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07 août 2020  

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par Henri Wallon

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Procès de réhabilitation
V-1 - 1ère déposition d'Ysambard de La Pierre en 1452


  Frère Bardin de La Pierre, de l'ordre des frères prêcheurs, âgé de cinquante cinq ans ou environ, juré et entendu le mercredi, troisième jour du mois.

Et primo que défunt Maître Pierre Cauchon, pour lors Évêque de Beauvais, était animé d'une affection désordonnée quand il instruisait le procès de feu Jeanne, communément appelée la Pucelle ; qu'il la persécutait et haïssait, pour avoir mené la guerre contre les Anglais, et qu'il était assoiffé de sa mort par toutes voies possibles. 1. Sur le Ier article, il dit qu'il est véridique, car il la vit captive aux mains des Anglais.


Que ledit Evêque, par lettres de sommation, exigea de Mgr le Duc de Bourgogne et de Mgr le Comte de Ligny qu'ils livrassent Jeanne au Roi d'Angleterre, reléguant ainsi l'Eglise au second rang ; réclamant ensuite qu'elle lui fût livrée à lui-même et promettant à ses détenteurs de leur payer six mille francs, puis dix mille, sans avoir cure du prix, pourvu qu'il l'eût ! 2. Sur le IIe article déclare qu'il est véridique, car il la vit dans la prison du château de Rouen, dans une pièce assez obscure, parfois enchaînée et entravée.

Que les Anglais la redoutaient fort et cherchaient par toutes voies exquises à la livrer à la mort, afin que, ses jours achevés, elle cessât de les terroriser. 3. Sur le IIIe article, il déclare, vu le procès et tout le reste fait pendant le procès, croire et juger que les Anglais agissaient par haine et rancune contre elle et ne cherchaient rien d'autre que sa mort. Dit de même qu'il assista à la première prédication faite par maître Guillaume Erard ; celui-ci prit comme thème : « Le sarment ne peut donner de fruit s'il ne reste attaché à la vigne », déclarant qu'en France il n'y avait jamais eu de monstre pareil à cette Jeanne, qu'elle était adonnée aux sortilèges, hérétique, schismatique, que le roi en la soutenant était semblable et voulait visiblement recouvrer son royaume grâce à une telle femme hérétique. En outre croit que ses adversaires furent poussés, entre autres, par le désir de déshonorer la majesté royale.

Que ledit Évêque soutenait le parti des Anglais, et qu'avant même de connaître de l'affaire, il laissa détenir Jeanne au château de Rouen, en prison laïque et aux mains de ses ennemis, bien qu'il y eût de bonnes et décentes prisons d'Eglise, où elle aurait pu être légitimement enfermée, comme les criminels en matière de foi. 4. Sur le IVe article, il déclare que l'évêque de Beauvais tenait le parti des Anglais ; croit que cet évêque au début du procès ordonna de la tenir entravée et désigna lui-même les Anglais pour la garder, interdisant que personne ne pût lui parler sans son autorisation, ou celle du promoteur appelé Benedicite.

Que ledit Évêque n'était pas juge compétent, ainsi que Jeanne, à plusieurs reprises, l'en avait à bon droit récusé. 5. Sur le Ve article, il déclare avoir entendu que ledit évêque installa ici son ressort ; mais elle fut prise dans le ressort de cet évêque. Pour le reste s'en rapporte au droit.

Que Jeanne était une simple pucelle, bonne et catholique, soucieuse de confesser fréquemment ses péchés et d'ouïr la messe : ce que chacun put constater lorsqu'elle mourut dans les sentiments de la foi chrétienne. 6. Sur le VIe article, et pour sa première partie, il déclare croire que Jeanne était bonne et vraie catholique, parce que lui qui parle fut avec elle à son dernier jour : dans les flammes elle avait toujours à la bouche Jésus, disait qu'elle n'était ni hérétique, ni schismatique, comme on le lui reprochait dans un libelle qui lui avait été remis ; et elle supplia le témoin, au moment où le feu serait allumé, de venir avec la croix et de la lui présenter ; ce qu'il fit. Et ensuite elle cria Jésus ; aussi les assistants furent portés aux larmes.

Que Jeanne protesta plusieurs fois ce jugement de sa soumission à l'Eglise et à Notre-Saint-Père le Pape ; que ses déclarations procédaient visiblement de l'inspiration du Saint-Esprit plus que d'une maligne. 7. Sur le VIIe article, il déclare qu'au cours du procès elle a dit beaucoup de choses ; quand elle parlait du royaume et de la guerre, elle paraissait mue par le Saint Esprit ; mais, quand elle parlait de sa personne, elle imaginait parfois ; en tout cas il ne croit pas que pour ses dits elle devait être condannée comme hérétique. Sur le reste s'en rapporte au procès.

