieurs prélats, chevaliers, écuyers, avec des docteurs en théologie, en lois (civiles) et en décret (lois canoniques). Tous ensemble furent d'avis qu'elle fût interrogée par des docteurs, pour essayer s'il se trouverait en elle des raisons bien claires qu'elle pouvait accomplir ce qu'elle promettait. Les docteurs la trouvèrent de si honnête contenance, si sage en ses paroles, qu'on tint grand compte de la relation qu'ils en firent. Sur cette appréciation, et aussi parce qu'on prouva qu'elle avait su véritablement le jour et l'heure de la journée des Harengs, ainsi qu'il fut établi par les lettres de Baudricourt, qui avait écrit l'heure qu'elle lui avait dite alors qu'elle était à Vaucouleurs ; et encore, parce que, même depuis elle avait déclaré au roi en secret, en présence de son confesseur et d'un petit nombre de ses intimes conseillers, un bien qu'il avait fait ; ce dont il fut fort ébahi, car nul ne le pouvait savoir, sinon Dieu et lui ; pour tous ces motifs, il fut arrêté qu'elle serait menée honnêtement à Poitiers. On voulait la faire interroger derechef et s'assurer de sa persévérance, et l'on voulait aussi trouver de l'argent, pour lui donner des gens, des vivres, de l'artillerie, dans le but de ravitailler Orléans. Elle sut par grâce divine ce que l'on se proposait d'elle; car, au milieu du chemin, elle dit à plusieurs : « En nom Dieu, je sais bien que j'aurai beaucoup à faire à Poitiers, où l'on me mène; mais Messire m'aidera; or, allons de par Dieu. » Car c'était sa manière de parler.
  Quand elle fut audit Poitiers, où était pour lors le parlement du roi, diverses interrogations lui furent faites par plusieurs docteurs et par d'autres gens de grand état, auxquelles elle répondit fort bien, et spécialement à un docteur jacobin, qui lui dit que si Dieu voulait que les Anglais s'en allassent, il n'était pas besoin d'armes. A quoi elle répondit qu'elle ne voulait que peu de gens, qu'ils combattraient et que Dieu donnerait la victoire. Cette réponse et plusieurs autres qu'elle avait laites les amenèrent tous à conclure que le roi devait se fier à elle, lui donner vivres et gens, et l'envoyer à Orléans. Ce qu'il fit. Mais auparavant il la fit bien armer, et lui donna de bons chevaux. Il voulut et ordonna qu'elle eut un étendard, sur lequel, par son vouloir à elle, l'on fit peindre une Majesté et mettre pour devise : JHESUS, MARIA. Le roi voulant lui donner une belle épée, elle le pria qu'il lui plût d'envoyer en quérir une qui avait cinq croix en la lame, près de la croix, et qui était à Sainte-Catherine-de-Fierbois. Le roi, fort émerveillé de cette requête, lui demanda si elle l'avait jamais vue; à quoi elle répondit que non, mais que cependant elle savait qu'elle était à Sainte-Catherine. Le roi y envoya, et cette épée fut trouvée avec d'autres, données à ce lieu dans le temps passé ; elle fut apportée au roi, qui la fit honnêtement mettre en un fourreau, et garnir. Le roi lui donna pour l'accompagner un bien vaillant et sage gentilhomme, nommé Jean d'Aulon, et pour la servir en honneur, en qualité de page, un autre gentilhomme, nommé Louis de Coutes. Quoique les choses déclarées en ce chapitre se soient faites à plusieurs fois et par divers jours, je les ai ici couchées pour cause de brièveté.]


                                                                            *
                                                                      *         *


18 février :

  Le vendredy, dix-huitiesme jour de février, se partit d'Orléans le conte de Clermont, disant qu'il vouloit aller à Chinon devers le roy qui lors y estoit ; et emmena avecques luy le seigneur de la Tour, messire Loys de Culan, admiral, messire Regnault de Chartres (24), archevesque de Rains, et chancellier de France, messire Jehan de Sainct Michiel (25), évesque d'Orléans, natif d'Escosse, La Hire, et plusieurs chevaliers et escuyers d'Auvergne, de Bourbonnoys et d'Escosse, et bien deux mil combatans. Dont ceulz d'Orléans les voyans partir ne furent pas bien contans ; mais ilz leur promisdrent pour les appaiser, qu'ilz les secourroient de gens et de vivres. Aprez lequel departement ne demoura dedans Orléans sinon le bastart d'Orléans, le mareschal de Sainct Sevère, et leurs gens et le conte de Clermont, [qui depuis fut duc de Bourbon], s'en ala, et les seigneurs et combatans dessus nommez avecques luy, et se mirent dedans  Blois.
  Et lors, quant ceulx d'Orléans se virent ainsi delaissez en petit nombre de gens de guerre, et apperceurent la puissance et le siège des Angloys croistre de jour en jour, ilz envoyèrent Poton de Sainctes Trailles et aucuns bourgeoys devers Philippes (26), duc de Bourgongne, et messire Jehan  de Luxembourg (27), conte de Ligny, tenant le party d'Angleterre ; et leur firent prier et requérir qu'ilz voulssent avoir reguard en eulx ; et pour l'amour de leur seigneur Charles (28), duc d'Orléans, estant prisonnier en Angleterre, et pour la   conservacion de ses terres, ausquelles garder ne povoit pour cellui temps entendre, leur pleust pourchasser aucune abstinence de guerre devers les Angloys, et faire lever le  siége jusqués à ce  que le trouble du royaume fust autrement esclarcy,  ou leur donner ayde et secours en faveur de leur parent ainsi prisonnier.

