Accueil                                                         Admin
04 août 2020  

 Son histoire

par Henri Wallon

 Les sources

Procès condamnation

Procès en nullité...

Chroniques & textes

Lettres de J. d'Arc

 Compléments

Bibliographie

Librairie numérique

Dossiers

 Recherches

Mises à jour du site

Recherches

 

 ACCÈS CARTES

     Carte de France (1429)

     Carte Nord France (1429)

     Carte environs Domrémy

     Carte environs Orléans

     Carte siège d'Orléans

     Vues Orléans et pont

 

 Interactivité

Contact

Liens johanniques

Sauvez la Basilique

Procès de réhabilitation
V-1 - 1ère déposition de Pierre Cusquel en 1452


  Pierre Cusquel, citoyen de Rouen, âgé de cinquante-cinq ans ou environ, juré et entendu ledit jour.

Et primo que défunt Maître Pierre Cauchon, pour lors Évêque de Beauvais, était animé d'une affection désordonnée quand il instruisait le procès de feu Jeanne, communément appelée la Pucelle ; qu'il la persécutait et haïssait, pour avoir mené la guerre contre les Anglais, et qu'il était assoiffé de sa mort par toutes voies possibles. 1. Sur le Ier article, il déclare qu'il a vu cette Jeanne en question être amenée par les Anglais.


Que ledit Evêque, par lettres de sommation, exigea de Mgr le Duc de Bourgogne et de Mgr le Comte de Ligny qu'ils livrassent Jeanne au Roi d'Angleterre, reléguant ainsi l'Eglise au second rang ; réclamant ensuite qu'elle lui fût livrée à lui-même et promettant à ses détenteurs de leur payer six mille francs, puis dix mille, sans avoir cure du prix, pourvu qu'il l'eût ! 2. Sur le IIe article, il déclare qu'il ne l'a pas vu conduire en prison ; mais il l'a vue, deux ou trois fois, dans une pièce du château de Rouen du côté de la porte postérieure.

Que les Anglais la redoutaient fort et cherchaient par toutes voies exquises à la livrer à la mort, afin que, ses jours achevés, elle cessât de les terroriser. 3. Sur le IIIe article, il déclare croire que les Anglais cherchaient à faire mourir cette Jeanne par malveillance et déplaisir du bien qu'elle faisait. En outre croit que les Anglais étaient poussés, entre autres, à déshonorer le seigneur roi de France, pour avoir utilisé une femme hérétique et habile en sortilèges. Et il suppose que, si elle n'avait pas été contre les Anglais et dans l'armée, un tel procès n'aurait pas été fait contre elle.

Que ledit Évêque soutenait le parti des Anglais, et qu'avant même de connaître de l'affaire, il laissa détenir Jeanne au château de Rouen, en prison laïque et aux mains de ses ennemis, bien qu'il y eût de bonnes et décentes prisons d'Eglise, où elle aurait pu être légitimement enfermée, comme les criminels en matière de foi. 4. Sur le IVe article, il déclare que lui qui parle, à l'époque du procès, avait une grande habitude d'entrer dans le château grâce à son patron, maître Jean Son, maître d'oeuvre en maçonnerie ; avec la permission des gardiens il entra deux fois dans la prison de Jeanne, et il la vit dans des entraves de fer et attachée par une longue chaîne fixée à une poutre ; et dans la propre maison du témoin fut pesée une cage de fer, dans laquelle on disait qu'elle serait enfermée ; il ne la vit cependant pas dans cette cage.

Que ledit Évêque n'était pas juge compétent, ainsi que Jeanne, à plusieurs reprises, l'en avait à bon droit récusé. 5. Sur le Ve article, il déclare avoir entendu que Jeanne avait été faite prisonnière dans le diocèse de Beauvais et que pour cette raison l'évêque engagea le procès contre elle. Sur le reste s'en rapporte au droit.

Que Jeanne était une simple pucelle, bonne et catholique, soucieuse de confesser fréquemment ses péchés et d'ouïr la messe : ce que chacun put constater lorsqu'elle mourut dans les sentiments de la foi chrétienne. 6. Sur le VIe, il déclare, lui témoin, en sa conscience, que Jeanne était bonne catholique, de bonne et honnête vie ; la renommée en jugeait ainsi et tous avaient pitié d'elle.


Que Jeanne protesta plusieurs fois ce jugement de sa soumission à l'Eglise et à Notre-Saint-Père le Pape ; que ses déclarations procédaient visiblement de l'inspiration du Saint-Esprit plus que d'une maligne. 7. Sur le VIIe, il s'en rapporte au procès et au droit.

Que Jeanne, interrogée sur la soumission à l'Eglise, ne comprenait pas bien de quoi il s'agissait, et n'entendait pas cette Eglise comme la réunion des fidèles, croyant au contraire qu'il ne s'agissait que de ces ecclésiastiques qu'elle avait devant elle, et qui tenaient le parti des Anglais. 8. Sur le VIIIe, il s'en rapporte au procès.

Raisons pour lesquelles Jeanne fut condamnée comme relapse, bien qu'elle acceptât de se soumettre à l'Eglisera. 9.  Sur le IXe article, il déclare que le peuple disait n'y avoir aucune raison de la condamner, si ce n'est la reprise des vêtements d'homme ; mais elle n'avait porté et ne porta ce vêtement que pour ne pas plaire aux hommes d'armes avec lesquels elle vivait ; et une fois, dans la prison, il lui demanda pourquoi elle portait ce vêtement d'homme, et elle répondit comme dessus. De même déclare avoir entendu, le jour de la mort de Jeanne, de la bouche de maître Jean Tressart, secrétaire du roi d'Angleterre, qu'elle était morte en fidèle chrétienne, et qu'il croyait son âme être dans les mains de Dieu, et tous les fauteurs de la condamnation damnés.