Que Jeanne, interrogée sur la soumission à l'Eglise, ne comprenait pas bien de quoi il s'agissait, et n'entendait pas cette Eglise comme la réunion des fidèles, croyant au contraire qu'il ne s'agissait que de ces ecclésiastiques qu'elle avait devant elle, et qui tenaient le parti des Anglais. 8. Sur le VIIIe article, il déclare que l'évêque lui demanda une fois si elle voulait se soumettre à l'Église ; elle répondit : « Qu'est-ce que l'Église ? Quant à vous, je ne veux pas me soumettre à votre jugement, car vous être mon ennemi mortel. » Ensuite le témoin lui ayant dit qu'il se tenait un concile général, auquel assistaient de nombreux prélats, même de son parti, elle répondit qu'elle se soumettait à ce concile. L'évêque entendant ce propos dit au témoin de se taire, au nom du diable. En outre le témoin se plaignit que l'évêque refusait qu'on inscrivît ce qu'elle disait pour sa défense ; mais ce qu'on faisait contre elle, il voulait qu'on l'inscrivît. On lui demanda si elle voulait se soumettre au jugement du pape ; elle répondit qu'on la conduisît au pape et qu'elle serait contente.

Raisons pour lesquelles Jeanne fut condamnée comme relapse, bien qu'elle acceptât de se soumettre à l'Eglisera. 9.  Sur le IXe, il déclare qu'elle fut jugée relapse parce qu'elle avait repris un habit d'homme.

Qu'après son abjuration, elle fut contrainte d'abandonner l'habit de femme et de reprendre l'habit d'homme. Après quoi, les prétendus juges la jugèrent comme relapse, ne cherchant point sa conversion, mais bien sa mort. 10. Sur le Xe, il déclare qu'il ne jugerait pas hérétique une femme parce qu'elle aurait revêtu un habit d'homme. En outre dit qu'après son abjuration elle revêtit un habit de femme et demanda d'être conduite dans une prison d'Église ; cela ne lui fut pas accordé. Bien plus, comme il l'apprit de Jeanne même, un personnage ayant grande autorité essaya de la violer ; aussi c'est pour être plus capable de résister qu'elle reprit un vêtement d'homme déposé avec préméditation près d'elle. De même, après avoir repris ce vêtement, il vit et entendit l'évêque, transporté de joie, avec d'autres Anglais, dire devant tous, devant le sire de Warwick et les autres : « Elle est prise ».

Que, malgré l'évidence qui s'imposait aux juges que Jeanne, fidèle et catholique, se soumettait au jugement et à la détermination de Notre Sainte-Mère l'Eglise, les mêmes juges, par complaisance envers les Anglais, ou crainte de représailles, la vouèrent injustement au bûcher comme hérétique. 11. Sur le XIe article, il déclare croire ce que contient l'article.

Que cette condamnation, de même que la haine et la passion des juges, fut et demeure de notoriété publique dans la cité et diocèse de Rouen, ainsi que dans le Royaume de France tout entier. 12. Sur le XIIe, il déclare que pour la capture, la prédication, la condamnation, l'exécution, l'invocation du nom de Jésus, il y eut et il y a renommée publique.

   

  Frater Bardinus de Petra, ordinis Fratrum Prædicatorum, ætatis quinquaginta quinque annorum, vel circa, juratus et examinatus die mercurii, tertia maii.

  Super I. articulo, dicit ipsum articulum esse verum, quia vidit eam captam in manibus Anglicorum.

  Super II. articulo, dicit ipsum articulum esse verum, quia vidit eam in carceribus castri Rothomagensis, in quadam camera satis tenebrosa, ferratam et compeditam aliquando.

  Super III., dicit quod, viso processu et aliis quæ gesta fuerunt in processu, ipse credit et judicat quod ipsi Anglici ex odio et rancore processerunt adversus eam, et nihil aliud quæsiverunt nisi mortem ejus. Item dicit quod ipse fuit in prima prædicatione facta per magistrum Guillelmum Erardi, qui cepit pro themate : « Palmes non potest facere fructum, nisi manserit in vite », dicendo quod in Francia nunquam fuerat tale monstrum, sicut tunc de eadem Johanna erat, quæ erat sortilega, hæretica, schismatica, et quod Rex qui fovebat illam, talis erat, et quod vellet recuperare regnum per talem mulierem hæreticam. Et propterea credit quod fuerunt moti, inter alia, causa infamandi majestatem regiam.