                                                                            *
                                                                      *         *


20 février :

  Le dimanche aprez eut une très grousse et forte escarmousce, et tant que les Angloys saillirent de leur ost et bastilles, portèrent sept estandars, et firent tant qu'ilz en chassèrent et recullèrent les Françoys qui les estoient allez assaillir jusques au champ Turpin, qui est à un gect de pierre d'Orléans. Mais ilz furent bien recuillis de canons, couleuvrines et autre traict que on leur gecta de la ville incontinant, tant espessement qu'ilz s'en retournèrent à grant haste dedans leur ost et bastilles de Sainct Lorens et autres là entour.

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                                                                      *         *


22 février :

  Le mardy prouchain ensuivant, vingt deuxiesme de février, le conte de Suffort et les seigneurs de Talebot et d'Escalles envoyèrent par ung hérault pour présent au bastart d'Orléans un plat plain de figues, roisins et dattes, en lui priant qu'il lui pleust envoyer à celluy conte de Suffort de la pane noire pour fourrer une robbe. Ce qu'il feist volentiers, car il lui envoya par le hérault mesmes ; de quoy le conte luy seut très grant gré.

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                                                                      *         *


25 février :

  Le vendredy vingt cincquiesme jour d'icelluy moys, arrivèrent dedans Orléans neuf chevaulx chargiez de blez, harengz et autres vivres.

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                                                                      *         *


27 février :

  Le dimenche après ensuivant, penultiesme du mesmes moys de février, creut la rivière tant et si grandement que les François d'Orléans cuidèrent fermement que les deux boulevars faiz par les Angloys sur celle rivière au droict de Sainct Lorens, et aussi celluy des Tournelles fussent tous, mynez et abatuz : car elle creut jusques, aux canonnières des boulevars, et couroit si fort et si roidement qu'ils estoit legier à croire. Mais les Angloys mirent telle dilligence, tant de jour que de nuyt, que les boulevarts demourèrent en leur estat, et aussi appetissa la rivier en peu de temps. Et ce nonobstant gectoyent les Angloys plusieurs coups de bombardes et canons, qui moult faisoient grant dommaige aux maisons et édifices de la cité.
  Cellui jour, la bombarde de la cité, pour lors assortie à la croiche des moulins de la poterne Chesneau, pour tirer contre les Tournelles, tira tant terriblement contre elles, qu'elle en abattit un grant pan de mur.

                                                 


Source : édition MM. Paul Charpentier et Charles Cuissard - 1896
Mise en Français plus moderne : J.B.J. Ayroles (La vraie Jeanne d'Arc - t.III)

Notes :
1 Jean de Lescot ou de Lesgot, Seigneur de Verduizan, fut tué à la journée des harengs.

2 Guillaume d'Albret, seigneur d'Orval, se distingua au siège de Montargis et périt à la bataille des Harengs.

3 Conseiller et chabellan du roi, bailli de Chaumont et capitaine de Vaucouleurs.

4 Regnault de Fontaines.

5 Son prénom de Bourg annonce qu'il était bâtard. Son père Gui de Bar, avait été prévôt de Paris en 1418. Il était peut-être le frère de Robert de Bar, comte de Marle et de Soissons.

6 Gilbert Motier de La Fayette, maréchal de France, se distingua aux sièges de Jargeau, Meung et Baugency et à la bataille de Patay.

7 Jean Stuart de Darnley, revenait d'un pélerinage en Terre Sainte. Il a fait de nombreuses donations au chapitre de Ste Croix. Ses parents ont été inhumés dans le chœur de la Cathédrale d'Orléans.

8 Le seigneur de la Tour d'Auvergne, Bertrand 1er, comte de Boulogne.

9 Louis d'Amboise, vicomte de Thouars.

10 Jean Malet, seigneur de Graville, chevalier normand, grand maître des arbalétriers dernier défenseur de la Normandie, d'où il s'était expatrié en 1418, après la prise de Pont de l'Arche, avait assisté au siège de Montargis. Il fut depuis Amiral de France.

11 Simon Morhier, Français renié, seigneur de Gilles dans le pays chartrain, fut prévôt de Paris, pour le compte des Anglais à dater de 1422. Au siège de Montargis, il fut pris au piège d'une trahison simulée. Il reçoit souvent les montres des  troupes de passage à Paris. Il devient en 1438, trésorier de Normandie (B. de Molandon, op.cit. p.108).

12 de caresme estoit la saison
   Et menoient en l'ost du haren
   Pourqoi fut la cause ou raison
   Qu'ainsi la journee nomma l'en
Martial de Paris, Vigiles de Charles VII.

