Accueil                                                         Admin
07 août 2020  

 Son histoire

par Henri Wallon

 Les sources

Procès condamnation

Procès en nullité...

Chroniques & textes

Lettres de J. d'Arc

 Compléments

Bibliographie

Librairie numérique

Dossiers

 Recherches

Mises à jour du site

Recherches

 

 ACCÈS CARTES

     Carte de France (1429)

     Carte Nord France (1429)

     Carte environs Domrémy

     Carte environs Orléans

     Carte siège d'Orléans

     Vues Orléans et pont

 

 Interactivité

Contact

Liens johanniques

Sauvez la Basilique

Procès de réhabilitation
V-1 - 1ère déposition de Pierre Miget en 1452


  Vénérable et religieuse personne frère Pierre Miget, professeur de théologie sacrée, prieur de Longueville-Giffard, âgé de soixante-dix ans ou environ, juré et entendu ledit mardi, second jour du mois de mai.

Et primo que défunt Maître Pierre Cauchon, pour lors Évêque de Beauvais, était animé d'une affection désordonnée quand il instruisait le procès de feu Jeanne, communément appelée la Pucelle ; qu'il la persécutait et haïssait, pour avoir mené la guerre contre les Anglais, et qu'il était assoiffé de sa mort par toutes voies possibles. 1. Sur le Ier article déclare qu'il est véridique et notoire.

Que ledit Evêque, par lettres de sommation, exigea de Mgr le Duc de Bourgogne et de Mgr le Comte de Ligny qu'ils livrassent Jeanne au Roi d'Angleterre, reléguant ainsi l'Eglise au second rang ; réclamant ensuite qu'elle lui fût livrée à lui-même et promettant à ses détenteurs de leur payer six mille francs, puis dix mille, sans avoir cure du prix, pourvu qu'il l'eût ! 2. Sur le IIe article dit que Jeanne fut détenue au château de Rouen. Interrogé sur la source de cette connaissance, il dit qu'il l'en vit extraire.

Que les Anglais la redoutaient fort et cherchaient par toutes voies exquises à la livrer à la mort, afin que, ses jours achevés, elle cessât de les terroriser. 3. Sur le IIIe article, il déclare assez évident, par la conduite du procès, que les Anglais procédèrent plus par un stimulant de haine que par le zèle de la justice ; ils cherchaient à prouver qu'elle était hérétique, pour ainsi déshonorer le roi de France ; et, à ce qu'il croit, c'était leur intention essentielle.

Que ledit Évêque soutenait le parti des Anglais, et qu'avant même de connaître de l'affaire, il laissa détenir Jeanne au château de Rouen, en prison laïque et aux mains de ses ennemis, bien qu'il y eût de bonnes et décentes prisons d'Eglise, où elle aurait pu être légitimement enfermée, comme les criminels en matière de foi. 4. Sur le IVe article, il déclare que l'évêque de Beauvais soutenait le parti des Anglais. Et il entendit dire que ladite Jeanne était traitée cruellement dans la prison, qu'elle avait des fers aux pieds comme aux mains ; cela cependant il ne l'a pas vu, quoiqu'il eût aperçu Jeanne lors d'un interrogatoire. Il dit en outre que si elle n'avait pas été dangereuse pour les Anglais, elle n'aurait jamais été traitée ainsi et condamnée ; mais ceux-ci la craignaient plus qu'une grande armée.

Que ledit Évêque n'était pas juge compétent, ainsi que Jeanne, à plusieurs reprises, l'en avait à bon droit récusé. 5. Sur le Ve, il déclare que pour la compétence du juge il s'en rapporte au droit ; dit cependant qu'elle n'était pas originaire du diocèse de Beauvais.

Que Jeanne était une simple pucelle, bonne et catholique, soucieuse de confesser fréquemment ses péchés et d'ouïr la messe : ce que chacun put constater lorsqu'elle mourut dans les sentiments de la foi chrétienne. 6. Sur le VIe, il déclare qu'en cette Jeanne il ne vit ni n'apprit rien de contraire à la foi ; et la majeure partie de ceux qui virent son exécution la plaignirent, disant qu'on avait procédé contre elle avec la passion de la haine et injustement.

Que Jeanne protesta plusieurs fois ce jugement de sa soumission à l'Eglise et à Notre-Saint-Père le Pape ; que ses déclarations procédaient visiblement de l'inspiration du Saint-Esprit plus que d'une maligne. 7. Sur le VIIe, il s'en rapporte au procès.

Que Jeanne, interrogée sur la soumission à l'Eglise, ne comprenait pas bien de quoi il s'agissait, et n'entendait pas cette Eglise comme la réunion des fidèles, croyant au contraire qu'il ne s'agissait que de ces ecclésiastiques qu'elle avait devant elle, et qui tenaient le parti des Anglais. 8. Sur le VIIIe, il déclare que dans les réponses de Jeanne il n'a rien vu qui ne fût catholique, si l'on excepte les révélations, qu'elle disait avoir eues de saints et avoir à dire ; mais il entendit d'elle que son coeur était tourné vers Dieu, et qu'elle voulait obéir à Dieu et à l'Église.