  Super IV. articulo, dicit quod episcopus Belvacensis tenebat partem Anglicorum ; et credit quod ipse episcopus, dum incepit processum, jussit eam teneri in compedibus, et ipse episcopus Anglicos ad custodiendam eam deputavit, prohibuitque idem episcopus quod nullus loqueretur cum ea, nisi de licentia ipsius, aut promotoris, vocati Benedicite.

  Super V. articulo, dicit quod ipsemet audivit quod dictus episcopus accommodavit hic territorium ; sed fuit capta in territorio ipsius episcopi. De aliis se refert ad jus.

  Super VI. articulo, dicit, pro prima parte articuli, se credere quod ipsa Johanna erat bona et vera catholica, quia ipse loquens fuit cum ea in fine dierum, inter flammas, et in ore ejus habuit semper JHESUS, dicebatque quod non erat hæretica neque schismatica, prout sibi imputabatur in libello sibi tradito ; supplicavitque loquenti quod, accenso igne, descenderet loquens cum cruce quam sibi exhiberet : quod ita fecit. Et post, loquendo exclamabat Jhesum ; unde assistentes fuerunt provocati ad lacrymas.

  Super VII. articulo, dicit quod in processu, ipsa multa dicebat ; et, quando loquebatur de regno et guerra, videbatur mota a Spiritu Sancto ; sed dum loquebatur de persona sua, fingebat plura ; sed non credit quod illa quæ dicebat deberent eam condemnare hæreticam. Super residuo, se refert ad processum.

  Super VIII., dicit quod ipse episcopus aliquando interrogavit eam si vellet se submittere Ecclesiæ ; quæ respondebat : « Quid est Ecclesia ? Quantum est de vobis, nolo me submittere judicio vestro, quia estis inimicus meus capitalis ». Et deinde, postquam per loquentem fuit sibi dictum quod celebrabatur Concilium generale, in quo assistebant plures prælati, etiam de parte sua, respondit quod se submittebat ipsi Concilio. Quo audito fuit dictum ipsi loquenti, per ipsum episcopum, quod taceret in nomine diaboli. Et ulterius conquerebatur quod ipse cpiscopus nolebat quod, illa quæ faciebant pro excusatione sua, scriberentur ; sed ea quæ contra eam faciebant volebat scribi. Fuitque interrogata an vellet se submittere judicio Papæ ; quæ respondit quod duceretur ad eum, et quod erat contenta.

  Super IX., dicit quod judicata fuit relapsa quia resumpsit habitum virilem.

  Super X., dicit quod non judicaret aliquara mulierem hæreticam ex eo quod induat habitum virilem.Et ulterius dicit quod, postquam revocavit, induit habitum muliebrem, et petiit duci ad carceres Ecclesiæ : quod non fuit sibi permissum. Imo, sicut ab eadem Johanna audivit, fuit per unum magnæ auctoritalis tentata de violentia ; propter quod, ut illa esset agilior ad resistendum, dixit se habitum virilem, qui in carcere fuerat juxta eam caute dimissus, resumpsisse. Item quod, post resumptionem dicti habitus, vidit et audivit dictum episcopum, cum aliis Anglicis, exsultantem et dicentem, palam omnibus, domino de Warvik et aliis : « Capta est ! »

  Super XI. articulo, dicit quod credit sicut in articulo continetur.

  Super XII., dicit quod [de] captione, prædicatione, condemnatione, exsecutione, invocatione nominis Jhesu, fuit et est publica vox.



Sources :
- Texte original latin : Quicherat - t.II p.302.
- Traduction: source Pierre Duparc.

NB : passer le curseur sur la flèche noire pour connaître le contenue de l'article du questionnaire.


 

Procès de réhabilitation
Témoins de 1450 et 1452

Enquête de G. Bouillé en 1450
Fr. Jean Toutmouillé
Fr. Ysembart de La Pierre
Fr. Martin Ladvenu
Fr. Guillaume Duval
Me. Guillaume Manchon
Me. Jean Massieu
Me. Jean Beaupère


Enquête de d'Estouteville en 1452

1er questionnaire de 1452

Les dépositions :

-
Guillaume Manchon
- Pierre Miget
- Ysambart de la Pierre
- Pierre Cusquel
- Martin Ladvenu

2ème question. de 1452

Les dépositions :

- Nicolas Taquel
- M. Pierre Bouchier
- Nicolas de Houppeville
- Jean Massieu
- Nicolas Caval
- Guillaume du Désert
- Guillaume Manchon
- Pierre Cusquel
- Ysambart de La Pierre
- André Marguerie
- Richard de Grouchet
- Pierre Miget
- Martin Ladvenu.
- Jean Lefèvre
- Thomas Marie
- Jean Fave


- Les dépositions - index




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