13 Jehan de Nailhac, chevalier, seigneur du Blanc, de Chateaubrun, grand panetier de France et sénéchal du Limousin. Il mourut avant 1437.

14 Louis de Rochechouart, seigneur de Montpipeau.

15 John Falstolf.

16 Thomas Rampston, chevalier banneret, chambellan du Régent, capitaine d'Argentan.

17 Jamet du Tillay, bailli de Vermandois, capitaine de Blois.

18 Jean de Novelampont, dit de Metz : "A Jehan de Metz, escuier, la somme de cent livres pour le defrayemenl de luy et de aultres gens de la compaignie de la Pucelle nagueres venue par devers le Roy, à cause des frais qu'ilz avoient fait en la ville de Chinon et que il leur convenoit faire ou voiaige qu'ilz avoient l'intention de faire lors, pour servir icelluy seigneur en l'armée par luy ordonnée pour le secours d'Orléans. (Godefroy, Histoire de Charles Vll, p.907.) Il déposa à Vaucouleurs dans le procès de réhabilitation.

19 Bertrand de Poulengy, gentilhomme champenois, écuyer du roi, fut interrogé à Toul pour le procès de réhabilitation.

20 Son confesseur étant Jehan Pasquerel, religieux augustin de la maison de Tours, homme recommandable par sa piété et ses lumières.

21 Ce fut pendant son séjour à Blois que Jeanne fit faire et peindre par Poulnoir, un étandard qui fut béni par l'archevêque de Reims, dans l'église Saint-Sauveur. "Cet étendard, comme ceux des généraux d'armée au XV° siècle, était une très longue pièce d'étoffe coupée en triangle ou en flamme, et cloué par sa base au bois d'une lance. Il était de toile blanche ou boucassin (fine toile de lin), semé de fleurs de lis d'or et frangé de soie. Le monde, c'est à dire Dieu tenant le monde, y était figuré assis sur l'arc en ciel, les pieds sur les nuées, devant lui deux anges agenouillés, l'un desquels présentait une fleur de lis, l'autre se tenait en prière ; à côté, les mots JHESUS MARIA" (le 426° anniversaire de la délivrance d'Orléans, par M.Mantellier, Orléans, 1833, p.119) Jeanne avait, en outre, une bannière représentant le Christ en croix.
La ville d'Orléans avait, de toute ancienneté, une bannière qui était en boucassin de couleur sandal (rouge) avec frange. (Vergnaud, Ancienne bannière de la ville, dans les Mémoires de la Société d'agriculture, sciences, etc...2° série, t.XIV, p.25)

22 Jean d'Aulon, gentilhomme de Comminges, écuyer et maitre d'hôtel de la Pucelle, se trouvait à Chinon lorsque Jeanne y arriva. Il ne la quitta plus. Il déposa dans le procès, le 28 mai 1456, à Lyon.

23 Louis de Coutes, page de Jeanne d'Arc, dit Imerguet. mantellier le dit beau-frère de Jean de Beauharnoys, bourgeois d'Orléans.

24 Regnault de Chartres, archevêque de Reims et chancelier de France, sortit d'Orléans le 18 février sans qu'on trouve l'indication de son entrée dans la ville. ll reçut l'évéché d'Orléans en commende le 17 mars 1439 et mourut à Tours en 1444.

25 Jean de Saint-Michel ou Kirkmichael, d'origine écossaise, chanoine de Bourges et d'Orléans, docteur en l'un et l'autre droit, succéda, comme évêque d'Orléans, à Gui de Prunemé, et fut préconisé par Martin V, le 8 avril 1426. Au lieu de soutenir par sa présence et ses exhortations le courage des habitants, il préféra suivre la cour en grand seigneur, d'où il ne revint qu'en 1430, pour instituer des supplications publiques et assister à la solennelle procession du 8 mai. Il mourut vraisemblablement en 1438.
  On lit, dans les Comptes de commune 1428-1429 (16e mandement) : "A Raoulet de Harecourt, pour despence faicte par lui et Jehan Mahy, ung varlet en leur compaignie, à aler à Jargueau querir Monsr l'evesque d'Orliens pour estre à la dicte procession, pour louaige des chevauls et sallaire de varlet, pour tout, LXVIII s. p."

26 Philippe, dit le Bon, fils de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, et de Marguerite de Bavière, monrut en 1467.

27 Jean de Luxembourg était neveu de Louis de Luxembourg, évêque de Thérouanne, cardinal et archevêque de Rouen. Jean faisait partie du grand Conseil ou Conseil de la Régence, séant ordinairement à Paris et embrassant dans ses attributions l'ensemble des affaires et surtout les plus importantes.

28 Charles, duc d'Orléans, fils de Louis d'Orléans et de Valentine de Visconti, avait été fait prisonnier à la bataille d'Azincourt et ne recouvra sa liberté qu'en 1440. Il mourut à Amboise en 1465, laissant pour fils unique le duc d'Orléans qui fut, depuis, Louis XII.




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