Raisons pour lesquelles Jeanne fut condamnée comme relapse, bien qu'elle acceptât de se soumettre à l'Eglisera. 9. Sur le IXe, il déclare que les juges saisirent l'occasion de la condamner comme relapse, parce qu'elle avait repris l'habit d'homme qu'elle avait enlevé.

Qu'après son abjuration, elle fut contrainte d'abandonner l'habit de femme et de reprendre l'habit d'homme. Après quoi, les prétendus juges la jugèrent comme relapse, ne cherchant point sa conversion, mais bien sa mort. 10. Sur le Xe, il déclare que ne désigne pas comme hérétique le fait, pour une femme, de porter un vêtement d'homme ; au contraire, semble-t-il, celui qui pour cette seule raison la déclarerait hérétique devrait être puni de la peine du talion.

Que, malgré l'évidence qui s'imposait aux juges que Jeanne, fidèle et catholique, se soumettait au jugement et à la détermination de Notre Sainte-Mère l'Eglise, les mêmes juges, par complaisance envers les Anglais, ou crainte de représailles, la vouèrent injustement au bûcher comme hérétique. 11. Sur le XIe, il croit que l'article est véridique.

Que cette condamnation, de même que la haine et la passion des juges, fut et demeure de notoriété publique dans la cité et diocèse de Rouen, ainsi que dans le Royaume de France tout entier. 12. Sur le XIIe, il dit qu'en faveur de ses dépositions il y a la voix publique et la renommée.

                            

Venerabilis et religiosus vir, frater Petrus Migecii, sacræ theologiæ professor, prior de Longavilla-Giffardi, ætatis septuaginta annorum, vel eo circa, juratus et examinatus dicta die martis, secunda mensis maii.

  Super I. articulo, dicit articulum esse verum et notorium.

  Super II. articulo, dicit quod ipsa Johanna fuit detenta infra castrum Rothomagense. Interrogatus de causis scientiæ, dicit quod vidit eam extrahi.

  Super III. articulo, dicit quod, per deductionem processus, satis constat quod Anglici magis procedebant ex odii fomite quam zelo justitiæ, et quærebant eam probare hæreticam ut infamarent ad hoc dominum regem Franciæ ; et, ut credit, erat eorum potissime intentio.

  Super IV. articulo, dicit quod episcopus Belvacensis fovebat partem Anglicorum. Et audivit dici quod dicta Johanna dire tractabatur in carceribus, et quod habebat ferra tam in pedibus, quam in manibus ; hoc tamen non vidit, quanquam in examine eam viderit. Dicit præterea quod, nisi fuisset nociva Anglicis, nunquam fuisset sic tractata aut condemnata, cum timerent eam plus quam magnum exercitum.

  Super V., dicit quod, de competentia judicis se refert ad jus ; tamen dicit ipsam non fuisse oriundam de dioecesi Belvacensi.

  Super VI., dicit quod in ipsa Johanna non vidit aut novit aliquid quod esset contra fidem, quodque major pars illorum qui viderunt exsecutionem ejus, eam lamentabantur, dicentes quod esset contra eam ex odii fomite et injuste processum.

  Super VII. articulo, se refert ad processura.

  Super VIII., dicit quod in responsis ipsius Johannæ non novit aliquid quod non esset catholicum, præter illas revelationes, quas dicebat se habuisse a Sanctis, et dictum habere ; sed audivit ab ea quod habebat cor ad Deum, et ipsi Deo et Ecclesiæ volebat obedire.

  Super IX., dicit quod judices sumpserunt occasionem condemnandi cam tanquam relapsam, ex eo quod resumpserat habitum virilem, ab ea ablatum.

  Super X., dicit quod non reputat esse hæreticum mulieri deferre habitum virilem ; imo videtur sibi quod, qui sola illa occasione judicaret illam hæreticam, deberet puniri poena talionis.

  Super XI., credit articulum esse verum.

  Super XII., dicit quod, super depositis per eum, est publica vox et fama.


Sources :
- Texte orignal latin : Jules Quicherat, t.II p.300 à 302.
- Traduction: source Pierre Duparc.


NB : passer le curseur sur la flêche noire pour connaître le contenue de l'article du questionnaire
 

Procès de réhabilitation
Témoins de 1450 et 1452

Enquête de G. Bouillé en 1450
Fr. Jean Toutmouillé
Fr. Ysembart de La Pierre
Fr. Martin Ladvenu
Fr. Guillaume Duval
Me. Guillaume Manchon
Me. Jean Massieu
Me. Jean Beaupère


Enquête de d'Estouteville en 1452

1er questionnaire de 1452

Les dépositions :

-
Guillaume Manchon
- Pierre Miget
- Ysambart de la Pierre
- Pierre Cusquel
- Martin Ladvenu

2ème question. de 1452

Les dépositions :

- Nicolas Taquel
- M. Pierre Bouchier
- Nicolas de Houppeville
- Jean Massieu
- Nicolas Caval
- Guillaume du Désert
- Guillaume Manchon
- Pierre Cusquel
- Ysambart de La Pierre
- André Marguerie
- Richard de Grouchet
- Pierre Miget
- Martin Ladvenu.
- Jean Lefèvre
- Thomas Marie
- Jean Fave


- Les dépositions - index




Légal         Contacts
 
© 2006-2014 - SteJeannedArc.net
1412-2012
Jeanne d'Arc, histoire et dictionnaire