Qu'après son abjuration, elle fut contrainte d'abandonner l'habit de femme et de reprendre l'habit d'homme. Après quoi, les prétendus juges la jugèrent comme relapse, ne cherchant point sa conversion, mais bien sa mort. 10. Sur le Xe, il s'en rapporte au droit.

Que, malgré l'évidence qui s'imposait aux juges que Jeanne, fidèle et catholique, se soumettait au jugement et à la détermination de Notre Sainte-Mère l'Eglise, les mêmes juges, par complaisance envers les Anglais, ou crainte de représailles, la vouèrent injustement au bûcher comme hérétique. 11. Sur le XIe, il s'en rapporte au droit.

Que cette condamnation, de même que la haine et la passion des juges, fut et demeure de notoriété publique dans la cité et diocèse de Rouen, ainsi que dans le Royaume de France tout entier. 12. Sur le XIIe article, il déclare que pour la capture, l'incarcération, la condamnation et l'exécution, il y eut et il y a publique renommée.

                                

  Petrus Cusquel, civis Rothomagensis, ætatis quinquaginta quinque annorum, vel circa, juratus et examinatus, dicta die.

  Super I. articulo, dicit quod vidit ipsam Johannam articulatam per Anglicos adduci.

  Super II., dicit quod non vidit eam duci ad carceres ; sed vidit eam, bis aut ter, in quadam camera castri Rothomagensis, versus portam posteriorem.

  Super III. articulo, dicit quod credit quod quærebant Anglici eamdem Johannam procurare mori, ex invidia et displicentia boni quod faciebat. Et ulterius credit quod ipsi Anglici movebantur, inter caetera, ut ipsi infamarent dominum regem Franciæ quod haberet unam mulierem hæreticam et sortilegam. Et subdit quod, nisi fuisset contra Anglicos et in exercitu, non fuisset factus talis processus contra eam.

  Super IV. articulo, dicit quod ipse loquens, tempore processus, habebat magnam habitudinem intrandi castrum, favore sui domini magistri Johannis Son, magistri operum latomiæ; et quod, de permissu custodum, bis carcerem ipsius Johannæ intravit, eamque in compedibus ferreis, et alligatam una longa catena affixa cuidam trabi, vidit ; et in domo sua fuit ponderata quædam gabia ferrea, in qua dicebatur eam fore recludi ; non tamen vidit eam inclusam in dicta gabia.

  Super V. articulo, dicit quod audivit ipsam Johannam fuisse captam in dioecesi Belvacensi, et quod propterea cepit processum contra eam (3). Super aliis se refert ad jus.

  Super VI. articulo, dicit quod, in conscientia dicti loquentis, ipsa Johanna erat bona catholica, bonæ et honorabilis vitæ ; et ita laborabat fama, et omnes compatiebantur sibi.

  Super VII. se refert ad processum et jus.

  Super VIII, se refert ad processum.

  Super IX. articulo, dicit quod populus dicebat quod nulla erat alia causa condemnationis suæ, nisi resumptio habitus virilis, et quod ipsa non portaverat neque portabat ipsum habitum virilem, nisi ad hoc ut non complaceret armigeris cum quibus conversabat ; et quod, semel in carceribus, eam interrogavit cur deferebat dictum habitum virilem ; quæ respondit ut supra. Item dicit quod audivit, die mortis dictæ Johannæ, a magistro Johanne Tressart, secretario regis Angliæ, quod erat mortua una fidelis christiana, et quod credebat animam ejus esse in manibus Dei et omnes adhærentes condemnationi ejus esse damnatos.

  Super X. se refert ad jus.

  Super XI. se refert ad jus.

  Super XII., dicit quod de præmissis captione, incarceratione, condemnatione et exsecutione, fuit et est publica vox.


Sources :
-
Texte original latin : Quicherat - t.II p.305.
- Traduction: source Pierre Duparc.

NB : passer le curseur sur la flêche noire pour connaître le contenue de l'article du questionnaire

Notes :
1 Directeur des bâtiments.

 

Procès de réhabilitation
Témoins de 1450 et 1452

Enquête de G. Bouillé en 1450
Fr. Jean Toutmouillé
Fr. Ysembart de La Pierre
Fr. Martin Ladvenu
Fr. Guillaume Duval
Me. Guillaume Manchon
Me. Jean Massieu
Me. Jean Beaupère


Enquête de d'Estouteville en 1452

1er questionnaire de 1452

Les dépositions :

-
Guillaume Manchon
- Pierre Miget
- Ysambart de la Pierre
- Pierre Cusquel
- Martin Ladvenu

2ème question. de 1452

Les dépositions :

- Nicolas Taquel
- M. Pierre Bouchier
- Nicolas de Houppeville
- Jean Massieu
- Nicolas Caval
- Guillaume du Désert
- Guillaume Manchon
- Pierre Cusquel
- Ysambart de La Pierre
- André Marguerie
- Richard de Grouchet
- Pierre Miget
- Martin Ladvenu.
- Jean Lefèvre
- Thomas Marie
- Jean Fave


- Les dépositions - index




Légal         Contacts
 
© 2006-2014 - SteJeannedArc.net
1412-2012
Jeanne d'Arc, histoire et dictionnaire